article sur le Xinjiang, Explication sur le Xinjiang

Xinjiang Article, Signification, Explication

     

Le Xinjiang est une région autonome de l'extrême-ouest de la République populaire de Chine, qui s'étend sur 1 646 800 km².

Table of contents
1 Histoire
2 Emeutes des Ouïgours et répression de Pékin
3 Géographie
4 Population
5 Ressources naturelles
6 Liaisons ferroviaires
7 Voir aussi

Histoire

Xinjiang, qui signifie littéralement nouvelle frontière, est une région relativement récente dans l'histoire de la Chine. Sa situation géographique en Asie Centrale en faisant une zone de passage, de nombreuses ethnies cohabitent, grâce aux diverses vagues de colonisation qui se sont succédé : populations indo-européennes (Tokhariens et Saces, ces derniers étant de langue iranienne) originellement nomades et qui se sont sédentarisées sur place, puis nomades paléo-asiatiques, proto-turques, turques et enfin proto-mongoles. Le Xinjiang actuel résulte de siècles de lutte entre les dynasties chinoises et les peuples colonisateurs.

La dynastie des Han échoua à plusieurs reprises dans ses tentatives pour contrôler la région : dès le IIe siècle av. J.-C, les Chinois entrèrent dans le territoire du Xinjiang et s'affrontèrent aux Xiongnu, qui dominaient l'Asie Centrale de 200 av. J.-C à 48 après J.-C. Un principe de colonies militaires, les tuntian, fut instauré par l'empereur Wudi et ses successeurs, mais se révela être un échec. La dynastie chinoise des Tang reprit pourtant cette idée et installa dès le VIIe siècle après J.-C. des gouverneurs militaires dans les villes de Karachahr, Koutcha, Kachgar et Khotan. Les Tang perdirent le contrôle de la zone au VIIIè siècle au profit des Tibétains, puis des Ouïgours.

Pourtant le règne des Ouïgours souffrit d'exceptions notables : les nombreuses ethnies turques remirent en cause leur pouvoir, et les contraignit à recourir à la protection des populations mongoles. Toutefois, la poussée des ethnies turques eut raison de ce protectorat : ils introduisirent l'Islam au Xinjiang lors des Xe et XIe siècles, et l'installèrent durablement.

Les Hans, qui étaient moins de 10% au milieu du siècle dernier, représentent actuellement plus de 40% de la population totale vivent surtout dans les villes.

Emeutes des Ouïgours et répression de Pékin

Chronologie des révoltes

  • 5 fĂ©vrier 1997 : des Ă©meutes font des dizaines de morts et des centaines de blessĂ©s parmi les OuĂŻgours. Les Hans de la province subissent aussi les reprĂ©sailles.
  • Janvier 1999 : 29 militants islamistes sont arrĂŞtĂ©s, accusĂ©s d’avoir organisĂ© des Ă©meutes contre PĂ©kin. Deux de ces militants ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ© le 28
  • 12 fĂ©vrier 1999 : Ă  Urumqi, 5 OuĂŻgours blessĂ©s et 150 arrĂŞtĂ©s Ă  la suite de violentes confrontations entre les jeunes qui criaient des slogans indĂ©pendantistes et les forces de l’ordre.
  • 21 juillet 2004 : exĂ©cution de deux hommes ; raison invoquĂ©e : «atteinte Ă  la sĂ©curitĂ© de l'État». Pendant tout l’étĂ©, les arrestations d’adultes et d’enfants se sont multipliĂ©es (en particulier dans le district de Khotan) pour «activitĂ©s religieuses illĂ©gales».
  • 6 aoĂ»t 2004 : Les armĂ©es chinoises et pakistanaises envoient environ 200 soldats dans la rĂ©gion de Taxkorgan, près de la frontière avec l'Afghanistan afin d’"amĂ©liorer la capacitĂ© Ă  combattre ensemble le terrorisme et Ă  contenir et rĂ©primer les forces sĂ©paratistes, extrĂ©mistes et terroristes »

La politique de répression de Pékin

Terreur et arrestations des meneurs séparatistes ouïgours

De 1997 à 1999, les autorités chinoises organisaient des jugements publics retransmis à la télévision pour «éduquer les masses». Les accusés sont habillés en bagnards, tête rasée et mains ligotées derrière le dos, et portent à leur cou un écriteau décrivant leur chef d'accusation.

La politique de discrimination de Pékin

Elle se renforce depuis les années 1990. Les attentats du 11 septembre 2001 permettent de justifier la répression contre les séparatistes ouïgours, qualifiés de terroristes, comme les Tchétchènes dans la Russie de Vladimir Poutine. Selon Amnesty International, « la répression contre »les séparatistes, les terroristes et les religieux extrémistes" a continué ces trois dernières années alors qu'aucune « attaque terroriste » n'a été officiellement rapportée."

Institutionnalisation de la langue chinoise

En 2002, la langue ouïgoure est interdite à l’université. Une réforme prévoit même l’extension de cette interdicton aux collèges. Pékin s’attaque bien ainsi à l’identité nationale ouïgoure.

Interdictions religieuses

L’enseignement de l’
Islam est interdit au jeunes de moins de 18 ans. Le Parti communiste chinois surveille étroitement l’enseignement dans les mosquées et les deux universités coraniques du Xinjiang. Pour devenir fonctionnaire, il faut renoncer à sa religion. En 2002, des autodafés ont été organisés par les autorités locales, détruisant des centaines de livres censurés pour «atteinte idéologique à l'État chinois». Le bazar de la capitale a été transformé en supermarché moderne.

Discriminations économiques

Les populations ouïgoures ont le sentiment que les richesses de la province ne sont exploitées que par les Hans et pour les Hans. Les inégalités économiques se creusent au détriment des Ouïgours, cantonnés aux emplois subalternes. Les agriculteurs sont contraints par le gouvernement central de cultiver du
coton, vendu Ă  bas prix aux industriels textiles de la cĂ´te.

Réactions de Ouïgours

Certains Ouïgours bravent les interdits, dans la clandestinité. Beaucoup ont peur et s’exilent dans les régions voisines. Mais Pékin a réussi à les faire revenir. Une infime minorité a rejoint les islamistes d’
Afghanistan : après les attentats du 11 septembre 2001, 22 Ouïgours ont été arrêtés par les Américains dans les camps de Ben Laden en Afghanistan. Ils ont été envoyés sur la base américaine de Guantanamo. Washington a refusé de les rendre à la Chine Populaire, car le Xinjiang est la seule province où l'exécution des prisonniers politiques reste commune. Enfin, une partie des jeunes ouïgours se droguent pour oublier leur condition.

Sources

Articles du web

Liens

Bibliographie

  • DJALILI, M.-R., KELLNER, T., GĂ©opolitique de la nouvelle Asie centrale, De la fin de l'URSS Ă  l'après-11 septembre, Paris, PUF, 2003, 585p. Thierry Kellner est un spĂ©cialiste des relations entre la RĂ©publique populaire de Chine et les RĂ©publiques d'Asie centrale
  • Les OuĂŻgours au XXIe siècle, F.J. Besson, Cahiers d'Ă©tudes sur la MĂ©diterranĂ©e orientale et le monde turco-iranien, N° 25, 1998.

Géographie

Le Xinjiang est la plus grande région autonome de
Chine. Sa capitale est Urumqi. Situé à l'ouest de la Chine sur l'ancienne route de la soie, il dispose de réserves de pétrole qui en font une région stratégique pour Pékin. Le Xinjiang est divisé en deux bassins par le mont Tianshan, celui de Dzungarian (Djoungarie) dans le nord et Tarim dans le sud. Le point le plus bas est 155 m sous le niveau de la mer et le plus haut sommet est à 8611 m sur la frontière avec le Cachemire. En 1759, la région a été intégrée à l’état chinois. Avant le XIXe siècle, les Chinois la désignent par le mot « Xiyu » (Région d’Occident) ; En 1884 a lieu l'établissement de la province du Xinjiang qui signifie « nouvelle frontière » ou « nouvelle marche ». Les Ouïgours l’appellent Turkestan oriental.

Population

Les densités sont faibles. En 2000, la population totale est d'environ 20 millions d’habitants. 60% sont d'origine non-Han, et parmi eux 47 % sont Ouïgours (mot signifiant « unité »). Les Hans sont 7,5 millions dans cette province. La majorité de la population est musulmane sunnite. La région connaît une intense colonisation han, orchestrée par le gouvernement. Face aux discriminations et à la répression, les Ouïgours se sont révoltés à plusieurs reprises dans les années 1990. Certains se battent pour l'indépendance de leur province, comme les Tibétains.

Ressources naturelles

Le sous-sol renferme d'importantes ressources naturelles, du pétrole, du gaz naturel, des métaux précieux.

Liaisons ferroviaires

La liaison Langzhou-Urumqi, longue de 1 900 kilomètres, a été achevée en 1963 au prix d'immenses difficultés. Après des décennies d'efforts, la voie ferrée jusqu'à Kashgar, au pied des pics gelés du Karakorum, a été inaugurée en 1999. Le train relie également Urumqi à Almaty, au Kazakhstan.

Le Xinjiang a été désenclavé au forceps. Mais il résiste. Les tempêtes de sable menacent d'ensevelir les rails. Le vent s'acharne contre les tunnels creusés de haute lutte dans les monts Tianshan.

Voir aussi

Route de la soie

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