Volapük Article, Signification, Explication
Le volapük est une langue construite inventée en 1879 par le prêtre catholique allemand Johann Martin Schleyer (1831-1912). Le volapük connut un succès rapide, faisant en quelques années plus de cent mille adeptes en Europe et en Amérique. Il se répandit tout d'abord en Autriche, où fut fondée en 1882 la première société pour sa propagation. En 1884, il se diffusa en Hollande et en Belgique. En 1885, Auguste Kerckhoffs, professeur à l'École des hautes études commerciales de Paris, le propagea en France par ses conférences et ses publications, suscitant la création d'une Association nationale pour la propagation du volapük.
Les publications de Kerckhoffs contribuèrent également à faire connaître le volapük en Espagne, en Italie et au Portugal. En 1885 et 1886, ce fut le tour de la Suède, du Danemark et de la Russie. En 1888, un manuel le présenta au public anglophone.
Auguste Kerckhoffs estimait alors à 210 000 le nombre de personnes ayant étudié le volapük. Il s'agit probablement d'une évaluation très optimiste. Néanmoins, le nombre d'adeptes était important. À Vienne par exemple, les cours de volapük rassemblèrent au cours de l'hiver 1886-87 environ 2 500 élèves. En 1887, il existait dans le monde 138 associations de volapükistes et onze périodiques consacrés au volapük. En 1889, le nombre de clubs était passé à 283, le nombre de périodiques à 25, et on dénombrait 316 méthodes de volapük en 25 langues.
Les adeptes du volapük tinrent plusieurs congrès (à Friedrichshafen en août 1884, à Munich en août 1887...). Le Congrès de 1887 créa trois instances: une association mondiale (Volapükaklub Valemik), une Académie du volapük (Kadem Volapüka), et un journal officiel ou organe central (Volapükabled Zenodik). Le créateur de la langue, Schleyer, dirigeait l'ensemble du mouvement.
Ce succès apparent fut cependant suivi de conflits internes qui provoquèrent la disparition de la langue. En effet, la grammaire du volapük étant relativement complexe malgré sa régularité, certains adeptes proposèrent des réformes et des simplifications, mais Schleyer s'y opposa, en déclarant qu'il était l'unique propriétaire de la langue et la seule personne à pouvoir autoriser des changements. Dès lors, le volapük se dispersa : plusieurs réformes donnèrent naissance à des projets concurrents (Dil, Dilpok, Nuvo-Volapük, Balta, Spelin, Veltparl, Idiom Neutral), et le volapük perdit peu à peu la plupart de ses locuteurs, un nombre important d'entre eux se convertissant à l'espéranto. Le volapük n'est plus aujourd'hui pratiqué que par quelques rares personnes, qui sont pour la plupart des espérantistes curieux de voir à quoi ressemblait la première langue internationale à avoir connu un début de succès.
Le vocabulaire du volapük est emprunté à diverses langues européennes (avec des déformations souvent importantes), mais les principales sources sont l'anglais et l'allemand. Par exemple, les mots vol (« monde ») et pük (« langue ») viennent des mots anglais world et speech. Ces déformations, dues au souci de Schleyer de ne pas utiliser de phonèmes difficiles à prononcer par certains peuples, ont contribué à alimenter les moqueries des adversaires de la langue.
La grammaire du volapük comporte quatre cas de déclinaison qui sont les mêmes qu'en allemand: nominatif, génitif, datif, accusatif. Les formes verbales sont très nombreuses, elles varient selon le temps, le mode, la voix, la personne, le nombre et même le genre du sujet.
Les adjectifs se terminent tous par le suffixe -ik.
Exemple de texte en volapük (le Notre Père) :
O Fat obas, kel binol in süls,
paisaludomöz nem ola!
Kömomöd monargän ola!
Jenomöz vil olik,
äs in sül, i su tal.
Bodi obsik vädeliki givolös obes adelo.
E pardolös obes debis obsik,
äs id obs aipardobs debeles obas.
E no obis nindukolös in tentadi,
sod aidalivolös obis de bad.
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