article sur le Vin de Champagne, Explication sur le Vin de Champagne

Vin de Champagne Article, Signification, Explication

       

Le vin de Champagne, également appelé champagne, est un vin pétillant célèbre dans le monde entier et aujourd'hui associé au luxe et aux fêtes. Il tire son nom de la Champagne, une région du nord-est de la France. Cette ancienne province historique produit également des vins tranquilles qui portent une appellation différente, rouges (Bouzy), blancs (Coteaux champenois) ou rosés (rosé des Riceys).

La Champagne produit presque exclusivement des vins blancs effervescents Ă  base de chardonnay, de pinot noir et de pinot meunier. Le champagne est un vin qui se vend relativement cher.


Table of contents
1 Histoire
2 Données géographiques
3 Données techniques
4 La bouteille de champagne
5 Un marché lucratif et protégé
6 Anecdotes et informations pratiques
7 Voir aussi
8 Liens externes

Histoire

La culture de la vigne en Champagne remonte à l'époque gallo-romaine quand les Romains plantent les premiers ceps dans la région. Le vignoble est par la suite conservé grâce à l'intérêt que lui porte le clergé, en particulier ceux de Reims et de Châlons-en-Champagne.

Durant l'époque féodale, les vins de Champagne sont classés parmi les « vins de France » considérés comme produits dans le bassin parisien. Durant le règne d'Henri IV, il acquièrent le nom de vin de Champagne sur Paris (mais cette dénomination s'impose plus difficilement dans la région, le terme champagne désignant des terres non fertiles, qui ne peuvent servir que de pâturages aux moutons).

Au cours du XVIIe siècle, les vins de Champagne séduisent de plus en plus d'amateurs dans les cours royales de France et d'Angleterre sous l'impulsion de certaines familles parisiennes qui possèdent des terres en Champagne. Ce siècle marque aussi une évolution des « vins de Champagne » correspondant au désir des consommateurs de vins gris, très faiblement colorés mais qui, selon les vignerons, vieillissent très mal en fûts. Le champagne est donc rapidement mis en bouteille (vers 1660) afin d'assurer une meilleure conservation des arômes (avec un tirage avant la fin de la première fermentation) mais devient en contrepartie naturellement pétillant (surtout pour les champagnes ayant peu d’alcool, étant peu colorés et dont le tirage est fait à l'équinoxe de printemps). Ce caractère effervescent cause beaucoup de soucis aux vignerons, à tel point qu’il est surnommé « vin du diable » ou « saute-bouchon » à cause des bouteilles qui explosent ou des bouchons qui sautent sous la pression. Pour ces raisons, si les anglais n’avaient pas été conquis par ce vin pétillant, le champagne ne serait peut-être pas ce qu'il est aujourd’hui.

En 1670, dom Pérignon (1668-1715), un moine cellérier de l'abbaye bénédictine d’Hautvilliers, va être le premier à pratiquer l'assemblage du raisin qui améliore la qualité du vin et en fait disparaître certains défauts.
C’est aussi dom Pérignon qui introduit l'emploi du bouchon de liège maintenu à la bouteille par une ficelle de chanvre imprégnée d'huile, ce qui permet au vin de garder sa fraîcheur et sa mousse. De plus, il fait  renforcer les bouteilles en adoptant un verre plus épais pour éviter que la bouteille n'explose. Les crayères près de son abbaye seront utilisées pour conserver le champagne à température et humidité constante. Par la suite, d'autres caves seront creusées en pleine craie. 

Des archives attestent que, en l'an 1729, à Épernay, Nicolas Ruinart fonde la première maison de Champagne, la maison Ruinart.

Durant le XVIIIe siècle, le champagne commence à acquérir son rayonnement international, grâce aux propriétaires de célèbres maisons de champagne qui en assurent la promotion comme Florenz-Louis Heidsieck ou Claude Moët, puis au XIXe siècle grâce à Pierre-Nicolas-Marie Perriet-Jouët et à la famille Bollinger. De même, certaines femmes après la mort de leur mari continuent le travail de ceux-ci, entre autres Mme Pommery, Mme Perrier et Mme Clicquot (surnommée la « Grande Dame de Champagne ») qui contribuent elles aussi à la notoriété du champagne. Le champagne fut même décrit comme étant le « vin de la civilisation » par Talleyrand.

Données géographiques

Le champagne est produit dans la zone viticole délimitée par la loi du 22 juillet 1927. Cette zone n'est pas d'un seul tenant :

Montagne de Reims (département de la Marne) : majoritairement exposée au sud, les coteaux sont implantés sur des sols dont la craie est profondément enfouie. Le cépage dominant y est le pinot noir. Dans les caves de la montagne de Reims reposent des champagnes réputés pour leur puissance, leur charpente et leur noblesse.

  • VallĂ©e de la Marne (Marne et Aisne) : les coteaux sont implantĂ©s sur des sols Ă  dominante argilo-calcaire, Ă  tendance marneuse. Le cĂ©page dominant y est le pinot meunier. Les champagnes de la vallĂ©e de la Marne, grâce Ă  leur grande diversitĂ©, possèdent un sĂ©duisant bouquet, du fruitĂ© et une grande souplesse.

  • CĂ´te des blancs (Marne) : ici, un cĂ©page unique règne en maĂ®tre : le chardonnay, seul cĂ©page blanc autorisĂ© en Champagne. La craie affleurante y est partout, vĂ©ritable rĂ©servoir d'eau et de chaleur des sous-sols. La CĂ´te des blancs donne naissance Ă  des champagnes prisĂ©s, empreints de vivacitĂ© et d'esprit, aux arĂ´mes lĂ©gers et dĂ©licats, symboles de finesse et d'Ă©lĂ©gance.

  • Vignoble de l'Aube, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine (dĂ©partement de l'Aube) : les sous-sols crayeux Ă  tendance marneuse y sont principalement plantĂ©s de pinot noir. Les champagnes de la CĂ´te des Bar sont des vins de caractère, Ă  la belle rondeur et aux arĂ´mes complexes.

  • Sur un peu moins de trente mille hectares de vigne au total, c'est le vignoble le moins Ă©tendu de France, et le plus septentrional. Les plus grandes caves de Champagne se trouvent Ă  Épernay et Ă  Reims.

    À noter : quelques parcelles de l'appellation Champagne (20 ha) se trouvent en Île-de-France dans les communes de Citry, Nanteuil-sur-Marne et Saâcy-sur-Marne (Seine-et-Marne).

    Données techniques

    Le champagne présente plusieurs originalités parmi les grands vins français :

    Cépages utilisés

    Plusieurs cépages de la famille des pinots sont autorisés, dont trois principaux utilisés :

    • chardonnay (raisin blanc, 26 % de la surface plantĂ©e, qui donne un vin frais et dĂ©licat),
    • pinot noir (raisin noir Ă  pulpe incolore, 37 % de la surface plantĂ©e, donnant toutefois un jus blanc car les peaux n'ont pas le temps de teinter le jus lors du pressage et qui donne un vin charpentĂ© et au bouquet fin),
    • pinot meunier (raisin noir Ă  pulpe incolore lui aussi, un peu plus tardif que le pinot noir, 37 % de la surface plantĂ©e, qui donne un vin proche du pinot noir mais plus fruitĂ© et une aptitude de garde plus rĂ©duite),
    et des cépages traditionnels (surfaces très limitées, quelques hectares) :
    • arbanne,
    • petit meslier,
    • pinot de juillet,
    • pinot gris vrai (appelĂ© dans l'histoire du vin de Champagne fromenteau),
    • pinot rosĂ©,
    • pinot blanc vrai.
    Reste le cas du gamay qui n'est pas un pinot, très controversé par les producreurs, et qui fait l'objet jusqu'à nos jours d'une autorisation temporaire dans le seul département de l'Aube.

    Rendement : 160 kilogrammes de raisin produisent 102 litres de moût, qui après les pertes en vinification (1.5 %) et au dégorgement (0.5 %), donneront 100 litres de vin commercialisable, soit 133 bouteilles de 75 cl.

    Ainsi donc, le plus célèbre des vins blancs est majoritairement issu de raisins noirs. Obtenir un vin blanc à partir d'un cépage aussi tannique que le pinot noir (qui, rappelons-le, est le cépage des bourgognes rouges) témoigne tant de l'opiniâtreté des vignerons champenois que de l'amour qu'ils portent à ce cépage.

    Vinification

    Le vin de Champagne est produit selon la méthode traditionnelle, jadis appelée méthode champenoise, qui consiste principalement à opérer une double fermentation du moût, la première en cuves, la seconde dans les bouteilles mêmes, en cave, avec remuage régulier. La croyance populaire veut que cette méthode soit l'invention de Dom Pérignon, moine de l'abbaye d'Hautvillers, près d'Épernay. Aujourd'hui, les historiens s'accordent plutôt pour dire qu'il est à l'origine de la technique de l'assemblage.

    La première fermentation, appelée fermentation alcoolique est identique à celle que subissent les vins tranquilles (c'est-à-dire non effervescents). Elle peut être suivie, mais ce n'est pas toujours le cas, d'une fermentation malolactique. Les maisons Lanson, à Reims, et Senez, à Fontette, sont réputées pour ne pas pratiquer cette fermentation malolactique, pour garder au vin sa vivacité. Le vin de base est le plus souvent vinifié en cuve. Certains préfèrent néanmoins travailler à l'ancienne et vinifier en fût de chêne ; c'est le cas des maisons Krug et Bollinger.

    En début d'année (qui suit la récolte), les vins sont suffisamment clairs pour être goûtés et procéder à l'étape de l'assemblage qui mélange en proportions variant à chaque année des vins de cépages, terroirs et millésimes différents.

    Quoi qu'il en soit, au moment d'embouteiller le vin de base ainsi obtenu, on lui ajoute la liqueur de tirage, composée de levures et de sucre. Cela enclenchera la dernière fermentation, dite lactique. C'est cette deuxième fermentation qui va donner naissance aux bulles de dioxyde de carbone.

    Cependant, cette deuxième fermentation donne naissance à des lies abondantes dont on préfère débarrasser le vin. Pour ce faire, on va ranger les bouteilles sur des étagères où elles sont penchées, le goulot vers le bas. Chaque jour, les bouteilles sont remuées, c'est-à-dire tourné d'un quart de tour, d'un mouvement sec, afin de décoller les lies de la paroi de la bouteille et de les faire descendre vers le goulot. Au bout de quelque temps, toutes les lies sont rassemblées dans le col, contre la capsule. Pour chasser le dépôt, on gèle alors le col dans un bain de solution réfrigérante et on ôte la capsule ; le dépôt est expulsé par le gaz sous pression, c'est l'étape du dégorgement. Le volume de champagne ainsi perdu est remplacé par un mélange de vieux vin et de sucre, appelé liqueur d'expédition : c'est l'étape du dosage. La quantité de sucre présente dans la liqueur va déterminer si le champagne sera brut, sec ou demi-sec.

    Il existe aussi des champagnes non dosés : après le dégorgement, on complète le niveau de la bouteille avec du vin au lieu de la liqueur d'expédition. Ce sont des champagnes très « nature ». On en trouvera par exemple auprès des maisons Drappier à Urville, Georges Vesselle à Bouzy, Laurent Perrier à Tours-sur-Marne, Paul Goerg à Vertus ou Piper Heidsieck à Reims.

    Une fois le dégorgement effectué, dosée ou non, la bouteille de champagne sera bouchée avec son célèbre bouchon de liège maintenu par son muselet avant d'effectuer en cave un ultime vieillissement (maturation) avant commercialisation.

    Types de vins

    Le vin de Champagne est le fruit d'une subtile élaboration effectuée tout au long de sa vinification et qui va donner ses caractéristiques au produit prêt à être consommé. Les choix faits par chaque Maison lors de ce processus déterminera, outre le type de vin, la marque gustative de celle-ci vis-à-vis du public.

    Le champagne rosé est parfois élaboré par « saignée ». Dans ce cas, la coloration est obtenue par un pressurage plus important des raisins ce qui permet l'extraction des tanins et colorants de la peau.
    • Lors de l'assemblage
      Assemblage traditionnel
    Comme son nom l'indique, c'est celui qui est le plus pratiqué. Il est un mélange de cépages, de crus et de millésimes, chacun des dosages étant un choix des Maisons remis en question chaque année afin de préserver au fil des ans le style du vin de la Maison.
    C'est aussi durant cette étape qu'est le plus fréquemment réalisé le champagne rosé par assemblage d'une cuvée de vin blanc avec une cuvée de vins rouges de Champagne.
    Millésimé : le choix de ne sélectionner qu'une année unique dans l'élaboration de ces vins produit des champagnes atypiques, au caractère marqué et qui ne sont pas forcément dans la lignée habituelle des Maisons mais dont la grande qualité honore celles-ci.
    • Assemblage « non traditionnel »
    Blanc de blancs : c'est un vin issu du seul cépage blanc, le chardonnay, qui donne un champagne au goût frais et délicat.
    Blanc de noirs : élaboré à partir de raisins noirs, pinot noir ou meunier et caractérisé par la force du premier et/ou le fruité du second. Parmi les « blancs de noirs » mono-cépages, il est bien plus fréquent de trouver un 100% pinot noir qu'un 100 % meunier. Ce dernier est injustement méprisé, bien qu'il fut longtemps majoritaire en Champagne ; il n'y a guère que la maison Krug pour témoigner publiquement de l'intérêt qu'elle lui porte.
    • Lors du dosage
    C'est la teneur en sucres de la liqueur d'expédition utilisée à cette étape qui détermine la qualité du vin : brut nature, brut, demi-sec, etc.
    Brut nature ou non dosé : moins de 3 grammes de sucre résiduel par litre
    Extra brut : de 0 Ă  6 g/l
    Brut : moins de 15 g/l
    Extra dry : entre 12 et 20 g/l
    Sec : entre 17 et 35 g/l
    Demi sec : entre 33 et 50 g/l
    Doux : plus de 50 g/l
    Alors qu'au XVIIIe siècle la qualité demi-sec était très prisée, en 1876 fut élaboré le champagne brut pour satisfaire les désirs des Britanniques amateurs de vins secs, ce qui n'était pas le cas des Français à l'époque.

    • Lors de la maturation
    Outre le type de cépage utilisé qui détermine l'aptitude de garde du vin, quelques Maisons font le choix de ne commercialiser certaines cuvées qu'au terme de plusieurs années de maturation, laissant ainsi le vin développer son arôme qui marquera d'autant plus son caractère par rapport au reste de la ligne.

    • Vin de Champagne Grands-Crus
    • Vin CrĂ©mant-de-Champagne
    • Vins tranquilles
    Vignoble des Coteaux-champenois : Le vignoble de Champagne produit également des vins rouges ainsi que des vins blancs tranquilles qui font aussi partie de l'appellation Champagne.

    Le raisin de Champagne est également utilisé pour élaborer un apéritif, le ratafia et des digestifs, le marc de champagne et la fine de Champagne.

    La bouteille de champagne

    Flacons

    La bouteille de champagne classique a une contenance de 75 cl ; elle est plus épaisse et résistante que les bouteilles de vin courantes afin de résister à la pression des gaz. Le fond du flacon est aussi fortement creusé pour la même raison.

    Les négociants champenois ont créé au XIXe siècle une série de bouteilles de différentes contenances :

    • le huitième: 9,4 cl (inusitĂ©)
    • le quart: 18,75 ou 20 cl (utilisĂ© par les compagnies aĂ©riennes et parfois dans les boites de nuit)
    • la demie: 37,5 cl (vendue en restaurant)
    • le mĂ©dium: 60 cl (inusitĂ©)
    • la bouteille : 75 cl
    • le magnum 1,5 l : 2 bouteilles
    • le jĂ©roboam 3 l : 4 bouteilles
    • le rĂ©hoboam 4,5 l : 6 bouteilles
    • le mathusalem, 6 l : 8 bouteilles
    • le salmanazar 9 l : 12 bouteilles
    • le balthazar 12 l : 16 bouteilles
    • le nabuchodonosor 15 l : 20 bouteilles
    • le salomon 18 litres : 24 bouteilles
    • le souverain 26,25 litres : 35 bouteilles
    • le Primat 27 litres : 36 bouteilles
    • le melchizĂ©dec 30 litres : 40 bouteilles
    (À noter que pour les vins de Bordeaux, certains noms de bouteilles correspondent à des contenances différentes.)

    Seuls la demi-bouteille, la bouteille et le magnum sont couramment utilisés pour l'élevage du vin, les autres formats sont généralement remplis avec du vin déjà fermenté.

    Certains négociants ont récemment introduit des flacons aux contenances encore plus extravagantes comme le salomon (18 litres soit 24 bouteilles), le souverain (26,25 litres soit 35 bouteilles), le Primat (27 litres soit 36 bouteilles), ou le melchizédec (30 litres soit 40 bouteilles).

    Les contenances supérieures au jéroboam sont très rares : les flacons deviennent rapidement peu pratiques à manipuler, fragiles et très chers à produire.

    Toutes les bouteilles de contenances supérieures au jéroboam portent les noms de rois bibliques à l'exception du souverain (26,25 litres) et du Primat (27 litres).

    Le bouchon

    Le bouchon de liège des bouteilles de champagne est célèbre pour sa forme conique (et non cylindrique comme celle des bouchons utilisés avec les autres vins). En fait, ce bouchon n'a pas cette forme au moment de l'embouteillage, c'est un bouchon cylindrique de fort diamètre qui est placé dans le goulot. Pour qu'il puisse entrer, il est bien sûr nécessaire de le comprimer fortement : ce bouchage « en force » permet de s'assurer que le bouchon ne sautera pas tout seul, sous la pression du gaz contenu dans le vin. Avec le temps, le bouchon perd son élasticité naturelle, et la partie du bouchon située au niveau du goulot se dégradera plus vite que celle située plus bas. C'est pourquoi le col du bouchon est plus étroit que le corps et que les bouchons de champagne ont la forme que nous leur connaissons.

    Le bouchon est formé de deux parties distinctes, bien visibles à l'œil nu :

    • La tĂŞte, parfois appelĂ©e manche, est constituĂ©e d'un agglomĂ©rĂ© de liège de moindre qualitĂ© (pour des raisons Ă©conomiques). Cette partie n'est pas en contact avec le vin.

    • Le corps, qui est taillĂ© dans deux rondelles de liège massif, est collĂ© Ă  la base de la tĂŞte. Cette partie entrera dans le col de la bouteille et sera en contact avec le vin.

    Une fois assemblés, meulés et poncés, les bouchons font l'objet d'une sélection individuelle et sont généralement traités en surface (paraffine), pour garantir leur étanchéité et favoriser leur introduction dans la bouteille.

    Au-dessus du bouchon, une plaque en fer-blanc est maintenue, avec le bouchon, par du fil de fer préformé, appelé muselet. Les plaques de muselet (également appelées « capsules » dans le langage courant) sont devenues l'objet d'une collection, la placomusophilie.

    Il existe un chocolat du nom de « bouchon de champagne » ayant la même forme que le bouchon et aromatisé au champagne.

    Un marché lucratif et protégé

    Le marché du champagne

    La superficie constatée en AOC lors des déclarations de récolte s'établit pour 2002 à 29,3 milliers d'hectares, dont 21,8 pour le département de la Marne.

    La production annuelle s'établit autour de 2,5 millions d'hectolitres. Elle avait baissé lors de la campagne 2001/2002 pour remonter à 2,4 Mhl en 2002/2003.

    Les stocks s'élèvent en 2002/2003 à 3,4 Mhl, soit une disponibilité totale de 5,8 Mhl. Ce chiffre est en légère mais constante progression au cours des 10 dernières années.

    Les expéditions, évaluées en millions de bouteilles, ont représenté pour la campagne 2002/2003, 290,7 millions de bouteilles en hausse de 4 % sur l'exercice précédent.

    Sur ce total, la répartition par destination est la suivante :

    Les expéditions avaient connu un pic à 310 millions de bouteilles lors de la campagne 1998/1999, surtout vers l'étranger, juste avant le passage à l'an 2000, suivi d'une baisse sensible. 2002/2003 confirme la reprise déjà constatée lors de la campagne précédente.

    La répartition par filière de vente est la suivante :

    • nĂ©gociants : 67,4 % ;
    • rĂ©coltants : 23,5 % ;
    • coopĂ©ratives : 9,1 %.

    Volume annuel de ventes : 700 millions d'euros.

    Source : Onivins (Office national interprofessionnel des vins).

    L'appellation d'origine contrôlée

    L'appellation « champagne » est une AOC (appellation d'origine contrôlée), mais le mot lui-même est également protégé avec une grande vigilance.

    Ainsi la commune de Champagne, 660 habitants, située dans le canton de Vaud en Suisse a dû renoncer à mentionner le nom de Champagne sur les vins (non pétillants) produits dans son terroir - de 28 hectares - dans le cadre d'un accord international intervenu entre la Suisse et l'Union européenne en décembre 1998.

    Pour cette même raison, la firme Yves Saint-Laurent a dû interrompre le lancement d'un parfum qu'elle avait nommé Champagne.

    L'indication « Appellation d'origine contrôlée » ne figure que très rarement sur les étiquettes des bouteilles de champagne. C'est la seule appellation qui est dispensée de cette mention, car c'est le seul vignoble qui n'a pas de vin déclassé (tous les autres vignobles vendent AOC et vin déclassé).

    Les « faux » champagnes

    Parmis les alcools ressemblant au champagne on peut trouver :

    - Le vin du Cerdon

    - La clairette de Die

    - La clairette de Limoux

    - Les crémants d'Alsace

    - Les crémants de Bourgogne

    - Les crémants de la Loire

    - Les crémant de Bordeaux

    Quelques maisons renommées et leurs cuvées de prestige

    Maison Date de fondation Lieu Cuvée de prestige Millésimée Site externe Groupe
    Henri Abelé 1757 Reims Sourire de Reims
    align="center"
    site Freixenet Espagne site
    Ayala 1860 Aÿ Grande Cuvée oui site Maison indépendante
    Besserat de Bellefon 1843 Épernay Cuvée des Moines align="center"
    site Lanson International site
    Bollinger 1829 Aÿ Vieilles Vignes Françaises oui site Société indépendante
    R.D. (Récemment Dégorgé) oui
    Boizel 1834 Épernay Joyau de France oui site Groupe Boizel, Chanoine, Champagne (BCC)
    Canard-Duchêne 1868 Ludes Grande Cuvée Charles VII - site Alain Thiénot site
    De Castellane 1895 Épernay Commodore oui site Laurent Perrier site
    Cattier 1918 Chigny les Roses Clos du Moulin align="center"
    site Société indépendante
    Charles de Cazanove 1811 Reims Stradivarius align="center"
    align="center"
    Groupe Rapeneau
    Chanoine Frères 1730 Reims gamme Tsarine
    site de la gamme
    suivant le vin de la gamme site Groupe Boizel, Chanoine, Champagne (BCC)
    Deutz 1838 Aÿ Amour de Deutz oui site en relation avec Louis Rœderer
    Drappier 1808 Urville Grande Sendrée oui site maison familiale
    Duval-Leroy 1859 Vertus Femme de Champagne suivant les années site Société indépendante
    Gauthier 1858 Épernay Grande Réserve Brut - site Lanson International site
    Paul Goerg 1950 Vertus Cuvée Lady C. oui site align="center"
    Gosset XVIIIe siècle Aÿ Celebris oui site Renaud-Cointreau
    Heidsieck & Co Monopole 1785 Épernay Diamant Bleu oui site Vranken-Pommery Monopole site
    Charles Heidsieck 1851 Reims Blanc des Millénaires oui site Rémy-Cointreau site
    Henriot 1808 Reims Cuvée des Enchanteleurs oui align="center"
    Société indépendante
    Krug 1843 Reims nom différent à chaque millésime oui site LVHM site
    Clos du Mesnil suivant les années
    Charles Lafitte 1848 Épernay Orgueil de France suivant les années site Vranken-Pommery Monopole site
    Lanson 1760 Reims Noble Cuvée oui site Lanson International site
    Laurent-Perrier 1812 Tours-sur-Marne Grand Siècle « La Cuvée » - site Laurent Perrier site
    Mercier 1858 Épernay Vendange oui site LVHM site
    Moët & Chandon 1743 Épernay Dom Pérignon oui site LVHM site
    Mumm 1827 Reims Mumm de Cramant - site Allied Domecq PLC G-B site
    Bruno Paillard 1981 Reims N.P.U. (Nec Plus Ultra) oui site Maison indépendante
    Perrier Jouët 1811 Épernay Belle Époque oui site Allied Domecq PLC G-B site
    Piper-Heidsieck 1785 Reims Rare - site Rémy-Cointreau site
    Pommery 1836 Reims Cuvée Louise oui site Vranken-Pommery Monopole site
    Louis Rœderer 1776 Reims Cristal oui site Maison indépendante en relation avec Deutz
    Pol Roger 1849 Épernay Winston Churchill oui align="center"
    Maison indépendante
    Ruinart 1729
    la plus ancienne
    maison
    Reims Dom Ruinart oui site LVHM site
    Marie Stuart 1867 Reims Cuvée de la Sommelière - site Alain Thiénot site
    Brut Millésimé oui
    Taittinger 1734 Reims Comtes de Champagne oui site Taittinger
    Thiénot 1985 Reims Grande Cuvée oui site Alain Thiénot site
    Cuvée Stanislas -
    de Venoge 1837 Épernay Grand Vin des Princes oui site Groupe Boizel, Chanoine, Champagne site
    Veuve Clicquot Ponsardin 1772 Reims La Grande Dame oui site LVHM site
    Vranken 1979 Épernay Demoiselle
    suivi d'un nom différent à chaque millésime
    suivant les années site Vranken-Pommery Monopole site

    Anecdotes et informations pratiques

    Une boisson réputée

    Cette boisson a acquis une forte notoriété internationale en devenant un synonyme de luxe, étant employée notamment pour célébrer les grandes occasions. La particularité « gazeuse » du champagne est un peu à l'origine de ce caractère festif : on fait sauter le bouchon, plus rarement on sabre la bouteille, et la victoire est fêtée dans de nombreux sports par l'aspersion de la foule à l'aide d'une bouteille de champagne agitée par les vainqueurs depuis leur podium. C'est ainsi le cas en formule 1 ou lors des étapes de l'épreuve cycliste du Tour de France. De même, le baptême des navires se fait traditionnellement en brisant une bouteille de champagne sur la coque.

    Ĺ’nologie

    Un champagne jeune (2 à 3 ans) dispose d'arômes d'une grande fraîcheur qui peuvent correspondrent à des parfums de fruits blancs ou rouges, d'agrumes, de fleurs blanches, de végétaux, de ferments (levure, mie de pain) ou encore à des senteurs minérales. Pour le champagne plus mature (4 à 7 ans), les arômes sont plus ronds et forts et s'établissent dans le registre des fruits jaunes, secs ou cuits, d'alcools végétaux, d'épices, de confiserie et de pâtisserie. Après 6 ans le parfum est plus complexe et s'exprime au travers d'arômes de fruits très mûrs ou confits, de parfums de sous-bois, de torréfaction, de grillé ou de miel.

    Savoir lire une étiquette

    On peut lire sur une étiquette de champagne la marque, le nom de l'élaborateur, le dosage (brut, sec, zéro dosage, etc.), le millésime — ou son absence, la commune d'origine des raisins, et parfois la cotation qualitative des raisins : « grand cru » pour les dix-sept communes qui ont le droit à ce titre ou « premier cru » pour les quarante et une autres. Le statut professionnel du producteur est obligatoire et se traduit par les caractères suivants :

    Servir le champagne

    Le champagne se boit en toutes occasions et il peut ĂŞtre le vin unique de tout un repas.

    • Les bruts non millĂ©simĂ©s et les champagnes « blanc de Blancs » se boivent en apĂ©ritif et peuvent accompagner les entrĂ©es et les plats de poissons et de fruits de mer.
    • Les bruts millĂ©simĂ©s et les champagnes rosĂ©s peuvent ĂŞtre servis avec les plats de viande et les fromages ; les millĂ©simes les plus jeunes doivent prĂ©cĂ©der les vins plus anciens.
    • Le sec et le demi-sec sont parfaits en accompagnement de desserts.

    Le champagne doit être servi frais : 6° à 8° (ou 8° à 10° suivant d'autres producteurs). On place la bouteille pendant 20 à 30 minutes dans un seau à champagne rempli à moitié d'eau et de glace. On peut également placer la bouteille au réfrigérateur, mais il faut absolument éviter le compartiment à glace. On utilise de préférence une flûte, les coupes étant accusées de perdre le bouquet du champagne. Il faut penser à changer les flûtes chaque fois qu'on change de cru.

    Le service du champagne suit un protocole particulier :

    Cette façon de servir est appelée « servir à la champenoise ».

    Il était autrefois de tradition d'accompagner la dégustation du champagne de petit biscuits longs et rectangulaires recouverts de sucre glace : les biscuits à la cuiller ou biscuits roses de Reims.

    Sabler ou sabrer le champagne ?

    La question de savoir s'il faut dire sabler ou sabrer le champagne revient souvent au moment où l'on déguste cet alcool. Elle est souvent prétexte à polémiques plaisantes. En fait, les deux se disent et n'ont pas du tout le même sens. L'histoire du premier terme est assez complexe, cependant.

    Boire le champagne en une seule gorgée se dit sabler le champagne. L'expression doit se comprendre au figuré du verbe sabler dans son acception de « couler dans un moule en sable ». Par analogie avec l'opération, on désigne métaphoriquement l'action de verser d'un trait le breuvage dans son gosier par ce terme technique. Alors que l'expression semblerait, d'après l'origine étymologique et l'image, familière, elle s'utilise de manière relativement soutenue ─ ou crue comme telle ─ pour signifier que l'on boit le champagne en compagnie pour une heureuse occasion.

    Dire que l'on va sabler le champagne n'est maintenant plus compris comme une dégustation rapide ─ qui apparaîtrait somme toute cavalière : en effet, en compagnie, on ne boit pas le champagne à grandes goulées. On note que le sens de sabler pour « boire à grandes goulées » ne s'emploie plus qu'avec cet alcool (on ne sable pas du thé ou du bordeaux) et, puisque ce sens s'est maintenant estompé au détriment de « boire en société », ne s'emploie même plus du tout. Il est d'ailleurs noté comme sens vieilli par les dictionnaires courants, sauf dans la seule expression sabler le champagne, où il a un autre sens, qualifié cette fois-ci de moderne.

    À l'époque de Louis XIV, on sablait le champagne de sucre pour qu'il ait des bulles. En effet, les viticulteurs ne connaissaient pas la fermentation indispensable pour avoir des bulles. Le sucre réagissait alors avec l'alcool ce qui provoquait le dégagement de CO2.

    D'autre part, sabrer le champagne doit se comprendre métonymiquement : on sabre la bouteille de champagne pour l'ouvrir. Cette opération consiste à faire glisser le plat de la lame d'un sabre lourd sur le flan de la bouteille, vers le goulot de la bouteille. Le choc asséné par le coté non tranchant de la lame au niveau du renflement du goulot, aidé par la pression interne de la bouteille, décapite proprement la bouteille. Cette manœuvre nécessite un minimum de précaution, la tête de la bouteille, le bouchon et le muselet sont violemment éjectés.

    On peut donc sabrer le champagne pour, ensuite, le sabler.

    Le champagne et la santé

    Le chanoine Godinot en 1718, dans son traité sur les vins de Champagne, assurait : « De tous les vins, il n'en est pas de meilleur pour la santé qu'un vin gris de Champagne, ou couleur œil de perdrix ».

    Ses qualités :

    • Son gaz carbonique provient uniquement de la seconde fermentation et n'est pas artificielle, comme l'est celle de certains vins mousseux et des boissons gazifiĂ©es.
    • Le champagne n'irrite pas l'estomac malgrĂ© un pH très faible, il ne nuit pas Ă  la digestion, mais l'amĂ©liore, en dissolvant les graisses et en Ă©vitant les ballonements.
    • Comme tous les vins blancs secs, il est diurĂ©tique et aide Ă  Ă©liminer les excès.
    • Il est riche en sels minĂ©raux assimilables, en particulier en potassium, en calcium, en magnĂ©sium et en soufre, et possède donc des propiĂ©tĂ©s dĂ©puratives, dĂ©toxicantes et anti-inflammatoires. Il agit ainsi sur les rhumatismes, les rhumes et les allergies.
    • Il contient aussi des oligo-Ă©lĂ©ments, dont, le zinc (7 mg) utile Ă  la rĂ©gulation de l'influx nerveux, et avant l'utilisation des anxiolytiques, le champagne Ă©tait reconnu comme antidĂ©presseur et anxiolytique. Il contient aussi du phosphore et du lithium importants pour la rĂ©gulation des humeurs.

    Posologie conseillée par les connaisseurs : en traitement d'attaque, trois flûtes chaque jour pendant 1 mois, et en traitement d'entretien, une flûte par jour, permet de bénéficier de tous ses bienfaits et d'un bon moral.

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