Union démocratique du centre (Suisse) Article, Signification, Explication
L'UDC ou Union démocratique du centre, est un parti politique Suisse de la droite populiste et nationale, s’appuyant sur la peur du déclin national, sur le recul du niveau de vie des couches populaires et d’une partie des classes moyennes, et défend des thèses que d'aucuns qualifient de « xénophobes ». Ses succès s’expliquent aussi par l’absence de politique alternative crédible à gauche et par l’immobilisme du système gouvernemental, qui, depuis 1959, comporte invariablement cinq ministres de droite et deux de gauche.
Il se nomme Schweizerische Volkspartei (SVP) en allemand, Unione Democratica di Centro (UDC) en italien et Partida Populara Svizra en romanche .
L'UDC est née le 22 septembre 1971 à partir de la fusion du Parti des paysans, artisans et indépendants (PAI) (fondé à Zurich en 1917 sous le nom de Parti des paysans, renommé en 1937 lors de la constitution d'un parti national à partir des sections de Zurich et Berne) et de deux partis démocratiques de Suisse alémanique; du fait de cette filiation, l’UDC a longtemps été, et l'est encore parfois, qualifiée de parti « agrarien ». L’UDC qui participe au gouvernement depuis 1929, d'abord sous le nom de PAI, s’est radicalisé sous l’impulsion de Christoph Blocher qui affirme vouloir faire de l’UDC une force réactive à « l’avance des socialistes », sur fond de débat européen. Mais, à l'exception de l'extrême-gauche et des syndicats militants, le qualificatif d’« extrême » n’est que rarement apposé à cette nouvelle droite, longtemps alliée traditionnelle des formations conservatrices sur les listes électorales locales.
Or, depuis le début des années 1990, la Suisse traverse une importante crise économique et morale sans précédent et de nombreuses affaires illustrent l'immobilisme quand ce n'est pas l'incompétence des responsables du pouvoir politique :
Historique
L'UDC avait obtenu 11,1% en 1991, 15% en 1995, et 22,5% en 1999.
Politiquement, l’UDC, qui reproche aux socialistes, mais aussi à ses anciens alliés de droite, de dilapider l’argent public, milite pour un allégement fiscal et pour la suppression des aides à la culture, à la petite enfance, à la promotion de l’égalité entre hommes et femmes. Elle entend casser la « mentalité de tutelle » qui rend les citoyens « dépendants ». Autre thème de prédilection : l’immigration facteur aggravant des maux.
Aux élections fédérales du 19 octobre 2003, l'UDC est arrivé en tête avec 27,7% des suffrages et a obtenu 55 sièges (+11) sur 200. Avec ces résultats, l'UDC est devenu aujourd'hui le premier parti politique en Suisse et son leader Christoph Blocher peut briguer un deuxième poste au conseil fédéral au détriment du PDC.
Le discours de l'UDC innove dans une Suisse où la culture d’opposition et l’alternance politique n’existent plus depuis 1959, au moment où s'est instaurée un système, que d'aucuns dénoncent comme une « dictature molle » du compromis, du consensus et du politiquement correct. Les électeurs suisses de la droite traditionnelle sont de plus en plus sensibles aux arguments de Christoph Blocher lorsqu'il affiche sa volonté de bousculer ce « consensus » étouffant et apparemment immuable. Le rapport de forces entre la gauche et la droite demeurant identique à celui de 1999, c'est la nature du bloc de droite qui a évolué avec 40 % d’élus UDC.
Jusqu'à présent l'UDC se développait au détriment des partis de droite comme le Parti radical-démocratique (PRD), la plus ancienne formation politique de la Suisse moderne, qui n’a jamais été évincée du gouvernement en cent cinquante ans de fédéralisme, ou du PDC, mais aujourd'hui l’UDC semble avoir un boulevard politique devant elle. Les ouvriers et les électeurs des classes les plus populaires (1) ne se reconnaissent plus dans le Parti socialiste suisse ( PSS) qui a abandonné le terrain des luttes sociales qu’il incarnait en échange de sa participation à la politique du gouvernement de consensus, en pensant que la force du dieu « franc suisse » pourrait résoudre tous les problèmes et permettre la réalisation de toutes les aspirations.
Le PSS, à l'instar du PS français attire aujourd'hui surtout des militants et des électeurs de formation professionnelle supérieure, se sentant aussi intellectuellement supérieurs, jouissant de revenus élevés et dont les revendications et les aspirations politiques sont bien éloignées des couches populaires. Face à ces socialistes peu engagés et engageants, à des communistes absents et à des écologistes émergents, l’UDC pourrait librement se positionner comme le nouveau parti des travailleurs suisses, un peu comme a réussi à le faire en France le Front National en récupérant une importante minorité des anciens électeurs ouvriers de gauche et de leurs familles.
Le 10 décembre 2003, son président Christoph Blocher est élu à la place de Ruth Metzler du PDC, et siège donc au Conseil fédéral (gouvernement suisse) depuis le 1er janvier 2004 où il occupe le poste de chef du Département fédéral de Justice et Police. L'UDC dispose donc aujourd'hui de 2 sièges au gouvernement fédéral avec celui de Samuel Schmidt
- (1) Selon un sondage institutionnel, pratiqué auprès de 20 000 jeunes gens et rendu public en août 2003 sous le titre d’ Isola elvetica, les électeurs de l’UDC se retrouvent surtout chez les personnes sans formation professionnelle et disposant des plus bas revenus (en dessous de 200 euros). Tous les détails : [1]
Liens externes
- Site officiel: http://www.udc.ch (en français)
- Article du Monde diplomatique
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