article sur le Trotskisme, Explication sur le Trotskisme

Trotskisme Article, Signification, Explication

       

Table of contents
1 Généralités
2 Idées générales
3 Pratiques
4 Le Trotskisme dans le monde
5 Le Trotskisme en France
6 Références
7 Voir aussi :
8 Lien externe

Généralités

Le trotskisme (parfois trotskysme), ou IVe Internationale, est une scission de la IIIe Internationale. Il fait référence aux idées de Léon Trotski, exclu du Parti Communiste d'Union Soviétique en 1927 et banni de l'URSS en 1929. Certains spécialistes considèrent qu'idéologiquement la doctrine trotskiste n'a pas beaucoup de différences avec celle du communisme pur et dur, et qu'il s'agit surtout de différences de personnalité.

Après la mort de Lénine qui n'avait pas désigné de successeur, Léon Trotsky se heurte rapidement à Joseph Staline. Celui-ci défend une vision pragmatique et veut instaurer le « socialisme dans un seul pays », alors que Trotski se pose en garant de l'orthodoxie, prône la « révolution permanente et mondiale », et critique la bureaucratisation de l'État.

Trotsky fonde la IVe Internationale en 1938 dont ses membres seront désormais appelés trotskistes. Le 20 août 1940, Léon Trotsky est assassiné à coups de piolet dans sa résidence au Mexique, par un agent soviétique, du nom de Ramon Mercader, qui a réussi à infiltrer son entourage.

Suivant les groupes et les époques les trotskistes ont pu se montrer sectaires, ou au contraire prêts à travailler dans des larges alliances (fronts uniques), ou à défendre leurs options dans d'autres formations (entrisme). Ils aiment afficher une culture de la dissidence et furent de tout temps l'incubateur d'un grand nombre de groupuscules, de cénacles et de petits partis.

Idées générales

Le trotskisme critique la dérive dictatoriale et totalitaire du stalinisme, et prétend défendre une certaine démocratie à l'intérieur du Parti. Cependant, il ne faut pas oublier que l'on doit à Léon Trotsky, la création et l'organisation de l'Armée rouge et le massacre d'une opposition socialiste non bolchevik (socialistes révolutionnaires, anarchistes). De plus, celui-ci fut menchevik (socialiste) jusqu'en 1917 et ne passa au bolchevisme, de façon opportune, seulement quelques mois avant la révolution d'octobre.

Les organisations se réclamant du trotskisme dénoncent également les dérives du capitalisme. Le trotskisme tient pour responsable des guerres, de l'exploitation et de la misère la domination bourgeoise et capitaliste du monde, fidèle en cela à la pensée marxiste et Engelienne. Les trotskistes se veulent pour la paix, qui ne pourrait avoir lieu que par la révolution socialiste mondiale, c'est-à-dire la prise de pouvoir par la population laborieuse des moyens de production, à des fins de réponses aux besoins de l'humanité et non de profit et d'expansion. Pour parvenir à ce but, les trotskistes définissent leur rôle en tant que responsables de la direction du prolétariat, qu'ils désirent organiser politiquement pour changer de régime. C'est le programme de transitition de Léon Trotsky : organisation de conseils d'usines, de soviets, réformes agraires (la terre à ceux qui la cultivent), échelle mobile des salaires et des prix, etc., et aussi la dictature du prolétariat ; ce dernier point ayant été retiré de leur programme par certaines organisations se réclamant du trotskisme comme la LCR en France (membre du Secrétariat Unifié SU), alors qu'il est une, sinon la, clef de voûte du programme en tant qu'il met en pratique cette prise de pouvoir de la population, par une démocratie directe (assemblée constituante, révocation des élus). Cette dictature du prolétariat est cependant vue par beaucoup soit comme un possible début de dictature tout court, par une bureaucratie, soit comme un modèle démocratique qu'ils réfutent.

Le caractère secret de certaines grandes organisations trotskistes est un héritage du sort qu'ils ont connu en URSS. Chassés dans les goulags par la bureaucratie stalinienne, puis rappelés au front lors de la guerre (bataille de Stalingrad en particulier), ils furent longtemps les victimes des staliniens à travers le monde, contraints de s'organiser dans l'anonymat (d'où les pseudonymes d'une certaine génération de militants par exemple). Pour certains groupes (comme a pu le dénoncer le PT par exemple) il s'agit également d'une représentation médiatique à la fois faible et, quand elle est présente, trop souvent calomnieuse.

Pratiques

Programme de transition

Le programme de la
IVe Internationale a été écrit par Trotsky en 1938, il s'agit d'un programme de transition vers le socialisme. Trotsky pensait que l'on ne peut pas savoir à l'avance la forme que prendra le communisme, et qu'il fallait donc préparer la transition avant de laisser l'avenir du mouvement entre les mains du prolétariat.

Pour les trotskistes, le programme doit être «l'expression consciente de l'expression inconsciente des masses».

La question des élections chez les mouvements trotskistes

Les trotksystes voient l'échéance électorale dans un pays comme un problème pratique à résoudre, non comme une obligation démocratique, surtout dans des pays où ils considèrent la constitution comme « réactionnaire » et « anti-ouvrière ».

Si une élection où leurs candidats se présentent permet, d'après eux, d'apporter quelque chose à la population, alors ils se présentent. Ainsi ils utilisent le débat démocratique pour débattre de leurs idées, critiquer le système qu'ils condamnent, et grossir le nombre de leurs militants.

Ce dernier point, de construction d'un parti ouvrier, est peut-être le plus important aujourd'hui pour les trotskistes, car pour eux le mouvement ouvrier se doit d'avoir un parti indépendant du pouvoir en place, et de l'union la plus large possible, mais de pensée marxiste, et de volonté révolutionnaire.

C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, les partis d'origine trotskiste ne sont pas forcément entièrement, ou majoritairement, trotskistes.

C'est aussi la raison pour laquelle les courants trotskistes peuvent paraître difficilement déchiffrables. Les critères changent d'un courant à l'autre, brouillant les cartes de compréhension du trotskisme comme idéologie (isme) unique.

La question du syndicalisme chez les mouvements trotskistes

Eut égard à ses origines marxistes-léninistes, la pensée trotskiste considère le syndicalisme comme une arme d'organisation nécessaire, mais non suffisante. Des grèves sporadiques dans tout le pays ne sont pas suffisantes, au moment révolutionnaire, il faut y ajouter une direction politique, celle du parti ouvrier.

Dans ce cas, il peut paraître paradoxal que des courants du trotskisme réclament l'indépendance réciproque des partis et syndicats. Ce point de vue peut s'expliquer par leur combat contre la bureaucratie et le stalinisme qui, pour eux, comprend l'influence des partis communistes sur les syndicats.

La question de la lutte armée chez les mouvements trotskistes

Dans le programme de transition de la IVe internationale, Trotsky aborde la question de l'armement du prolétariat. En effet, pour Trotsky, matérialiste, « dans toute situation révolutionnaire, la question de l'affrontement entre le peuple et l'armée se pose à un moment ou à un autre » (La révolution Russe, tome 1: février). Pour lui, il faut clairement que la direction du parti assume le choix éventuel de l'organisation armée du peuple.

Maintenant, dans le cadre du trotskisme, une question se pose: tous les trotskistes sont-ils favorables à cet armement ? Cet armement est-il inévitable ? Est-ce de la légitime défense ? De l'opportunisme ? De la violence gratuite ? Armement ou défense ?

Dans son livre 100 mots pour changer le monde, Olivier Besancenot, dont le parti (LCR) se réclame de la IVé internationale, se dit pacifiste et plus volontiers « marxiste révolutionnaire » que « trotskiste », Trotski lui-même réfutant ce terme.

De son côté, l'OCI, à l'époque des évenements tragique au Chili, en 1973, s'est désolé que Allende et son parti n'ait pas mieux participé à l'organisation, à ce moment particulier, des ouvriers et des paysans pour les aider à prendre le pouvoir dans les usines et les terres. Ce faisant, l'OCI critiquait la protection de fait que l'UP procurait à la bourgeoisie, empêchant à la population de prendre le contrôle de la production.

Cette question de l'armement possible de la classe ouvrière que posent les différents courants du trotskisme montre les différences qui existent au sein de mouvements se réclamant des mêmes idées, mais de pratiques différentes. Cette question est pour le moins peu débattue dans la sphère publique et médiatique, mais courante dans certains milieux trotskistes et marxistes. Cette question est aussi un point de discorde : ou bien le parti arme volontairement à des fins bureaucratiques et idéologiques, ou bien il laisse faire pragmatiquement, c'est-à-dire laisse, voire aide, le peuple s'armer « selon ses besoins », pour reprendre une expression léniniste-socialiste. Dans les deux cas se pose la question de la morale en différents termes : morale bourgeoise, « tuer est mal et antidémocratique, et même si c'est la volonté du peuple cela doit être évité » ; morale prolétarienne, tuer devient alors une nécessité historique provoquée par la domination bourgeoise, qui de toute façon répondra de manière armée.

Dans cette optique, qu'est-ce que le trotskisme ? La défense et l'application du programme de transition de la IVe internationale ? La défense des idées de Léon Trotsky ? La défense des pratiques de Léon Trotsky ? La volonté d'armer la classe ouvrière ? La volonté de faire chaque pas vers le socialisme, pacifiquement, ou au prix d'une révolte armée s'il le faut ? Y a-t-il une critique possible des actes de l'homme quand on en revendique le nom ? Y a-t-il un trotskisme pacifiste, ou un nouveau trotskisme ?

Cette question n'est qu'un point du programme, et il ne s'agit pas de morale, mais de concrétude. Chacun peut s'imaginer, le jour « du grand soir », devant les balles ennemies, quelque soit son « bord », que fera-t-il ?

Cela montre, s'il était nécessaire, la différence entre les idées dont un parti peut se réclamer, et la pratique mise en place par lui. Deux choses que l'histoire ne suffit pas à expliquer, même si de nombreux exemples de révoltes se sont passées dans le sang, écrasées comme la Commune ou victorieuses comme la révolution d'Octobre.

Le Trotskisme dans le monde

Les mouvements communistes internationalistes connaissent en général une grave crise d'identité, mais les trotskistes demeurent présents et possèdent des sections organisées dans plus de 50 pays. En sus de la France, ils sont aussi très présents en Grande-Bretagne, au Brésil, en Argentine, en Bolivie et en Afrique du Sud.

Quelques trotskistes

Le Trotskisme en France

En France, plusieurs groupes (à peu près une vingtaine !) et trois organisations se réclament du trotskisme (réf.1) :

- La Ligue Communiste Révolutionnaire d'Alain Krivine, membre de la IVe Internationale mais qui a abandonné en 2003 la référence à « la dictature du prolétariat ». La LCR est surtout présente dans le mouvement social au sein des syndicats FSU (elle co-dirige la fédération), de SUD, ainsi qu'à ATTAC, elle regrouperait environ 1000 adhérents (réf.1) (3000 selon la LCR en 2004 grâce au développement impulsé par son score aux élections présidentielles de 2002, ce qui ne s'est pas confirmé aux européennes de 2004, malgré des listes communes LCR/LO (moins de 3%).

- Lutte ouvrière ou Union Communiste (Trotskiste), membre de l'UCI (Union Communiste Internationaliste), surtout connue grâce sa porte-parole, Arlette Laguiller, qui a obtenu 5,3 % aux élections présidentielles de 2002. Lutte ouvrière met l'accent les ravages du capitalisme. Elle tire ses origines d'un groupe formé pendant la 2ème guerre mondiale autour d'un militant (David Korner dit Barta) qui s'était séparé en 1939 de l'organisation française de la IVe Internationale. LO regrouperait un peu plus de 1000 adhérents (réf.1) (près de 7000 en 2004 selon LO).

- Le Courant Communiste Internationaliste (CCI), nom du courant trotskiste du Parti des Travailleurs (PT). Le CCI est issu du Parti Communiste Internationaliste (PCI), anciennement Organisation Communiste Internationaliste (OCI). Ce courant, qui publie la revue théorique de la IVe Internationale, « La Vérité », avait quitté la IVe Internationale en 1952 pour s'opposer aux consignes de celle-ci visant à infiltrer le PCF. Le CCI, qui représente le courant lambertiste, est pour l'indépendance réciproque des partis et des syndicats, pour l'abrogation du traité de Maastrich et chercherait à construire des « les États-Unis Socialistes d'Europe ». Ce courant regrouperait moins de 1000 adhérents (ref.1) (selon d'autres sources environ 50% du total des 6000 adhérents revendiqués par le PT).

- Mais aussi une nébuleuse d'agrégats minuscules représentant au total un millier d'adhérents :

  • Carré rouge, collectif marxiste animé par l'économiste François Chesnais
  • Pour le socialisme (PLS)
  • Combattre pour le Socialisme (CPS) - Cercle pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire. Le cercle édite le bulletin « CPS ».
  • Combattre pour le Socialisme (CPS) - Comité pour la construction du parti ouvrier révolutionnaire qui anime la tendance nationale « Front Unique » au sein de la FSU. Le Comité édite le bulletin « CPS ».
  • Le Groupe Bolchevik qui édite le bulletin « Révolution Socialiste »
  • Le Groupe CRI qui édite le bulletin « le CRI des travailleurs »
  • Le Groupe GSI.
  • Le Groupe La Commune.
  • Cours nouveau.
  • La Fraction révolutionnaire permanente.
  • La Gauche révolutionnaire.
  • Le Groupe socialiste internationaliste.
  • La Ligue Trotskiste de France, qui s'est surtout distinguée par un soutien inconditionnel au régime soviétique, et qui est la section française de la Tendance Spartakiste Internationale, surtout présente aux États-Unis.
  • Le Marxisme aujourd'hui.
  • Le Parti communiste révolutionnaire.
  • Pouvoir ouvrier (n'existe plus).
  • La Riposte.
  • Toute la vérité.
  • L'Union ouvrière communiste (léniniste-trotskiste).

L'ensemble des mouvements trotskistes en France représenterait un total d'environ 6 000 adhérents (réf.1).

Parmi les phénomènes sociaux et politiques susceptible de développer les idées trotskistes (augmentation du nombre d'adhérents, score aux élection), on trouve la défection d'adhérents du PC, consécutive à la chute de l'URSS, le climat néolibéral dénoncé par les militants révolutionnaires, très actifs dans le paysage social, mais aussi par certains syndicats, mouvements altermondialistes, associations diverses (DAL, AC...), milieu universitaire...

Le trotskisme représente depuis un dizaine d'année un phénomène politique qui se retrouve dans les urnes avec un potentiel de 4 à 10 % des votants.

Références

Voir aussi :

Lien externe


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