Transcription des langues germaniques Article, Signification, Explication
La transcription des langues germaniques (ou des germanistes) est un ensemble de symboles servant à la transcription phonétique, phonologique ou philologique des langues germaniques. De cet ensemble quelque peu disparate de symboles dont certains sont très anciens, ensemble qui n'est pas formalisé à la manière de l'alphabet phonétique international (maintenant API), un certain nombre ne correspond pas aux usages de l'API. On se bornera ici à indiquer les symboles les plus fréquents ou remarquables. Les usages propres à l'orthographe, la transcription ou la translittération de certaines langues ne seront pas mentionnés.
Origine et utilisation
La phonétique historique des langues germaniques est née au XIXe siècle avec les découvertes de Jacob Grimm et de Karl Verner (cf. Loi de Grimm et Loi de Verner). La reconstitution du proto-germanique ainsi que l'évolution phonétique des langues anciennes a conduit à l'augmentation de l'alphabet latin, impropre à noter tous les sons germaniques.
Pour se faire, il a souvent suffit d'utiliser directement les lettres supplémentaires de l'alphabet latin inventées par les scribes médiévaux, ou plutôt empruntées à d'autres écritures, comme l'alphabet runique. L'importance des scribes anglais est notable : c'est en effet eux qui, à partir du VIIIe siècle, ont utilisé l'alphabet latin (importé par les moines irlandais) à la place des runes et l'ont complété pour noter les sons du vieil anglais, ont inventé nombre des nouvelles lettres en question et instauré des usages qui, pour certains, perdurent dans l'orthographe de langues modernes. À partir du XIe siècle, l'influence romane des scribes normands (arrivés en Grande Bretagne après la bataille de Hastings) a marqué la langue à tel point que les lettres anciennes se sont quasiment toutes perdues, remplacées souvent par des digrammes imitant ceux du Continent (ƿ remplacé par uu puis w, par exemple)
D'autres symboles notant des sons que les scribes ne distinguaient pas à l'écrit ont été nécessaire aux linguistes modernes et ont été obtenus soit par modification de lettres préexistantes, soit par l'utilisation de diacritiques. Enfin, quelques signes ne sont utilisés que pour la translittération philologique des textes manuscrits mais ne sont phonétiquement pas utiles.
Symboles
Voyelles
Lettre issue d'une ligature utilisée en vieil anglais à partir du VIIIe siècle puis dans d'autres langues germaniques (danois, islandais...), elle est à l'origine du symbole de l'API mais ne s'est pas conservée en anglais, qui l'a remplacée par a à partir du moyen anglais.
- ǫ = [ɒ] ;
- ę = [ɛ] ;
- ø = [ø] (à l'origine une ligature par superposition de o et e)
- ą = [ã] puis [o].
Consonnes
Lettres anciennes réutilisées
- þ = [θ] (ou [ð]) thorn
- ð = [θ] (ou [ð]) eth (anciennement that)
- ƿ = [w] wynn
- ȝ = [ɣ], [j], [g], [x] voire [w] yogh
Nouvelles lettres ou empruntées à d'autres langues
C'est vraisemblablement à partir du tracé de ð, qui représente la spirantisation de /d/, qu'on a étendu le principe à d'autres lettres notant des occlusives devenues fricatives ou spirantes, de manière à obtenir :
mais :
Cette lettre est un artifice philologique. Les manuscrits allemands, en effet, notaient [s] issu de la seconde mutation consonantique de /t/ par la lettre z, qui servait aussi à écrire l'affriquée [ts]. On utilise donc la lettre ȥ pour différencier les deux z écrits. Dans de nombreux cas, les ouvrages de linguistique se contentent de la lettre s : on écrira donc ëʐʐan ou ëssan (voire sans ë, le tréma étant un autre artifice philologique) mais pas ezzan, qui laisserait croire qu'on prononçait [tts] au lieu de [ss]. L'allemand de cette époque utilisait pourtant bien un s mais on sait qu'il ne s'agissait pas du même /s/ que celui de ȥ, parce que les textes poétiques ne font pas rimer ou allitérer les deux phonèmes. La différence entre les deux /s/ est mal connue. On peut penser que le /s/ écrit s était plus chuintant que ȥ ou plus doux (en effet, ce /s/ plus ancien puisque remontant à avant la seconde mutation connaît plusieurs allophones : [s], [z] et [ʃ]).
- ƕ = [ʍ] hwair ;
- ʒ ou ʓ = [ɣ], [j], [g] ezh ;
Autres cas notables
Caractéristiques suprasegmentales
La quantité vocalique longue est marquée par le macron. Aucun manuscrit n'indiquait les quantités, cependant. L'accent aigu sert à l'accent tonique.
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