article sur le Traitement primaire, Explication sur le Traitement primaire

Traitement primaire Article, Signification, Explication

 

Les ressources en eau douce de surface comme les cours d'eau fournissent une eau brute qui contient énormément de pollutions qui la rendent non potable; il faut donc les éliminer. Dans ce but l'eau va subir un certain nombre de traitements nécessaires pour la rendre potable.

Table of contents
1 Le dégrillage
2 La coagulation
3 La floculation
4 La décantation
5 La filtration

Le dégrillage

Le dégrillage est la première étape d'une filière de traitement, qui consiste à retenir tous les gros déchets tel que les morceaux de bois, les bouteilles en plastiques, les canettes... Pour ce faire, on met en place un système de grilles, dont l'espacement est d'environ 50 mm. Dès que les grilles sont encombrées par les déchets, un racleur (appelé plus simplement râteau) monte le long des grilles et fait tomber ces déchets dans une benne qui une fois pleine va bien évidemment à la décharge.

La coagulation

Si la décantation se faisait directement après le prélèvement dans le milieu aquatique, le temps de décantation d'un gravier dans un mètre d'eau serait d'une 1 seconde par la seule influence de son poids, on passerait à 2 minutes pour le sable fin, à 2 heures pour l'argile, à 8 jours pour une bactérie et de 2 à 200 ans pour un colloïde. Ces durées étant bien évidemment beaucoup trop grandes, il a fallu trouver une solution pour accélérer cette décantation. Cette solution est un procédé appelé de coagulation et de floculation.

Les colloĂŻdes sont des molĂ©cules de très petites tailles, très lĂ©gères et chargĂ©s nĂ©gativement. Ces molĂ©cules se repoussent donc entre elles. La coagulation consiste Ă  inhiber les forces rĂ©pulsives de tous les colloĂŻdes en neutralisant leurs charges Ă©lectriques. ThĂ©oriquement, n'importe quel type d'Ă©lectrolyte c'est-Ă -dire substance susceptible de se voir dĂ©composĂ©e en deux groupes de charges Ă©lectriques opposĂ©es appelĂ©es ions en prĂ©sence dans notre cas d'eau. Par exemple le sulfate de cuivre sous sa forme solide a pour formule CuSO4 et lors de son insertion dans l'eau va se dĂ©composer en Cu2+ + SO42- . Cependant l'efficacitĂ© de l'Ă©lectrolyte appelĂ© coagulant Ă  ce stade augmente considĂ©rablement avec l'Ă©tat d'oxydation du cation de l'Ă©lectrolyte. C'est pourquoi les sels d'aluminium et de fer ferrique qui renferment des cations de nombre d'oxydation +3 sont presque exclusivement utilisĂ©s dans la coagulation des eaux. Les sels d'aluminium et de fer prĂ©sentent outre leur valence Ă©levĂ©e, prĂ©sentent l'intĂ©rĂŞt de s'hydrolyser c'est-Ă -dire de bien vouloir donner leurs ions dans la gamme de pH habituelle des eaux naturelles, en donnant un hydroxyde insoluble qui prĂ©cipite.
Les deux coagulants les plus utilisĂ©s sont le sulfate d'aluminium de formule Al2(SO4)3 et la chlorure ferrique de formule FeCl3. Le choix d'utilisation varie en fonction du pH de l'eau au dĂ©part. En effet le sulfate d'aluminium est utilisĂ© Ă  un pH optimum de 6 tandis que le chlorure de fer est utilisĂ© Ă  un pH optimum de 8. Prenons l'exemple de la coagulation du bicarbonate en utilisant l'aluminium : Aux valeurs habituelles de pH rencontrĂ© dans les eaux naturelles la dĂ©composition des bicarbonates (HCO3-) donne HCO3- â†’ CO2 + OH- donc l'Ă©quation globale type de coagulation peut donc s'Ă©crire : Al3+ + 3HCO3- â†’ Al(OH)3 + 3CO2 Il y a donc une prĂ©cipitation d'un hydroxyde mĂ©tallique Al(OH)3 et une formation de CO2.

Rappelons que CO2 + H2 â†” H2CO3 (acide carbonique) La rĂ©action de coagulation fait donc chuter le pH.

La floculation

Après avoir subit le traitement de coagulation, l'eau va être transférée dans un autre bassin. C'est dans ce bassin où va commencer véritablement l'accrétion. En effet rien ne s'oppose plus alors au rassemblement des colloïdes neutralisé. Il faut donc maintenir une agitation lente pour favoriser les accrétions. Celle-ci est accélérée par l'ajout d'un polymère c'est-à-dire d'une grande molécule constituée par la répétition d'un motif de base qui emprisonne les matières colloïdales agglomérées et formant ainsi des flocons volumineux qui se déposent par gravité. C'est le floc. Elle est aussi accélérée par une régulation d'un pH optimum pour obtenir la meilleure précipitation possible de l'ensemble des hydroxydes métalliques qui viennent d'apparaître grâce à la réaction de coagulation. On se sert d'hydroxyde de calcium Ca(OH)2 appelé aussi du lait de chaux ou chaux éteinte et d'acide sulfurique H2SO4 pour réguler ce pH optimum qui se situe entre 8.45 et 8.9.

La décantation

Après avoir rassemblé les différentes petites particules en de beaucoup plus grosse, il va maintenant falloir faire décanter tout ceci. Dans un corps d'eau immobile les particules en suspension plus lourdes que l'eau sont soumises à leur poids apparent (poids réel moins poussée d'Archimède). Elles chutent lentement pour s'accumuler sur le fond : c'est la décantation. Leur vitesse de chute obéit à la loi de Stokes :

Une suspension se compose :
  • D'un liquide dans lequel les particules baignent : masse volumique r1 et viscositĂ© m
  • De particules solides en suspension : masse volumique r2 et de diamètre apparent (on assimile la particule Ă  une sphère) D.
Ces particules sont donc soumises à une force résultante Fr, résultant
  • Du poids : P = m.g = V.r2.g
  • Force d'Archimède : Fa = V.r1.g

avec V le volume d'une particule: Fr = V(r2-r1)*g.

De par cette force, les particules se mettent en mouvement (elles subissent une accélération). À mesure que la vitesse augmente, une nouvelle force appelée « traînée » et notée Ff apparaît. Elle s'oppose au mouvement. Lorsque Fr+Ff = 0, la vitesse se stabilise : c'est la vitesse de sédimentation Vs.

La loi de Stokes donne cette vitesse Vs et soit :

  • D le diamètre apparent de la particule en dĂ©cantation, (son volume V est 1/6 D3)
  • µ: viscositĂ© du fluide
  • g : accĂ©lĂ©ration de la pesanteur

v = 2 /9 . [( r1 - r2 ).g *D² ] / µ

Le terme : 2 /9 . [( r1 - r2 ). g ] / µ est constant: c'est la constante de Stokes notée C. La formule peut donc plus simplement s'écrire v = C . r2

La loi de Stokes est valide pour des particules sphériques dont la taille n'excède pas 0,1 mm. En première approximation, elle est appliquée à toute particule sédimentaire de petite taille (sable fin, limon, argile).

Une des techniques les plus simple concernant la décantation est la décantation statique par exemple avec un décanteur vertical. L'alimentation se fait par le bas, les particules sédimentent et peuvent être récupérées au fond du cône, tandis que l'eau traitée est évacuée par le haut, par débordement. La vitesse de sédimentation est malheureusement généralement faible. Il faut donc faire appel à la décantation dynamique grâce à laquelle on peut agir sur la trajectoire pour séparer en continu des particules de taille et de masse volumique différentes. Ce type de décanteur est aussi appelé décanteur à lamelles. Il améliore considérablement la vitesse de décantation. Les décanteurs actuellement utilisés sont dans de petites installations des décanteurs horizontaux à lamelles mais pour de très grosses installations, on lui préférera des décanteurs fonctionnant grâce à ce principe mais avec un fonctionnement encore un peu plus optimisé. Après cette étape très importante de la décantation, il reste encore à éliminer les particules plus petites encore grâce à une filtration.

La filtration

Les premiers principes de filtrations avaient été inspirés par le filtrage naturel de l'eau par les différentes couches de la Terre que traversait l'eau avant d'atteindre des « réservoirs souterrains ». Malheureusement ce procédé était beaucoup trop lent pour de grosse quantité d'eau à traiter. Il faut quand même noter que ce procédé est par contre excellent au niveau de la qualité de l'eau filtré.

On utilise maintenant des batteries de filtres en fonctions du traitement qu'a subit l'eau avant d'arriver à ce stade. Pour une station de traitement d'eau classique, les divers traitements ont étés : mélange rapide avec un coagulant, floculation, décantation, filtration.

La filtration nécessaire après tous ces traitements est un filtrage rapide appelé filtration conventionnelle mono ou bi-couche. Les matériaux de filtration rencontrés dans le traitement des eaux de consommation sont nombreux. Ils doivent présenter les qualités suivantes : ils doivent être insolubles, non friables, et ne doivent relarguer aucune substance susceptible d'altérer les qualités de l'eau.

Les trois matériaux les plus employés sont :

Pour une filtration classique les matériaux les plus courants sont le sable et l'anthracite. Le sable est employé seul en tant que monocouche ou associé à de l'anthracite dans les filtres bicouches. Les supports de filtration biologique (déferrisation, démanganisation, nitrification, dénitrification) sont le sable et le charbon actif en grains.

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