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Système hiérarchique à l'époque Edo Article, Signification, Explication

Bien que la notion de caste ne s'applique pas au Japon, la période Edo (江戸時代, Edo jidai) a vu l'apparition d'un système hiérarchique confucéen de classification des individus par rapport à leurs origines sociales et leurs métiers (身分制度, minbun seido). Ce système était avant tout un système moral, il n'entrait que peu en considération dans la vie de tous les jours. Cependant, il a une importance considérable et imprègne encore aujourd'hui la culture du Japon.

En japonais, cette hiérarchique se résume en quatre kanji représentant chacun un étage de la hiérarchie en partant du sommet jusqu'à la base : 士 (shi), 農 (), 工 () et 商 (shô). Ainsi, on trouve parfois ce système de classe sociale sous le nom de « système shi-no-ko-sho ».

Table of contents
1 Bushi
2 Nômin
3 Kôgyô
4 Shônin
5 Burakumin
6 Hinin

Bushi

Au sommet de la hiérarchie se trouve la classe des guerriers (武, bushi). Elle comprend les shoguns, les samouraïs et leurs entourages. Ils reçoivent une éducation guerrière et lettrée. Cette classe a droit de vie et de mort sur l'ensemble des autres classes.

Daimyo

Les familles de bushi possédant le plus de terres étaient nommés les Daimyo. Ces grands seigneurs étaient les plus nobles, après le Shogun. quand un japonais inférieur croisait un daimy sur une route, il devait en sortir et se mettre à genou pour laisser passer le seigneur.

Daimyo Shimpan

Ce sont les familles de daimyo étroitement apparentés à la famille Tokugawa, les plus influents et les plus puissants.

Daimyo Fudai

Ce sont les familles de daimyo qui se sont ralliés au Tokugawa avant 1603. Cette caste puissante et nombreuse occupait généralement les hautes fonctions du Bakufu.

Daimyo Tozama

Ce sont les familles de daimyo qui se sont ralliés au Tokugawa après 1603. Cette caste un peu éloignée du pouvoir va néanmoins jouer un rôle prépondérant dans la révolution Meiji.

Samurai

Ce sont les bushis possédant le moins de terre. Ils sont fortement liés à des seigneurs, et, s'il arrive à malheur à leur maître, ils doivent se faire
Seppuku. Ceux qui ne le font pas sont destitués et deviennent des Ronin (samurai sans maître).

Samurai du Shogun

Ces Samurai ont comme maître le shogun. Ce sont de fidèles serviteurs du bakufu.

Samurai des Daimyo

Ces Samurai ont comme maître un daimyo, ils se doivent donc d'obéir d'abord au daimyo, parfois avant le Shogun. C'est cette faiblesse de pouvoir du shogun qui provoquera sa perte.

Nômin

Vient ensuite la classe des paysans (民, nômin). Elle comprend une minorité de grands propriétaires terriens et une majorité de paysans souvent très pauvres. La raison de leur classement en haut de la hiérarchie, ainsi que la position des autres classes, vient en grande partie de l'importance que les Japonais accordaient a ceux qui « créent ». Les fermiers sont ceux qui créent la matière qui permet de vivre, c'est-à-dire la nourriture.

Kôgyô

Apres ceux qui « créent », viennent ceux qui « transforment », c'est-à-dire les artisans (業, kôgyô).

Shônin

En bas de la hiérarchie, viennent ceux qui vivent sans « créer », c'est-à-dire les marchands (人, shônin). Pour les Japonais de l'époque Edo, l'argent est quelque chose de sale, un mal malgré tout utile et ceux qui en vivent ne méritent pas de faveur. Cependant, le décalage entre la théorie et la pratique est des plus flagrants pour cette classe. En effet, les riches marchands avaient bien plus de prérogatives que les pauvres paysans.

En marge de ces quatre classes sociales, il en existait deux autres qui restent encore aujourd'hui un tabou au Japon pour les discriminations qu'elles ont subi.

Burakumin

Les bouchers et les tanneurs faisaient partie de la classe des parias (穢多, Eta). Ce terme très péjoratif fut redéfini récemment sous le terme plus neutre de burakumin (部落民). Contrairement aux autres classes, même à la pire (voir Hinin ou eta-hinin, littéralement les «très sales»), les burakumin naissaient burakumin et ne pouvaient espérer changer de groupe. Malgré l'abolition officiel du statut de paria en 1871, les discriminations dont ils furent l'objet n'ont pas totalement disparu et certaines couches de la population japonaise moderne ne marieraient pas leurs enfants avec un membre d'une famille dont la lignée comprendrait un burakumin. Certains propriétaires immobiliers (en refusant de louer) ou certaines entreprises (en payant moins) pratiquent la ségrégation envers les burakumin. Aujourd'hui, la communauté burakumin compte plus de deux millions de personnes, dispersées dans plusieurs ghettos d'Osaka ou de Kyoto.

Hinin

Si les burakumin étaient en marge de la société, il existait une classe qui en était totalement exclue, les « non-humains » (非人, Hinin). C'est la classe sociale de se qu'on appelle péjorativement les « déchets de la société », c'est-à-dire les criminels et les mendiants. Mais, contrairement aux burakumin, ils avaient l'espoir, avec beaucoup de chance, de pouvoir réintégrer la société.

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