article sur le Son (physique), Explication sur le Son (physique)

Son (physique) Article, Signification, Explication

    

Table of contents
1 Généralités
2 Fréquence et hauteur
3 Amplitude et force
4 Timbre
5 Espace-temps
6 Enregistrement
7 La musique
8 Le son et l'informatique
9 Voir aussi

Généralités

Le son est une onde produite par la vibration mécanique d'un support fluide ou solide sous forme d'ondes longitudinales, produites par une source vibrante et entretenues grùce à l'élasticité du milieu environnant. La science qui étudie les sons s'appelle l'acoustique. La psychoacoustique combine l'acoustique avec la physiologie pour déterminer la maniÚre dont les sons sont perçus et interprétés par le cerveau.

  • Dans un milieu compressible, le plus souvent dans l'air, le son se propage sous forme d'une variation de pression que lui communique par exemple un haut-parleur. Notons que seule la compression se dĂ©place et non les molĂ©cules d'air, si ce n'est de quelques micromĂštres. Lorsque l'on observe des ronds dans l'eau, les vagues se dĂ©placent mais l'eau reste au mĂȘme endroit, elle ne fait que se dĂ©placer verticalement et non suivre les vagues (un bouchon placĂ© sur l'eau reste Ă  la mĂȘme position sans se dĂ©placer). Pour cette raison, il n'y a pas de « vent » devant un haut-parleur.
  • La vitesse de propagation du son dĂ©pend de la nature, de la tempĂ©rature et de la pression du milieu. Comme l'air est proche d'un gaz parfait, la pression a trĂšs peu d'influence sur la vitesse du son. Les ondes sonores se dĂ©placent Ă  environ 344 mĂštres par secondes dans de l'air Ă  20 °C, qu'on peut approximer Ă  environ 1 km toutes les 3 secondes, ce qui est utile pour mesurer grossiĂšrement la distance d'un Ă©clair lors d'un orage. Dans l'eau, sa vitesse est de 1482 m/s et dans l'acier de 5050 m/s. Le son ne se propage pas dans le vide, car il n'y a pas de matiĂšre pour supporter les ondes produites.

Fréquence et hauteur

La fréquence d'un son est exprimée en Hertz (Hz), elle est directement lié à la hauteur d'un son pour un musicien. Une fréquence faible correspond à un son grave, une fréquence élevée à un son aigu.

Tout ĂȘtre vivant dotĂ© d'une ouĂŻe ne peut percevoir qu'une partie du spectre sonore.

  • L'oreille humaine moyenne n'est pas capable de percevoir les sons de frĂ©quence infĂ©rieure Ă  30 Hertz (les infrasons) ni ceux de frĂ©quence supĂ©rieure Ă  15 kHz (les ultrasons).
  • Le chat peut percevoir des sons jusqu'Ă  25kHz.
  • Le chien perçoit les sons jusqu'Ă  35kHz.
  • La chauve-souris et le dauphin peuvent percevoir les sons de frĂ©quence 100kHz.
Certains animaux utilisent leur aptitude à couvrir une large bande de fréquences à des fins diverses :
  • Les Ă©lĂ©phants utilisent les infrasons pour communiquer Ă  plusieurs kilomĂštres de distance.
  • Les dauphins communiquent grĂące aux ultrasons.
  • Les chauve-souris utilisent les ultrasons avec leur systĂšme d'Ă©cho location leur permettant de se dĂ©placer dans le noir total.

λ: Longueur de l'onde

F: fréquence
Longueur d'onde et fréquence dans l'air

Amplitude et force

Une autre caractĂ©ristique importante d'un son est son amplitude. Il peut ĂȘtre fort ou doux. Dans l'air cela correspond Ă  des variations de pressions grandes ou petites selon que l'air est fortement comprimĂ© ou non.

Unité de mesure

LĂ  oĂč habituellement la pression est mesurĂ©e en Pascals, en acoustique la force d'un son se mesure en dĂ©cibels (dB). C'est une unitĂ© qui utilise le logarithme soit du rapport de l'intensitĂ© sonore sur l'intensitĂ© de rĂ©fĂ©rence (10-12W.m-2), exprimĂ©es en Watts par mĂštre carrĂ© ; ou bien du rapport de la pression produite sur la pression de rĂ©fĂ©rence (2.10-5 Pa), exprimĂ©es en Pascals. Elle a Ă©tĂ© choisie ainsi parce que cela permet d'avoir des chiffres aisĂ©ment manipulables, qui ne deviennent pas extrĂȘmement grands ou petits, et parce que cette approche correspond mieux Ă  ce que perçoit l'oreille humaine en terme de volume sonore. Mais attention, la notion de puissance sonore ne donne qu'une vague idĂ©e du volume perçu, car il faut prendre en compte la sensibilitĂ© de l'oreille, qui varie principalement selon la frĂ©quence du son (l'oreille est moins sensible aux basses frĂ©quences). Une meilleure approximation du volume perçu est donnĂ©e en dBA ou dĂ©cibels acoustiques, qui peut ĂȘtre mesurĂ© Ă©lectroniquement aprĂšs filtrage du signal par un filtre Ă  pondĂ©ration A (il existe aussi les pondĂ©rations B et C adaptĂ©es aux mesures de sons d'intensitĂ©s plus grandes).

0 dB correspond au minima que l'oreille humaine peut percevoir appelé seuil d'audibilité, et non au silence absolu. Cette valeur a été choisie par expérimentation pour un son de fréquence 1000 Hz, elle vaut 10-12 W.m-2, mais la plupart des personnes ont un seuil d'audibilité supérieur à 0 dB (environ 4 dB). Les seuil de douleur est de 130dB, mais l'oreille peut subir des dommages à partir de 85dB (voir Psychoacoustique). Il suffit de changer la référence de puissance ou de pression (P0 ou W0 dans les formules ci-dessous) pour que l'échelle des volumes soit complÚtement changée. C'est pourquoi les décibels gradués sur le bouton de volume d'une chaßne Hi-fi ne correspondent pas du tout à des niveaux acoustiques mais à des puissances électriques de sortie de l'amplificateur, ce qui n'a quasiment rien à voir, la valeur 0 dB représentant bien souvent la puissance maximale que l'amplificateur est capable de délivrer.

Figure 3a: Niveau de bruit en pression Figure 3b: Niveau de bruit en puissance

Différentes définitions de l'amplitude

Il existe plusieurs façons de mesurer l'amplitude d'un son, et par extension, d'un signal quelconque de nature ondulatoire :
  • l'amplitude moyenne (la valeur moyenne arithmĂ©tique du signal positif)
  • l'amplitude efficace (amplitude continue Ă©quivalente en puissance)
  • l'amplitude crĂȘte (maximale positive)
  • l'amplitude crĂȘte Ă  crĂȘte (l'Ă©cart maximal d'amplitude positive et nĂ©gative)

Dans la pratique, l'amplitude moyenne prĂ©sente peu d'interĂȘt et n'est pas utilisĂ©e. En revanche, la valeur efficace ou RMS, pour Root Mean Square en anglais, soit la valeur quadratique moyenne du signal est universellement adoptĂ©e pour mesurer la valeur des
tensions alternatives, dans le cadre gĂ©nĂ©ral autant qu'en acoustique. Un amplificateur qui est donnĂ© pour 10 watts RMS fera 14 watts en crĂȘte et 28 watts en crĂȘte Ă  crĂȘte (aussi notĂ© cc). Les mesures de puissance crĂȘte Ă  crĂȘte sont assez souvent appelĂ©es « watts musicaux » par les vendeurs de matĂ©riel audiovisuel car les chiffres sont plus flatteurs.

Timbre

Le timbre dĂ©termine la "couleur" du son, il est diffĂ©rent pour chaque type de source sonore et diffĂ©rencie, Ă  l'oreille, deux sons qui auraient la mĂȘme frĂ©quence fondamentale et la mĂȘme force. Ce qui caractĂ©rise le timbre, c'est la complexitĂ© du son, les divers Ă©lĂ©ments primaires qui le composent et qui une fois combinĂ©s donnent un son riche. Attention toutefois, car le timbre n'est qu'un aspect de la vĂ©ritable expression sonore, il ne prĂ©cise pas la force d'attaque, le piquĂ©, le vibrato,... tout ce qui constitue l'Ă©volution temporelle du son. Il correspond plus Ă  une dĂ©finition frĂ©quentielle du son plutĂŽt qu'une dĂ©finition temporelle, mais il est possible de reprĂ©senter l'enveloppe sonore (son amplitude en fonction du temps) afin de dĂ©crire son timbre.

Un son pur a une forme sinusoĂŻdale. C'est la forme la plus simple d'onde qui puisse exister, en terme de richesse harmonique, mais rarement observĂ©e dans la nature. Le diapason est un instrument de musique simpliste qui est capable de produire un son trĂšs proche du son pur. Les sons naturels sont plutĂŽt constituĂ©s d'un grand nombre de partiels, c'est-Ă -dire un ensemble de sinusoĂŻdes de frĂ©quences et d'amplitudes diverses. Cependant, les sons produits par des instruments de musique tendent Ă  ĂȘtre pĂ©riodiques, dans ce cas les partiels sont appelĂ©s harmoniques, et chacune de leurs frĂ©quences est un multiple de la frĂ©quence fondamentale, qu'on peut voir comme la frĂ©quence de base du son produit.

Espace-temps

Comme en musique, le temps joue un rĂŽle fondamental en acoustique. Il existe mĂȘme des relations trĂšs Ă©troites entre l'espace et le temps, vu que le son est une onde qui se propage dans l'espace au cours du temps.

On distingue trois grandes classes de signaux acoustiques :

  • PĂ©riodiques : Signaux dont la forme se rĂ©pĂšte dans le temps (Ă  l'identique)
  • AlĂ©atoires : Signaux qui n'ont pas de caractĂ©ristiques pĂ©riodiques. Dans ce qui suit, et d'une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, on ne s'intĂ©resse qu'Ă  un ensemble restreint de ces signaux ; ceux qui ont des caractĂ©ristiques statistiques stables dans le temps. On les appelle signaux alĂ©atoires ergodiques. ConcrĂštement c'est le cas des bruits « blanc ou rose » utilisĂ©s par les scientifiques et certains artistes.
  • Impulsionnels : Signaux qui ne se rĂ©pĂštent pas dans le temps et ont une forme dĂ©terminĂ©e.

Tous les signaux peuvent ĂȘtre dĂ©finis et analysĂ©s indiffĂ©remment dans l'espace temporel ou dans l'espace frĂ©quentiel. Dans ce dernier, on aura souvent recours Ă  l'utilisation du spectre du signal, calculĂ© depuis sa dĂ©finition frĂ©quentielle (dite du domaine de Fourier). Le spectre d'un signal reprĂ©sente les diffĂ©rentes « notes » ou sons purs que contient un son, appelĂ©s partiels. Dans le cas d'un signal pĂ©riodique stable comme une sirĂšne, le spectre n'Ă©volue pas au cours du temps et prĂ©sente une seule valeur appelĂ©e « raie ». Il est en effet possible de considĂ©rer tout son comme la combinaison d'un ensemble de « sons purs » qui sont des sinusoĂŻdes. Voir Ă  ce sujet l'article sur la transformĂ©e de Fourier.

Enregistrement

Article détaillé : Enregistrement sonore

La musique

La musique est l'art de combiner les sons en termes de mĂ©lodie et/ou d'harmonie (notamment). En ce qui concerne la musique occidentale tout du moins, la notion essentielle (mais subjective) est celle de la consonance qui est intimement liĂ©e au phĂ©nomĂšne des sons harmoniques. Cependant, et depuis des siĂšcles, les musiciens et les thĂ©oriciens ont butĂ© sur l'impossibilitĂ© d'aboutir Ă  la dĂ©finition d'une Ă©chelle musicale « idĂ©ale ». En effet, un des prĂ©-requis – parfois inconscient – de la musique, le principe de l'Ă©quivalence des octaves, est Ă  la fois une exigence auditive considĂ©rĂ©e comme incontournable, et en mĂȘme temps incompatible avec les rĂšgles algĂ©briques mises en Ɠuvre dans la thĂ©orie des sons harmoniques.

Un exposé complet des problÚmes posés fait l'objet de l'article gammes et tempéraments et de plusieurs articles associés.

Afin de fixer les idĂ©es, voici la comparaison de quelques termes musicaux et scientifiques. Dans la plupart des cas ces comparaisons ont quand mĂȘme des limites car les termes utilisĂ©s par les mĂ©lomanes dĂ©crivent plus les perceptions de l'oreille humaine que les phĂ©nomĂšnes physiques.

Notes et fréquences

Une note de musique est caractĂ©risĂ©e entre autres par sa hauteur et cette hauteur peut ĂȘtre assimilĂ©e Ă  la frĂ©quence fondamentale de la note. On peut ainsi calculer la frĂ©quence des notes « tempĂ©rĂ©es » avec la formule suivante:

Les constantes '3' et '10' de la formule permettent de choisir ref comme étant le la à 440 Hz de l'octave 3, on s'accorde ainsi avec la norme fixée par la Conférence Internationale de Londres en 1953, et on peut ainsi déterminer précisément les autres fréquences pour les tons de 1 à 12 soit de do à si.

Fréquence des notes
note fréquence
si# / do 261,6 Hz
do# / réb 277,2 Hz
ré 293,7 Hz
ré# / mib 311,1 Hz
mi / fab 329,7 Hz
mi# / fa 349,2 Hz
fa# / solb 370,0 Hz
sol 392,0 Hz
sol# / lab 415,3 Hz
la 440 Hz
la# / sib 466,2 Hz
si / dob 493,9 Hz

Le tableau ci-dessus donne les fréquences des notes dans l'octave du la de référence (octave 3). Il faut multiplier les fréquences par 2 pour une octave au dessus, et les diviser par 2 pour une octave en-desous.

Notons que d'une part ceci ne concerne que les note de la musique europĂ©enne, et que d'autre part cette formule ne s'applique qu'Ă  la gamme tempĂ©rĂ©e et ne diffĂ©rencie pas les demi-tons diatoniques et chromatiques (voir aussi Comma). Par ailleurs, assimiler frĂ©quences et notes est loin d'ĂȘtre suffisant pour caractĂ©riser une note jouĂ©e par un instrument. Il faut aussi pouvoir prendre en compte si une note est piquĂ©e (pizzicato) ou liĂ©e (legato), prĂ©ciser de quel instrument elle provient, sans compter tous les effets possibles tels que le glissando, le vibrato, etc. Pour cela, il convient de reprĂ©senter une note par l'Ă©volution de son spectre au cours du temps. Il est ainsi possible de voir sur un « sonogramme » l'Ă©volution de toutes les harmoniques.

Tessiture

Étant donnĂ©e sa dĂ©finition, la bande passante d'un appareil peut ĂȘtre assimilĂ©e Ă  la tessiture d'un instrument. Dans les deux cas on dĂ©crit bien l'Ă©tendue de frĂ©quences ou de hauteurs dont est capable un instrument. En revanche, la note la plus Ă©levĂ©e que peut jouer un instrument correspond seulement Ă  la frĂ©quence fondamentale donnĂ©e dans le tableau ci-dessus. En d'autres termes, si l'on souhaite enregistrer un instrument il faut prendre un appareil ayant une bande passante nettement supĂ©rieure Ă  la tessiture de cet instrument si l'on souhaite conserver la couleur des notes des octaves supĂ©rieures. Une bande passante trop courte filtrera toutes les frĂ©quences harmoniques des notes des octaves supĂ©rieures ce qui en dĂ©naturera la sonoritĂ©. Dans la pratique, on prendra toujours un appareil ayant au minimum les capacitĂ©s de l'oreille humaine, soit 20 Hz Ă  20 kHz, voir plus car la distortion harmonique apparaĂźt bien en deçà de ces valeurs.

Harmoniques et accords

En regardant attentivement le tableau des fréquences de notes ci-dessus, les musiciens vont trouver une correspondance entre les fréquences harmoniques d'une note et celles qui constituent les accords. Les harmoniques d'une note sont données par les fréquences multiples de la fondamentale. Ainsi pour un do 0 à 32,7 Hz les harmoniques sont :

Harmonique 1 2 3 4 5 6 7 8
Fréquence 32,7 65,4 98,1 130,8 163.5 196,2 228,9 261,6
Note Do Do Sol Do Mi Sol Si b Do

On retrouve bien les raisons pour lesquelles un accord est parfait (do-mi-sol-do) ou de 7e (do-mi-sol-si b) : les fréquences des notes de l'accord sont en concordance avec celle de la note fondamentale.

Le son et l'informatique

Depuis que les ordinateurs personnels sont équipés en standard d'une carte son, il est devenu à la portée de tous d'enregistrer et de traiter numériquement du son. De nombreux professionnels commencent à se tourner vers des solutions numériques, moins onéreuses et qui offrent une foule de possibilités sans nécessiter de matériel spécifique pour chaque tùche à effectuer. La principale limitation concerne la puissance de calcul, et les cartes son haut de gamme offrent de nombreuses entrées et sorties analogiques et numériques pour relier synthétiseurs et tables de mixage.

L'acquisition

Quand nous allons vouloir traiter du son avec un ordinateur, nous allons procéder à son acquisition. Cette opération consiste à transformer les variations de pression du son, en une suite de nombres que les moyens informatiques pourront traiter. On appelle cette transformation l'échantillonnage du signal. Pour cela, on utilise un microphone qui convertit les variations de pressions de l'air en signaux électriques que l'on relie a un convertisseur analogique-digital (CAD ou ADC en anglais, pour Analog to Digital Converter) qui va numériser ce signal à pas régulier, le transformer en une suite de nombres. Ce travail est généralement réalisé par les cartes son sur les ordinateurs personnels.

Voir aussi

Article original : John Perr dans Linux Focus http://www.linuxfocus.org/Francais/, Mars 2003''


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