Sociologie des sciences Article, Signification, Explication
La sociologie des sciences est une branche de la sociologie qui étudie les rapports entre science et société : les institutions scientifiques, le travail des chercheurs, le rôle du contexte socioculturel dans la production des savoirs…Le père des sociologues des sciences est Robert K. Merton qui le premier considère la science comme une « structure sociale normée ». Il définit quatre normes auxquelles les scientifiques se doivent d’obéir : universalisme (les résultats scientifiques sont universels), communalisme (les résultats appartiennent à toute la communauté scientifique), désintéressement (les scientifiques mène une recherche intègre de la vérité) et scepticisme organisé (les résultats sont soumis à un examen critique avant d’être acceptés et peuvent toujours être remis en cause). C’est dans une société démocratique que ces normes ont le plus de chance d’être respectées, favorisant le développement de la science. La sociologie mertonienne des sciences domine les années 1950 et 1960. Elle refuse de s’intéresser au contenu de la science qu’elle considère comme étant du ressort de l’épistémologie.
A partir des années 1970, le renouvellement de la sociologie des sciences passe par la critique de la sociologie « institutionnelle » qui refuse de considérer les contenus scientifiques en se fondant sur une philosophie positiviste des sciences. Il s’agit d’ouvrir la « boîte noire » de la science.
Le courant SSK (Sociology of Scientific Knowledge) rassemble deux équipes de sociologues qui, partant de l’hypothèse commune que les contenus scientifiques sont entièrement déterminés par la société et la culture, mènent des programmes d’étude assez proches. Ces deux programmes relativistes sont :
- le programme fort (Strong Program) : conçu à l’université d’Édimbourg par David Bloor, le programme fort refuse de se limiter à une sociologie de l’erreur. Des causes sociales, et non pas naturelles, doivent expliquer les croyances vraies comme les croyances fausses (principe de symétrie). Ces explications se situent à un niveau macrosociologique (contexte politique, économique ou religieux). Les études de cas inspirées du programme fort portent majoritairement sur l’histoire des sciences.
- le programme empirique du relativisme (Empirical Program of Relativism ou EPOR) : conçu à l’université de Bath par Harry Collins, l’EPOR cherche à montrer la flexibilité interprétative des résultats expérimentaux. Il a pour objet d’étude privilégié les controverses scientifiques qui résultent de cette flexibilité. Puisqu’il n’existe pas d’expérience cruciale permettant de clore une controverse, ce sont des mécanismes sociaux qui vont imposer une interprétation unique. La négociation a lieu au sein d’un petit groupe de spécialistes (appelé core set) dont les autres scientifiques acceptent les conclusions. C’est donc une approche de type microsociologique. Les sociologues participant à l’EPOR enquêtent de préférence sur des cas contemporains, parfois à la frontière des sciences.
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