Route de la soie Article, Signification, Explication
La Route de la Soie était un réseau de routes commerciales entre l'Asie et l'Europe allant de Chang'an (actuelle Xian) en Chine jusqu'à Antioche, en Syrie.Elle doit son nom à la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie, dont seuls les Chinois (appelés Sères par les Romains) connaissaient le secret de la fabrication, mais dont les Romains devinrent de grands amateurs après qu'ils en eurent acquis vers le début de notre ère auprès des Parthes : ceux-ci en organisèrent alors le commerce. De nombreux autres produits voyageaient sur les mêmes routes : pierres et métaux précieux, étoffes de laine ou de lin, ambre, ivoire, laque), épices, verre, corail, etc.
La dénomination « Route de la soie » est assez récente, et due au géographe allemand Ferdinand von Richthofen, au XIXe siècle.
Ces routes, parcourues par des caravanes, contournaient par le nord ou le sud le désert du Taklamakan, qui est l'un des plus arides du monde. Ces deux branches principales possédaient différentes variantes, mais toutes ces pistes reliaient entre elles des oasis situées à la périphérie du désert et au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou des Kunlun ; entre autres :
- au nord : Tourfan, Ouroumtchi, Karashahr, Koutcha, Aksou, Kashgar
- au sud : Dunhuang, Miran, Cherchen, Niya, Khotan, Yarkand ...
La longueur du parcours, les multiples dangers courus par les voyageurs sur ces pistes soumises aux incursions de peuples belliqueux, aux attaques des brigands, à l'extrême rigueur du climat (torride en été et glacial en hiver) rendaient très chers les produits qui transitaient ainsi entre le bassin méditerranéen et l'Extrême-Orient. Ce fut une des raisons qui engagea les Européens à rechercher une route maritime vers les pays d'Orient. La Route de la soie fut progressivement abandonnée au XVe siècle.
La Route de la soie fut également la voie par laquelle plusieurs religions étrangères pénétrèrent en Chine : bouddhisme, christianisme nestorien, judaïsme, manichéisme, islam se transportèrent au travers de ces régions jusqu'à Xi'an.
L'art bouddhique notamment, influencé par l'art grec qui était venu jusque dans la vallée de l'Indus à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand, laissa dans de nombreux sites abandonnés plus tard et ensevelis sous les sables du désert, des vestiges redécouverts à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, et qui témoignent des influences culturelles véhiculées au Moyen Âge. Cette région vit ainsi une synthèse unique des influences indiennes, persanes, occidentales et chinoises (art dit « sérindien »). Entre 1860 et 1925, cette région fut explorée et souvent pillée par des explorateurs et des savants occidentaux au profit des musées de Londres, Berlin, Paris ou Saint-Pétersbourg.
L'apogée de la route de la Soie correspond à l'époque de l'Empire byzantin à l'Ouest et des Trois royaumes de la dynastie Yuan dans la zone chinoise à l'Est. En plus de la route de la Soie continentale, les historiens parlent aussi du « trajet de la Porcelaine » ou du « trajet de la Soie » à travers l'océan Indien.
La route de la Soie continentale diverge entre une route du Nord et une route du Sud.
La Route de la Soie est un sujet intéressant pour ceux qui veulent observer un phénomène précoce d'intégration politique et culturelle causée par le commerce international. La Route de la Soie maintenait une culture internationale qui liait ensemble des peuples aussi divers que les Turcs, les Tokhariens, les Sogdiens, les Perses, les Byzantins et les Chinois. Elle avait un fort impact d'intégration sur les tribus qui vivaient auparavant isolées dans les régions qu'elle traverse. Ces barbares étaient attirés par les richesses et les opportunités qui se présentaient à eux et devenaient maraudeurs ou mercenaires. Beaucoup de tribus barbares devenaient ainsi des guerriers compétents, capables de conquérir des cités riches, des terres fertiles et de forger des empires forts.
La route de la Soie suscite le rassemblement d'états militaires fondés par des nomades de Chine du Nord, amène le christianisme nestorien, le manichéisme, le bouddhisme et l'islam en Asie centrale et en Chine, provoque le puissant empire des Turcs Khazars. À la fin de sa gloire, elle suscite le plus grand empire continental de tous les temps : l'empire des Mongols, avec ses centres politiques répartis sur toute la route de la Soie (Pékin en Chine du Nord, Karakorum en Mongolie orientale, Samarkand en Transoxiane, Tabriz à l'ouest de l'Iran, Astrakhan sur la Volga, Bahçesaray en Crimée, Kazan en Russie centrale, Erzurum en Anatolie orientale). Cet empire réussit à unifier ces zones auparavant liées par intermittence par des rapports commerciaux.
Cependant, l'unité politique de cette région ne survit pas à la chute de l'empire mongol, la culture et l'économie de la région en souffrent également. Les seigneurs turcs prirent l'extrémité ouest de la route de la Soie à l'Empire byzantin décadent et posèrent les fondations de ce qui allaient être plus tard l'Empire Ottoman.
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Bibliographie
Peter Hopkirk - Bouddhas et rôdeurs sur la route de la soie éd. Picquier poche ISBN 2-87730-215-6
Histoire passionnante des découvertes archéologiques des anciennes oasis par les savants occidentaux jusqu'en 1925.
