article sur le Représentation des durées (solfège), Explication sur le Représentation des durées (solfège)

Représentation des durées (solfège) Article, Signification, Explication

Dans le solfège, si la durée des temps, régulièrement délimités par les pulsations, est ordinairement constante (sauf exceptions), la durée des notes ou des silences ne l'est pas nécessairement. La notation musicale doit donc pouvoir exprimer, non seulement des durées égales au temps, mais aussi, des durées qui lui sont supérieures ou inférieures. La représentation des durées musicales est principalement assurée par les éléments suivants : les figures, l'unité de temps, la liaison et les divers types de points.

Table of contents
1 Figures de notes et de silences
2 Unité de temps
3 Liaison de prolongation
4 Point et double point
5 Articles connexes

Figures de notes et de silences

Le découpage temporel d'une séquence musicale peut prendre deux formes, selon le type de notes jouées par l'instrument considéré.

Deux classes de symboles existent, l'une pour représenter les notes jouées (les figures de notes), l'autre pour représenter les moments de silence entre certaines notes (les figures de silences).

Forme des figures

A chaque figure de note correspond une figure de silence de même durée.

La notation proportionnelle des figures de notes date approximativement du XIIe siècle. Jusqu'au XIe siècle, la notation musicale n'intègre que les hauteurs (de manière tout à fait approximative d'ailleurs) par un système d'accents appelés neumes. Les neumes ne prennent pas en compte le rythme : en effet, celui-ci est supposé découler du rythme libre du texte chanté. Au cours de la deuxième moitié du XIe siècle, les neumes évoluent de manière à indiquer des durées différentes à partir de leur forme : désormais, les valeurs rythmiques sont déterminées plus rigoureusement. Au cours des XIIe, XIIIe et XIVe siècles, on emploie la notation carrée. Ce premier type de notation proportionnelle est constitué de figures noires en forme de carrés ou de losanges, et tracées à la plume d'oie (il sera définitivement associé à la notation du plain-chant). Au XVe siècle, on utilise la notation blanche : les notes sont toujours carrées, mais à côté des figures noires, apparaissent des figures blanches. Ce n'est qu'au XVIe siècle, grâce aux progrès de l'imprimerie musicale, que se généralise progressivement le système de notation actuel, appelé « notation arrondie ».

  • Tableau des principales figures :

Carrée

Ces deux figures sont peu utilisées depuis le XVIIe siècle.

Ronde

La ronde est l'unité de calcul du chiffrage de la mesure.

Dans les préludes non mesurés de la tradition française du XVIIe siècle, tous les sons sont notés en rondes, indépendamment de leur durée. C'est donc à l'interprète de déterminer ces durées selon le caractère de la pièce, ce qui lui donne un caractère improvisatoire.

La pause peut également avoir une autre fonction : placée seule au centre d'une mesure, elle indique que cette mesure est en silence, et ceci, même si le total des valeurs de la mesure en question lui est théoriquement supérieur ou inférieur.

Blanche

  • La blanche est la figure de note dont la durée vaut la moitié de la ronde et le double de la noire. Le silence qui lui correspond est la demi-pause.

Noire

  • La noire est la figure de note dont la durée vaut la moitié de la blanche et le double de la croche. Le silence qui lui correspond est le soupir.

Le soupir est parfois représenté sous une autre forme : la forme du demi-soupir, mais avec le crochet à droite. Il est préférable de ne pas utiliser cet ancien symbole, pour éviter de le confondre avec celui du demi-soupir précisément.

Croche

Double croche

  • La double croche est la figure de note dont la durée vaut la moitié de la croche et le double de la triple croche. Le silence qui lui correspond est le quart de soupir.

Triple croche

  • La triple croche est la figure de note dont la durée vaut la moitié de la double croche et le double de la quadruple croche. Le silence qui lui correspond est le huitième de soupir.

Quadruple croche

  • La quadruple croche est la figure de note dont la durée vaut la moitié de la triple croche. Le silence qui lui correspond est le seizième de soupir.
Ces deux figures, de création plus récente, sont peu utilisées.

Valeur relative des figures

Dans le tableau ci-dessus, chaque figure vaut en durée, la moitié de la figure précédente, et le double de la figure suivante. Par exemple, la croche vaut la moitié de la noire, le quart de la blanche, etc. mais aussi, le double de la double croche, le quadruple de la triple croche, etc. De ce principe, nous pouvons déduire les deux tableaux suivants :

  • Valeur relative des figures de notes :

  • Valeur relative de figures de silences :

  • Il ne faut pas se laisser abuser par la terminologie des diverses figures qui peut facilement induire en erreur. Dans le domaine des figures de silences, les termes demi, quart, etc., font référence à la valeur de la figure concernée : c'est ainsi que la demi-pause vaut bien la moitié d'une pause, le quart de soupir vaut bien le quart d'un soupir, etc. Au contraire, dans le domaine des figures de notes, les termes double, triple, etc., ne font pas référence à la valeur de la figure concernée (la double croche, par exemple, vaut la moitié d'une croche, et non pas le double, en dépit de son nom !), mais à sa description : le mot croche en effet, doit être compris comme l'abréviation de crochet. Ainsi la croche est la figure de note dotée d'un simple crochet, la double croche est la figure de note dotée d'un double crochet, etc.

Hampe

La hampe est la barre verticale dont sont dotées la blanche ainsi que toutes les figures qui lui sont inférieures. La hampe peut se trouver indifféremment au-dessus ou au-dessous de la tête de la figure de note.

  • Exemple de hampes, inférieures, puis, supérieures :

Liens

Les liens sont des barres horizontales ou obliques réunissant plusieurs notes à crochets qui se succèdent, les barres en question remplaçant alors les crochets.

Les liens des notes à crochets peuvent regrouper des figures de notes appartenant à un même temps, une même partie de temps, un même groupe de temps, ou encore, une même mesure, ceci afin de permettre une plus grande clarté dans la notation.

Dans la musique instrumentale, on emploie couramment les liens. Dans la musique vocale, on a pris l'habitude d'employer les crochets, lorsqu'à chaque note est affectée une syllabe différente ; au contraire, lorsqu'une même syllabe est affectée à plusieurs notes à crochets, on utilise plutôt les liens.

  • Exemple de notation, avec crochets et avec liens :

Unité de temps

L'unité de temps est la figure de note dont la durée est égale au temps. En fait, n'importe quelle figure de note peut, en principe, remplir le rôle de l'unité de temps, à condition que ce choix soit clairement précisé dès le début du morceau concerné. Nous verrons dans un autre article que c'est le chiffrage de la mesure qui a pour fonction (entre autres) de fixer l'unité de temps d'un morceau. La noire est très souvent choisie comme unité de temps, mais gardons toujours en mémoire que ce n'est pas une règle absolue.

1. Tout d'abord, au cours des siècles, l'évolution de la notation est allée en direction des figures de plus en plus petites (la quadruple croche est donc une invention récente, alors que la carrée est beaucoup plus ancienne, et d'ailleurs, quasiment abandonnée de nos jours). Le choix de l'unité de temps a suivi cette évolution : si au XXe siècle c'est souvent la noire ou la croche qui sont choisies comme unités de temps, au XVe ou au XVIe siècle, c'était plutôt la ronde ou la blanche.

2. Ensuite, il faut savoir que les compositeurs ont conservé des habitudes de notation (en ce qui concerne notamment certains mouvements de danse) : le menuet, par exemple, est presque toujours noté avec la noire pour unité de temps ; la gavotte, au contraire, avec la blanche pour unité de temps, etc.

3. Enfin, pour de nombreux musiciens, le choix de telle ou telle figure pour unité de temps, a pu permettre d'exprimer une indication sur le tempo ou sur le caractère à donner à l'interprétation : par exemple, la croche pour unité de temps plutôt que la noire pourrait suggérer plus de légèreté, ou plus de rapidité... Le problème est de pouvoir déterminer la signification exacte de l'utilisation de telle unité plutôt que telle autre, signification qui varie bien évidemment en fonction du compositeur...

  • Une fois que l'unité de temps est définie, la durée de toutes les figures est fixée automatiquement par voie de conséquence. Par exemple, lorsque l'unité de temps est la noire, la ronde et la pause valent chacune quatre temps, la blanche et la demi-pause, deux temps, la noire et le soupir, un temps, la croche et le demi-soupir, un demi-temps, etc.

  • Ainsi, les figures de notes et de silences n'ont pas de valeur absolue en durée. Leur valeur est en effet fixée au début de chaque morceau (et pour ce morceau seulement) en fonction du choix de l'unité de temps. Ce qui reste immuable, c\'est le rapport de durée des figures entre elles : cette proportion est toujours la même quelle que soit l'unité de temps (la ronde vaut toujours deux blanches, quatre noires, huit croches, etc., la blanche vaut toujours deux noires, quatre croches, huit doubles croches, etc.).

Liaison de prolongation

La liaison de prolongation ou liaison de tenue (appelée plus simplement liaison) est un signe en forme d'arc de cercle, reliant deux figures de notes de même hauteur, et ayant pour effet de faire entendre un seul son dont la durée est égale à la somme des durées des figures liées.

La liaison permet donc d'additionner les durées de notes pour obtenir de nouvelles durées ne correspondant pas aux valeurs existantes. Par exemple, pour avoir une durée équivalant à une noire et demie, on pourra lier une noire à une croche, ou encore, pour avoir une durée de sept noires, on pourra lier entre elles, une ronde, une blanche et une noire, etc.

La liaison ne concerne que les figures de notes. Les figures de silence, elles, n'ont évidemment pas besoin d'être liées pour être additionnées.

Il faut éviter de confondre la liaison avec le legato, qui concerne le phrasé.

  • Exemples de liaison de prolongation :

Point et double point

Le point et le double point sont des signes permettant de prolonger la durée d'une figure de note ou de silence d'une manière précise et quantifiable (à la différence du point d'orgue).

On notera qu'il existe également un triple point, augmentant la figure après laquelle il est placé des sept huitièmes de sa valeur, mais il est quasiment inutilisé.

Point

Le point, placé après une figure, augmente cette dernière de la moitié de sa durée.

Equivalence des valeurs pointées :

De ce qui précède nous pouvons déduire que toute valeur pointée vaut le double de la valeur pointée inférieure, et la moitié de la valeur pointée supérieure.

  • Valeur relative des figures de notes pointées :

  • Valeur relative des figures de silences pointés :

Double point

Le double point, placé après une figure, augmente cette dernière des trois quarts de sa durée.

Articles connexes

Concernant le rythme

Concernant le solfège

Concernant la musique


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