Religions et violence Article, Signification, Explication
- Parfois pour la prohiber (« tu ne tueras pas »),
- parfois pour l'instrumentaliser (sacrifices humains)
- parfois enfin pour la codifier dans des cas formels bien définis : guerre (dont la légimité ne semble contestée par aucune religion (sauf les Quakers), peine capitale éventuelle, etc.
Cet article se veut une sorte de banc d'essai pour comparer diverses religions à cet égard. Que personne n'hésite à le compléter en fonction de ce qu'il connaßt.
Dans certaines, presque tout est permis contre l'Ă©tranger. On peut donc supposer la relation Ă l'Ă©tranger importante pour qualifier une religion dans un monde oĂč les distances entre les nations se raccourcissent et oĂč les distances sociales augmentent. Les formules Gott mit uns, God with us, Dieu est Ă nos cĂŽtĂ©s ne sont pas forcĂ©ment concernĂ©es par cette affaire, relevant sans doute davantage de l'opportunisme des politiques qui font flĂšche de tout bois, y compris religieux, quand besoin est.
La solidarité de la société que les religions aident à défiinir se matérialise parfois autour du sacrifice qu'il soit réel (sacrifice animal) ou symbolique. Les religions monothéistes prÎnent plus souvent à cet égard le jeûne assorti de l'aumÎne qu'il va sans doute permettre que la mise à trépas d'animaux. Dans le christianisme, le meurtre rituel et instrumentalisé de Jésus a valeur de dernier sacrifice à caractÚre rituel, derriÚre lequel tout autre ne pourrait plus faire que pùle figure.
Dans le culte des Baal cananéens ou chez les AztÚques par exemple. Voir l'article sacrifice : Qui sacrifie-t-on ? Que sacrifie-t-on ? Dans quel but ?.
« C'est à cause d'une femme que le péché a commencé, c'est par sa faute que nous sommes tous mortels. » Siracide XIX:24
Cette mauvaise presse des femmes largement Ă©tudiĂ©e par Georges Duby (le Chevalier, la Femme, le prĂȘtre Folio, Seuil) explique :
Il reste à savoir si une exigence morale plus grande est à considérer ou non comme une forme de violence, ce qui dépendra de la vision personnelle qu'on a du choix moral : décision acceptée ou refusée par l'individu, ou contrainte subie.
Plus sérieux peut sembler ceci :
Paul de Tarse indique :
dans 1 Thimothée II:9-12
dans Colossiens III:18-19 :
Lire La GrĂące d'ĂȘtre femme de Georgette BlaquiĂšre
Voi aussi Tertullien
En cas d'adultÚre, sans qu'aucun témoin ne soit nécessaire :
nombres 12-31
Si les évangiles excluent l'usage de la violence physique, ils n'excluent pas une certaine opposition à l'entourage familial :
Les positions ont varié au cours des ùges.
Nous retrouvons dans l'islam, plusieurs sourates d'allure violente :
La cĂ©rĂ©monie des Cendres elle-mĂȘme est un reliquat, dans sa forme, de celles que les apostats repentis versaient sur leur tĂȘte pour sollicitĂ© leur rĂ©admission dans la communautĂ©.
Quand le christianisme fut la seule religion tolĂ©rĂ©e, le traitement rĂ©servĂ©s aux apostats et surtout aux relaps devint plus critique. Au Moyen Ăge, les relaps furent parfois condamnĂ©s au bĂ»cher ou Ă l'emprisonnement Ă vie par l'Inquisition.
« ALors Zan-Noon (Jonas), abandonna sa mission en se rebellant, imaginant que nous ne pouvions le contraindre. Il fini par implorer du tréfond de la ténÚbre [1] : « Il n'y a pas d'autre Dieu que toi. Soi béni j'ai commis un gros péché. » 21:87
[1](du fond du ventre du gros poisson)
L'auteur Salman Rushdie n'en a pas moins été condamné à mort trÚs officiellement (fatwa), l'apostasie étant mentionnée explicitement parmi les motifs de sa condamnation.
L'imam Khomeini a argué de ce principe pour émettre une fatwa (condamnation à mort) contre l'écrivain britannique Salman Rushdie.
C'est un article concernant le Religions et violence. La page contient la signification du Religions et violence , Description et explication au sujet de Religions et violence Introduction
La religion comme ciment social
Tout un monde de relations se révÚle dans le vocabulaire que chaque religion utilise pour désigner l'autre, le non-membre. à certains moments de leur histoire, ce vocabulaire fabrique ce que l'on peut nommer du eux contre nous. Cette question est mentionnée explicitement par Woody Allen, et de façon sérisue, au début du film Harry dans tous ses états.Corollaire : la marginalisation du non-adepte
Le sacrifice, violence ritualisée ?
Violence rituelle
Violence envers soi
JudaĂŻsme
Christianisme
Dans La CitĂ© de Dieu, Augustin examine des cas oĂč l'on pourrait croire que le suicide, violence faite contre soi donc contre un ĂȘtre humain, devrait ĂȘtre permis. Sa conclusion est que le suicide est formellement interdit :
Il y a pourtant une exception, en cas de permission divine :
On ne doit pas se tuer pour Ă©viter un mal, qu'il soit commis par autrui (viol, torture), ou par soi-mĂȘme (ce dernier cas est selon lui absurde, car pour Ă©viter de commettre le mal, on pourrait faire la recommandation de se tuer aprĂšs le baptĂȘme ; remarquons Ă ce sujet que Constantin Ier ne s'est fait baptiser que sur son lit de mort). Le cas du suicide (avec l'ensemble des autres maux) nous apprend comment le croyant, selon Augustin, doit faire face Ă la violence du monde : l'attitude chrĂ©tienne consiste Ă subir le mal pour ĂȘtre corrigĂ© et purifiĂ©, et Ă le supporter en conservant son Ăąme intacte de toute souillure. Dans le cas du suicide, le chrĂ©tien ne doit pas cĂ©der aux sentiments qui peuvent l'y pousser, ces sentiments Ă©tant en gĂ©nĂ©ral des signes de faiblesse et de lĂąchetĂ©, comme la peur et la honte. Augustin, Ă©levĂ© dans l'Empire fait mention du suicide romain aux motifs souvent nobles (LucrĂšce, Paetus, SĂ©nĂšque le Jeune, et RĂ©gulus dont l'hĂ©roĂŻsme suicidaire Ă©tait considĂ©rĂ© comme l'un des plus hauts exemples de la Vertu romaine, et dont il avait nĂ©cessairement entendu parler) mais il les condamne, les jugeant inspirĂ©s pas l'orgueil, et ne valant pas la vertu chrĂ©tienne. Pourtant l'Ăglise a toujours cĂ©lĂ©brĂ© ses martyrs, et le refus d'abjurer lorsqu'on en connaissait les consĂ©quences n'avait-t-il pas un aspect suicidaire ?Violences envers la femme (Ă©pouse ou non)
Dieu aime-t-il les femmes ? Certaines Ecritures rĂ©putĂ©es saintes fournissent peut-ĂȘtre un dĂ©but de rĂ©ponse.JudaĂŻsme
C'est Ă des choix explicites de la femme Eve (contre une simple passivitĂ© de l'homme Adam) que la GenĂšse attribue la chute de l'homme et la perte du Paradis terrestre Ă©galement connu sous le nom d'Ăden.Christianisme
Dans la tradition biblique, l'ensemble de la thĂ©ologie catholique attribue la chute Ă Ăve. La notion de pĂ©chĂ© originel dĂ©veloppĂ©e par Augustin d'Hippone n'arrange pas vraiment la situation, mĂȘme si est Ă©laborĂ©e en parallĂšle une dĂ©votion particuliĂšre Ă la Marie.
Quelques citations :
Et si c'est une fille, il y perd davantage. » (ce qui suggÚre donc cette fois-ci une plus grande valeur de la femme)
Sinon sa mauvaise conduite te vaudra les moqueries de tes ennemis,
elle fera jaser les gens de la ville et provoquera des attroupements. Et toi, dans la grande assemblée, tu resteras couvert de honte.
Une fille éhontée déshonore son pÚre. »
Les femmes sont des adeptes de seconde zone car les mĂȘmes recommandations ne semblent pas ĂȘtre adressĂ©es aux hommes. Paul n'a mĂȘme pas la reconnaissance du ventre ; les saintes veuves finançaient ses activitĂ©s (Peter Brown, Histoire de la vie privĂ©e)
HervĂ© Bazin affirme dans son Ce que je crois qu'il a fallu un concile pour reconnaĂźtre que la femme avait une Ăąme. On ne voit toutefois pas de quel concile il pourrait s'agir, le premier concile ayant eu lieu en 325 alors que le baptĂȘme des femmes Ă©tait pratiquĂ© depuis les origines. Aurait-on baptisĂ© (et dĂ©clarĂ© certaines saintes de surcroĂźt) des ĂȘtres n'ayant pas d'Ăąme ? (Il existe des « baptĂȘmes » folkloriques de navires, etc., mais qui n'ont rien Ă voir avec le sacrement de baptĂȘme; baptiser un ĂȘtre considĂ©rĂ© sans Ăąme relĂšverait probablement du sacrilĂšge).Islam
Selon le Coran, sourate 2
Sourate 4
Violence envers autrui en général
La loi du Talion apparaĂźt dans le Code d'Hammourabi, roi de Babylone (1730 av. J.-C.). Il se peut que cette loi entende lutter contre une escalade de la violence individuelle en limitant celle-ci au niveau de la violence subie. Notre notion de lĂ©gitime dĂ©fense en droit contemporain procĂšde du mĂȘme esprit en exigeant une limitation de toute riposte au niveau exact de l'attaque.
JudaĂŻsme
Les cinq livres du Pentateuque s'accordent sur ce point :Christianisme
Bien qu'il n'y ait pas homicide à proprement parler, ce double décÚs peut inquiéter (stress ?).Cas de la guerre
« Dieu lui-mĂȘme a fait quelques exceptions Ă la dĂ©fense de tuer lâhomme, tantĂŽt par un commandement gĂ©nĂ©ral, tantĂŽt par un ordre temporaire et personnel. En pareil cas, celui qui tue ne fait que prĂȘter son ministĂšre Ă un ordre supĂ©rieur ; il est comme un glaive entre les mains de celui qui frappe, et par consĂ©quent il ne faut pas croire que ceux-lĂ aient violĂ© le prĂ©cepte: âTu ne tueras pointâ, qui ont entrepris des guerres par lâinspiration de Dieu, ou qui, revĂȘtus du caractĂšre de la puissance publique et obĂ©issant aux lois de lâĂtat, câest-Ă -dire Ă des lois trĂšs-justes et trĂšs-raisonnables, ont puni de mort les malfaiteurs » (§21)Islam
Tuez-les lĂ oĂč vous les rencontrez,
Expulsez-les dâoĂč ils vous auront expulsĂ©s.
[ âŠ] Combattez-les jusquâĂ la fin de toute sĂ©dition
et que croyance soit dâAllah.
Vous devez combattre, mĂȘme si c'est quelque chose qui vous dĂ©plaĂźt.
Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul.
Quand vous rencontrerez les infidĂšles,
frappez-les Ă la nuque jusqu'Ă en faire un grand carnage.
Ce n'est pas vous qui les avez tués : mais c'est Allah qui les a tués.Autres
Chùtiments contre les incroyants, les mécréants et les méchants
Il convient de distinguer les chùtiments promis à ces catégories comme étant l'affaire du ciel d'une part, les exhortations à ce que ce soient les fidÚles qui prennent en main cette punition d'autre part. Les premiers ne sont pas du ressort de cet article.
Islam
Sourate 9
Autre traduction :
Autre traduction :
Sourate 8
Comme dans toutes les écritures dites saintes, représentant pour partie les chroniques d'un peuple émergent, le Coran, comme la Bible, contient des passages justifiant l'hostilité envers les peuples que ce peuple conquiert. Une différence tient au fait que juifs, chrétiens ou athées ont une signification forte pour nos contemporains tandis que peuple de Canaan n'émeut plus personne de nos jours faute de représentant encore vivant.Violence contre les apostats
Christianisme
La question du pardon fut une prĂ©occupation principale de l'Ăglise aux IVe et Ve siĂšcle. De nombreuses hĂ©tĂ©rodoxies, comme le marcionisme, le mĂ©lĂ©tisme ou le donatisme, s'opposĂšrent Ă la doctrine officielle, alors trĂšs tolĂ©rante.Islam
L'idĂ©e de massacrer les apostats ou les hĂ©rĂ©tiques, ou mĂȘme sa pratique, ne sont pas exclusives Ă l'islam. En 392, suite Ă des massacres de juifs et de valentiniens, Ambroise de Milan condamna sĂ©vĂšrement ThĂ©odose II, ayant commis un massacre et lui enjoignit de faire pĂ©nitence sous peine d'excommunication, et de rembourser les dĂ©gĂąts commis dans le massacre. Le Coran prĂ©voit aussi le pardon de quiconque se repend de l'apostasie. Ce qu'indique le conte de Jonas, apostat s'il en est puisqu'il fuit la mission que Dieu lui a confiĂ©e. :
Rien dans la biographie de Muhamad ne contient la moindre information crédible favorisant la mise en exécution d'une telle sentence. Au contraire, deux épisodes le montre traitant avec des apostats ou des personnes ayant quitté sa communauté.
Pourtant, On le voit signer un traitĂ© avec Quraysh encore paĂŻen, dont une clause prĂ©cise que rien ne doit empĂȘcher ceux qui le souhaitent de retourner dans la tribu adverse et, partant, de retourner Ă l'idolĂątrie ante-musulmane. Cet article du traitĂ© Hudaybiya n'est pas rapportĂ© par BukharĂź.Violence contre les savants et philosophes et leurs Ă©crits
Religions non monothéistes
Aucun texte ne vient pourtant a priori légitimer ces violences à des degrés divers, et on peut suppose qu'en de tels cas la religion n'a servi que d'instrument supplémentaire, voire de prétexte, à la condamnation.Christianisme
Islam
Violence envers les animaux
Le sacrifice est au cĆur de plusieurs religions.
Dans cet ouvrage, la philosophe présente l'animal comme inclus dans la société qui le sacrifie en ce sens qu'il est l'intermédiaire necessaire de la propitiation, de l'action de grùce ou du devenir de la communauté.Christianisme
« Certains cherchent Ă Ă©tendre ce prĂ©cepte (tu ne tueras pas) jusquâaux bĂȘtes mĂȘmes, sâimaginant quâil nâest pas permis de les tuer. (...) Laissons de cĂŽtĂ© ces rĂȘveries, et lorsque nous lisons : âTu ne tueras pointâ, n'englobons pas dans cette dĂ©fense les plantes, parce quâelles nâont point de sensibilitĂ©, ni les animaux, quâils volent dans lâair, nagent dans lâeau, marchent ou rampent sur terre, parce quâils sont privĂ©s de raison et ne forment point avec lâhomme une sociĂ©tĂ©, dâoĂč il suit que par une disposition trĂšs juste du CrĂ©ateur, leur vie et leur mort sont Ă©galement faites pour notre usage. » (§20).
Islam
Un agneau est Ă©gorgĂ© aux fĂȘtes de l'AĂŻd.Voir aussi
Articles connexes
Références bibliographiques
