article sur le Religions et violence, Explication sur le Religions et violence

Religions et violence Article, Signification, Explication

La question de la violence, et en particulier de l'homicide, du viol et de la torture, est si récurrente dans l'histoire humaine que les religions ont été amenées à se prononcer à son sujet.
  • Parfois pour la prohiber (« tu ne tueras pas »),
  • parfois pour l'instrumentaliser (sacrifices humains)
  • parfois enfin pour la codifier dans des cas formels bien dĂ©finis : guerre (dont la lĂ©gimitĂ© ne semble contestĂ©e par aucune religion (sauf les Quakers), peine capitale Ă©ventuelle, etc.

Elles ont émis parfois aussi des positions sur le suicide.

Table of contents
1 Introduction
2 Violence rituelle
3 Violence envers soi
4 Violences envers la femme (épouse ou non)
5 Violence envers autrui en général
6 Chùtiments contre les incroyants, les mécréants et les méchants
7 Violence contre les apostats
8 Violence contre les savants et philosophes et leurs écrits
9 Violence envers les animaux
10 Voir aussi

Introduction

Cet article se veut une sorte de banc d'essai pour comparer diverses religions à cet égard. Que personne n'hésite à le compléter en fonction de ce qu'il connaßt.

La religion comme ciment social

  • l'objet de la religion consiste-t-il aussi Ă  crééer ou cimenter une sociĂ©tĂ© ? Selon Marcel Gauchet, elle constitue la justification qu'une sociĂ©tĂ© apporte Ă  ses pratiques
  • Elle est donc amenĂ©e Ă  dĂ©finir Qui est membre de la communautĂ© ? et, par corollaire Qui n'en est pas membre ?.

Tout un monde de relations se rĂ©vĂšle dans le vocabulaire que chaque religion utilise pour dĂ©signer l'autre, le non-membre. À certains moments de leur histoire, ce vocabulaire fabrique ce que l'on peut nommer du eux contre nous. Cette question est mentionnĂ©e explicitement par Woody Allen, et de façon sĂ©risue, au dĂ©but du film Harry dans tous ses Ă©tats.

Corollaire : la marginalisation du non-adepte

Dans certaines, presque tout est permis contre l'Ă©tranger. On peut donc supposer la relation Ă  l'Ă©tranger importante pour qualifier une religion dans un monde oĂč les distances entre les nations se raccourcissent et oĂč les distances sociales augmentent. Les formules Gott mit uns, God with us, Dieu est Ă  nos cĂŽtĂ©s ne sont pas forcĂ©ment concernĂ©es par cette affaire, relevant sans doute davantage de l'opportunisme des politiques qui font flĂšche de tout bois, y compris religieux, quand besoin est.

Le sacrifice, violence ritualisée ?

La solidarité de la société que les religions aident à défiinir se matérialise parfois autour du sacrifice qu'il soit réel (sacrifice animal) ou symbolique. Les religions monothéistes prÎnent plus souvent à cet égard le jeûne assorti de l'aumÎne qu'il va sans doute permettre que la mise à trépas d'animaux. Dans le christianisme, le meurtre rituel et instrumentalisé de Jésus a valeur de dernier sacrifice à caractÚre rituel, derriÚre lequel tout autre ne pourrait plus faire que pùle figure.

Violence rituelle

Dans le culte des Baal cananéens ou chez les AztÚques par exemple. Voir l'article sacrifice : Qui sacrifie-t-on ? Que sacrifie-t-on ? Dans quel but ?.

Violence envers soi

JudaĂŻsme

Christianisme

Dans
La CitĂ© de Dieu, Augustin examine des cas oĂč l'on pourrait croire que le suicide, violence faite contre soi donc contre un ĂȘtre humain, devrait ĂȘtre permis. Sa conclusion est que le suicide est formellement interdit :
« Si donc celui qui porte faux tĂ©moignage contre soi-mĂȘme n’est pas moins coupable que s’il le portait contre son prochain, bien qu’en cette dĂ©fense il ne soit parlĂ© que du prochain et qu’il puisse paraĂźtre qu’il n’est pas dĂ©fendu d’ĂȘtre faux tĂ©moin contre soi-mĂȘme, Ă  combien plus forte raison faut-il regarder comme interdit de se donner la mort, puisque ces termes “Tu ne tueras point”, sont absolus, et que la loi n’y ajoute rien qui les limite ; d’oĂč il suit que la dĂ©fense est gĂ©nĂ©rale, et que celui-lĂ  mĂȘme Ă  qui il est commandĂ© de ne pas tuer ne s’en trouve pas exceptĂ©. » (§20, livre 1).
Il y a pourtant une exception, en cas de permission divine :
« De mĂȘme, comment justifie-t-on Samson de s’ĂȘtre enseveli avec les ennemis sous les ruines d’un Ă©difice ? En disant qu’il obĂ©issait au commandement intĂ©rieur de l’Esprit, qui se servait de lui pour faire des miracles. »(§21).

On ne doit pas se tuer pour Ă©viter un mal, qu'il soit commis par autrui (viol, torture), ou par soi-mĂȘme (ce dernier cas est selon lui absurde, car pour Ă©viter de commettre le mal, on pourrait faire la recommandation de se tuer aprĂšs le baptĂȘme ; remarquons Ă  ce sujet que Constantin Ier ne s'est fait baptiser que sur son lit de mort). Le cas du suicide (avec l'ensemble des autres maux) nous apprend comment le croyant, selon Augustin, doit faire face Ă  la violence du monde : l'attitude chrĂ©tienne consiste Ă  subir le mal pour ĂȘtre corrigĂ© et purifiĂ©, et Ă  le supporter en conservant son Ăąme intacte de toute souillure. Dans le cas du suicide, le chrĂ©tien ne doit pas cĂ©der aux sentiments qui peuvent l'y pousser, ces sentiments Ă©tant en gĂ©nĂ©ral des signes de faiblesse et de lĂąchetĂ©, comme la peur et la honte. Augustin, Ă©levĂ© dans l'Empire fait mention du suicide romain aux motifs souvent nobles (LucrĂšce, Paetus, SĂ©nĂšque le Jeune, et RĂ©gulus dont l'hĂ©roĂŻsme suicidaire Ă©tait considĂ©rĂ© comme l'un des plus hauts exemples de la Vertu romaine, et dont il avait nĂ©cessairement entendu parler) mais il les condamne, les jugeant inspirĂ©s pas l'orgueil, et ne valant pas la vertu chrĂ©tienne. Pourtant l'Église a toujours cĂ©lĂ©brĂ© ses martyrs, et le refus d'abjurer lorsqu'on en connaissait les consĂ©quences n'avait-t-il pas un aspect suicidaire ?

Violences envers la femme (épouse ou non)

Dieu aime-t-il les femmes ? Certaines Ecritures rĂ©putĂ©es saintes fournissent peut-ĂȘtre un dĂ©but de rĂ©ponse.

JudaĂŻsme

C'est Ă  des choix explicites de la femme Eve (contre une simple passivitĂ© de l'homme Adam) que la GenĂšse attribue la chute de l'homme et la perte du Paradis terrestre Ă©galement connu sous le nom d'Éden.

Ecclésiaste VII:26
« Et j'ai trouvĂ© plus amĂšre que la mort la femme dont le cƓur est un piĂšge et un filet, et dont les mains sont des liens; celui qui est agrĂ©able Ă  Dieu lui Ă©chappe, mais le pĂ©cheur est pris par elle ». L'Ecclesiaste se montre nĂ©anmoins aussi misanthrophe que misogyne, et se prĂ©sente au fond comme un dĂ©sabusĂ©, ayant tout connu et revenu de tout.

Christianisme

Dans la tradition biblique, l'ensemble de la théologie catholique attribue la chute à
Ève. La notion de pĂ©chĂ© originel dĂ©veloppĂ©e par Augustin d'Hippone n'arrange pas vraiment la situation, mĂȘme si est Ă©laborĂ©e en parallĂšle une dĂ©votion particuliĂšre Ă  la Marie.

« C'est à cause d'une femme que le péché a commencé, c'est par sa faute que nous sommes tous mortels. » Siracide XIX:24

Cette mauvaise presse des femmes largement Ă©tudiĂ©e par Georges Duby (le Chevalier, la Femme, le prĂȘtre Folio, Seuil) explique :

  • Les chasses aux sorciĂšres Ă  partir de la Renaissance(XVIe et XVIIe siĂšcle, dans les protestantismes comme dans le catholicisme). D'une façon gĂ©nĂ©rale, des femmes sont accusĂ©es de sorcellerie lĂ  oĂč des hommes ne sont accusĂ©s « que » d'hĂ©rĂ©sie. Cette diffĂ©rence prĂ©sente une similitude avec le distinguo entre prisonnier de droit commun et inculpĂ© politique.
  • peut-ĂȘtre l'exclusion des femmes de certains ministĂšres dans le catholicisme, bien que d'autres arguments (historiques ou Ă©ducatifs) soient invoquĂ©s aussi.

Quelques citations :

Siracide XXII, 3
« Quelle honte, pour un pÚre, d'avoir un fils qui a mal tourné!
Et si c'est une fille, il y perd davantage. » (ce qui suggÚre donc cette fois-ci une plus grande valeur de la femme)
Siracide XLII:11-14
« Si ta fille manque de retenue, renforce ta surveillance.
Sinon sa mauvaise conduite te vaudra les moqueries de tes ennemis, elle fera jaser les gens de la ville et provoquera des attroupements. Et toi, dans la grande assemblée, tu resteras couvert de honte.
12 Ta fille ne doit se montrer à aucun homme ni fréquenter l'appartement des femmes,
13 car les femmes laissent échapper la méchanceté qui leur est propre comme un manteau laisse échapper les mites.
14 Mieux vaut la méchanceté d'un homme que la bonté d'une femme!
Une fille éhontée déshonore son pÚre. »

Il reste à savoir si une exigence morale plus grande est à considérer ou non comme une forme de violence, ce qui dépendra de la vision personnelle qu'on a du choix moral : décision acceptée ou refusée par l'individu, ou contrainte subie.

Plus sérieux peut sembler ceci :

Paul de Tarse indique : dans 1 Thimothée II:9-12

« 9 Je veux aussi que les femmes, vĂȘtues d'une maniĂšre dĂ©cente, avec pudeur et modestie, ne se parent ni de tresses, ni d'or, ni de perles, ni d'habits somptueux,
10 mais qu'elles se parent de bonnes Ɠuvres, comme il convient à des femmes qui font profession de servir Dieu.
11 Que la femme écoute l'instruction en silence, avec une entiÚre soumission.
12 Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. »

Les femmes sont des adeptes de seconde zone car les mĂȘmes recommandations ne semblent pas ĂȘtre adressĂ©es aux hommes. Paul n'a mĂȘme pas la reconnaissance du ventre ; les saintes veuves finançaient ses activitĂ©s (Peter Brown, Histoire de la vie privĂ©e)

dans Colossiens III:18-19 :

« 18 Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Seigneur.
19 Maris, aimez vos femmes, et ne vous aigrissez pas contre elles. »

HervĂ© Bazin affirme dans son Ce que je crois qu'il a fallu un concile pour reconnaĂźtre que la femme avait une Ăąme. On ne voit toutefois pas de quel concile il pourrait s'agir, le premier concile ayant eu lieu en 325 alors que le baptĂȘme des femmes Ă©tait pratiquĂ© depuis les origines. Aurait-on baptisĂ© (et dĂ©clarĂ© certaines saintes de surcroĂźt) des ĂȘtres n'ayant pas d'Ăąme ? (Il existe des « baptĂȘmes » folkloriques de navires, etc., mais qui n'ont rien Ă  voir avec le sacrement de baptĂȘme; baptiser un ĂȘtre considĂ©rĂ© sans Ăąme relĂšverait probablement du sacrilĂšge).

Lire La GrĂące d'ĂȘtre femme de Georgette BlaquiĂšre

Voi aussi Tertullien

En cas d'adultÚre, sans qu'aucun témoin ne soit nécessaire : nombres 12-31

Islam

Selon le Coran, sourate 2
  • « Vos femmes sont pour vous un champ de labour. Allez Ă  votre champ comme vous le voudrez » (verset 223).
Sourate 4
  • 15. « Celles de vos femmes qui forniquent, faites tĂ©moigner Ă  leur encontre quatre d'entre vous. S'ils tĂ©moignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'Ă  ce que la mort les rappelle ou qu'Allah dĂ©crĂšte un autre ordre Ă  leur Ă©gard. »
  • 34. « Les hommes ont autoritĂ© sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde Ă  ceux-lĂ  sur celles-ci, et aussi Ă  cause des dĂ©penses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obĂ©issantes (Ă  leurs maris), et protĂšgent ce qui doit ĂȘtre protĂ©gĂ©, pendant l'absence de leurs Ă©poux, avec la protection d'Allah. Et quant Ă  celles dont vous craignez la dĂ©sobĂ©issance, exhortez-les, Ă©loignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent Ă  vous obĂ©ir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand ! »

Violence envers autrui en général

La
loi du Talion apparaĂźt dans le Code d'Hammourabi, roi de Babylone (1730 av. J.-C.). Il se peut que cette loi entende lutter contre une escalade de la violence individuelle en limitant celle-ci au niveau de la violence subie. Notre notion de lĂ©gitime dĂ©fense en droit contemporain procĂšde du mĂȘme esprit en exigeant une limitation de toute riposte au niveau exact de l'attaque.

JudaĂŻsme

Les cinq livres du
Pentateuque s'accordent sur ce point :

  • GenĂšse IX:6. « Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versĂ©. »
  • Exode XXI:23-24. « S'il y a un accident, tu donneras vie pour vie, Ɠil pour Ɠil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied »
  • LĂ©vitique XXIV:18-19. « Celui qui frappera un animal mortellement le remplacera : vie pour vie. Si quelqu'un blesse son prochain, il lui sera fait comme il a fait »
  • Nombres XXV:19. « Le vengeur du sang fera mourir le meurtrier ; quand il le rencontrera, il le tuera. »
  • DeutĂ©ronome 19-21. « Tu ne jetteras aucun regard de pitiĂ© : Ɠil pour Ɠil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied. »

Christianisme

  • Au Jardin des oliviers JĂ©sus dit Ă  Pierre : « Rengaine ton Ă©pĂ©e, celui qui prend l'Ă©pĂ©e pĂ©rira par l'Ă©pĂ©e » (Mathieu XXVI:52)
  • Dans les Actes des apĂŽtres, V:3-10, on trouve ceci qui semble plus troublant :
    • « 3 Pierre lui dit : “Ananie, pourquoi Satan a-t-il pris toute la place dans ton cƓur, pour que tu mentes Ă  l'Esprit Saint et que tu dĂ©tournes l'argent du terrain ?
    • 4 Quand tu l'avais, il Ă©tait bien Ă  toi, et aprĂšs la vente, tu pouvais disposer de la somme, n'est-ce pas ? Alors, pourquoi t'es-tu mis cette idĂ©e dans la tĂȘte ? Tu n'as pas menti aux hommes, mais Ă  Dieu.”
    • 5 En entendant ces paroles, Ananie tomba, et il expira. Une grande crainte saisit tous ceux qui apprenaient la nouvelle.
    • 6 Les jeunes gens vinrent envelopper le corps, et ils l'emportĂšrent pour l'enterrer.
    • 7 Il se passa environ trois heures, puis sa femme entra sans savoir ce qui Ă©tait arrivĂ©.
    • 8 Pierre lui adressa la parole : “Dis-moi : le terrain, c'est bien Ă  ce prix que vous l'avez cĂ©dĂ© ?” Elle dit : “Oui, c'est ce prix-lĂ .”
    • 9 Pierre reprit : “Pourquoi cet accord entre vous pour mettre Ă  l'Ă©preuve l'Esprit du Seigneur ? VoilĂ  que ceux qui ont enterrĂ© ton mari arrivent Ă  la porte : ils vont t'emporter !”
    • 10 AussitĂŽt, elle tomba Ă  ses pieds, et elle expira. Les jeunes gens, qui rentraient, la trouvĂšrent morte, et ils l'emportĂšrent pour l'enterrer auprĂšs de son mari. »

Bien qu'il n'y ait pas homicide à proprement parler, ce double décÚs peut inquiéter (stress ?).

Si les évangiles excluent l'usage de la violence physique, ils n'excluent pas une certaine opposition à l'entourage familial :

  • Luc XIV:26 : « Si quelqu'un vient Ă  moi, et s'il ne hait pas son pĂšre, sa mĂšre, sa femme, ses enfants, ses frĂšres, et ses sƓurs, et mĂȘme Ă  sa propre vie, il ne peut ĂȘtre mon disciple. »
  • Matthieu, X.34-35 : « 34. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'Ă©pĂ©e. 35 Car je suis venu mettre la division entre l'homme et son pĂšre, entre la fille et sa mĂšre, entre la belle-fille et sa belle-mĂšre. »

Cas de la guerre

Les positions ont varié au cours des ùges.

  • Les premiers chrĂ©tiens refusaient de porter les armes, mĂȘme pour dĂ©fendre Rome, en invoquant le passage de la Passion oĂč JĂ©sus, que Pierre cherche Ă  dĂ©fendre par l'Ă©pĂ©e, ordonne Ă  Pierre de ranger celle-ci en prĂ©cisant que qui utilise l'Ă©pĂ©e pĂ©rira par l'Ă©pĂ©e.
  • Saint Martin (316-397), soldat converti alors qu'il est engagĂ© dans l'armĂ©e par un contrat de 25 ans, demande Ă  ne pas participer Ă  l'attaque de Worms. TraitĂ© de lĂąche par l'empereur Julien, il dĂ©cide alors de marcher en tĂȘte de ses troupes, sans autre arme qu'une croix, mais il se trouve que les Barbares se rendent avant l'assaut (Martin sera libĂ©rĂ© de son contrat Ă  l'Ăąge de quarante ans)
  • Saint Ambroise (340-397) fait montre d'une vision plus romaine des choses : « La force sans la justice est matiĂšre d'iniquitĂ©. Est pleine de justice la force qui, Ă  la guerre, protĂšge la patrie contre les barbares. ». NĂ©anmoins, le pouvoir temporel reste sous Ă©troite surveillance : la ville de Thessalonique s'Ă©tant rĂ©voltĂ©e contre son gouverneur et l'ayant tuĂ©, l'empereur (chrĂ©tien) ThĂ©odose ordonne le massacre des habitants, innocents ou coupables, et sept mille personnes pĂ©rissent. Saint Ambroise Ă©crit aussitĂŽt Ă  ThĂ©odose pour lui signifier la gravitĂ© de sa faute et le prĂ©venir que, jusqu'Ă  ce qu'il l'expie par la pĂ©nitence, il est exclu de facto de la communautĂ©. Quand l'empereur se prĂ©sente Ă  l'Ă©glise, Ambroise lui en interdit l'entrĂ©e. L'empereur rappelle la pardon accordĂ© jadis au roi David. « Vous l'avez imitĂ© dans son pĂ©chĂ©, rĂ©pond saint Ambroise, imitez-le dans sa pĂ©nitence ». Il lui impose l'obligation de promulguer une loi portant que toute sentence de confiscation ou de mort ne deviendra exĂ©cutoire qu’au bout de trente jours, aprĂšs avoir Ă©tĂ© de nouveau examinĂ©e et confirmĂ©e. AprĂšs huit mois de louvoiement, ThĂ©odose se soumet
  • Saint Augustin (354-430) renchĂ©rit : « Que trouve-t-on Ă  blĂąmer dans la guerre ? Est-ce le fait qu'on y tue des hommes qui doivent mourir un jour afin que les vainqueurs soient maĂźtres de vivre en paix ? Faire ce reproche Ă  la guerre est le fait d'homme pusillanimes et non d'hommes religieux. Ce qu'on blĂąme dans la guerre c'est le dĂ©sir de nuire, la cruautĂ© de la vengeance, une Ăąme inapaisĂ©e et implacable, la fureur des reprĂ©sailles, la passion de la domination et autres sentiments semblables.» Augustin estime que tuer un homme (y compris soi-mĂȘme) n'est pas une faute quand Dieu l'ordonne, en citant, entre autres, l'exemple de Samson (La CitĂ© de Dieu, livre I) :
« Dieu lui-mĂȘme a fait quelques exceptions Ă  la dĂ©fense de tuer l’homme, tantĂŽt par un commandement gĂ©nĂ©ral, tantĂŽt par un ordre temporaire et personnel. En pareil cas, celui qui tue ne fait que prĂȘter son ministĂšre Ă  un ordre supĂ©rieur ; il est comme un glaive entre les mains de celui qui frappe, et par consĂ©quent il ne faut pas croire que ceux-lĂ  aient violĂ© le prĂ©cepte: “Tu ne tueras point”, qui ont entrepris des guerres par l’inspiration de Dieu, ou qui, revĂȘtus du caractĂšre de la puissance publique et obĂ©issant aux lois de l’État, c’est-Ă -dire Ă  des lois trĂšs-justes et trĂšs-raisonnables, ont puni de mort les malfaiteurs » (§21)

  • (on fait Ă©tat de l'interdiction d'usage de l'arquebuse - ou est-ce l'arbalĂšte ? - par une bulle restĂ©e lettre morte ; Ă  chercher)
  • (Position sur Charles Martel ? Sur les guerres de Charlemagne ? À voir)
  • Le 9 aoĂ»t 1071, les Turcs Seldjoukides, gagnent la bataille de Malazgerd sur les Arabes d'Égypte. Ils interdisent alors le passage des pĂ©lerins chrĂ©tiens vers JĂ©rusalem, qui jusque lĂ  n'avait posĂ© aucun problĂšme. Le 27 novembre 1095, Urbain II lance la PremiĂšre Croisade pour rĂ©tablir la libertĂ© de passage vers les lieux saints, ce qui laisse entendre que cette guerre est considĂ©rĂ©e comme juste.
  • Dans la Somme thĂ©ologique, Thomas d'Aquin (1228-1274) examine les conditions de licĂ©itĂ© d'une guerre et pose trois exigences :
    1. l'autorité du prince,
    2. la cause juste,
    3. l'intention droite.

    • Il y considĂšre aussi qu'une une sociĂ©tĂ© est « un donnĂ© de la nature » ; une sociĂ©tĂ© de paĂŻens n'est pas moins lĂ©gitime qu'une sociĂ©tĂ© chrĂ©tienne. Une souverainetĂ© paĂŻenne est donc possible, y compris sur des chrĂ©tiens. On ne peut donc considĂ©rer comme sainte au seul prĂ©texte qu'on la ferait Ă  des infidĂšles (ce en quoi la position affichĂ©e du catholicisme diffĂšre donc de celle de l'islam).
    • Enfin, il admet la lĂ©gitimite du rĂ©gicide face au «tyran d’exercice» ou au «tyran d’usurpation».
  • Sur la Guerre de Cent Ans (1337-1453), Rome ne prend pas de parti officiel : il y a aprĂšs tout des catholiques des deux cĂŽtĂ©s.
  • Le cardinal Cajetan (1469 - 1534), gĂ©nĂ©ral des Dominicains, s'intĂ©resse aux missions vers le nouveau monde. Commentant la Somme ThĂ©ologique Ă  propos de la notion de rapine, il examine la question de conquĂȘte militaire d'un territoire occupĂ© par des infidĂšles, et fait remarquer que le Christ envoyait des prĂ©dicateurs et non des guerriers. C'est donc selon lui un pĂ©chĂ© que de chercher Ă  rĂ©pandre la foi chrĂ©tienne par la guerre. Le royaume d'Espagne en prend acte ; de toute façon, c'est moins la religion des indigĂšnes qui fait l'objet de ses soins que la quantitĂ© d'or expĂ©diĂ©e en Espagne.
  • 2 juin 1537 : bulle Veritas ipsa par laquelle le pape Paul III condamne l'esclavage des Indiens et affirme leur droit, en tant qu'ĂȘtres humains, Ă  la libertĂ© et Ă  la propriĂ©tĂ©.
  • 1550 : Le dominicain BartolomĂ© de Las Casas dĂ©fend cette position au cours de la controverse de Valladolid.
  • CatĂ©chisme en 2003 : la guerre de dĂ©fense est considĂ©rĂ©e comme acceptable Ă  condition :
    • « que le dommage infligĂ© par l'agresseur Ă  la nation ou Ă  la communautĂ© des nations soit durable, grave et certain ;
    • que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient rĂ©vĂ©lĂ©s impraticables ou inefficaces ;
    • que soient rĂ©unies les conditions sĂ©rieuses du succĂšs ;
    • que l'emploi des armes n'entraĂźne pas des maux et des dĂ©sordres plus graves que le mal Ă  Ă©liminer. La puissance des moyens modernes de destruction pĂšse trĂšs lourdement dans l'apprĂ©ciation de cette condition. »

Islam

Nous retrouvons dans l'islam, plusieurs sourates d'allure violente :

  • 2:190-193
Tuez-les lĂ  oĂč vous les rencontrez, Expulsez-les d’oĂč ils vous auront expulsĂ©s. [ 
] Combattez-les jusqu’à la fin de toute sĂ©dition et que croyance soit d’Allah.

  • 2:216
Vous devez combattre, mĂȘme si c'est quelque chose qui vous dĂ©plaĂźt.

  • 60:4
Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d'Allah. Nous vous renions. Entre vous et nous, l'inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu'à ce que vous croyiez en Allah, seul.

  • 47:4
Quand vous rencontrerez les infidĂšles, frappez-les Ă  la nuque jusqu'Ă  en faire un grand carnage.

  • 8:17
Ce n'est pas vous qui les avez tués : mais c'est Allah qui les a tués.

Autres

Chùtiments contre les incroyants, les mécréants et les méchants

Il convient de distinguer les chùtiments promis à ces catégories comme étant l'affaire du ciel d'une part, les exhortations à ce que ce soient les fidÚles qui prennent en main cette punition d'autre part. Les premiers ne sont pas du ressort de cet article.

Islam

Sourate 9
  • 4. À l'exception des associateurs avec lesquels vous avez conclu un pacte, puis ils ne vous ont manquĂ© en rien, et n'ont soutenu personne [Ă  lutter] contre vous : respectez pleinement le pacte conclu avec eux jusqu'au terme convenu. Allah aime les pieux.
  • 5. AprĂšs que les mois sacrĂ©s expirent, tuez les associateurs (autre nom des mĂ©crĂ©ants - NDLR) oĂč que vous les trouviez. Capturez-les, assiĂ©gez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et MisĂ©ricordieux
  • 6. Et si l'un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu'il entende la parole d'Allah, puis fais-le parvenir Ă  son lieu de sĂ©curitĂ©. Car ce sont des gens qui ne savent pas.

Autre traduction :
  • 3.Harangue d’Allah et de son EnvoyĂ© aux humains, le Jour du plus grand PĂšlerinage: « Allah et son EnvoyĂ© sont libres envers les associateurs. Si vous faites retour, quel bonheur pour vous ! Si vous vous Ă©cartez, sachez-le, vous ne paralyserez pas Allah. Annonce le supplice terrible de ceux qui associent,
  • 4.sauf pour les associateurs avec lesquels vous avez pactisĂ©, qui ne vous ont jamais nui, ni aidĂ© personne contre vous. Respectez le pacte pendant toute sa durĂ©e. Allah aime les frĂ©missants.
  • 5.Quand les Mois sacrĂ©s seront Ă©coulĂ©s, combattez les associateurs oĂč que vous les trouviez, saisissez-les, assiĂ©gez-les, piĂ©gez-les. S’ils font retour, Ă©lĂšvent la priĂšre et donnent la dĂźme, libĂšre leurs sentiers.

  • 29. Faites la guerre Ă  ceux qui ne croient point en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme dĂ©fendu ce que Dieu et son ApĂŽtre ont dĂ©fendu, et Ă  ceux d'entre les hommes des Ecritures qui ne professent pas la vraie religion. Faites-leur la guerre jusqu'Ă  ce qu'ils payent le tribu de leurs propres mains et qu'ils soient soumis.

Autre traduction :
  • 29.Combattez ceux qui n’adhĂšrent pas Ă  Allah, ni au Jour ultime, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son EnvoyĂ© interdisent, qui ne pratiquent pas la CrĂ©ance de vĂ©ritĂ© parmi ceux qui ont reçu l’Écrit, jusqu’à ce qu’ils donnent, humiliĂ©s, le tribut de leurs mains.

Sourate 8
  • 57.Donc, si tu les maĂźtrises Ă  la guerre, inflige-leur un chĂątiment exemplaire de telle sorte que ceux qui sont derriĂšre eux soient effarouchĂ©s. Afin qu'ils se souviennent.
  • ou (?) 57. Si donc tu les surprends Ă  la guerre disperse avec eux ceux qui les suivent. Peut-ĂȘtre l’invoqueront-ils ?

  • 57. Il n'y a point auprĂšs de Dieu d'animaux plus vils que ceux qui ne croient pas et qui restent infidĂšles

Comme dans toutes les écritures dites saintes, représentant pour partie les chroniques d'un peuple émergent, le Coran, comme la Bible, contient des passages justifiant l'hostilité envers les peuples que ce peuple conquiert. Une différence tient au fait que juifs, chrétiens ou athées ont une signification forte pour nos contemporains tandis que peuple de Canaan n'émeut plus personne de nos jours faute de représentant encore vivant.

Violence contre les apostats

Christianisme

La question du pardon fut une prĂ©occupation principale de l'Église aux IVe et Ve siĂšcle. De nombreuses hĂ©tĂ©rodoxies, comme le
marcionisme, le mélétisme ou le donatisme, s'opposÚrent à la doctrine officielle, alors trÚs tolérante.

La cĂ©rĂ©monie des Cendres elle-mĂȘme est un reliquat, dans sa forme, de celles que les apostats repentis versaient sur leur tĂȘte pour sollicitĂ© leur rĂ©admission dans la communautĂ©.

Quand le christianisme fut la seule religion tolĂ©rĂ©e, le traitement rĂ©servĂ©s aux apostats et surtout aux relaps devint plus critique. Au Moyen Âge, les relaps furent parfois condamnĂ©s au bĂ»cher ou Ă  l'emprisonnement Ă  vie par l'Inquisition.

Islam

Voir aussi l'article spécialisé Apostasie (islam)
  • « Quiconque a reniĂ© Dieu aprĂšs avoir cru... - sauf celui qui y a Ă©tĂ© contraint alors que son cƓur demeure plein de la sĂ©rĂ©nitĂ© de la foi - mais ceux qui ouvrent dĂ©libĂ©rĂ©ment leur cƓur Ă  la mĂ©crĂ©ance, ceux-lĂ  ont sur eux une ColĂšre de Dieu et ils ont un chĂątiment terrible. » (sourate 16 intitulĂ©e les Abeilles, An-Nahl, verset 106)

L'idĂ©e de massacrer les apostats ou les hĂ©rĂ©tiques, ou mĂȘme sa pratique, ne sont pas exclusives Ă  l'islam. En 392, suite Ă  des massacres de juifs et de valentiniens, Ambroise de Milan condamna sĂ©vĂšrement ThĂ©odose II, ayant commis un massacre et lui enjoignit de faire pĂ©nitence sous peine d'excommunication, et de rembourser les dĂ©gĂąts commis dans le massacre. Le Coran prĂ©voit aussi le pardon de quiconque se repend de l'apostasie. Ce qu'indique le conte de Jonas, apostat s'il en est puisqu'il fuit la mission que Dieu lui a confiĂ©e. :

« ALors Zan-Noon (Jonas), abandonna sa mission en se rebellant, imaginant que nous ne pouvions le contraindre. Il fini par implorer du tréfond de la ténÚbre [1] : « Il n'y a pas d'autre Dieu que toi. Soi béni j'ai commis un gros péché. » 21:87 [1](du fond du ventre du gros poisson)

  • Hadith d’Ibn `AbbĂąs : « Quiconque change sa religion, tuez-le. » Ce hadith est rapportĂ© par BukharĂź (mort en 870) et n'est pas repris par Muslim (mort en 875) dans son Sahih. Cela en fait un hadith faible et cet Ă©tat devrait en diminuer la portĂ©e car Muslim conteste certains critĂšres d'authenticitĂ© retenus par BukharĂź.
Rien dans la biographie de Muhamad ne contient la moindre information crédible favorisant la mise en exécution d'une telle sentence. Au contraire, deux épisodes le montre traitant avec des apostats ou des personnes ayant quitté sa communauté.

L'auteur Salman Rushdie n'en a pas moins été condamné à mort trÚs officiellement (fatwa), l'apostasie étant mentionnée explicitement parmi les motifs de sa condamnation.

  • Hadith d’Ibn Mas`Ă»d : « Le sang d’un musulman qui atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu est illicite sauf dans trois cas : l’homicide volontaire, le fornicateur qui a dĂ©jĂ  connu le mariage et l’apostat qui abandonne la CommunautĂ©. » (rapportĂ© par l’ensemble des compilateurs de hadiths : lesquels ???).

  • L’érudit Ibn Rajab affirme : « Tuer dans chacun de ces trois cas est consensuellement admis par les musulmans. ». Ce consensus se limite Ă  2 ulemas, morts en 878.

  • 1 hadith de Mahomet : « Celui qui change sa religion, tuez-le » requiert la mise Ă  mort de l'offenseur. Ce dĂ©lit
    • est imprescriptible
    • ne peut faire l'objet de grĂące de la part des autoritĂ©s.

Pourtant, On le voit signer un traitĂ© avec Quraysh encore paĂŻen, dont une clause prĂ©cise que rien ne doit empĂȘcher ceux qui le souhaitent de retourner dans la tribu adverse et, partant, de retourner Ă  l'idolĂątrie ante-musulmane. Cet article du traitĂ© Hudaybiya n'est pas rapportĂ© par BukharĂź.

L'imam Khomeini a argué de ce principe pour émettre une fatwa (condamnation à mort) contre l'écrivain britannique Salman Rushdie.

Violence contre les savants et philosophes et leurs écrits

Religions non monothéistes

  • GrĂšce :
    • Condamnation de Protagoras pour impiĂ©tĂ© : ses livres sont brĂ»lĂ©s. Il avait Ă©crit : Pour ce qui est des dieux, je ne peux savoir ni qu’ils sont ni qu’ils ne sont pas, ni quel est leur aspect.
    • Condamnation Ă  mort de Socrate, au prĂ©texte qu'il ne reconnaissait pas les dieux de la citĂ© et introduisait des divinitĂ©s nouvelles. Sa rĂ©ponse au seuil de la mort sera cinglante et Ă©nigmatique : « Je crois aux dieux athĂ©niens comme n'y croit aucun de mes accusateurs »

Aucun texte ne vient pourtant a priori légitimer ces violences à des degrés divers, et on peut suppose qu'en de tels cas la religion n'a servi que d'instrument supplémentaire, voire de prétexte, à la condamnation.

Christianisme

  • 1498 (23 mai) aprĂšs avoir organisĂ© le grand « bĂ»cher de la vanitĂ© » oĂč sont dĂ©truits par le feu un grand nombre d'objets de luxe ostentatoire qu'il dĂ©nonce, le dominicain Savonarole est dĂ©truit lui-mĂȘme par ses confrĂšres de l'Inquisition.
  • 1553 (26 octobre) : le thĂ©ologien, philosophe et mĂ©decin Michel Servet est brĂ»lĂ© vif par Calvin Ă  GenĂšve, montrant que les protestants savent faire aussi.
  • 1600 : le dominicain Giordano Bruno est brĂ»lĂ© vif Ă  Rome pour avoir affirmĂ© la multiplicitĂ© des mondes habitĂ©s (posant implicitement le problĂšme de la multiplicitĂ© des crucifixions !.
  • 1619 : le philosophe Vanini met en question l'immortalitĂ© de l'Ăąme ; il est brĂ»lĂ© vif, aprĂšs qu'on lui eut arrachĂ© la langue en punition de ses blasphĂšmes. Nous n'avons pas Ă  ce jour d'exemple d'une civilisation ayant perdurĂ© sans croyance en une forme ou une autre d'immortalitĂ© (fĂ»t-ce comme en Chine celle des ancĂštres dans la mĂ©moire de leurs descendants).
  • 1633 : GalilĂ©e Ă©chappe Ă  la torture en se rĂ©tractant et en abjurant Ă  genoux l'hĂ©liocentrisme. Il apparaĂźt aujourd'hui que son procĂšs Ă©tait politique plus que thĂ©ologique, la forme de ses attaques (par ailleurs justifiĂ©es) envers ses collĂšgues universitaires ayant beaucoup plus excitĂ© leur ire que quelque question de fond que ce soit.

Islam

  • Plusieurs mystiques soufis furent brĂ»lĂ©s.
  • AverroĂšs (Ibn Rushd) fut persĂ©cutĂ©, et certains de ses Ă©crits dĂ©truits.
  • Un doute subsiste sur les conditions exactes de la destruction par le feu des manuscrits de la bibliothĂšque d'Alexandrie (du moins la partie qui avait Ă©chappĂ© Ă  un autre incendie sous Jules CĂ©sar), attribuĂ©e souvent Ă  une lettre du calife Omar et stipulant « si ces ouvrages contredisent le Coran, ils sont impies et doivent donc ĂȘtre brĂ»lĂ©s; s'ils disent la mĂȘme chose que lui, ils sont inutiles et doivent donc ĂȘtre brĂ»lĂ©s aussi ». deux choses sont certaines :
  • c'est bien au moment de la conquĂȘte musulmane que la bibliothĂšque cessa d'exister
  • un grand nombre de manuscrits d'Aristote furent sauvĂ©s de la destruction, et on ne peut l'expliquer apparemment que par une sorte de complicitĂ© (tacite ou non) entre lettrĂ©s occupĂ©s et lettrĂ©s occupants.

Violence envers les animaux

Le
sacrifice est au cƓur de plusieurs religions.
  • Lire Le silence des animaux, Elisabeth de Fontenay, 1998

Dans cet ouvrage, la philosophe présente l'animal comme inclus dans la société qui le sacrifie en ce sens qu'il est l'intermédiaire necessaire de la propitiation, de l'action de grùce ou du devenir de la communauté.

Christianisme

  • Augustin examine le cas des animaux en mĂȘme temps que la question du meurtre d'un ĂȘtre humain. Selon lui, les animaux, dĂ©pourvus de raison et ne faisant pas partie de la sociĂ©tĂ© humaine, sont Ă  la disposition des hommes Ă  qui il est permis de les tuer :
« Certains cherchent Ă  Ă©tendre ce prĂ©cepte (tu ne tueras pas) jusqu’aux bĂȘtes mĂȘmes, s’imaginant qu’il n’est pas permis de les tuer. (...) Laissons de cĂŽtĂ© ces rĂȘveries, et lorsque nous lisons : “Tu ne tueras point”, n'englobons pas dans cette dĂ©fense les plantes, parce qu’elles n’ont point de sensibilitĂ©, ni les animaux, qu’ils volent dans l’air, nagent dans l’eau, marchent ou rampent sur terre, parce qu’ils sont privĂ©s de raison et ne forment point avec l’homme une sociĂ©tĂ©, d’oĂč il suit que par une disposition trĂšs juste du CrĂ©ateur, leur vie et leur mort sont Ă©galement faites pour notre usage. » (§20).
  • Les chrĂ©tiens assyriens sacrifient un taureau Ă  Paques et dans toutes les grandes occasions.

Islam

Un
agneau est Ă©gorgĂ© aux fĂȘtes de l'AĂŻd.

Voir aussi

Articles connexes

Références bibliographiques


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