Religion grecque (notions) Article, Signification, Explication
Pour des raisons de lisibilité, ce qui concerne la religion grecque est divisé en quatre parties :
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La religion grecque de l'Antiquité nous est principalement connue à partir de trois types de sources, d'ordre littéraire, épigraphique et archéologique. Elle repose sur un ensemble de rites et de pratiques de l'Antiquité grecque. Elle ne doit pas être confondue avec la mythologie grecque. Celle-ci décrit les mythes propres au monde grec antique, qui ne sont pas forcément liés au sentiment religieux mais peuvent être d'essence littéraire, tandis que celle-là s'intéresse aux rites et aux pratiques de l'Antiquité grecque. Il faut poser comme point de départ le constat suivant : la religion n'est pas l'affaire d'une croyance privée ; elle est avant tout publique et concerne la communauté, d'où ses implications importantes avec la vie politique. En fait, elle ne se cantonne pas à certaines sphères de la vie quotidienne mais peut concerner tous ses aspects. En sorte, les Grecs de l'Antiquité n'établissaient pas vraiment de différence entre le domaine religieux et le profane : chaque moment de la vie peut être rythmé par un rite plus ou moins formel, une prière, une pratique religieuse. C'est aussi pour cette raison que l'art grec est de nature religieuse.
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2 Le sacré 3 Le pur et l'impur 4 Voir aussi 5 Liens externes |
Foi, piété et impiété
Autant les mythes grecs sont célèbres, autant sa religion semble bien moins connue. L'une des raisons de ce paradoxe tient à ce qu'un problème majeur n'est toujours pas élucidé : il n'est pas aisé, en l'absence de témoignages directs — la majorité des sources étant littéraires — de se prononcer sur la nature réelle de la foi et du sentiment religieux du peuple grec. En un sens, il est impossible d'affirmer simplement que les Grecs croyaient en leurs mythes et accordaient un crédit réel à leurs pratiques. Deux faits sont cependant assurés par les textes :
- leur contenu était accepté par les Grecs de l'époque ;
- la piété (et non la foi) était réelle.
Les termes grecs à retenir sont les suivants : εὐ̓σέϐεια eusébeia piété et ἀσέϐεια asébeia impiété. Sans dogme, la notion de piété est difficile à percevoir. Celle d'impiété, en revanche, l'est moins. On la comprend comme une absence de respect à l'égard des rites d'une cité, considérée comme un crime passible d'une condamnation devant les tribunaux. Ainsi, à supposer que les sectateurs d'une nouvelle religion ou d'un dieu nouveau pour la cité désirent pratiquer leur culte, ceux-ci doivent en demander l'autorisation, qui sera soumise au vote. À l'issue de ce vote, l'intégration, ou non, du dieu ou du culte se fera. C'est pour cette raison que l'« impiété » de Socrate (circa 469-399 avant notre ère) l'a conduit à la peine capitale, prononcée par la cité d'Athènes. Celui-ci, en effet, avait été jugé impie pour avoir introduit dans sa cité un culte sans respecter les rites religieux et civiques d'intégration. On le voit, l'impiété grecque n'a que peu à voir avec l'absence de croyance ou de foi. De même, l'on jugeait impies les excès de « piété », comme la superstition.
L'on peut donc définir la piété grecque comme l'inverse de l'impiété : c'est le respect d'un juste milieu, la connaissance de limites à ne pas franchir avec les lois divines ; il s'agit avant tout de respecter les traditions des ancêtres et d'accorder aux dieux leur dû (offrandes, prières), quitte à accomplir les rites sans en connaître la signification profonde. La piété est avant tout civique (il faut aussi indiquer que la charge de prêtre, sauf dans de rares cas, est civile et qu'il n'existe pas de clergé) : chaque cité est protégée par une divinité tutélaire. Lui manquer de respect, c'est risquer qu'elle cesse d'assurer cette protection, danger qui concernerait tous les citoyens. L'on peut expliquer ainsi la gravité de la peine infligée à Socrate : en introduisant illégalement de nouveaux cultes, il risquait de vexer les dieux de la cité et d'affaiblir leur protection.
Cet aspect éphémère du ἱερός hierós permet aussi de comprendre pourquoi le terme substantivé au pluriel sous la forme τὰ ἱερά ta hierá (« les choses hierós ») peut signifier tout aussi bien, selon le contexte, « les actes du culte », « les lieux du culte » ou encore « les victimes du culte ».
C'est le cas du sang ; celui-ci n'est intrinsèquement ni pur ni impur, tout dépendant du rite envisagé : le sang de la victime sacrifiée est pur, celui d'un mort tombé à terre impur. C'est pour cette dernière raison que tout meurtier, qu'il soit mortel ou non, doit être « lavé » de sa souillure après le combat, même si celui-ci était loyal ou dans l'intérêt de la Cité. De la même manière, la mort d'un proche (même non sanglante) ou l'enfantement sont sources de souillure, qui empêchent d'assurer la charge de prêtre, de participer à certaines cérémonies et de pénétrer dans un téménos.
L'on trouve des traces de ce rapport ambigu au sang dans la mythologie :
C'est un article concernant le Religion grecque (notions). La page contient la signification du Religion grecque (notions) , Description et explication au sujet de Religion grecque (notions) Le sacré
Le sacré en tant que tel n'existe pas dans la religion grecque. Trois notions proches, cependant, sont à connaître, qu'il convient de ne pas confondre.ἱερός hierós
Cet adjectif s'applique aux choses qui présentent à un moment donné les conditions favorables à l'efficacité du rite. Il s'agit d'une forme momentanée et non essentielle de sacré. Ainsi, un lieu peut devenir sacré le temps d'une cérémonie (le lieu d'un sacrifice), de même un objet de la vie quotidienne (le couteau pour égorger la victime sacrificielle) ou encore un homme (l'officiant). En effet, le prêtre (ou ἱερεύς hiereús, terme dérivé de ἱερός) n'est pas un homme en dehors de la société civile : la prêtrise n'est pas forcément une catégorie sociale à part mais une fonction comme une autre dans la société grecque. Souvent, le prêtre n'est qu'un fonctionnaire tiré au sort ou élu pour un an, dont la prêtrise est une charge d'État, charge nécessairement éphémère (c'est-à-dire pendant sa vie car la prêtrise sans durée est très rare - celle de prêtre d'Éleusis étant la plus célèbre - et pendant son mandat : le prêtre ne l'est que lorsqu'il lui faut accomplir des actes religieux, pas en dehors de ces moments). Ceci explique pourquoi il n'existe pas de clergé grec hiérarchisé. ἅγιος hágios
Cet adjectif pourrait être traduit par saint. Il caractérise ce qui est définitivement éloigné de la vie quotidienne et du monde commun par sa pureté. Il s'oppose en cela à ἱερός hierós. Il est notable que c'est ce terme que l'on utilise en grec moderne pour désigner les saints chrétiens. Un lieu peu être définitivement ἅγιος hágios, c'est le τέμενος témenos, terme dérivé du verbe τέμνω, témnô, « couper », et signifiant littéralement « ce qui est retranché ». Le téménos est en effet une zone, un lieu, un endroit de taille variable que l'on a séparé du domaine humain et appartient aux dieux. Souvent, un lieu devient un téménos après une théophanie, ou apparition divine, qui peut être simplement la chute de la foudre ou un prodige quelconque. Le téménos, parce qu'il ne doit pas être souillé, est souvent rigoureusement délimité, d'une manière grossière par des pierres, un enclos, ou plus recherchée par la pose de bornes. On ne peut y entrer que dans un état de pureté, et dans le respect de certains interdits, variables d'un lieu à l'autre ; un sanctuaire, de fait, est automatiquement un téménos, et il est régi par les mêmes règles. À l'origine, le téménos (et c'est son premier sens chez Homère) pouvait aussi désigner une portion de terre réservée à un héros ou un monarque destinée à lui assurer ses revenus : c'est, toutes proportions gardées, le fief médiéval. ὅσιος hósios
Ce dernier terme connote l'idée de permission. Est ὅσιος hósios ce qui est prescrit ou permis par la loi divine. Un être devenu impur à cause d'une souillure, donc exclu des rites et interdit d'entrée dans un téménos, redevient hósios après s'être lavé de cette souillure. Au pluriel et substantivé, l'expression τὰ ὅσια tà hósia (« les choses hósios ») désigne « les lois divines », par opposition à τὰ δίκαια tà díkaia, « les lois humaines ».Le pur et l'impur
La pureté, dans la religion grecque, n'est pas morale mais matérielle. Son importance est capitale car l'on ne peut participer aux rites et pénétrer dans un téménos, sanctuaire ou non, qu'en état de pureté. À cet égard, la religion grecque est très proche de l'islam. Pur se dit καθαρός katharós, qui signifie tout aussi bien propre ; l'on comprend pourquoi, dans certains rites, le lavage de mains est prescrit. Les notions de pureté et d'impureté dépendent entièrement du contexte : tel objet considéré pur peut être impur dans un autre contexte.
Cette ambiguïté entre pureté et impureté peut entraîner une confusion entre les deux états, ce qu'une paronymie fortuite peut expliquer : souillure peut se dire ἄγος ágos (bien que le terme le plus fréquent soit μίασμα míasma, passé en français sous la forme miasme), mot que les Anciens ont rapproché de ἅγιος hágios saint. L'impureté avérée peut, dans certains cas, devenir une forme de sacré. C'est le cas pour Apollon, qui préside à la pureté mais aussi à certaines formes de souillures, comme la peste. De même, le sang de porcs, considéré impur quel que soit le contexte, est cependant utilisé dans les mystères (cultes ésotériques) d'Éleusis.Voir aussi
Liens externes
Le Musée vivant de l'Antiquité, partie « Religion », site pédagogique de l'Académie de Versailles, très complet et qui développe des aspects qui ne sont ici qu'évoqués.
