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Relations de la religion romaine aux autres religions Article, Signification, Explication

Quoiqu'on connaisse mal la religion de la Rome archaïque, sous la République, le culte se confond avec celui de la ville, puis de l'empereur à partir d'Auguste. Il est vrai également que le polythéisme des Romains était tolérant... jusqu'à un certain point. Sylla donna pour mission aux 15 membres du collège des interprètes des Livres Sybillins de surveiller les cultes étrangers.

Pour l'époque impériale, Dion Cassius (né vers 160–mort en 229) décrit le cadre de la réflexion dans son Histoire Romaine au moment où il écrit deux discours qui s'opposent : le Discours d'Agrippa et le Discours de Mécène. Chacun s'adressent à Auguste. Bien entendu, comme chaque fois qu'on parle d'un historien romain, il est difficile de discerner si ces discours reflètent les préoccupations de la classe cultivée de son époque ou la pensée des personnages qu'il met en scène. Toujours est-il que Dion Cassius met dans la bouche de Mécène les propos suivants :

  • il condamne les religions étrangères, non parce qu'elles sont fausses mais parce qu'elles méprisent les dieux,
  • il faut honorer les dieux de la cité et forcer les autres à faire de même,
  • il faut mépriser et punir ceux qui rendent le divin étranger,
  • l'introduction de nouveaux dieux est susceptible de favoriser les factieux,
  • il faut interdire l'athée, le sorcier et le magicien.

Pourtant, Dion Cassius accordait une grande importance aux prodiges[1].

[1] La divination intuitive et inductive dans l'Histoire romaine de Dion Cassius

Table of contents
1 Les chrétiens
2 Cadre général
3 Peut-on parler de tolérance ?
4 Chronologie
5 Voir aussi
6 Lire aussi

Les chrétiens

Les chrétiens ont beaucoup parlé de leur martyrs à titre apologétique. Avec l'histoire quantitative, leur situation mérite d'être ré-envisagée.

À la dynastie des Sévères, début du IIIe siècle, qui était tolérante envers le christianisme, succéda cette période sombre des empereurs soldats éphémères où le christianisme put se propager tranquillement, sauf sous Dèce et Gallien, volontiers persécuteurs. Les empereurs éphémères de cette période étaient des brutes moins raffinées que Néron et les chrétiens n'étaient pas trop leur souci premier.

Quand les païens ont voulu rechercher une idée d'unicité des dieux ce n'est pas à Zeus qu'ils ont pensé mais à Apollon. Le dieu unique des païens cultivés et quasi monothéistes, juste avant l'avènement du christianisme, était Phœbus Apollon ou Sol le dieu dispensateur de la vie sur terre. Aurélien instaura une tentative d'un tel monothéisme païen (alors que Constantin utilisera le monothéisme chrétien.) avec Sol Invictus (« le soleil invaincu »), et Mithra chez les soldats, pour lutter spirituellement contre le védisme des Perses. Aurélien voulait que les Romains aient une même religion car l'empire foutait le camp. Cet Aurélien dut rétablir l'unité de l'Empire après avoir écrasé l'Empire dissident dit gaulois et en Orient celui de Zénobie autour de Palmyre. L'Empire était à deux doigts de sa destruction, pendant 50 ans.

Puis vint la Tétrarchie qui reconstruisit ce qui pouvait l'être. Là eurent lieu les dernières et les plus sanglantes persécutions contre les chrétiens. Or Constance Chlore, le père de Constantin, qui était l'un des tétrarques et païen, fut très tolérant envers les chrétiens.

Cadre général

Les empereurs romains ont aussi été répressifs, à certains moments, et pas seulement à l'égard des « chrétiens » dont les chrétiens disent qu'ils furent massacrés pour leur foi et les historiens parce qu'ils refusaient le service militaire. Sous Dioclétien, ils étaient intégrés dans l'armée et nombreux parmi les officiers.

Le culte d'Isis, arrivé à Rome en -204 séduisait beaucoup de monde dans la Rome du Ier siècle, principalement des femmes ; d'origine égyptienne, cette religion à mystères promettait une vie dans l'au-delà ; le culte était assuré par des prêtres au crâne rasé et s'accompagnait de pratiques astrologiques et initiatiques qui hérissaient des Romains conservateur, tels Juvénal ou Martial du fait de son clergé,de ses mystères, du rôle des femmes, de ses attributs, mythes. Le temple d'Isis (construit par Caligula en 69) fut reconstruit, après incendie, par l'empereur Domitien. Il se trouvait au Champ de Mars (près du mausolée d'Hadrien) et était entouré de plusieurs obélisques dont deux sont encore à Rome, piazza della Rotonda et piazza della Minerva. En -21, Agrippa interdit aux adorateurs de la déesse égyptienne de célébrer son culte à l'intérieur du pomœrium. On peut aussi voir ses productions artistiques, à l'Iseum de Pompéi.

Peut-on parler de tolérance ?

Tout dépend dans quel sens on comprend le mot tolérance.

  • D'une part la religion n'est pas conçue comme une expression de la relation d'un individu à une divinité mais comme la relation de la ville à son destin (Louis Gernet, la religion romaine, Albin Michel). Les Romains ne connaissent qu'une religio : la leur ; les autres cultes sont considérés comme superstitio. À l'époque des apologistes, Celse témoigne qu'il ne s'agit pas de tolérance comme ouverture aux valeurs d'autrui mais de tolérance à ce qui ne nuit pas. Seul le judaïsme bénéficie du statut de religio licita à côté de la religion nationale. Il faut noter que Rome reconnaît en territoire conquis l'emploi du droit indigène, et nombres de textes de la Bible se référents au droit, le culte judaïque fut également accepté dans ce cadre légal.
  • l'importation des cultes orientaux (Isis, Mithra, etc.) par les soldats romains ayant participés aux batailles orientale, représente au contraire, une modification du sentiment relgieux. Il ne s'agit pas d'échange de divinités mais de se considérer comme dévôt d'Isis ce qui n'empêche pas la participation aux cultes urbains. En quelque sorte, le culte de Mithra se substitue aux divinités familiales chez le soldat errant.

Chronologie

  • -204 : la Pierre noire, du culte de Cybèle, est apportée de Pergame à Rome à la demande du Sénat.
  • -186 : Affaire des Bacchanales : répression pour avoir mené des mystères privés à Bacchus/Dyonysos.

Voir aussi

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