article sur le Registre de langue, Explication sur le Registre de langue

Registre de langue Article, Signification, Explication

Un registre de langue (on dit aussi niveau de langue, ou encore, style) est un mode d’expression adaptĂ© Ă  une situation d’énonciation particuliĂšre, qui dĂ©termine notamment, certains choix lexicaux et syntaxiques, un certain ton, ainsi qu’une plus ou moins grande libertĂ© par rapport aux rĂšgles d’une langue donnĂ©e.

En effet, on ne s’exprime pas de la mĂȘme façon selon son Ăąge, son milieu social, son niveau culturel, etc., mais Ă©galement, selon qu’on s’adresse Ă  un familier, Ă  un inconnu, Ă  un enfant, Ă  un supĂ©rieur hiĂ©rarchique, etc. Bref, l’énonciateur dispose d’une certaine libertĂ© pour adapter sa maniĂšre de s’exprimer aux circonstances.

Il existe une gradation descendante entre les trois principaux registres de langue : registre soutenu, registre courant et registre familier. Par ailleurs, certains choix, inacceptables Ă  l’écrit, peuvent ĂȘtre tolĂ©rĂ©s Ă  l’oral.

Le registre courant correspond Ă  un langage correct, tant du point de vue lexical que syntaxique : les phrases sont quelquefois complexes, les principales rĂšgles de syntaxe sont respectĂ©es, avec quelques tolĂ©rances (quelques ellipses et quelques abrĂ©viations lexicalisĂ©es). C’est (le plus souvent) le langage du professeur Ă  ses Ă©lĂšves, de l’homme politique en train de faire un discours, du prĂ©sentateur de tĂ©lĂ©vision, du journaliste
 C’est aussi le registre ordinairement utilisĂ© Ă  l’écrit.

Le registre courant nous servira donc de repĂšre afin d’évaluer le niveau supĂ©rieur (niveau soutenu) et le niveau infĂ©rieur (niveau familier).

Remarquons que le terme jargon ne désigne pas un registre particulier, mais plutÎt le vocabulaire particulier attaché à une communauté particuliÚre, un milieu professionnel, politique, sportif, etc. (jargon médical, jargon informatique, 
).

Table of contents
1 Registre soutenu
2 Registre familier
3 Sujets connexes

Registre soutenu

Le registre soutenu (ou soignĂ©) est non seulement correct, mais il bĂ©nĂ©ficie d’une surveillance extrĂȘme.

Employé surtout dans la littérature et la rhétorique, ce registre utilise principalement :

  • Des phrases pouvant ĂȘtre longues, avec une syntaxe souvent complexe :

Je me suis tellement accoutumĂ© ces jours passĂ©s Ă  dĂ©tacher mon esprit des sens, et j’ai si exactement remarquĂ© qu’il y a fort peu de choses que l’on connaisse avec certitude touchant les choses corporelles, qu’il y en a beaucoup plus qui nous sont connues touchant l’esprit humain, et beaucoup plus encore de Dieu mĂȘme, qu’il me sera maintenant aisĂ© de dĂ©tourner ma pensĂ©e de la considĂ©ration des choses sensibles ou imaginables, pour la porter Ă  celles qui, Ă©tant dĂ©gagĂ©es de toute matiĂšre, sont purement intelligibles. (Descartes - MĂ©ditation quatriĂšme)

  • Un vocabulaire rare :

Le firmament / les cieux / l’azur

Pour : « Le ciel
 »

  • Des figures de style recherchĂ©es :

DĂ©jĂ  la nuit en son parc amassait un grand troupeau d’étoiles vagabondes. (du Bellay)
Pour : « Déjà la nuit tombait et on apercevait les premiÚres étoiles. » (métaphore filée)

  • L’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif (Ă  l’oral comme Ă  l’écrit) :

Il fallait qu’il vünt.
Pour : « Il fallait qu’il vienne. »

  • Le passĂ© simple et le passĂ© antĂ©rieur de l’indicatif (Ă  l’oral) :

Je le vis quand je revins.
Pour : « Je l’ai vu quand je suis revenu. »

  • La forme interrogative directe inversĂ©e :

D’oĂč m’appelles-tu ?
Pour : « D’oĂč est-ce que tu m’appelles ? »

  • L’inversion du sujet aprĂšs certains adverbes de liaison (tels que : aussi, ainsi, peut-ĂȘtre, etc.) :

Ainsi, ai-je dû écourter mes vacances.
Pour : « Ainsi, j’ai dĂ» Ă©courter mes vacances. »

  • etc.

Il existe un degrĂ© supĂ©rieur au niveau soutenu, principalement utilisĂ© dans la poĂ©sie et la tragĂ©die, et qui use d’un vocabulaire spĂ©cifique, de constructions archaĂŻques ou sophistiquĂ©es, etc. C’est le registre sublime (ou encore, noble ou relevĂ©).

Dans certaines situations d’énonciation, le choix du registre soutenu peut apparaĂźtre comme dĂ©placĂ©. Dans ce cas, il sera ressenti comme incongru, abusif, prĂ©cieux, maniĂ©rĂ© ou comique.

Registre familier

Le registre familier n’est pas totalement correct, mais il demeure admis sous certaines conditions. Il correspond au langage courant mais avec un grand nombre de libertĂ©s. Comme son nom l’indique, ce registre est surtout employĂ© entre proches, entre personnes appartenant Ă  une mĂȘme communautĂ© sociale dans laquelle tout formalisme peut ĂȘtre attĂ©nuĂ©, et il suppose, en principe, l’absence de tout lien hiĂ©rarchique rigide entre les interlocuteurs (membres de la famille, amis, camarades de classe, collĂšgues de travail
).

Ce registre utilise :

Au bureau, un de mes collÚgues, sa femme, elle a eu un bébé.
Pour : « La femme d’un collĂšgue du bureau a eu un bĂ©bĂ©. »

  • De nombreuses abrĂ©viations non encore lexicalisĂ©es :

T’es lĂ  ? / phone / p’tit dĂšje / une deuch’

Pour : « Tu es lĂ  ? / tĂ©lĂ©phone / petit dĂ©jeuner / une deux chevaux
 »

  • La forme interrogative directe simple :

Tu m’appelles d’oĂč ?
Pour : « D’oĂč est-ce que tu m’appelles ? »

  • La forme interrogative avec est-ce que au lieu de l’inversion :
Est-ce qu’il est là ?
Pour : « Est-il là ? »

Les guibolles / la frimousse / les quenottes

Pour : « Les jambes / le visage / les dents
 »

  • La suppression de ne dans les locutions nĂ©gatives :

J’ai pas bien dormi cette nuit.
Pour : « Je n’ai pas bien dormi cette nuit. »

  • Le pronom sujet on Ă  la place de nous :
Nous, on viendra.
Pour : « Nous, nous viendrons. »

  • L’utilisation abusive du prĂ©sent de l’indicatif :
S’il fait un pas de plus, le train l’écrase.
Pour : « S’il avait fait un pas de plus, le train l’aurait Ă©crasĂ©. »

  • Une prononciation plus rapide et moins soignĂ©e des mots (notamment par l’abandon de nombreux e muets causant des rencontres de consonnes alors simplifiĂ©es et modifiĂ©es ─ simplification qui s’étend aussi Ă  d’autres groupes de consonnes, surtout en fin de mots ─, par des mĂ©taplasmes comme la syncope, la mĂ©tathĂšse, l’apocope, l’aphĂ©rĂšse) :
/pːa | kɛs vu fʁɛ stapʁɛm si lkatkat i demaʁ pa || ʃ sɛ pa | dmɑ̃d a mːɑ̃/ (notation en API pour P’a, qu’est-ce vous f’rez ç’t aprĂšm si l’quat’-quat’ i’ dĂ©marre pas ? ─ Ch’sais pas, d’mande Ă  M’man.)
Pour : /papa | kɛs (kə) vu fəʁɛ sɛt apʁɛm(idi) si lə katʁkatʁ il demaʁ pa || jə sɛ pa | dəmɑ̃d a mamɑ̃/ (« Papa, qu’est-ce (que) vous ferez cet aprĂšs-m(idi) si le quatre-quatre il dĂ©marre pas ? Je sais pas, demande Ă  Maman »), Ă©noncĂ© syntaxiquement familier pour « Papa, que ferez-vous cet aprĂšs-midi si le quatre-quatre ne dĂ©marre pas ? ─ Je ne sais pas, demande Ă  Maman. »

  • etc.

Le registre familier peut ĂȘtre plus ou moins relĂąchĂ© (ou populaire) :

- Ca boume ? / - Ch’ais pas trop

Pour : « - Ca va ? / - Je (ne) sais pas trop
 »

Lorsque le registre familier (ou le registre relĂąchĂ©) est Ă©maillĂ© de mots et d’expressions venues de la rue, du milieu de la dĂ©linquance, etc., on parle alors de registre argotique (le verlan en est une variĂ©tĂ©) :

Les nougats / les biftons / mĂ©zigue

Pour : « Les orteils / les billets de banque / moi
 »

Enfin, le registre familier (relĂąchĂ© ou argotique) peut devenir Ă  son tour registre vulgaire ou trivial, par l’emploi de mots ou d’expressions condamnĂ©s par la biensĂ©ance :

Tu me casses les couilles ! / EnculĂ© ! / Il s’est encore fait baiser

Pour : « Tu m’embĂȘtes ! / Zut ! / Il s’est encore fait avoir
 »

Sujets connexes



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