article sur le Râga, Explication sur le Râga

Râga Article, Signification, Explication

   

Le Râga ou Râgam en tamoul - terme sanskrit signifiant attirance, couleur ou passion ─ est un cadre mélodique ─ à ne pas confondre avec les notions de gamme ou de mode, même s'il y a une certaine affinité avec celles-ci ─ utilisé dans la musique classique indienne. Les râga sont fondés sur les théories védiques concernant le son et la musique. Ils ont été fixés par Mâtanga dans son ouvrage Brihaddeshi entre les Ve et Xe siècle, mais c'est seulement au XVIe siècle qu'ils deviennent partie intégrante du classiscime indien. Chaque râga est lié à un sentiment, une saison, un moment du jour. Cependant cette théorie du moment qui guide le choix du râga à utiliser au moment du concert, n'est plus strictement respectée.

Râga Râginî
Megha Kamodâ
Shrî Kedâra
Hindola Devagandhâri
Bhairava Gunakalî
Dîpaka Pûrvî
Kaishika
Les râga n'étaient tout d'abord qu'au nombre de six et considérés comme mâles auxquels il fut plus tard adjoints six râginî - ou râga féminins - puis chacun se vit attribuer six putra ou fils.

Un râga est essentiellement un ensemble de règles védiques sur la manière de construire une mélodie. Il spécifie les règles des mouvements ascendants (aarohanam [आरोहणं]) et descendants (avarohanam [अवरोहणं]) la gamme, les notes à utiliser librement et celles à utiliser avec parcimonie, les notes qui doivent être chantées avec gamaka, les phrasés préconisés ou à éviter, etc. Tout ceci donne un cadre utilisable pour composer ou improviser des mélodies, autorisant un nombre de variations infinies basées sur un ensemble de notes.

La gamme sous-jacente au mode est composée de cinq, six ou sept notes ou plutôt svara. Ceci permet d'ailleurs de classer les râga. Ceux comportant cinq swaras sont appelés les râga odava (औडव), ceux avec six sont des râga shadava (षाडव) et avec sept les râga sampurna (संपूर्न) (c'est-à-dire complets en sanskrit. Les râga qui ne suivent pas strictement les ordres ascendant et descendants des svara sont dénommés vakra (वक्र) râga soit râga tordus. (Pour l'ordre des notes voir l'article svara.)

Dans les gammes à sept notes, la seconde, la tierce, la quarte, la sixte et la septième peuvent être altérées par un dièse ou un bémol, ce qui permet de retrouver les douze notes de la gamme occidentale. Cependant, les râga peuvent spécifier des micro-intervales qui les éloignent de cette gamme. De plus, ces variations fines peuvent être dictées par le style d'un artiste.

Comme on l'a dit plus haut, chaque moment du jour, matin, après-midi, soirée et nuit possède son râga propre. Cette théorie du moment est actuellement plutôt suivie dans la musique hindoustani, celle du nord de l'Inde, mais est largement abandonnée par les exécutants de la musique carnatique du sud, bien que celle-ci soit considérée plus proche de la stricte tradition.

La musique indienne est, en effet, grossièrement partagée en deux écoles, correspondant au nord et au sud du pays, et chacune utilise son propre groupe de râga. Il existe un certain recouvrement entre ces groupes, mais il s'agit en fait de « faux-amis », c'est-à-dire des râga portant le même nom mais ne représentant pas le même mode. Dans le nord de l'Inde, les râga ont été regroupés au sein de dix catégories nommés thâts (Bilaval, Kalyan, Khamaj, Kafi, Asawari, Bhairavi, Bhairav, Pûrvî, Marwa, Todi) par Vishnu Narayan Bhatkhande (1860-1936). Le sud, par contre, a conservé les système de classification ancien nommé melakarta, comportant 72 râga.

Comme les râga sont transmis oralement de maître à élève, quelques-uns d'entre eux varient grandement suivant la région, la tradition et le style.

Si la musique classique indienne est basée uniquement sur les râga, toute musique les utilisant n'est pas nécessairement classique. Une partie de la musique filmi est composée en utilisant des râga.

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