article sur le Produit phytosanitaire, Explication sur le Produit phytosanitaire

Produit phytosanitaire Article, Signification, Explication

Un produit phytosanitaire est un produit contenant une ou plusieurs substances chimiques ou micro-organismes, destiné à protéger ou améliorer la production agricole, ainsi qu'à l'entretien des zones non cultivées.

Il est utilisé notamment pour :

  • protĂ©ger les vĂ©gĂ©taux contre les organismes nuisibles (animaux, vĂ©gĂ©taux, bactĂ©ries),
  • dĂ©truire les vĂ©gĂ©taux ou des parties de vĂ©gĂ©taux jugĂ©s indĂ©sirables,
  • limiter la croissance des vĂ©gĂ©taux (par exemple pour lutter contre la verse),
  • assurer la conservation des graines et des fruits.

L'expression « produit phytosanitaire » est couramment employée dans un sens proche de produit phytopharmaceutique, défini par la règlementation communautaire, ou de produit antiparasitaire contre les ennemis des cultures défini par la règlementation française, ou encore de pesticide.

Table of contents
1 Types de produits phytosanitaires
2 Utilisation de produits phytosanitaires
3 Homologation d'un produit phytosanitaire
4 Phytosanitaires ôtés du marché et controverses
5 Normes et qualité
6 Voir aussi

Types de produits phytosanitaires

On parle de :

Le terme de produit phytosanitaire exclut les substances nutritives du type engrais, sauf quand il s'agit de mélanges d'engrais et de produits phytosanitaires.

Utilisation de produits phytosanitaires

L'application des produits phytosanitaires peut présenter des risques pour l'utilisateur, lequel doit respecter un certain nombre de règles de précaution, telles que :

  • prendre connaissance des risques toxicologiques et des conseils de prudence mentionnĂ©s sur l'Ă©tiquette,
  • se protĂ©ger les mains, le visage, porter un masque, si recommandĂ©,
  • Ă©viter de boire, manger ou fumer pendant l'application (risque d'ingestion, d'inflammation),
  • Ă©viter de mĂ©langer plusieurs produits,
  • Ă©viter de changer les produits d'emballage,
  • respecter les conditions et les restrictions d'emploi mentionnĂ©s sur l'Ă©tiquette.

Les produits phytosanitaires peuvent avoir des conséquences dommageables sur le manipulateur et l'environnement. Une façon de limiter les risques est :
  • de supprimer les traitements inutiles (les traitements de prĂ©caution favorisant l'apparition de rĂ©sistance au produit)
  • de prendre en compte les conditions climatiques (perte par diffusion en cas de vent, perte par lessivage en cas de pluie...)
  • de respecter les conseils d'application (pĂ©riode d'application, doses, dĂ©lai avant rĂ©colte...)
  • d'Ă©viter de traiter près des points d'eau pour Ă©viter la pollution des nappes
  • de ne pas traiter pendant la floraison (protection des abeilles et autres insectes pollinisateurs, voir Gaucho)
  • d'enterrer les semences traitĂ©es (limitation des risques d'empoisonnement des oiseaux et animaux sauvages)
  • de raisonner les traitements en fonction des cycles de dĂ©veloppement et des niveaux d'infestation des parasites (respect des insectes utiles)
  • d'apporter les emballages vers un site agréé. (limitation des dĂ©charges sauvages et tri des dĂ©chets)

La France consomme aujourd'hui 100 000 tonnes de produits phytosanitaires, ce qui la place au deuxième rang des utilisateurs mondiaux derrière les États-Unis.

Homologation d'un produit phytosanitaire

Le produit phytosanitaire est généralement mis au point par les firmes agro-pharmaceutiques.
Dans la majorité des pays, sa mise en vente et son utilisation sont soumises à une autorisation préalable (l'homologation ou autorisation de mise sur la marché) de l'autorité nationale compétente (en France le Comité d'homologation des produits antiparasitaires, et en Belgique le Comité d'agréation).

Pour être homologué, un produit doit suivre un parcours visant à démontrer l'innocuité (absence de toxicité) du produit pour :

  • les utilisateurs (exemple, l'agriculteur utilisant le produit)
  • les consommateurs
  • l'environnement

Après dépôt par une firme d'une demande d'homologation pour une spécialité commerciale, sont établies :
  • un dossier biologique visant Ă  dĂ©terminer la sĂ©lectivitĂ© pour la culture et l'efficacitĂ© agronomique, ainsi que son absence d'effets secondaires inacceptables sur les produits vĂ©gĂ©taux, les produits transformĂ©s, les productions voisines et suivantes, et la faune auxiliaire.
  • un dossier toxicologique, visant Ă  valider son innocuitĂ© sur la santĂ© humaine.
  • un dossier Ă©cotoxicologique, relatif aux impacts sur l'environnement.

Par exemple, une partie des tests concerne la toxicité aiguë (effet d'une absorption brutale et massive) ou la toxicité chronique (absorption lente et récurrente), l'apparition de mutations, formation de tumeur (effet cancérogénique) malformation dans la descendance (effet teratogénique)...

Les effets sur l'environnement sont étudiés par l'analyse de leur influence sur les poissons, les oiseaux, les insectes, les microorganismes, mais aussi le processus de dégradation du produit dans l'air, l'eau et le sol.

Le produit est soit autorisé, soit reporté, soit refusé. Le produit autorisé l'est pour un ou plusieurs usages précis, définis par une plante cible (par exemple une culture de blé), un parasite cible (le puceron) et un type de traitement (des parties aériennes par exemple).

Phytosanitaires ôtés du marché et controverses

En dépit du processus long et complexe des homologations, certains produits autorisés il y a quelques années sont à présent interdits en raison de leur dangerosité démontrée ultérieurement (pollution rémanente des eaux, apparition de résistance de souches, influence métabolique à long terme...).

En France, à la fin de l'année 2003, de nombreux produits phytosanitaires jusqu'alors autorisés (donc considérés efficaces et non-toxiques) ont été ajouté à la liste des produits interdits (remise en cause de la toxicité). Voir la liste [1]. L'utilisation de produits phytosanitaires retirés du marché est interdite et soumise à contrôles. La loi française prévoit des sanctions pénales qui peuvent dépasser les 30 000 euros et aller jusqu'à six mois d'emprisonnement.

Le cas de l'atrazine

Un exemple typique de changement de classification est celui de l'atrazine, utilisé massivement en France et dans de nombreux autres pays comme un herbicide d'une grande efficacité pour le désherbage du mais. Le gaucho (et avec, toute la famille des triazines) est a présent reconnue comme à l'origine de pollutions majeures des nappes souterraines et des eaux de surfaces qui sont polluées à 50 % en France (par rapport aux normes édictées pour les triazines). Par exemple, en Bretagne, comme dans le Sud-Ouest et l'Île-de-France, il est courant de trouver, dans des prélèvements d'eau potable, des taux de triazine dix fois plus élevés que le seuil autorisé de 0,1 microgramme par litre.
Jusqu'en 2002, la famille des triazines était le produit phytosanitaire le plus employé en France, utilisée à 80 % en termes de surface par les producteurs de maïs conventionnel. Elle avait été introduite en 1962 et était caractérisée par une excellente efficacité et un faible coût.

En raison de sa toxicité et de sa pollution rémanente dans les eaux (molécule très peu biodégradable), l'atrazine et la famille des triazines) a été bannie en Allemagne et en France en 2001 (mise en application en juin 2003 pour la France) après des années d'utilisation (1962-2003).

Ce revirement pourrait être lié à une prise de conscience progressive de la dangerosité de certains produits phytosanitaire, ou éventuellement par les deux condamnations de la France par le Tribunal européen pour avoir manqué à ses obligations en matière de qualité de l'eau. De nombreux autres produits sont en discussion, tel l'arsénite de soude (produit cancérigène très utilisé en viticulture). Le programme européen global de réforme écologique de l'agriculture prévoit d'interdire d'ici 2008 près de 400 produits jugés dangereux pour la santé de l'homme qui avaient été cependant agréés par la directive de 1991. [1]

Le Gaucho

Un exemple de cas très débattu au début du XXIe siècle est celui du Gaucho, accusé par les apiculteurs d'être à l'origine de la diminution importante de certaines populations insectes (abeille). Voir l'article sur le Gaucho pour plus d'information.

Le DDT

Voir DDT.

Normes et qualité

Les produits apparaissant sur le marché au début du XXI siècle sont moins persistants que leurs prédécesseurs, et sont utilisés à des doses parfois très faibles (0,6 mg de matière active/m² pour une sulfonylurée utilisée pour le désherbage du blé).

En Europe, la qualité des eaux destinées à la consommation humaine autorise une concentration maximale de produits phytosanitaires (insecticides, fongicides, herbicides) de 0,1 microgramme/l par substance ou de 0,5 microgrammes/l pour toutes substances (directive européenne 80/778/CEE, décret du 3 janvier 1989).

Voir aussi


C'est un article concernant le Produit phytosanitaire. La page contient la signification du Produit phytosanitaire , Description et explication au sujet de Produit phytosanitaire

recherche quelque chose