Pornographie Article, Signification, Explication
Le mot pornographie (du grec ÏÎżÏÎœÎżÎłÏαÏÎčα, pornographia) a dĂ©signĂ© au XIXĂšme les Ă©tudes qui concernent la prostitution (de pornĂš, courtisane, et graphein, Ă©crire). Mais de par son Ă©tymologie il signifie Ă©galement la reprĂ©sentation explicite de l'acte sexuel par divers moyens techniques et artistiques, reprĂ©sentation le plus souvent diffusĂ©e auprĂšs d'un public dont elle est destinĂ©e Ă provoquer l'excitation sexuelle (la pornographie se rapproche Ă©galement en ce sens de la prostitution, mot d'origine latine qui signifie d'ailleurs : exposer au public). Difficile Ă dĂ©finir, elle a suscitĂ© cette phrase devenue cĂ©lĂšbre d'un juge Ă©tatsunien : « Je ne sais pas dĂ©finir ce qu'est la pornographie, mais je sais la reconnaĂźtre lorsque j'en vois ». On dit parfois aussi que la pornographie, c'est l'Ă©rotisme des autres.
Un grand nombre d'Ătats rĂšglementent strictement la libertĂ© de publication des Ćuvres pornographiques : Ăąge minimum d'accĂšs requis, limitation des lieux d'accĂšs, limitation des choses reprĂ©sentables (par exemple, en France, un viol ne peut apparaĂźtre dans l'intrigue d'un film classĂ© X ).
De nos jours, la diffusion croissante de la pornographie et la surrenchĂšre des moyens employĂ©s pour reprĂ©senter l'acte sexuel sous tous ses aspects sont souvent accusĂ©es d'ĂȘtre responsable de nombreux troubles de comportement dans la sociĂ©tĂ© (aggressions sexuelles, devalorisation des femmes, imposition de pratiques sexuelles dĂ©gradantes, etc.). Cette responsabilitĂ© a bien Ă©tĂ© Ă©tablie, mais indirectement dans la mesure oĂč la consommation de pornographie incite des personnes dĂ©jĂ violentes Ă passer Ă l'acte. Quant Ă la dĂ©gradation de la femme, le tĂ©moignage d'actrices et le visionnement des films habituels ou d'une extrĂȘme violence, suffisent au moins Ă montrer que la femme n'y est mĂȘme pas considĂ©rĂ©e comme un animal. Cette image dĂ©gradante, sans ĂȘtre la cause unique des violences sexuelles, est un facteur incitatif avĂ©rĂ©.
La représentation d'actes sexuelles a une origine trÚs ancienne et des fonctions trÚs diverses.
A Rome, elle est réservée à l'intérieur des lupanars, pour faire patienter les clients.
« Lâindustrie de la pornographie contemporaine a pris son essor au dĂ©but des annĂ©es cinquante, avec la crĂ©ation de Playboy (1953) » (Richard Poulin). Les Ă©tudes sur ce sujet restent assez rares aujourd'hui. En 2002, on estime que le chiffre d'affaires de l'industrie pornographique s'Ă©levait Ă 50 milliards d'euro.
Certains rĂ©seaux de particulier Ă particulier (P2P) sont accusĂ©s de favoriser la diffusion de contenu pornographique impliquant des mineurs. Une enquĂȘte du General Accounting Office a ainsi montrĂ© le lien entre rĂ©seaux d'Ă©change de fichiers et la pornographie juvĂ©nile. Le vice-prĂ©sident directeur de Sharman Networks, propriĂ©taire de Kazaa, Alan Morris, a niĂ© cette accusation devant un comitĂ© sĂ©natorial amĂ©ricain (septembre 2003).
Ainsi, de difficiles probĂšmes se posent Ă propos de la diffusion de pornographie sur internet :
Il faut remarquer que le chiffrage de la pornographie sur internet n'a rien d'Ă©vident pour diverses raisons ; les chiffres donnĂ©s ici le sont avec leur source, mais doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s avec une certaine prudence.
Article 227-24 du Code pĂ©nal : « le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message Ă caractĂšre violent ou pornographique ou de nature Ă porter gravement atteinte Ă la dignitĂ© humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'ĂȘtre vu ou perçu par un mineur. »
«Nous assistons Ă une inflation iconique, marquĂ©e par une sexualitĂ© exhibitionniste, agressive, hyperrĂ©aliste et frĂ©nĂ©tique, ponctuĂ©e dâactes sexuels de plus en plus extrĂȘmes : gang bang, double et triple pĂ©nĂ©tration, zoophilie, bukkake, ondinisme, fisting, etc. Selon le hardeur et producteur de pornographie, la simple pĂ©nĂ©tration vaginale ne suffit plus pour exciter les consommateurs.»
(50 ans aprĂšs la naissance de Playboy - La tyrannie du nouvel ordre sexuel Richard Poulin)
Des anciennes actrices de ce milieu ont tĂ©moignĂ© de certaines pratiques extrĂȘmes. RaffaĂ«la Anderson raconte :
« Je considĂšre ces scĂšnes [de double et de triple pĂ©nĂ©tration] comme du vrai hard [...] D'autres filles ont eu pire. Ă commencer par la double pĂ©nĂ©tration vaginale, la double pĂ©nĂ©tration anale, puis les deux en mĂȘme temps. Imaginez 4 types, nord-sud, est-ouest, et la fille en levrette, pouvant Ă peine respirer, en gros plan pendant deux minutes, le minimum exigĂ© [...] J'ai vu ces filles [de l'Europe de l'Est] souffrir et pleurer [...] Prenez une fille sans expĂ©rience, ne parlant pas la langue, loin de chez elle, dormant Ă l'hĂŽtel ou sur le tournage. Faites-lui faire une double pĂ©nĂ©tration, un fist vaginal, agrĂ©mentĂ© d'un fist anal, parfois les deux en mĂȘme temps, une main dans le cul, parfois deux. Tu rĂ©coltes une fille en larmes, qui pisse le sang Ă cause des lĂ©sions, et qui gĂ©nĂ©ralement se chie dessus parce que personne ne lui explique qu'il faut faire un lavement. De toute façon, c'est pas grave, la merde fait vendre. [...] »
« Tournage X. Une petite blonde assez mince se fait sodomiser sans ménagement par un mec puis par un autre puis par un troisiÚme. Ils font la queue sans état d'ùme, bite à la main. Les larmes font couler le maquillage. Difficile de confondre les cris avec des cris de plaisir. Entre le 2e et le 3e type, qui la secoue comme un sac, elle chancelle et ses yeux virent au blanc. Plan coupé. Séquence suivante, nouvelle enculade, avec en plus 3 mains plongées dans son vagin, la fouillant sans ménagement. Quand son partenaire se retire, elle manque tomber. Une main la redresse par l'épaule et lui plaque le visage sur une bite. Elle doit sucer, tout avaler. » (Richard Poulin, professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa, La Mondialisation des industries du sexe)
Selon ce sociologue : « les gens sont prĂȘts Ă prendre le risque de tomber aux mains de trafiquants pour amĂ©liorer leur vie, et de lâautre, il y a une tendance chez les pays industriels Ă employer de la main-dâĆuvre bon marchĂ©e, non dĂ©clarĂ©e, et dâexploiter sexuellement les femmes et les enfants dans lâindustrie de la prostitution et de la pornographie. »
Quelques livres rĂ©cents ont abordĂ© l'escalade du porno dans la violence ; par exemple Guyenot parle dâun nihilisme pornographique. Ce nihilisme se traduirait par une dĂ©valuation des valeurs que nous confĂ©rons habituellement Ă tout ĂȘtre humain, mais cette dĂ©valuation touche essentiellement les femmes :
« La chosification et la dĂ©shumanisation du corps fĂ©minin [propres Ă lâesthĂ©tique porno] ont pour effet de confĂ©rer aux hommes une supĂ©rioritĂ©... humaine sur les femmes ravalĂ©es Ă lâanimalitĂ©. » (Richard Poulin)
Quelques chiffres - à prendre avec précaution, le sujet étant aujourd'hui encore trÚs mal connu :
« La pĂ©dopornographie est presque toujours l'enregistrement d'un crime en train d'ĂȘtre commis. Les enfants que l'on voit sur ces photos ont Ă©tĂ©, au moment oĂč elles ont Ă©tĂ© prises, exposĂ©s Ă des actes dĂ©gradants et humiliants de caractĂšre criminel. Sur certaines de ces images, ils sont battus ou brĂ»lĂ©s ou sont exposĂ©s aux pires actes de dĂ©pravation sexuelle. Ils font l'objet d'une manipulation psychologiquement Ă©prouvante pour les amener Ă poser de façon obscĂšne avec d'autres personnes, y compris d'autres enfants. Aucune image pornographique d'un enfant n'a Ă©tĂ© produite sans que l'enfant souffre » (selon un document du deuxiĂšme CongrĂšs mondial contre l'exploitation des enfants Ă des fins commerciales, Ă Yokohama)
Des cas rĂ©cents de V.I.H. dans le milieu de l'industrie pornographique rĂ©vĂšlent les conditions de travail des acteurs et actrices. Les actrices des pays de lâEst et dâAmĂ©rique Latine ne sont pas informĂ©es des risques de contaminations alors quâelles pratiquent des rapports risquĂ©s (sodomie et partenaire multiple). Mais Les producteurs exercent souvent une pression pour tourner leur film sans aucun protection au prĂ©texte de rĂ©pondre Ă une demande des spectateurs.
Un adolescent européen voit en moyenne 14 000 références sexuelles par an à la télévision, parmi lesquelles 165 seulement sur la contraception et les risques de MTS.
Aucune Ă©tude n'a dĂ©montrĂ© que la pornographie Ă©tait la cause unique de violences sexuelles ; en revanche, il est dĂ©montrĂ© qu'elle incite des hommes dĂ©jĂ disposĂ©s Ă la violence et qu'elle a dans ce cadre une influence dĂ©terminante. Par exemple, 32 pour cent de femmes violĂ©es enregistrĂ©s par la police ont Ă©tĂ© contraintes par leurs violeurs de prendre des positions inspirĂ©es de films pornographiques (enquĂȘte de Bergen et de Bogle (2000)).
Selon une étude de Cramer, McFarlane, Parker, Soeken, Silva et Reel, 40,9 pour cent des femmes rapportent une consommation pornographique de leur agresseur : ces femmes ont été contraintes à visionner des scÚnes ou à poser pour des scÚnes à caractÚre pornographique.
La pornographie n'est pas sans conséquences étude du Centre-Femmes de Beauce, a montré que 13 pour de cent de femmes ont subi des pressions de la part de leur conjoint pour accomplir des actes en rapport avec la pornographie. En particulier, la sodomie.
77 pour cent des pédophiles ayant aggressé des petits garçons et 87 pour cent de ceux qui ont aggressé des petites filles ont avoué l'action déterminante de la littérature pornographique dans leurs pensées et leurs comportements.
En rĂ©sumĂ©, s'il n'y pas d'accord des sociologues et des psychologues pour dire que la consommation de pornographie est une cause en elle-mĂȘme de trouble du comportement, il est possible d'affirmer qu'elle y participe, et qu'elle est tout autant une cause parfois dĂ©clenchante, qu'un effet de troubles de la sexualitĂ© dĂ©jĂ prĂ©sents et qui expriment les difficultĂ©s de notre civilisation Ă Ă©duquer les pulsions humaines. On peut donc renverser la perspective, et dire que la surrenchĂšre pornographique de ces derniĂšres dĂ©cennies, et les crimes qui l'accompagnent parfois, est plutĂŽt le rĂ©sultat que la cause des problĂšmes que rencontrent les sociĂ©tĂ©s occidentales.
« Les théories les plus élémentaires sur l'apprentissage et le conditionnement montrent que plus on entretient une appétence au niveau du fantasme, plus elle est forte. » (docteur Michel Dubec, expert prÚs la Cour d'appel de Paris)
Le conditionnement pornographique entraßne ainsi une dépendance qui envahit la personnalité. D'une maniÚre générale, elle fait partir de ce que l'on nomme dépendance sexuelle :
« La dépendance sexuelle existe quand une personne pratique une activité sexuelle au point d'affecter négativement sa capacité à composer avec les autres aspects de la vie, devenant impliquée dans d'autres relations - soit vraies ou à travers les fantasmes - et devenant dépendant des expériences sexuelles comme source premiÚre de contentement ... sans regard aux conséquences sur sa santé, sa famille et / ou sa carriÚre.» (Dr. Harry Schaumburg)
Des études psychiatriques ont révélé chez des personnes dépendantes que leur consommation de films ou d'images à caractÚre pornographiques excitait une forte sexualisation de leurs rapports humains. Comme vu plus haut, cette hyperexcitation favorise le passage à l'acte, de la demande à un partenaire de pratiquer certains actes vus dans des films ou des magazines, à la contrainte, par exemple d'un homme sur sa partenaire ou sa femme, ou contre n'importe quelle femme, et dans certains cas, sur ses propres enfants.
Les dĂ©tracteurs de la pornographie lui reproche de nier la subjectivitĂ© humaine, de dĂ©truire les relations sentimales Ă l'autre en en faisant l'instrument d'un plaisir insatiable. Ce caractĂšre insatiable du dĂ©sir mis en scĂšne, dans la surenchĂšre des signes de la jouissance (hurlements orgasmiques, frĂ©nĂ©sie des pulsions, multiplication presque sans limites des partenaires, rĂ©duction de l'ĂȘtre humain Ă la seule pulsion sexuelle) marqueraient paradoxalement l'absence totale du dĂ©sir : en effet, dĂ©sirer, c'est dĂ©sirer quelqu'un ; l'Ă©limination de la dignitĂ© d'autrui, par des pratiques de domination (les femmes Ă©tant le plus souvent les victimes), anĂ©antit le corps en le transformant en viande Ă consommer, et c'est ce corps que l'on Ă©tait censĂ© dĂ©sirer. La pornographie utilise ainsi de nombreux moyens pour faire voir des ĂȘtres jouissants, mais ne montre finalement que des ĂȘtres extĂ©nuĂ©s, d'oĂč tout dĂ©sir est absent, mis Ă part peut-ĂȘtre le dĂ©sir de dominer et d'humiler, d'anĂ©antir la dignitĂ© du partenaire sexuel. On ne peut donc croire que la pornographie participe de la libĂ©ration sexuelle, puisqu'elle en est justement le contraire. (Voir, par exemple, Michela Marzano, Le Pornographie, ou l'Ă©puisement du dĂ©sir)
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La pornographie dans l'art
Littérature
Peinture
Pornographie et mass-médias
Télévision
Les magazines
Internet
, actrice de films pornographiques]]
L'arrivĂ©e de l'Internet a fait exploser le marchĂ© de la pornographie. La diffusion de multimĂ©dia y est plus facile et touche un public plus large, dĂ©mocratisant en quelque sorte le commerce du sexe. Des sites peuvent ĂȘtre consacrĂ©s Ă des acteurs ou actrices de films pornographiques, ce qui permet de fidĂ©liser une clientĂšle. Mais l'Internet a vu aussi le dĂ©veloppement de la pornographie faite par des amateurs.Quelques chiffres
La loi en France
Pornographie et violences sexuelles aujourd'hui
Exploitation des femmes
Ovidie, qui se qualifie de travailleuse du sexe, admet que « parfois, il y a des choses qui sont trĂšs violentes et qui laissent des marques ». Elle dit « ĂȘtre sexuellement attirĂ©e par les images fortes, de puissance. Par la violence guerriĂšre presque sublime [...] Dans l'esthĂ©tique nazie, il y avait une dimension sexuelle indĂ©niable ». (Entretien d'Ovidie avec Marzano, 2003)Exploitation des enfants
D'aprĂšs la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l'Organisation contre l'exploitation sexuelle des enfants, Katrin Hartmann, il existe dans les Ătats de l'ex-Union soviĂ©tique des organisations mafieuses qui font commerce de l'exploitation pornographique des enfants.Industrie pornographique et SIDA
Les effets de la pornographie
Incitation Ă la violence
Dépendance pornographique
Différentes analyses de la pornographie
Différentes catégories
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Sujets connexes
Pornographie et littérature
Citations
Bibliographie
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