article sur le Photodiode, Explication sur le Photodiode

Photodiode Article, Signification, Explication

    

Une photodiode est un composant semiconducteur capable de détecter un rayonnement en absorbant un signal optique et en le transformant en signal électrique. Elle appartient à la famille des photorécepteurs actifs car elle nécessite d'être polarisée en inverse par une alimentation externe. On repère 3 régions distinctes : une zone de charge d'espace (ZCE) et deux régions neutres de type N et P. Ce composant relève de l'optoélectronique électro-luminescent.

Table of contents
1 Fonctionnement
2 Caractéristiques électriques
3 Optimisation
4 Cas des phototransistors

Fonctionnement

Quand un semiconducteur est exposé à un flux lumineux, les photons sont absorbés à condition que l’énergie du photon (Eph) soit supérieure à la largeur de la bande interdite (Eg). Ceci correspond à l’énergie nécessaire à l’électron pour se libérer de la barrière de potentiel qui le maintient dans le solide. L’existence de la bande interdite entraîne l’existence d’un seuil d’absorption tel que . Lors de l’absorption d’un photon, deux phénomènes peuvent se produire :

Lorsque les photons pénètrent dans le semiconducteur munis d’une énergie suffisante, ils peuvent créer des photoporteurs en excès dans le matériau. On observe alors une augmentation du courant. Deux mécanismes interviennent simultanément :
  • Il y a crĂ©ation de porteurs minoritaires, c'est-Ă -dire des Ă©lectrons dans la rĂ©gion P et des trous dans la rĂ©gion N. Ceux-ci sont susceptibles d’atteindre la ZCE par diffusion et d’être ensuite propulsĂ©s vers des zones oĂą ils sont majoritaires. En effet, une fois dans la ZCE, la polarisation Ă©tant inverse, on favorise le passage des minoritaires vers leur zone de prĂ©dilection. Ces porteurs contribuent ainsi Ă  crĂ©er le courant de diffusion.
  • Il y a gĂ©nĂ©ration de paires Ă©lectron trou dans la ZCE, qui se dissocient sous l’action du champ Ă©lectrique ; l’électron rejoignant la zone N, le trou la zone P. Ce courant s’appelle le courant de transit ou photocourant de gĂ©nĂ©ration.
Ces deux contributions s’ajoutent pour créer le photocourant Iph qui s’additionne au courant inverse de la jonction. L’expression du courant traversant la jonction est alors :

Caractéristiques électriques

Une photodiode peut être représentée par une source de courant Iph (dépendant de l’éclairement), en parallèle avec la capacité de jonction Cj et une résistance de shunt Rsh d'une valeur élevée (caractérisant la fuite de courant), l'ensemble étant en série avec une résistance interne Rs :

  • RĂ©sistance de shunt : la rĂ©sistance de shunt d'une photodiode idĂ©ale est infinie. En rĂ©alitĂ© cette rĂ©sistance est comprise entre 100 kΩ et 1 GΩ selon la qualitĂ© de la photodiode. Cette rĂ©sistance est utilisĂ©e pour calculer le courant de fuite (ou bruit) en mode photovoltaĂŻque, c'est-Ă -dire sans polarisation de la photodiode.
  • CapacitĂ© de jonction : cette capacitĂ© est due Ă  la zone de charge ; elle est inversement proportionnelle Ă  la largeur de charge d'espace (W) : . OĂą A est la surface de coupe de la photodiode. W est proportionnel Ă  la polarisation inverse et la capacitĂ© diminue si la polarisation augmente. Cette capacitĂ© oscille autour de 100 pF pour les faibles polarisations Ă  quelques dizaines de pF pour les polarisations Ă©levĂ©es.
  • RĂ©sistance interne : cette rĂ©sistance est essentiellement due Ă  la rĂ©sistance du substrat et aux rĂ©sistances de contact. Rs peut varier entre 10 et 500Ω selon la surface de la photodiode.

Autres caractéristiques :
  • Temps de rĂ©ponse : il est habituellement dĂ©fini comme le temps nĂ©cessaire pour atteindre 90% du courant final dans la photodiode. Ce temps dĂ©pend de 3 facteurs :
    • ttransit : temps que parcours les porteurs dans la zone de charge d'espace.
    • tdiffusion : temps que parcours les porteurs dans les rĂ©gions neutres.
    • la constante de temps tĎ„ : constante de temps du du schĂ©ma Ă©quivalent (de rĂ©sistance RS + RC et de capacitĂ© Cj + CÎł) : . Ainsi la constante de temps est Ă©gale Ă  : . Mais chaque temps est difficile Ă  dĂ©terminer ; seul le temps global est pris en compte. En gĂ©nĂ©ral le temps de diffusion est plus lent que le temps de transit.
  • PhotosensibilitĂ© : elle est dĂ©finie par et dĂ©termine les conditions d’utilisation (200nA/Lux pour les photodiodes Ă  germanium (Ge), 10nA/Lux pour les photodiodes Ă  silicium (Si)). Les photodiodes Ge prĂ©sentent une photosensibilitĂ© plus importante mais leur courant d’obscuritĂ© est notable I0 = 10 uA. Il est donc prĂ©fĂ©rable d’utiliser des photodiodes Si (I0 = 10 pA) pour la dĂ©tection des Ă©clairements faibles.
  • Rendement de capture : c’est le rapport du nombre de charges Ă©lĂ©mentaires traversant la jonction sur le nombre de photons incidents. Ce rendement dĂ©pend de la longueur d’onde du rayonnement et des paramètres de construction du composant. Il va dĂ©finir le domaine spectral d’utilisation du dĂ©tecteur.

Optimisation

Pour avoir une meilleure efficacité quantique, la majorité des photoporteurs devront être créés dans la ZCE, où le taux de recombinaison est faible. On y gagne ainsi au niveau du temps de réponse de la photodiode. Pour réaliser cette condition, la photodiode devra avoir une zone frontale aussi mince que possible. Cette condition limite cependant la quantité de rayonnement absorbée. Il s’agit donc de faire un compromis entre la quantité de rayonnement absorbée et le temps de réponse de la photodiode : généralement . W étant la largeur de la ZCE et α, le coefficient d’absorption.

Nous venons de voir l’intérêt d’avoir une zone de charge d’espace suffisamment grande pour que le photocourant soit essentiellement créé dans cette zone et suffisamment mince pour que le temps de transit ne soit pas trop important. On peut toutefois augmenter artificiellement en intercalant une région intrinsèque I entre les régions de type N et de type P. Ceci conduit à un autre type de photodiode : les photodiodes PIN. Si la polarisation inverse de la structure est suffisante, un champ électrique important existe dans toute la zone intrinsèque et les photoporteurs atteignent très vite leur vitesse limite. On obtient ainsi des photodiodes très rapides. De plus, le champ électrique dans la région de déplétion (la ZCE) empêche la recombinaison des porteurs, ce qui rend la photodiode très sensible.

Cas des phototransistors

Un phototransistor est un transistor bipolaire dont la base est accessible au rayonnement lumineux ; la base est alors dite flottante puisqu’elle est dépourvue de connexion. Lorsque la base n’est pas éclairée, le transistor est parcouru par le courant de fuite ICE0. L’éclairement de la base conduit à un photocourant Iph que l’on peut nommer courant de commande du transistor. Celui-ci apparaît dans la jonction collecteur-base sous la forme : .

Le courant d’éclairement du phototransistor est donc le photocourant de la photodiode collecteur-base multiplié par le gain β du transistor. Sa photosensibilité est donc nettement plus élevée que celle d’une photodiode (de 100 à 400 fois plus). Par contre le courant d’obscurité est plus important.

On observe une autre différence entre phototransistor et photodiode : la base du phototransistor est plus épaisse, ce qui entraîne une constante de temps plus importante, et donc une fréquence de coupure plus basse que celle des photodiodes. On peut éventuellement augmenter la fréquence de coupure en diminuant la photosensibilité en connectant la base à l’émetteur.

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