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Origines de l'islam Article, Signification, Explication

Contexte d'apparition de l'islam

Le prophète

Mahomet est né à La Mecque entre 567 et 572, il appartient à une tribu puissante des Qurayshites. Très tôt orphelin, il est élevé par son oncle. À 25 ans il rentre au service d'une veuve qu'il va épouser : Khadija, plus âgée, va le soutenir dans sa vocation religieuse et ses épreuves.

À l'époque la religion de l' Arabie est un culte polythéiste dont le centre était, à La Mecque, la structure de la Ka'aba. Cette structure est un édifice religieux cubique contenant une pierre noire d'origine céleste autours de laquelle se déroulent des rituels. Le seigneur de cette Ka'aba était Allah, mais autour de lui il y avait trois déesses bien plus importantes que lui dans les cultes: Manat, déesse du destin, Allat, déesse de la féminité et Uzza, déesse de la puissance. Ces trois déesses très populaires sont les filles de Allah. Mahomet qui prêche une religion monothéiste dont Allah est le seul Dieu, va les intégrer comme intermédiaires d'Allah. Mahomet devient un commerçant aisé après avoir épousé Khadija. Sa révélation est précédée de long périodes de retraites, une expérience proche de celles des mystiques. Il est impressionné par les idées et les pratiques des communautés chrétiennes et juives, ce qui explique une très grande influence des pratiques hébraïques.

Lors d'une retraite dans une grotte, il a des visions puis des révélations auditives considérées par le Coran comme d'origine divine. L'ange Gabriel tient un livre et lui ordonne de réciter. (Coran : « réciter » en arabe.) Il refuse, mais l'ange insiste: « Récite au nom de ton seigneur qui a crée… » Après avoir hésité, Mahomet récite enfin. Il n'est donc que l'intermédiaire des paroles de Dieu : « la dictée », qui revient régulièrement quand il est pris de fièvres.

Pour les plus aisés, reconnaître la supériorité de Mahomet, c'est reconnaître sa supériorité religieuse et politique, car il n'y a pas de séparation. Au début, il ne rallie que des déshérités ou très jeunes. Cette religion insiste sur l'individu et l'égalité de tous devant Dieu, elle permet donc à ces premier fidèles de sortir de leur carcan social.

De plus, sans miracles il n'y a aucune preuve que Mahomet est l'envoyé d'Allah, il a donc peu de poids social. Le prophète, entouré d'une petite communauté décide de s'exiler à Médine où il a eu certains contacts et considère que sa communauté y sera plus en sécurité (il y a des communautés chrétiennes et juives). Ils ne sont considérés que comme des étrangers (ils n'ont pas d'intérêts politiques comme à la Mecque). En 622 c'est la date de l'Hégire, c'est-à-dire l'an 1 du calendrier musulman, quand le dernier groupe quitte la Mecque.

L'hégire et la constitution d'une société théocratique

La structure théologique de l'Islam a pris forme lors du départ du prophète pour Médine. C'est là qu'il fixe les règles du culte.

En temps que chef religieux et politique, Mahomet doit y gérer une communauté d'émigrés de la Mecque puis de convertis de Médine. Très vite, l'islam devient donc à la fois une croyance et une gestion humaine. Originaires d'une ville riche parfois issus de clans prestigieux, les émigrés sont pauvres mais ont une place à part en tant que premiers compagnons du prophète. Les convertis ont un statut différent et Mahomet doit gérer ses différences. Il va faire fusionner ces deux groupes en une seule communauté, sans faire de distinction entre eux.

La communauté se structure autour des seules valeurs religieuse, sans référence aux clans ni tribus. Le seul lien est le lien religieux et individuel, selon les principes d'équité, d'égalité, et de justice sociale. S'il n'y a pas de mise en place d'un État pour autant, la communauté se structure autour de l'Umma : la mère qui s'oppose aux clans. Elle met en place droits et des devoirs des autres peuples non-musulmans.

Le rejet de la communauté juive déçoit Mahomet. Il s'était largement influencé de leurs pratiques: la prière en direction de Jérusalem, la pratique du jeûne, la référence au Yom Kippour, l'interdiction de manger de porc… et il espérait que les Juifs le reconnaissent comme prophète. Au contraire ceux-ci se montrent hostiles et cherchent à montrer ses erreurs dans la connaissance de l'ancien testament et des problèmes politiques. En 624 une révélation entérine cette rupture : les musulmans doivent se tourner vers la Mecque pour prier. Mahomet déclare que la Ka'aba a été bâtie par Abraham et par son fils Ismaël alors que pour les juifs prettent surtout attention à son autre fils, Isaac. Le prophète se positionne donc dans la continuité du monde arabe, et se détache du christianisme et du judaïsme. Il oblige la communauté à quitter Médine et celle ci entreprend la razzia sur les commerçants mecquois. En 628 le prophète parvient à signer une trêve avec les mecquois et il peut rentrer à la Mecque pour le pèlerinage. L'année suivante voit le retour triomphe de l'islam à la Mecque, les conversions y sont plus nombreuses et plus rapides. En 630 Mahomet suspend la trêve et occupe la Mecque, il y détruit les idoles de la Ka'aba. Il repart vers Médine et meurt en 632.

Fait exceptionnel dans l'histoire des religions, la mise en place d'une communauté viable aura donc pris moins de vingt ans.

Succession de Mohamed

Les trente années qui suivent la mort de Mahomet sont déterminantes, car le problème sa succession provoque de profondes divisions. Il n'avait pas d'enfant mâle et de son vivant, il n'était que l'intermédiaire de Dieu. De plus, il ne lègue aucun texte en dehors des révélations et en tout cas aucune consigne en ce concerne sa succession.

Médinois et Mecquois arrivent à se mettre d'accord sur Abu Bakr. Ali qui avait épousé la fille du prophète, père de Hassan et Hussein, est écarté de la succession. Abu Bakr réussit à triompher des résistances des partisans d'Ali et réalise l'unité dans la péninsule, il est azlors reconnu et légitimé comme calife (Khalife : successeur). En signe de soumission, il force les tribus conquises à payer un impôt religieux: le Zakat. Il meurt en 634, mais avait désigné lui-même son successeur après consultation : Omar est khalife jusqu'en 644.

Celui-ci continue la conquête et joue un rôle dans l'organisation politique par l'institution du diwan (le bureau où les combattants musulmans sont inscrits et rémunérés). Il est assassiné par un chrétien, mais avait prévu que son successeur devait être choisi par un groupe de 6 personnes. La désignation d'Othman est cependant contestée car elle représente une victoire de l'aristocratie mecquoise, la plus opposée au début à l'islam. De plus, il s'avère un piètre chef politique, en retrouvant les habitudes traditionnelles d'Arabie par le népotisme : il attribue des postes importants à son clan et prépare ainsi la conquête du pouvoir par la famille omeyyade.

Alors que le Coran se transmettait jusqu'ici par par tradition orale, le texte est figé sous Othman, pour avoir prise une politique sur le texte. De plus, le Coran est le seul texte arabe à être vocalisé, c'est-à-dire à marquer les voyelles, ce qui enlève toute possibilité d'interprétation. Certains accusent le calife d'avoir fait un texte incomplet, et le clan d'Ali profite de cette contestation pour gagner en influence. En 656 Othman est assassiné.

Le jour même, Ali est désigné calife. Il apparaît rapidement comme l'instigateur du crime, voir le coupable. Le chef du clan des Omeyyades, Mo'awiya, demande la punition des coupables, ce qu'Ali refuse. Ali se révèle lui aussi un piètre chef politique : il manque de finesse et de caractère. Commence alors une lutte entre les partisans d'Ali et les Omeyyade.

La bataille de Siffin de 657 marque l'apogée de cette guerre civile. Les partisans de Mo'awiya empalent des Corans pour montrer que le résultat ne devrait pas être un résultat humain, mais que seul Dieu peut décider du vainqueur de la bataille.

Alors qu'il allait gagner par les armes, Ali accepte d'abandonner ses prérogatives de calife pendant un an, en attendant l'arbitrage divin. L'arbitrage aboutit à la responsabilité d'Ali dans les troubles, mais Mo'awiya n'est pas déclaré calife.

Il se comporte comme tel quand il apprend que Ali est déclaré coupable. En 660 il est proclamé calife par ses fidèles à Jérusalem et Ali est assassiné. La guerre entre les deux faction est la fitna, la mésentente : un traumatisme religieux majeur qui a mis fin à l'unité de la communauté. Mo'awiya devient le premier calife omeyyade. Il suit des règles différentes : la fonction devient héréditaire et la capitale devient Damas.

Le message de la révélation

Les dogmes

Dieu unique créateur. C'est lui qui permet à l'homme de s'exprimer et enseigne à l'homme le Coran. Dieu bon et puissant, miséricordieux. La religion insiste sur le jugement dernier où l'homme est seul face à Dieu. Jugement de l'individu dans une société tribale. Thème de la résurrection des corps, pas des âmes comme dans le christianisme. Il y a l'Enfer où les mécréants seront torturées, et le Paradis où il y a des vierges crées par Allah, donc pas de culpabilité par rapport au corps. Dieu est omniscient est tout-puissant. L'homme est faible parce qu'il n'est qu'une créature, pas à cause du péché. Tous les actes de l'homme sont effectués grâce à Dieu. Mais l'homme doué de raison et responsable = paradoxe. Dieu unique mais il existe 3 déesses. L'unicité est réaffirmée contre le paganisme des tribus et aussi contre la doctrine chrétienne (Trinité : forme de polythéisme). Absolue transcendance de Dieu. Descente de la parole de Dieu vers l'homme : révélation. L'homme est dans une absolue soumission de Dieu. Islam signifie soumission à la volonté de Dieu. Toute vérité vient de Dieu et ce qui ne vient pas de Dieu est illusion. Donc, l'homme qui se laisse guider par ses désirs est guidé par l'illusion. Dieu miséricordieux donc pardonne à ceux qui reconnaissent leur faute et se repentissent. Dieu ne s'est pas fait homme (comme dans le christianisme) donc absolue transcendance. Le Coran n'a été rédigé que sous le 3e calife, entre 644 et 646. Il comprend 114 sourates, divisées en versets. Les différentes révélations sont classées par ordre de grandeur décroissant(sauf la 1re), pas ordre chronologique. Classement quasi inverse à l'ordre chrono. Les sourates mécquoises : courtes, comme des poèmes. Les sourates médinoises : + solennelles, juridiques et + longues. Cela s'explique par le fait qu'à Médine, le prophète devait organiser la gestion temporelle pour la communauté. Le Coran est incréé : ce n'est pas une production humaine, mais c'est la parole de Dieu, d'où l'importance de la langue arabe, même si les musulmans ne sont pas arabes. L'arabe est la langue de Dieu, car les révélations étaient en arabe. Coran : beauté littéraire et charge émotive. Il indique les dogmes, ce que l'on doit croire et aussi ce qu'il est tenu de faire. Pas seulement les cultes, mais aussi les pratiques de la vie individuelle et de la vie collective. Mahomet voulait convaincre de ne vénérer qu'un seul Dieu, avant même de créer une religion. Premier dogme : unicité de Dieu. Deuxième dogme : croire au prophète et aux livres. Le Coran n'est qu'une confirmation de ces écritures. Les juifs et les chrétiens se sont éloignés des révélations. Le Coran veut revenir aux sources. Tous les personnages bibliques sont donc invoqués dans le Coran. Islam : foi commune aux 3 religions monothéistes. C'est la restauration de cette foi, vérité unique. Le Coran dénonce les divisions qui opposent juifs et chrétiens, et leur refus de la dernière révélation de Mahomet. Pour les chrétiens, il est difficile d'admettre que Dieu soit dans un rapport de transcendance écrasante, que Dieu soit volonté pure, sans incarnation en homme. Pour les juifs, ressemblances fortes mais l'islam admet la prophétie de Jésus, et Israël est un peuple parmi d'autres, sans spécificité. Donc, malgré la volonté de se situer dans une continuité de la révélation, il y a eu création d'une 3e religion. Troisième dogme : pas besoin d'un intermédiaire entre l'homme et Dieu. Pas besoin de clergé, car pas de sacrement à donner, ni sacerdoce. 5 obligations : 1. profession de foi. Pour se convertir, il faut prononcer la 1re sourate. 2. prière précédée d'ablution, 5 fois par jour, en direction de la Mecque. On recommande de prier en commun, mais pas obligé, sauf le vendredi. 3. le jeûne pour tous les pubères. 4. Le pèlerinage à la Mecque. Celui qui en a la force et les moyens, au moins une fois dans sa vie. 5. la zakkat : l'aumône de solidarité prise aux riches et répartie entre les pauvres. Ce sont les 5 seules obligations, mais d'autres ont été intégrées par la culture.

La législation islamique : la Shari'a

La Shari'a : « la voie ». Ensemble des règles qui régit à la fois les aspects de la vie communautaire et de la vie individuelle des musulmans. Dieu est le seul législateur. Le prophète est la 1° autorité qui a élaboré une jurisprudence islamique, qui renvoie à des principes généraux et fondamentaux (Principes d'équité, d'égalité et de justice sociale), et à des principes concrets qui vont régir la vie individuelle (Mariage, répudiation, succession, alimentation, peines des délits, organisation judiciaire, guerre…). Ces dispositions ont été élaborée dans une période et une société qui n'a plus grand chose à voir avec aujourd'hui. Comment les appliquer ? Prendre les textes à la lettre ou insister sur les grands principes ? Aujourd'hui, vision + juridique et observation à la lettre. La loi entend régir la capacité des personnes. Les différences entre musulmans et non-musulmans, les différences entre les hommes libres et les esclaves, la femme est moins capable que l'homme, mais il y a égalité de droit de la propriété, reconnaissance de la famille, polygamie (jusqu'à 4 femmes, et si le mari est juste envers chacune), dot, droit à l'entretien de la femme mariée, droit de répudiation du mari sur sa femme… Les dispositions juridiques dans le Coran régissent le culte et la vie du croyant. La loi islamique doit être appliquée tant qu'elle ne va pas à l'encontre d'une tradition populaire très implantée. Exemple : loi interdit l'usure, mais elle est pratiquée dans un monde commerçant. Il existe d'autres sources, car les révélations du Coran se sont arrêtées avec la mort du prophète. Pour résoudre de nombreux problèmes :

  • Hadith : renvoie Ă  la vie du prophète. Docteurs en droit de l'islam relatent les faits et paroles de Mahomet, comme base Ă  des solutions lĂ©gislatives. Recueil des mĂ©moires de compagnons croyants du prophète, donc idĂ©alisĂ©s voire inventĂ©s. Renvoie Ă  des pratiques spĂ©cifiques au dĂ©but de l'islam.
  • Hadith et les coutumes forment la Sunna, c'est-Ă -dire la tradition, Ă  laquelle se rĂ©fĂ©rent les sunnites.
  • le consensus : autre source.
  • le raisonnement par analogie.

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