article sur le Objet volant non identifié, Explication sur le Objet volant non identifié

Objet volant non identifié Article, Signification, Explication

              

Le mot ovni est l'acronyme de « Objet Volant Non Identifié ». Il désigne un phénomène aérien observé ou prétendument observé par un ou plusieurs témoins, ou recueilli par différents types de capteurs (caméra vidéo, appareil photo, radar…) qui n'arrivent pas à l'identifier. L'acronyme anglais UFO (unidentified flying object) fourni la racine de ufologues, les personnes qui étudient ces phénomènes. L'interprétation des ovnis ne fait pas l'objet d'un consensus.

Stricto sensu, un ovni est un phénomène atmosphérique non identifié, c'est-à-dire se produisant dans le ciel (ou éventuellement laissant une trace sur le sol) et dont l'observateur n'a pas pu déterminer l'origine ; lorsque le phénomène peut être identifié, on parle alors d'OVI : Objet Volant Identifié. La problématique ne vient pas du phénomène lui-même mais de son interprétation, lorsque le mot « objet » est pris au sens matériel et que le phénomène est attribué à une origine extraterrestre.

Table of contents
1 Les différentes interprétations
2 Le phénomène ovni
3 Les enquêtes officielles
4 Discussion
5 Voir aussi

Les différentes interprétations

  • le modèle sociopsychologique ou HSP. Les tenants de ce modèle considèrent que toutes les observations peuvent être ramenées à des phénomènes prosaïques (méprises, illusions, hallucinations, faux souvenirs). Il s'agit actuellement du modèle dominant en science, et ce depuis le rapport Condon.
  • l'hypothèse extraterrestre ou HET explique les visions d'Ovni par des visites extraterrestres de la Terre.
  • l'hypothèse parapsychologique (voir parapsychologie). Les tenants de cette hypothèse considèrent que des entités vivraient dans la zone crépusculaire de la réalité, ou encore dans une réalité parallèle (comme la série télévisée classique de science-fiction The Twilight Zone - La Quatrième Dimension). De temps à autre, ces entités passeraient dans notre réalité, et seraient perçues par les humains réceptifs. Elles seraient perçues à travers le filtre de nos croyances et seraient vues comme des fées, des lutins, ou des démons.

L'ufologie vise à étudier les ovnis.

Le phénomène ovni

Le phénomène ovni débuta en 1947 avec la vision de Kenneth Arnold, pilote privé, qui vit des objets en forme de boomerang le 24 juin. Il décrivit les objets comme « se déplaçant comme des soucoupes qui ricochaient sur l'eau ». Les journaux ne retinre que le terme de soucoupe et rapidement, le terme utilisé pour décrire le mouvement devint aussi le terme pour décrire la forme de l'objet: « Soucoupes volantes » (flying saucers). Par la suite, les témoins ne virent plus des boomerangs comme ceux d'Arnold, mais bien des objets en forme de soucoupes.

Les enquêtes officielles

Les enquêtes américaines

Du 14 au 18 janvier 1953, suite à la vague d'observations d'ovnis sans précédent de l'été précédent, un comité secret du nom de "panel Robertson", réunissant des experts scientifiques (dont son président H. P. Robertson), de l'US Air Force de la CIA, se tient à l'initiative de cette dernière pour discuter du problème des ovnis. Ils examinent 8 cas parmi les plus significatifs, qu'ils ne considèrent pas concluants ou manquant de données, et font des recommandations pour que les canaux de communications du pays ne puissent plus être engorgés par des masses de signalements d'ovnis.

La commission Condon a été créée aux États-Unis d'Amérique en 1966 pour enquêter sur les témoignages signalant des Ovni; elle réunissait un large panel de scientifiques de renom. Elle a trouvé une explication à plus de 90 % des cas qui lui furent soumis, en ne faisant appel qu'à des phénomènes connus. Le Rapport Condon conclut que les quelques cas restants ne résultent pas d'un phénomène mystérieux mais résultent simplement d'un manque d'investigation. Certains courants extrêmistes de l'ufologie considèrent que le rapport Condon serait une tentative de manipulation de l'opinion publique par le gouvernement américain, comme pour le précédent de la commission Warren. Les tenants de l'HET considèrent que le faible pourcentage de cas non-expliqués du rapport va dans le sens de l'hypothèse extraterrestre.

Les enquêtes françaises

Notons par ailleurs que certains gouvernements s'intéressent au problème et répertorient les observations, réalisent des enquêtes, comme par exemple, en France, la constitution du Gepan (Groupement d'étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés, 1977) remplacé par le Sepra (Service d'Expertise des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques en 1988 devenu Service d'Expertise des Phénomènes Rares Aérospatiaux en 1999) au sein du Cnes (Centre national d'études spatiales). Le Sepra a été récemment dissout.

Le projet SETI

Depuis 1984, le programme Search for Extraterrestrial Intelligence (recherche d'intelligence extra-terrestre) analyse les ondes radio provenant de l'espace et tente d'identifier d'éventuels signes d'activité intelligente.

Discussion

L'absence de preuves

Un point essentiel du débat entre les ufologues et les sceptiques est l'absence de preuves. Une preuve de visites extraterrestres de la Terre serait soit du matériel biologique extraterrestre examinable par l'ensemble de la communauté scientifique (un extraterrestre vivant et en état de communiquer serait parfait), soit un vaisseau spatial extraterrestre (en état de fonctionner serait l'idéal). Les ufologues n'ont jamais pu présenter à la communauté scientifique ni l'un, ni l'autre. Les témoignages ne sont certainements pas des preuves (le témoignage humain est tout sauf fiable). Les photos peuvent être trop aisément truquées.

l'impossibilité à expliquer tous les phénomènes observés

a l'inverse, tous les phénomènes de type ovni ne sont pas expliqués par la science. Même si la très grande majorité des observations finissent par trouver une explication, il en subsiste un certain nombre qui restent mystérieuses. Cela peut être du à l'absence d'indices suffisants, à des phénomènes physiques encore mal connus, ou à des visiteurs extraterrestres.

Absence de toute détection par des satellites civils ou militaires

Alors que les ufologues prétendent souvent qu'il s'agit d'engins (généralement extra-terrestres), jamais ces prétendues observations ne sont corroborées par la moindre photo satellite. Les sceptiques constatent que ceux qui profitent financièrement des retombées, après avoir publié des ouvrages à sensation, ne passent commande auprès de la firme Spot, ou toute autre firme commerciale exploitant les photos satellite, d'une seule photo qui prouverait leurs dires. Les sceptiques appellent cela du charlatanisme.

Au contraire, les partisans de l'hypothèse extraterrestre prétendent que les Ovni utilisent une technologie avancée qui empêcherait leur détection visuelle, ce qui aujourd'hui relève de la spéculation scientifique. De plus les satellites d'observation prenant des photos à résolution elevée ne photographient une zone donnée qu'à des intervalles assez espacés (1 fois par jour pour les images Spot), ce qui diminue très fortement la chance d'observer un ovni à ce moment précis.

Absence de toute détection par des télescopes

Si quelques astronomes ont vu des ovnis qu'ils n'ont pu expliquer (Lincoln La Paz en 1947, Clyde Tombaugh ou Donald Menzel en 1949, Seymour Hess en 1950...) ce ne fut généralement pas derrière un télescope, mais comme la plupart des autres témoins, à l'oeil nu, ou aux jumelles. A côté de cela, la quasi-totalité des astronomes, bien que regardant le ciel fréquemment, déclare n'avoir vu aucun ovni qu'il n'aient pu expliquer. En fait ils ne sont pas les témoins les plus propices à de telles observations, leurs observations ne représentant qu'environ 1,5 % de la couverture du ciel (en considérant un cône de 30° centré sur le zénith) (Voir l'étude de Thornton Page, Photographic sky coverage for the detection of UFOs, publiée dans Science 160 (1968): 1258, AAAS)

Le manque de fiabilité du témoignage humain

Précisons que l'utilisation du vocable « objet volant non identifié », au lieu du vocable plus neutre de « phénomène non identifié », renforce l'idée de matérialité et d'objet alors qu'il existe aussi des cas non matériels.

La problématique Ovni est intimement liée à celle de témoignage. La vision humaine, de par la faible distance entre les deux yeux, a une parallaxe faible et donc ne peut estimer correctement la profondeur de champs (et les distances) que dans un environnement immédiat. En effet, l'Homme est issu du monde animal, et l'estimation des distances lui a toujours été utile, notamment « pour la chasse », et pour la lutte avec des prédateurs. Ainsi, il a été démontré que des témoins peuvent confondre des étoiles (ou la lune, un nuage, etc.) avec des vaisseaux spatiaux extraterrestres. On nomme dans le modèle sociopsychologique ce type d'illusions (par opposition à des hallucinations sans stimulus) des méprises complexes.

Une rentrée dans l'atmosphère de débris de la fusée russe Proton, où ceux-ci évoluèrent à très haute altitude et furent distants de quelques dizaines de kilomètres, fut interprété par des témoins au sol comme un gigantesque engin de quelques centaines de mètres de long évoluant à quelques centaines de mètres d'altitude.

Non seulement la distance pose problème, mais aussi, lié à cette dernière l'estimation que fait le témoin de la taille d'un éventuel objet. D'autre part, plusieurs objets évoluant de concert (c'est le cas pour une rentrée dans l'atmosphère de débris de satellite) peuvent être interprétés comme étant un seul objet.

L'interaction entre l'enquêteur et le témoin

Certains enquêteurs influencent (le plus souvent de façon totalement involontaire) le témoin en vue de l'interpréter. Il suffit que l'enquêteur pose des questions « guidantes » qui vont transformer lentement mais surement le témoignage du sujet, généralement vers une plus grande étrangeté. Ce phénomène de distorsion du témoignage est bien connu des psychologues et à été abondamment documenté expériemntalement, comme par exemple par Elisabeth Loftus. Cette influence de l'enquêteur sur le témoin est le plus souvent inconsciente, mais peut augmenter de façon non négligeable le degré d'étrangeté d'un cas. Ainsi la question «Dans quelle direction s'est déplacé l'objet» va renforcer chez le témoin l'idée de matérialité alors que rien ne présageait une telle chose.

Une grosse erreur pratiquée lors de nombreuses « enquêtes » consiste à interroger les témoins ensemble et en même temps : le témoignage d'une personne va influencer le groupe dans lequel le témoignage est reçu. Cette erreur est évitée dans les enquêtes policières, mais elle ne l'est généralement pas en ufologie, puisque la plupart de ces enquêteurs ufologues sont des bénévoles aux connaissances insuffisantes.

Le côté subjectif du témoignage

Très souvent il arrive au témoin de donner plus de poids à ce qu'il a vu, ou cru voir, en amplifiant certaines parties de son récit.

Une étude réalisée Paolo Toselli (1983) illustre bien ce type de déformations. Les sujets observent un ballon sonde, sans savoir ce que l'objet est réellement. Un des témoins interrogés par Toselli le décrit comme « un avion postal » (sic!), un autre y voit une antenne (alors que le ballon sonde n'a pas d'antenne), un troisième dit qu'il « bouge par sursauts, dans toutes les directions » (alors que le ciel est parfaitement serein), un quatrième dit que l'objet est « verdâtre » et qu'il « change vivement de couleurs », etc. Cet exemple montre comment l'interprétation peut aisément s'écarter de l'objet réellement perçu, ce qui a été démontré expérimentalement en psychologie (par exemple par les recherches d'Elisabeth Loftus).

Les contagions sociologiques

Dans les années 1970 en Belgique, quelques étudiants envoyèrent au journal local de la ville de Beert une photo sensationnelle représentant un Ovni. Après parution, des dizaines de personnes se manifestèrent à la rédaction du journal pour apporter leur témoignage et dire qu'eux aussi avaient vu l'engin et le décrivirent de manière identique à celle présente sur la photo. Après quelques jours, les étudiants révélèrent qu'il s'agissait d'un canular.

Ce cas montre bien qu'un faux cas (ici un canular) génère des témoignages fantaisistes qui résultent de cette « psychose de vouloir voir le quelque chose dont on parle ». Et de la même manière, lorsqu'un quidam ameute la presse et parle de « choses étranges » alors qu'il s'agit d'une simple rentrée dans l'atmosphère de satellite, des dizaines d'autres personnes croiront avoir aperçu l'« engin » et renforceront cette contagion sociologique naissante.

Les méprises astronomiques et météorologiques

Dans certaines conditions particulières, il arrive que le scintillement d'une étoile prenne des proportions extraordinaires : on décrit ainsi des « étoiles qui dansent ». Les perturbations des hautes couches de l'atmosphère sont responsables de ces phénomènes. Bien connues des astronomes professionnels et amateurs, ces perturbations sont ignorées du grand public, générant ainsi une frousse telle que l'imagination peut s'enclencher. L'approche scientifique a d'ailleurs permis d'élucider de nombreux témoignages. On parle alors d'objet volant identifié, ou Ovi. On a pu par exemple montrer que dans de nombreux témoignages de bonne foi, notamment à partir des directions et des heures indiquées, l'objet en question était... la Lune ! Les confusions diverses et variées (ballon d'enfant métallisé, sonde météorologique, etc.) sont légion.

Les faux souvenirs et l'utilisation abusive de l'hypnose

Un autre cas célèbre est celui de Betty et Barney Hill. Le souvenir de l'enlèvement a été récupéré sous hypnose régressive. Or, les psychologues ont montré que cette technique (aussi utilisée pour retrouver des souvenirs de vies antérieures, de participations forcées à des rituels sataniques, etc.) engendraient des faux souvenirs (ou syndrome des faux souvenirs). En fait, l'existence même de souvenirs refoulés est remis en question par les psychologues. En effet, lorsque quelqu'un est traumatisé, son problème (lors d'un Post Traumatic Stress Disorder ou PTSD) est plutôt qu'il ne peut pas s'arrêter de se rappeler l'évènement traumatique. Les personnes ayant subi un viol, ayant été en camp de concentration, ou ayant participé à la guerre du Vietnam, s'en souviennent trop bien, d'où leur souffrance psychologique. À l'heure actuelle, il n'est pas sûr que certains traumatismes soient refoulés en dehors du champ de la conscience, comme le prétendent les psychanalystes. S'il n'est pas certain que les souvenirs traumatiques refoulés existent, il est encore plus douteux que l'hypnose prétendument régressive permette de les faire ressurgir en mémoire.

Voir aussi



Liens Wiki

Liens externes

Bibiliographie

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  • Cnegu (1994). Opération Saros (1976-1994) - Des Ovni reproductibles, une hypothèse vérifiée. Fontaine-les-Dijon : Cnegu.
  • Condon, E. U. (1968). Scientific Study of Unidentified Flying Objects. University of Colorado. Le rapport Condon est disponible (en anglais) sur le web dans son intégralité (et gratuitement) là: http://www.ncas.org/condon/
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  • Klass, P. (1989). Ufo Abductions : A dangerous game. New York : Promotheus books.
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  • Spanos, N. P., Cross, P. A., Dickson, K., & Dubreuil, S. C. (1993). Close Encounters: An examination of UFO experiences. Journal of Abnormal Psychology, 102, 4, p. 624-632.
  • Toselli, P. (1983). S'il n'y a pas l'Ovni, on le crée. Inforespace, 62, p. 4-6.


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