Nirvana Article, Signification, Explication
Nirvana (du sanskrit निर्वाण nirvāṇa, qui devient en pāḷi nibbāna, en chinois 涅槃 nièpán et japonais nehan, en tibétain myang-ʼdas ou myan-ngan ʼdas-pa) est un terme qui signifie littéralement « extinction », « libération » et, par extension « état de félicité, état de paix »
| Table of contents |
|
2 Acception dans le bouddhisme 3 Acception dans l'hindouisme 4 Citation |
Étymologie
Le terme sanskrit est composé d'un radical, vā- « souffle(r) », et d'un préfixe nis-. Le radical vā- est indo-européen : *h2wenh1-, soit *wē :
Le radical est verbal, « souffler », ce qui se retrouve sous les formes suivantes :
- formes bâties sur la racine :
- allemand we[h]-en ;
- grec ancien ἄη-μι áê-mi,
- sanskrit : vā-ti,
- formes bâties avec une racine suffixée (par *-ye/-yo) :
- vieux slave : ve-je-tŭ,
- sanskrit : vā-ya-ti,
- gotique : wá-i-an.
- sans suffixe (mais voyelle thématique) :
- indo-iranien : sanskrit vātaḥ, avestique vātō,
- avec suffixe *-to :
- autres suffixations :
Tout ceci confirme que la notion d'âme, de force de vie, en indo-européen (et ailleurs), est vue comme un souffle. L'extinction de ce souffle est donc un synonyme de « mort ». On le verra ci-après, le terme, dans le domaine bouddhiste, s'est fortement spécialisé.
Acception dans le bouddhisme
Dans son acception bouddhique, qui est la plus commune aujourd'hui, ce terme désigne le « but » de la pratique bouddhique, l'Éveil (buddhi). Il est au-delà de toute description et ne peut être défini que négativement comme la fin de l'ignorance et du vouloir-vivre. Il peut être comparé, selon les textes, à l'extinction d'une flamme : de même qu'on ne peut définir un feu qui ne brûle pas, on ne peut définir une personne qui a « exsufflé » les agrégats d'existence (désirs, volitions, conceptions erronées) qui entraînent une personne non éveillée de renaissance en renaissance.
Une définition moins négative est celle d'une paix intérieure totale et permanente, provenant du détachement. L'acquisition de cet « état » (qui est défini comme un « non-état ») est réputée possible pendant la vie, ou, éventuellement, lors de la mort. L'idée assez vulgarisée dans le public du nirvāṇa comme d'un « paradis » où l'on continuerait à exister après la mort est absurde (et contradictoire avec la thèse bouddhiste du non-soi et de la vacuité des phénomènes et de l'Absolu). On ne peut donc y « entrer » ni y « rester ». Le nirvāṇa n'est pas non plus la mort, mais plutôt la fin de la croyance en un ego autonome et permanent.
Des termes proches sont : éveil, extinction, libération, illumination, délivrance, vacuité absolue, paix suprême, réalité ultime.
Voir aussi Parinirvāṇa, mokṣa.
Acception dans l'hindouisme
Le même concept existe également dans l'hindouisme mais il est de préférence nommé moksha (ou encore mukti, laya), le terme de nirvāṇa y étant moins souvent employé.
