Nazisme Article, Signification, Explication
Le nazisme est l'idéologie politique du NSDAP, parti unique au pouvoir en Allemagne du 30 janvier 1933 avec la prise du pouvoir par Adolf Hitler au 8 mai 1945, date de la chute du IIIe Reich.
- Ne pas oublier, qu'Hitler prit le pouvoir légalement des mains du vieux chancelier Paul Von Hindenburg (1847 - 1934) qui le nomma à son tour chancellier, après que le NSDAP eut gagné les élections législatives avec 33% des voix.
Le terme « socialisme national » avait déjà été lancé en France par Barrès, pour définir sa position politique (Nationalisme+Socialisme+Antisémitisme) équivalente à celle des nazis.
La doctrine nationale socialiste fut exposée pour la première fois en public le 24 février 1920 à la Hofbraühaus de Munich par Hitler. Mais c'est en 1925 qu'Hitler fait publier Mein Kampf (Mon combat), livre dans lequel il expose son idéologie et son programme. Mein Kampf est le livre de référence du nazisme.
), symbole de l'Allemagne nazie]]
Nazisme : l'objectif aryen et les actions dans ce but
Le nazisme prône la supériorité de la « race aryenne » sur toutes les autres « races » humaines. Ce qu'il nomme « race aryenne » est en fait une notion à la fois morphologique, culturelle et religieuse. Le « véritable » aryen est celui qui est physiquement proche du canon germanique de l'homme pâle, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, qui est de culture germanique et non inféodé à la religion chrétienne (que Nietzsche qualifiait de religion d'esclaves). Les nazis classeront les populations en fonction de ce qu'ils appellent les races à éduquer (les Français, par exemple), les races à réduire en servitude (les Slaves) et les races à exterminer (les personnes de confession juive et le peuple tzigane). Ils stérilisèrent ou emprisonnèrent ceux qu'ils considéraient comme malades (homosexuels), ou ceux, même allemands, qui étaient considérés à l'époque comme atteints de maladies héréditaires (cécité, alcoolisme, schizophrénie...), en s'appuyant sur une lecture particulière des théories eugéniques de l'anglais Francis Galton. Après avoir conquis le pouvoir absolu, les nazis élimineront selon des procédés systématiques environ 6 millions de Juifs dont 70 000 Français (notamment, mais pas uniquement, à l'aide de chambres à gaz) et de nombreux Tziganes (23 000 ont été recensés dans le seul camp d'Auschwitz), stériliseront 400 000 Allemands et incarcéreront tous les opposants au pouvoir dans des camps de concentration.
Historique de l'antisémitisme et du mythe aryen
En réalité, la race aryenne n'a jamais existé. Il y a bien eu une communauté «indo-européenne» ou « aryenne », mais c'était une simple communauté de langues, non une communauté de races. D'ailleurs les Indiens, dont la langue appartenait à cette communauté, ne ressemblaient pas particulièrement aux Germains! Cette communauté avait été découverte par des linguistes anglais, Jones et Young, en 1788 et 1813: Ils avaient en effet remarqué la présence de racines communes dans plusieurs langues européennes, germanique, latine, grecque, celte, et dans le sanscrit, langue des classes distinguées de l'Inde.
Puis au XIXème siècle les romantiques avaient imaginé, en se basant sur l'histoire de la Tour de Babel que tous ces peuples, apparentés par la langue, avaient une origine ethnique commune et les avaient baptisés du nom iranien d'« aryens », et assignés des points de départ aussi varés qu'arbitraires (Syr Daria, Caspienne, mer du Nord, Afrique du nord, Baltique, etc.). Ces élucubrations étaient inoffensives, mais d'une rare bétise: Car le fait de parler une même langue n'a jamais impliqué l'appartenance à la même race: Il existe aujourd'hui une « Francophonie ». Si l'on imagine que dans 20.000 ans, aprés de grandes destructions, les archéologues du futur retrouvent des manuscrits français à Haïti, et d'autres en Alsace, on se rend bien compte qu'ils feraient une grande erreur, s'ils en déduisaient l'existence passée d'une antique « race francophone ». C'est pourtant ce qu'ont fait , jusqu'à nos jours, les adeptes de la prétendue « race aryenne ».
Plus tard apparut l' aristocrate malchanceux Gobineau (1816-1882), en quête d'une compensation à la médiocre situation qui était la sienne, dans le passé brumeux de sa famille: Il avait soutenu, dans son « Essai sur l'inégalité des races humaines » de 1855 que cette « race » indo-européenne imaginaire était l'ancêtre de toutes les classes dirigeantes d'Europe et d'Asie actuelles, et notamment de la noblesse française dont il était issu.
Ceci étant , son ouvrage n'avait qu'un caractère restrospectif, qui séduisit bien des milieux cultivés sans causer de désagrément à quiconque. Il faut dire qu'à l'époque, l'inégalité des races humaines paraissait démontrée à bien des Européens par l'unification colonisatrice du monde, que les Européens et Américains étaient sur le point d'achever.
Mais, aprés Gobineau, vinrent des utilisateurs plus interessés du mythe. Le principal d'entre eux, Houston Chamberlain,gendre de Wagner, soutint, dans ses « Fondements du XXème siècle » de 1899, que la race supérieure décrite par Gobineau n'avait pas cessé d'exister et qu'elle subsistait à l'état pur en Allemagne. En cette fin du XIXème siècle, l'Allemagne venait de voir se succéder une floraison de grands écrivains, philosophes et musiciens et de faire son unité à Versailles en écrasant l'armée française. Elle venait de développer, à la suite de l'Angleterre et en partie avant la France d'une industrie lourde, tandis que Bismarck venait de doter sa classe ouvrière du premier système d'assurances sociales modernes. Or de nombreux Allemands, non contents d'être légitimement fiers et satisfaits de ces résultats, se laissaient aller au pangermanisme. Aussi accueillirent-ils comme une bénédiction le message de l'Anglais Chamberlain. D'autant plus que pendant la guerre de 14-18, celui-ci se naturalisa allemand. Et ce fût lui qui inspira Hitler qui fût l'un des rares présents à ses funérailles, en 1927.
Mais les idées de Chamberlain avaient contaminé aussi des Français, et les antijuifs de la fin du XIXème siècle se transformèrent en «antisémites», notamment au temps de l'Affaire Dreyfus. Car pour opposer à la brillante race aryenne dont chacun prétendait descendre, il fallait une antirace. Le grand linguiste Renan en inventa une: Professeur de langues sémitiques, c'est à dire d'un autre groupe de langues ayant des racines communes, il prétendit que ceux qui les parlaient ou les avaient parlées étaient issus de la même race sémite. Or ,si les Arabes ne posaient alors aucun problème à l'Europe, les Juifs qui, eux, ne se laissaient plus dominer, suscitaient le mécontentement de certains éléments de la population.
Il y existait toujours un antisémitisme chrétien nourrissant l'égard des juifs des griefs religieux. Mais il s'y était ajouté un antisémitisme de gauche, dans la mesure où la supression des corporations par la loi Le Chapelier, avait ouvert aux juifs toutes les profesions dont ils avaient été systématiquement exclus depuis des siècles. Alors, une partie des juifs, qui savaient tous lire et écrire depuis 2000 ans dans une Europe en majorité illettrée, purent enfin sortir de leur misère en se lançant avec succés dans de nouvelles activités. Ainsi avaient-ils porté ombrage à ceux des travailleurs chrétiens qui continuaient à piétiner, et qui les rendirent responsable de leur échec. Les auteurs socialistes utopistes et anarchistes français leur furent hostiles. Et à ces deux formes d'antijudaïsme s'en ajouta une troisième, à la fin du XIX ème siècle, l'antijudaïsme raciste, ou « antisémitisme », qui séduisit bien des gens de gauche: Même la Revue Socialiste dirigée par Benoît Malon publia des articles décrivant la prétendue « race » juive sous les traits les plus sordides. Ces trois formes d'antijudaïsme furent combinées par le sinistre démagogue Drumont dans son ouvrage « La France Juive ». Mais elles ont aussi inspiré les écrivains de talent, Maurice Barrès et Charles Maurras, qui identifièrent le concept de nation à celui de race, et en déduisirent que les gens de « race » juive ne pouvaient en aucun cas être de bons Français. Quant à l'influence trés grande qu'eurent les idées de Maurras sur la bourgeoisie et la classe militaire de France, on ne peut que la déplorer, sous l'angle du nationalisme lui-même, car, sous la Seconde guerre Mondiale, les disciples de Maurras penchèrent dans une large majorité vers le Pétainisme, et dans une proportion importante pour la collaboration, y compris Maurras lui-même: Celui-ci, en effet, aprés avoir donné pendant 50 ans des leçons de patriotisme, continua à publier son « Action Française » sous l'occupation. Il y appela à des mesures plus sévères contre les résistants, et y fit l'éloge de la Milice collaborationniste, tout en se félicitant sans réserve de l'écrasement des patriotes du Vercors, décrits par lui comme des étrangers patibulaires.
On connaît aujourd'hui les résultats sinistres des doctrines maurassiennes et nazies lorsqu'elles furent appliquées méthodiquement par les Allemands et leurs collaborateurs.
Le paradoxe de la race aryenne et des autres races humaines
Or par delà son aspect sinistre, le mythe de la pureté aryenne revêtait une base grotesque. On a vu en effet qu'une telle race , pur produit de l'imagination, n'existait pas. Pour appliquer de façon cohérente la législation antisémite nazie, il eût fallu, puisque celle-ci parlait de « races », séparer ceux qui avaient des cheveux blonds, des yeux bleus et un nez droit , de ceux qui avaient des cheveux bruns, des nez busqués et des yeux bruns. L'ennui était que beaucoup d'Allemands dépourvus d'origine juive, et même membres du parti, appartenaient au second groupe: Selon une plaisanterie en vogue, le pur « Aryen » aurait dû être « blond comme Hitler, mince comme Goering, et beau comme Goebbels ». D'un autre coté, une proportion non négligeable de juifs étaient blonds aux yeux bleus. Au demeurant, si les juifs avaient vraiment appartenu à une race différente, on n'aurait pas eu besoin de les affubler d'une étoile jaune pour les reconnaître.
Les lois hitlériennes décidèrent donc que l'on se baserait sur la religion des grands parents pour déterminer leur prétendue «race». ! Tous ceux qui avaient quatre grands-parents chrétiens furent donc réputés de «race» aryenne. Quant à ceux dont les quatre grands parents était juifs, ils furent censés être de «race» juive et traités en conséquence.
Et comme les mêmes critères furent repris servilement par les lois pétainistes d'octobre 1940, leur ridicule apparut de façon manifeste, lorsque, appliquées au Français des Antilles, presque tous chrétiens de longue date, elles en firent, si sombre que soit leur peau, des éléments marquants de la prétendue race aryenne.
Les plus grands massacres du XXème siècle ont donc non seulement étés abominables, mais de plus effectués pour défendre la pureté d'une race qui n'existait pas.
Fascisme et nazisme : objectifs différents
Un point de vue habituel, celui rapprochant le fascisme et le nazisme, doit être nuancé : alors que le fascisme avait pour but l'édification d'un État fort, véritable « but » ultime, le nazisme lui ne voyait dans l'État que le « moyen » de parvenir à la politique raciale de domination mondiale. Le fasciste meurt pour l'Italie, le nazi lui meurt pour la race aryenne. Cela a fait considérer la Seconde Guerre mondiale non comme un simple conflit de pays, à l'exemple de la première, mais bien comme un conflit de visions du monde.
Dans la pratique, Mussolini, comme les dictateurs de tous les temps, enferma ses opposants, mais n'en fit tuer que trés peu. Il ne s'attaqua pas aux enfants.
Au contraire les nazis massacrèrent par millions, même les non opposants et les enfants, qui avaient eu la malchance de naître dans une religion à l'index.
«Faites que le fanatisme soit vulgaire il perdra de sa fascination» Oscar Wilde
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