article sur le Nationalisme breton, Explication sur le Nationalisme breton

Nationalisme breton Article, Signification, Explication

Le nationalisme breton est un mouvement nationaliste en Bretagne. L'histoire du mouvement Breton, qualifié aussi d'Emsav en breton (ce qui signifie "soulèvement", "renouveau"), se divise traditionnellement en 3 périodes :

Table of contents
1 Le premier Emsav : naissance du mouvement Breton jusqu’en 1914 :
2 Le premier Emsav : naissance du mouvement Breton jusqu’en 1914 :
3 Le second Emsav (1914-1945)
4 Le troisième Emsav depuis 1945
5 Actualité du mouvement breton et du nationalisme breton
6 Conclusion :

Le premier Emsav : naissance du mouvement Breton jusqu’en 1914 :

Le mouvement breton est né dans la première moitié du XIXe siècle au cours de la première grande vague nationaliste, qui a touché toute l’Europe romantique, au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée et se repliant sur ses terres. Il se caractérise par : le régionalisme, l'ancrage à droite, le passéisme, l'importance des traditions. Une idée domine : maintenir les traditions pour préserver le peuple breton de l’irréligion et des idées nouvelles.

Les trois grands piliers de ce régionalisme breton naissant sont :

1898 : création de l’Union régionaliste bretonne, 1er vrai parti régionaliste, de tendance conservatrice

1911 : création du Parti nationaliste breton, 1er parti nationaliste breton

Le nationalisme breton est un mouvement nationaliste en Bretagne. L'histoire du mouvement Breton, qualifié aussi d'Emsav en breton (ce qui signifie "soulèvement", "renouveau"), se divise traditionnellement en 3 périodes :

Le premier Emsav : naissance du mouvement Breton jusqu’en 1914 :

Le mouvement breton est né dans la première moitié du XIXe siècle au cours de la première grande vague nationaliste, qui a touché toute l’Europe romantique, au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée et se repliant sur ses terres. Il se caractérise par : le régionalisme, l'ancrage à droite, le passéisme, l'importance des traditions. Une idée domine : maintenir les traditions pour préserver le peuple breton de l’irréligion et des idées nouvelles.

Les trois grands piliers de ce régionalisme breton naissant sont :

1898 : création de l’Union régionaliste bretonne, 1er vrai parti régionaliste, de tendance conservatrice

1911 : création du Parti nationaliste breton, 1er parti nationaliste breton

Le second Emsav (1914-1945)

La Première Guerre mondiale, qui détruit toute une génération, est une véritable coupure. Après la première Guerre mondiale le régionalisme (qui prétend unir la petite et la grande patrie), conservateur, stagne. Ce qui entraîne l'essor, à l’intérieur du mouvement breton, du nationalisme dur au sein d’une nouvelle génération qui se regroupe autour du journal Breiz Atao. L’Emsav rompt explicitement avec le régionalisme réactionnaire :

La multiplication des exactions communistes contre les défenseurs de la culture et de la langue bretonnes pousse les plus fervents (et les plus jeunes) patriotes bretons à commettre une erreur de jugement dramatique: l'enrôlement dans un service d'ordre allemand (qui n'atteindra jamais 70 personnes). Mais c'est dans la résistance que les nationalistes s'illustrent en tenant des maquis indépendants de Londres (Maquis de la Liberté), FBL (Forces Bretonnes Libres)et s'emparent de matériel ennemi (Saint Nazaire, assaut contre la Kommandantur après un raid aérien).

L'épuration, qui sera en fait le moyen de briser toute volonté d'acquérir des droits civiques en Bretagne, ne parviendra pas à inquiéter les dirigeants du parti comme Yann Goulet (celui-ci sauva de la mort plusieurs familles juives et parvint à le prouver par le témoignage des rescapés) ou encore les maquisards bretons libres qui par leur éta de service ne purent être confondus.

Le troisième Emsav depuis 1945

En 1945, le mouvement breton doit recommencer de zéro. On va désormais étudier de manière plus approfondie les trois temps, culturels, économiques et politiques de la reconstruction du mouvement nationaliste breton

Fin des années 40 et années 50 : La culture

A la fin des années 40, le militantisme politique étant complètement condamné par les autorités françaises (gaullistes et communistes), l'engagement des nationalistes bretons se fait en masse dans l’action culturelle : Or ces bagads et cercles, réputés inoffensifs, sont des lieux de rencontre, de réflexion, de recrutement pour les nationalistes. Ces groupes culturels permettent ainsi le maintien et la transmission du nationalisme breton à une nouvelle génération au cours des années 40 et 50.

Parallèlement, le mouvement breton continue le travail entamé avant-guerre dans le domaine de la langue et de la littérature et crée de nombreuses revues bretonnantes.

50’ et 60’ : L’économie

A partir du début des années 50, le mouvement breton commence à s’ínvestir dans le domaine de l’économie aussi :

1951 : Création du Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons (CELIB) par Joseph Martray et René Pléven.

Le mouvement sort rapidement du domaine nationaliste et est présent peu à peu dans tous les domaines syndicaux et politiques de la Bretagne : tous les partis, des démocrates-chrétiens aux communistes, de même que les syndicats, s’y investissent ;

La branche la plus importante est l’organisation des parlementaires bretons qui se structure en vrai lobby de la Bretagne, et pose face au pouvoir central l’existence de problèmes spécifiques à la Bretagne exigeant des solutions spécifiques. Elles obtiennent un plan Breton : aides économiques, construction d’un réseau routier... Plus généralement, le CELIB a très amplement participé à laé modernisation de la Bretagne.

Intérêt du CELIB : rappel que Bretagne = région opprimée ; réhabilite idée que problèmes de la Bretagne, et solutions à ces problèmes, sont politiques et surtout reconstruit Bretagne comme échelon légitime de réflexion (France : divisée en départements artificiels ; nie l’existence de régions spécifiques et a fortiori de nations historiques)

À partir de la fin des années 60 : le retour du politique

Indirectement, le CELIB légitime donc la renaissance d’un nationalisme politique en Bretagne, et à partir des années 60, on observe le retour des nationalistes bretons dans l’arène politique.

1957 : création du Mouvement pour l’Organisation de la Bretagne (MOB), premier parti politique créé depuis la Seconde Guerre Mondiale

1963 : scission de la gauche du MOB pour créer l’UDB (Union Démocratique Bretonne), plus important parti régionaliste français de Bretagne

Mais tout cela reste très marginal au cours des années 60, malgré l’essor sans précédent des mobilisations à caractère et dimension régionaux au sein des mondes ouvriers et paysans.

Décennie des années 70’

Une réelle renaissance d’une conscience nationale ou tout du moins régionale en Bretagne

Actualité du mouvement breton et du nationalisme breton

Tous ces éléments de construction d’une communauté nationale bretonne : retombent dans les années 80, parallèlement à l’arrivée des socialistes au pouvoir.

Qu’en reste-t-il 20 ans après et où en est-on aujourd’hui ?

  • Un mouvement politique divisĂ© et quasi inexistant :
  • L’UDB reste le parti rĂ©gionaliste franco-breton le plus important, fort de 150 membres, mais ne regroupe qu’environ 2 % des suffrages : une 30aine d’élus municipaux sur des listes d’unions de la gauche, dont un maire. Un autre parti autonomiste est apparu il y a quelques annĂ©es et regroupe environ 50 personnes sous l'appellation de "Parti Breton".

paragraphe à vérifier

  • Ne reste qu'un parti nationaliste actif après la dissolution d'emgann :Adsav (Droite nationaliste bretonne). Padrig Montauzier, ancien officier du FLB en est d'ailleurs le prĂ©sident et le nombre de militants avoisine les 700 membres. Condamnant clairement tout usage de la violence, d'inspiration conservatrice, Ă©cologiste et indĂ©pendantiste, Adsav! se dĂ©marque en revendiquant l'hĂ©ritage du mouvement nationaliste depuis un siècle. Il créé la polĂ©mique en abordant le thème de l'immigration en Bretagne, problĂ©matique nouvelle sur une terre traditionnellement peu industrielle et par la mĂŞme peu sujette Ă  l'accueil de populations ouvrières Ă©trangères. L'explosion de la violence urbaine (Nantes, Rennes, Lorient, Brest) et l'implantation de plus en plus grande de communautĂ©s musulmanes pratiquantes expliquent cette Ă©volution du nationalisme breton, Ă  l'instar de la Flandres, des Pays-Bas, du Danemark et de l'Irlande(restriction de l'immigration, abolition de la double nationalitĂ©, obligation de respecter les moeurs nationales ainsi que d'apprendre la langue du pays d'accueil, etc.). La rupture d'avec le marxisme lĂ©ninisme et d'avec le socialisme des vieilles personnalitĂ©s du mouvement breton des annĂ©es 70 lui attire les foudres des derniers pans de l'emsav, bien que celui ne reprĂ©sente plus rien politiquement.

Fin du paragraphe douteux

  • Mais : certains Ă©lus et partis français ont des positions rĂ©gionalistes voire nationalitaires très affirmĂ©es : surtout des Ă©lus individuels de partis français, Ă  l’instar du leader du Parti Socialiste en Bretagne ou encore du maire de Carhaix (ville principale du centre-Bretagne) : dans aucun parti, mais nationaliste. Mais : Conseil RĂ©gional, jusqu'Ă  2003, dominĂ© par une droite très anti-nationaliste et très conservatrice.
  • Pour ce qui est du syndicalisme : Pendant les annĂ©es 90 : très fort syndicat Ă©tudiant nationaliste : Dazont. Milieu de la dĂ©cennie : premier syndicat Ă©tudiant en Bretagne. Mais s’est Ă©croulĂ© Ă  la fin de la dĂ©cennie. Cela fait deux ans : crĂ©ation d’un syndicat nationaliste breton : Sindikad Labourerien Breizh (SLB) : en dĂ©veloppement, mais non reconnu pour l’instant par l’État français.
  • Un nationalisme Ă©conomique Ă©mergeant

Preuves

  • regroupement de nombreux patrons : institut de Locarn. Pour dĂ©fendre les intĂ©rĂŞts des petits et moyens patrons en Bretagne
  • Ces mĂŞmes patrons crĂ©ent le label « Produits en Bretagne » : se veut label de qualitĂ©. Pour dĂ©fendre image de la Bretagne Ă  l’étranger. S’appuie aussi sur nationalisme Ă©conomique des Bretons : rĂ©el succès.
  • CrĂ©ation de TV Breizh en 2001 : 1ère TV totalement bretonne, mais oĂą la langue bretonne reste très minoritaire (Ă  peine plus d’heures que sur la tĂ©lĂ© publique)
  • Un nationalisme culturel populaire et s’institutionnalisant, mais dans l’impasse
C’est dans le domaine culturel que le mouvement Breton a continué à s’investir le plus et qu’il a connu ses plus évidents succès. Mais aujourd’hui, il est dans l’impasse pour des raisons de blocage politique :
  • Les arts (notamment musique et danse) : un succès croissant depuis 50 ans. Secteur musical : le plus dynamique. Des centaines de groupes divers. Des milliers de joueurs de musique traditionnelle ou d’inspiration bretonne : très populaire. Plus d’une centaine de bagadoĂą partout en Bretagne : atteint aujourd'hui un très haut niveau. De très nombreux groupes de fest-noz très inventifs. Musique bretonne très crĂ©ative et ouverte sur le monde ; avec des crĂ©ations tel que l’HĂ©ritage des Celtes de Dan ar Braz, qui tournĂ©e mondiale ; le succès Ă©norme des festivals de musique celtique : notamment celui de Lorient, plus grand festival de l’État français, toutes catĂ©gories confondues. Danses bretonnes aussi très populaires : quand fest-noz : facilement plus de 500 personnes en train de danser en mĂŞme temps.
  • La langue : catastrophe : langue bretonne non reconnue dans le cadre de l’État français. Jusque dans les annĂ©es 50 : totalement interdit dans les lieux publics (pancarte : Interdit de parler Breton et de cracher par terre) et Ă  l’école (horrible rĂ©pression des enfants bretonnants : humiliation, etc.). Langue bretonne totalement dĂ©valorisĂ©e. AnnĂ©es 50 : plus d'un million de bretonnants quotidien. Aujourd’hui : il n’y a plus que 250.000 bretonnants !
  • Dès lors : Ă©norme investissement du mouvement Breton dans ce domaine

Domaine de l’éducation

  • 1977 : crĂ©ation de la première Ă©cole Diwan : breton par immersion. DĂ©veloppement du rĂ©seau depuis 30 ans. Aujourd’hui : une trentaine d’écoles (dont 4 collèges et un lycĂ©e) et près de 3000 Ă©lèves. Mais toujours Ă©normĂ©ment de problèmes : finances, tracasseries administratives. État français fait tout son possible pour entraver le dĂ©veloppement de Diwan.
  • 1984 : Devant le succès de Diwan, le gouvernement socialiste se voit obligĂ© de crĂ©er une filière bilingue qu’elle pourra mieux maĂ®triser. RĂ©el succès aussi.
  • 1990 : Filière bilingue catholique vient complĂ©ter le tout.
  • MalgrĂ© tous les efforts : aujourd’hui environ que 8.000 enfants scolarisĂ©s en Breton, soit 2% de l’ensemble des enfants Bretons. Lutte de tout instant pour dĂ©velopper cela contre hostilitĂ© pouvoir parisien, et malgrĂ© très forte sympathie de la population bretonne : beaucoup plus de demandes que d’offres.
  • Domaine de la vie publique : annĂ©es 80 : très dur combat pour signalisation bilingue (Stourm ar Brezhoneg). Seule victoire. État français refuse toute introduction du breton dans la vie publique. Refuse par exemple ratification de la Charte europĂ©enne des langues rĂ©gionales ou minoritaires.
  • Dans les tendances actuelles, on peut Ă©voquer enfin une certaine institutionnalisation du mouvement Breton
  • 1977 : Signature d’une Charte culturelle entre l’État français et le mouvement breton. Un ensemble d’institutions créées dont l’Institut Culturel et l’Office de la Langue Bretonne. Ce dernier est l’institut officiel de normalisation de la langue bretonne.

Conclusion :

Depuis 100 ans le mouvement Breton a connu un réel développement, et l'intégration progressive dans la société bretonne. Sa phase la plus notable fut sans nul doute l'aventure des premiers nationalistes bretons du Parti National Breton (1931-1944). Il était clairement ancré à gauche depuis une quarantaine d’années mais sa faillite morale et intellectuelle pour des partis français comme le Parti Socialiste ou l'UDB ont achevé de le discréditer sur fond d'extrêmisme gauchiste.

Il n'a connu aucun succès politique malgré une culture bretonne très dynamique et une identité de plus en plus revendiquée.

Mais aujourd’hui le mouvement breton semble dans l’impasse, ne s’étant pas beaucoup investi dans le domaine politique (comparé à des mouvements similaires dans d'autres nations sans états, comme l'Ecosse, la Catalogne, la Galice ou la Flandres) ni dans le domaine économique (si l'on excepte l'époque du CELIB). Or les réels problèmes, notamment concernant la langue, ou encore l'économie, est politique. La plupart des problèmes soulevés par le mouvement nationaliste breton sont politiques : souveraineté rendu par la reconnaissance de la caducité du traité de 1532 (violé en 1789 unilatéralement par l'état français), reconnaissance du peuple breton, reconnaissance de l’intégrité du territoire national - problème de la Loire-Atlantique, détachée de la Bretagne depuis l’époque vichyste anti-bretonne) - , etc.


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