article sur le Mouvement harmonique, Explication sur le Mouvement harmonique

Mouvement harmonique Article, Signification, Explication

Dans la musique occidentale, un mouvement harmonique est une simultanéité de deux mouvements mélodiques.

Un mouvement harmonique englobe toujours quatre notes formant quatre intervalles : horizontalement, deux intervalles mélodiques simultanés ; verticalement, deux intervalles harmoniques successifs.

Table of contents
1 Caractéristiques du mouvement harmonique
2 Réalisation du mouvement harmonique
3 Articles connexes

Caractéristiques du mouvement harmonique

Tout mouvement harmonique produisant toujours un nouvel intervalle harmonique, l'étude des différentes familles d'intervalles harmoniques doit précéder celle des divers types de mouvements harmoniques.

Intervalle harmonique

Un intervalle harmonique est un intervalle dont les notes extrêmes sont émises simultanément. Les intervalles harmoniques se répartissent en quatre familles : les consonances parfaites, les consonances imparfaites, les consonances mixtes et les dissonances.

Cette distinction classique entre les quatre familles d'intervalles harmoniques (notamment l'opposition entre consonances et dissonances) est souvent remise en question par les auteurs modernes. En effet, étant de nature culturelle, la sensation de consonance ou de dissonance a bien évidemment évolué au cours des siècles. Par exemple, la septième mineure non préparée placée sur la dominante, qui paraît familière et bien banale à l'auditeur du XXIe siècle, était sans doute perçue comme une hardiesse par l'auditeur du XVIe siècle, ou comme une faute de goût par l'auditeur du XIVe siècle. Il serait donc préférable de substituer aux notions objectives de consonance et dissonance, les notions, plus subjectives et plus relatives, de tension et détente. Cependant, la distinction classique entre consonances et dissonances aide à mieux comprendre le mécanisme des grands principes de l'harmonie tonale.

Consonance parfaite

Une consonance parfaite est un intervalle harmonique produisant une impression de stabilité, de détente et d'accomplissement. Sont considérées comme des consonances parfaites :

  • l'unisson juste ;
  • l'octave juste et ses redoublements ;
  • la quinte juste et ses redoublements.

Consonance imparfaite

Une consonance imparfaite est un intervalle harmonique produisant une impression de douceur, de détente, mais d'inachèvement. Sont considérées comme des consonances imparfaites :

  • la tierce majeure ou mineure et ses redoublements ;
  • la sixte majeure ou mineure et ses redoublements.

Consonance mixte

Une consonance mixte est un intervalle harmonique dont l'effet varie en fonction de son emploi. Selon sa situation en effet, une consonance mixte peut être analysée, soit comme une consonance, soit comme une dissonance. Sont considérées comme des consonances mixtes :

  • la quarte juste et ses redoublements.

Dissonance

Une dissonance est un intervalle harmonique produisant une impression d'instabilité et de tension, nécessitant une résolution. Sont considérées comme des dissonances :

  • la seconde majeure ou mineure et ses redoublements ;
  • la septième majeure ou mineure et ses redoublements ;
  • tout intervalle augmenté ou diminué et ses redoublements.

Différents types de mouvements harmoniques

Il existe quatre cas de mouvements harmoniques : le mouvement oblique, le mouvement contraire, le mouvement direct et le mouvement parallèle.

Mouvement oblique

Un mouvement oblique est un mouvement harmonique se réalisant lorsqu'une partie reste en place tandis que l'autre se déplace (c'est-à-dire, monte ou descend). Ce mouvement permet pratiquement d'amener n'importe quel intervalle harmonique. C'est par ailleurs le seul mouvement harmonique qui permette de préparer strictement une dissonance en faisant entendre une de ses notes dans l'intervalle harmonique précédent.

Le mouvement oblique est le procédé harmonique le plus ancien : son origine étant très certainement antérieure au Moyen Âge, il constitue en quelque sorte la préhistoire de la polyphonie. Les bourdons de certains instruments traditionnels (cornemuse, biniou, chabrette, vielle à roue, etc.) sont une illustration du mouvement oblique.

  • Exemples :

Mouvement parallèle

Un mouvement parallèle est un mouvement harmonique se réalisant lorsque les deux parties se déplacent dans le même sens (c'est-à-dire, lorsque toutes deux montent, ou toutes deux descendent) et que le chiffre de l'intervalle harmonique entre les deux parties reste identique. En principe, ce mouvement ne convient qu'aux consonances imparfaites.

Le mouvement parallèle, généralement considéré comme la polyphonie primitive, vient s'ajouter au mouvement contraire entre le IXe et le XIe siècle. Dans le mouvement parallèle, la mélodie d'accompagnement n'a pas encore conquis son indépendance, puisqu'elle n'est que l'ombre de la mélodie principale, décalée à une distance constante (un intervalle de même chiffre sépare en effet les deux mélodies). L'intervalle séparant les deux mélodies est tout d'abord la quinte ou la quarte (c'est le procédé de l'organum). Au XIe et XIIe siècle, cet intervalle devient la tierce ou la sixte (c'est le procédé du gymel et du faux-bourdon).

Mouvement direct

Un mouvement direct est un mouvement harmonique se réalisant lorsque les deux parties se déplacent dans le même sens (c'est-à-dire, lorsque toutes deux montent, ou toutes deux descendent) mais que le chiffre de l'intervalle harmonique entre les deux parties change (à la différence du mouvement parallèle). Ce mouvement fait naître de nombreuses observations dans le domaine des consonances parfaites comme dans celui des dissonances.

Le mouvement direct suppose une plus grande indépendance des voix ; il est chronologiquement postérieur au mouvement parallèle.

Mouvement contraire

Un mouvement contraire est un mouvement harmonique se réalisant lorsque les deux parties se déplacent en sens inverse (c'est-à-dire, lorsque l'une monte, et que l'autre descend). Ce mouvement convient également à tous les intervalles harmoniques sauf les consonances parfaites consécutives.

À partir de l'utilisation du mouvement contraire, les différentes voix deviennent indépendantes : c'est, à la fin du XIIe siècle, la véritable naissance du contrepoint, ancêtre de l'harmonie tonale.

  • Exemples :
Si les deux intervalles harmoniques successifs déterminés par un mouvement harmonique sont de même chiffre (par exemple, deux tierces consécutives, ou encore deux quintes consécutives, etc.), on a normalement affaire à un mouvement parallèle. Cependant, il peut s'agir également d'un mouvement contraire : dans ce cas, l'un au moins des deux intervalles harmoniques est redoublé.

  • Lorsque deux parties quelconques, progressent par mouvement contraire, chacune vers la note de l'autre partie, on dit qu'il y a échange. Un échange peut avoir lieu, avec note commune (exemples A & B), ou bien sans (exemples C & D), et peut se faire soit à l'octave (exemples B & D), soit à l'unisson (exemples A & C). Un échange à l'unisson provoque un croisement entre les parties concernées (exemples A & C). Exemples :
  • Réalisation du mouvement harmonique

    Les consonances imparfaites (auxquelles on ajoute la quarte juste lorsque celle-ci n'est pas à la basse) ne posent pas de difficulté particulière de réalisation, puisqu'elles peuvent être amenées par n'importe quel mouvement harmonique. Au contraire, les consonances parfaites et les dissonances doivent respecter un certain nombre de contraintes.

    Consonances parfaites consécutives

    Les consonances parfaites consécutives doivent être évitées, que ce soit par mouvement parallèle, ou par mouvement contraire.

    Bien entendu, le redoublement à l'octave ou à l'unisson d'une partie quelconque (une partie extrême le plus souvent) afin de renforcer celle-ci, ne doit pas être considéré comme fautif.

    • Les quintes justes consécutives sont interdites quant à elles, à cause de la dureté produite. Par mouvement contraire, elles sont plus difficiles à déceler : elles sont d'ailleurs souvent surnommées « quintes cachées » pour cette raison (exemple G).

    • Un changement de position de l'accord, peut faire apparaître des quintes ou des octaves consécutives fautives (exemple H), c'est pourquoi, lorsqu'on fait évoluer une partie, il convient de surveiller les intervalles harmoniques qui se produisent avec les autres parties qui restent en place. On admet toutefois deux quintes ou octaves consécutives résultant d'un changement de position de l'accord si elles ne se produisent pas sur la même mesure, et si la deuxième n'est pas placée sur le temps fort (exemple I).

    • Exemples :

    Consonances parfaites par mouvement direct

    L'unisson juste direct doit toujours être évité. La seule exception tolérée est celle qui se produit entre la basse et le ténor qui atteignent la tonique à l'unisson dans une cadence parfaite, par mouvement ascendant (exemple J). Pour éviter toute faute de consonance parfaite par mouvement direct, il convient de surveiller l'intervalle harmonique qui précède le changement d'accord. En effet, en cas de simple changement de position, les quintes et octaves directes sont permises, seul l'unisson direct est prohibé (exemple K).

    Les octaves et quintes justes directes sur changement d'accord peuvent être permises sous certaines conditions, conditions qui sont plus sévères si l'intervalle en question se produit entre les parties extrêmes. 
    
    Rappelons que les règles suivantes ne concernent que les octaves et les quintes justes. Les quintes augmentées et diminuées peuvent être introduites par mouvement direct.

    Quintes directes permises

    • Entre parties extrêmes :
    - sur les trois meilleurs degrés quand la partie supérieure procède par mouvement conjoint ;
    - sur tous les degrés si la partie supérieure procède par seconde mineure descendante.
    • Entre partie intermédiaire et partie quelconque, sur tous les degrés :
    - si l'une des deux parties procède par mouvement conjoint ;
    - même par mouvement disjoint dans les deux parties, si l'une des deux notes formant la quinte est commune aux deux accords qui s'enchaînent.

    Octaves directes permises

    • Entre parties extrêmes :
    - sur les trois meilleurs degrés, si la partie supérieure procède par mouvement conjoint.
    • Entre partie intermédiaire et partie quelconque, sur tous les degrés :
    - si l'une des deux parties procède par mouvement conjoint ;
    - même par mouvement disjoint dans les deux parties, mais en montant seulement, si la note de l'octave est commune aux deux accords qui s'enchaînent.

    Intervalles dissonants

    Le mot dissonance désigne à la fois un intervalle et une note. On entend en effet par dissonance, d'une part l'intervalle mélodique dissonant placé sur une fondamentale, d'autre part, et plus précisément, la note dissonante, qui, avec cette fondamentale, forme l'intervalle dissonant en question.

    Toute note dissonante est une note attractive qui doit être envisagée comme partie intégrante d'un mouvement mélodique obligé.

    Le mouvement harmonique est constitué d'une alternance de moments de tension et de moments de détente, chaque moment de tension appelant son propre moment de détente.
    • La préparation est la façon d'amener une dissonance (introduction de la tension).
    • La résolution est la transformation de cette dissonance (retour à la détente) généralement en une nouvelle consonance.

    La préparation et la résolution des
    notes étrangères seront étudiées en détail dans les articles qui leur sont consacrés.

    Préparation d'une dissonance

    Préparer une dissonance signifie faire entendre la note dissonante à la même hauteur, en tant que fondamentale, tierce ou quinte de l'accord précédent. Par conséquent, la préparation stricte d'un intervalle dissonant se fait exclusivement par mouvement oblique.

    Il est en effet possible d'enchaîner deux quintes augmentées ou diminuées parallèles. Il est également possible d'enchaîner deux quintes parallèles et par mouvement conjoint si la deuxième est diminuée, mais ceci, jamais avec la basse, et de préférence entre parties intermédiaires.

    Résolution d'une dissonance

    Comme toute note attractive, une dissonance doit être résolue, régulièrement ou irrégulièrement, même si elle n'a pas été strictement préparée. Cette résolution revêt toujours le caractère d'une impérieuse nécessité.

    Que la résolution soit régulière ou irrégulière, celle-ci doit se faire de préférence par mouvement oblique ou contraire. La résolution par mouvement direct est cependant admise quand la dissonance appartient à un accord ayant la dominante pour fondamentale, et à condition que ses les pôles de l'intervalle dissonant soient situés à une distance de septième au moins.

    Articles connexes

    Harmonie

    Solfège

    Musique


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