article sur le Mode (musique tonale), Explication sur le Mode (musique tonale)

Mode (musique tonale) Article, Signification, Explication

Dans la musique tonale, un mode se définit par « l'étendue précise de l'intervalle séparant chaque degré d'une tonalité donnée, de sa tonique ». D'une manière plus pratique (bien que correspondant moins à la réalité musicale), le mode concerne la répartition des intervalles conjoints (c'est-à-dire, intervalles entre degrés voisins) depuis la tonique.

  • Par exemple, selon que l'on prend pour tonique l'un ou l'autre des sept degrés de l'échelle diatonique naturelle (les seules touches blanches du piano), on obtient sept répartitions possibles des tons et des demi-tons, soit, sept modes différents :

Mode de do Ton Ton 1/2 Ton Ton Ton 1/2
Mode de ré Ton 1/2 Ton Ton Ton 1/2 Ton
Mode de mi 1/2 Ton Ton Ton 1/2 Ton Ton
Mode de fa Ton Ton Ton 1/2 Ton Ton 1/2
Mode de sol Ton Ton 1/2 Ton Ton 1/2 Ton
Mode de la Ton 1/2 Ton Ton 1/2 Ton Ton
Mode de si 1/2 Ton Ton 1/2 Ton Ton Ton

  • Dès la Renaissance, ces sept modes, dits modes anciens utilisés dans le Système modal, cesseront progressivement d'être employés au profit des deux modes associés au Système Tonal, le mode majeur et le mode mineur. Les modes anciens seront cependant remis à l'honneur par certains compositeurs à partir de la fin du XIXe siècle.

Depuis le XIIIe siècle, les interprètes prennent l'habitude de corriger la hauteur de certaines notes par un dièse ou un bémol (non noté le plus souvent), ceci, afin d'adoucir un intervalle mélodique ou harmonique, ou, plus tard, de transformer une sous-tonique en sensible. Cette tradition, appelée Musica ficta, a fini par entraîner au XVIe siècle une uniformisation des modes anciens (les échelles musicales utilisées pendant le Moyen Âge). Dès cette époque, en effet, tous les modes finissent plus ou moins par se ressembler, et désormais, le qualificatif de la tierce située entre les Ier et IIIe degrés suffit à indiquer l'un des deux seuls modes possibles : s'il s'agit d'une tierce majeure, le mode est dit majeur, s'il s'agit au contraire d'une tierce mineure, le mode est dit mineur.

Table of contents
1 Mode majeur
2 Mode mineur
3 Articles connexes

Mode majeur

Le mode majeur est dérivé de l'ancien mode de do dont il est l'exacte réplique. Le mode majeur est le mode standard du Système Tonal. Il possède des sonorités gaies et lumineuses, et s'oppose en cela au mode mineur, plus sombre, et plus intériorisé.

  • La gamme de do majeur est donc l'archétype de ce mode :

Mode mineur

Le mode mineur est dérivé de l'ancien mode de la dont il est l'exacte réplique (si l'on fait abstraction des degrés mobiles que nous étudierons ci-après).

Lorsque le mode mineur est parfaitement conforme à l'échelle diatonique naturelle (ou à l'une de ses transpositions), il est généralement appelé mineur naturel. Il convient de noter que ce mode est très peu utilisé tel quel, à cause de son VIIe degré qui est une sous-tonique. Afin que ce degré devienne une sensible, on lui affecte une altération accidentelle. C'est ainsi que l'on obtient le mode mineur classique, que l'on appelle mineur harmonique, parce que sa structure sert à constituer les
accords du Système Tonal. Exemple, la gamme de la mineur harmonique :
On peut remarquer qu'entre le VIe et le VIIe degré du mineur harmonique apparaît une seconde augmentée, intervalle inattendu, et difficile d'intonation. Afin d'éviter de faire entendre cet intervalle surprenant, on procède aux corrections suivantes.

- En montant, c'est-à-dire en allant vers la tonique (la sensible est donc indispensable, et ne peut être modifiée), on affecte une altération ascendante au VIe degré.

- En descendant, on renonce à la sensible (celle-ci n'est nécessaire que lorsqu'elle monte vers la tonique) : le mode mineur redevient alors la copie du mode de la, conforme à l'échelle diatonique.

  • Par ce double aménagement, on obtient le mode mineur mélodique, formes ascendante et descendante, qui évite l'intervalle mélodique de seconde augmentée sans perdre pour autant son caractère tonal. Exemple, la gamme de la mineur mélodique :
Les VIe et le VIIe degrés du mode mineur, susceptibles de voir leur hauteur modifiée, sont appelés pour cette raison : notes mobiles. Le VIe degré élevé (mineur mélodique ascendant) et la sous-tonique (mineur mélodique descendant) doivent être analysés comme des degrés secondaires, le plus souvent, des notes de passage, sans incidence sur l'harmonie. Par ailleurs, la sensible ainsi que le VIe degré élevé sont ordinairement des notes accidentelles parce qu'étrangères à la constitution de l'échelle diatonique.

Mineur mélodique et mineur harmonique ne doivent pas être opposés (ils sont d'ailleurs généralement utilisés simultanément) : il convient au contraire de les considérer comme les « deux formes complémentaires » (l'une, horizontale, l'autre, verticale) du « mode mineur du Système Tonal ».

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Musique


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