Mesure (solfège) Article, Signification, Explication
Dans le solfège, la mesure désigne un type de structure rythmique organisée en une succession de temps (un, deux, trois...) se répétant de manière cyclique, et dont le premier de chaque série est plus fort que les suivants. On définit donc généralement la mesure comme une période comportant « un temps fort (toujours le premier) suivi de X temps faibles ».
- Précisons tout de suite à ce propos que les traditionnelles expressions « temps fort » et « temps faible » ne doivent pas être prises au pied de la lettre. En effet, il serait plus exact de dire que c'est simplement la première pulsation (c'est-à -dire, l'attaque du premier temps) qui est plus accentuée que les autres, et que celle-ci fait naître la mesure, tout comme la pulsation du tempo fait naître le temps, ou encore, comme la sous-pulsation fait naître la partie de temps.
- Il est indispensable de considérer la mesure comme un regroupement de temps, de la même façon que le temps doit être considéré comme le regroupement de parties de temps. Hiérarchiquement, dans le domaine de la durée, le temps est l'unité centrale ; la partie de temps est l'unité inférieure ; la mesure est l'unité supérieure.
A part la question du chiffrage, qui fera l'objet du paragraphe suivant, les principales caractéristiques des mesures sont les barres de mesures, les départs sur temps fort ou temps faibles (crouse ou anacrouse), enfin, la structure et le nombre des temps.
Les barres de mesure sont des barres verticales qui matérialisent sur la partition, les cycles de temps que sont les mesures. Une mesure est donc la période de temps comprise entre deux barres consécutives.
Lorsque la première mesure d'un morceau commence par du silence, on dit que le morceau débute en anacrouse. Dans le cas contraire, on utilise le néologisme crouse pour désigner un morceau dont la première mesure commence par une note.
Selon le nombre de temps inclus dans la mesure, on peut distinguer les types suivants.
D'ordinaire, toutes les mesures d'un morceau ont les mêmes caractéristiques : nombre de temps, type de temps (binaire ou ternaire) et valeur choisie pour unité de temps. Ces caractéristiques sont notées au début du morceau sous la forme d'un ensemble de signes appelé chiffrage de la mesure. Si en cours de morceau les caractéristiques d'une mesure changent, on note les nouvelles caractéristiques après une double barre de mesure : ceci a pour nom changement de chiffrage, ou plus simplement, changement de mesure.
Le chiffrage traditionnel se compose le plus souvent de deux nombres (parfois appelés nombres indicateurs) placés l'un au-dessus de l'autre. Il faut considérer que ces deux nombres forment une « fraction (sans la barre horizontale) dont l'unité de valeur est toujours la ronde ». On obtient ainsi, après un rapide calcul, le contenu exact (en figures de notes) de chaque mesure.
Lorsqu'il s'agit d'une mesure simple, la fraction du chiffrage prend en compte les « valeurs égales à l'unité de temps ».
Lorsqu'il s'agit d'une mesure composée, la fraction du chiffrage prend en compte, non plus les valeurs égales à l'unité de temps (comme dans le cas des mesures simples), mais les « valeurs égales au tiers du temps » (ceci, pour de simples raisons arithmétiques : en effet, l'unité de temps d'une mesure composée étant une valeur pointée, celle-ci n'a pas de nombre entier correspondant. Par exemple, la noire pointée vaut les « 3/8 » de la ronde).
Comme on le voit, le chiffrage traditionnel de la mesure est bien compliqué. De plus, il entretient çà et là certaines ambiguïtés. Par exemple, les chiffrages de numérateur « 3 » peuvent être indifféremment considérés soit comme des mesures simples à trois temps, soit comme des mesures composées à un temps. Il existe pourtant un autre moyen d'indiquer les caractéristiques de la mesure, que l'on pourrait qualifier de chiffrage moderne, car son utilisation est relativement récente. Il consiste en un seul chiffre représentant le nombre de temps de la mesure, accompagné d'une petite figure de note (placée indifféremment au-dessus ou au-dessous du chiffre en question) qui représente quant à elle, l'unité de temps. Ce type de chiffrage est à la fois plus rationnel et plus pratique que le chiffrage traditionnel. Il est permis de déplorer que son utilisation se soit insuffisamment répandue chez les compositeurs du XXe siècle.
Un chiffrage à numérateur multiple est un chiffrage particulier dans lequel le numérateur est composé de plusieurs nombres représentant autant de durées différentes (le dénominateur quant à lui, indique une figure de note comme dans le chiffrage habituel).
Un tel chiffrage peut être utilisé pour indiquer une mesure à temps inégaux, appelée parfois mesure asymétrique. Dans le chiffrage suivant par exemple, « 3+2 sur 8 », le numérateur « 3+2 », indique une mesure à deux temps inégaux : le 1er temps est ternaire (unité de temps : la noire pointée), le 2e temps est binaire (unité de temps : la noire) et plus court que le premier.
Dans la pratique, réaliser une mesure, c'est effectuer sa battue, battre la mesure, signifiant marquer par un mouvement du bras, l'ordre et la durée des temps d'un morceau donné.
La théorie concernant le chiffrage traditionnel de la mesure ne coïncide pas toujours avec la pratique musicale. En cas de tempo trop rapide ou trop lent, en effet, il est souvent préférable de compter les mesures d'une manière différente.
Une syncope est une note attaquée sur temps faible et prolongée sur le temps fort suivant. Un contretemps est également une note attaquée sur temps faible, mais qui est suivie d'un temps fort en silence. Notons que syncope et contretemps peuvent également s'articuler, non plus sur un temps faible suivi d'un temps fort, mais sur une partie faible de temps suivie d'une partie forte.
La syncope et le contretemps sont perçus par l'auditeur comme un déplacement de l'accent rythmique attendu. Ils peuvent être considérés comme des éléments rythmiques en conflit avec la mesure. C'est pourquoi un changement de mesure provoque un effet analogue.
Dans le domaine de la musique vocale, les accents naturels ou pulsations, coïncident généralement avec les accents toniques du texte chanté. Mais ce n'est pas toujours le cas. On constate parfois en effet une contradiction entre le rythme de la prosodie et celui du texte musical.
C'est un article concernant le Mesure (solfège). La page contient la signification du Mesure (solfège) , Description et explication au sujet de Mesure (solfège) Principales caractéristiques des mesures
Barres de mesure
Crouse et anacrouse
Cette habitude de notation (première mesure anacrousique et incomplète, complétée par la dernière mesure, incomplète elle aussi) est souvent respectée, même en l'absence de reprise.Nombre et structure des temps de la mesure
La mesure à un temps est-elle vraiment une mesure ? On sait que l'essence même de la mesure est l'alternance de temps forts et de temps faibles. Or, la mesure à un temps ignore cette alternance puisqu'elle ne contient que des temps égaux (dans son cas, le temps se confond avec la mesure !). On peut donc dire que la mesure à un temps est bien une mesure sur la partition à cause de la présence des barres de mesures, mais qu'en même temps, elle n'en est pas une, du point de vue de la perception rythmique. Elle n'est donc en fait le plus souvent qu'un simple repère graphique.
Dans la mesure à quatre temps, le temps fort se répète théoriquement tous les quatre temps. Or en pratique, celui-ci se répète tous les deux temps, comme s'il s'agissait de deux mesures à deux temps consécutives.
Les mesures dont les temps sont binaires (c'est-à -dire, représentés par une valeur simple) sont appelées mesures simples ; les mesures dont les temps sont ternaires (c'est-à -dire, représentés par une valeur pointée, ou encore, composée) sont appelées mesures composées. Chiffrage traditionnel des mesures
Signification générale du chiffrage
Pour résumer, on peut dire que le nombre supérieur (le numérateur de la fraction) représente une « quantité », tandis que le nombre inférieur (le dénominateur de la fraction) représente une « figure de note ».
- 1 représente la ronde ;
Mais ces nombres (numérateur et dénominateur) n'ont pas la même signification du point de vue des caractéristiques de la mesure, selon qu'on a affaire à une mesure simple ou à une mesure composée. Par ailleurs, il existe un type particulier de chiffrage n'appartenant ni à la famille des mesures simples, ni à celle des mesures composées : le chiffrage à numérateur multiple.Chiffrage des mesures simples
- le dénominateur 1 indique la ronde, pour unité de temps ;
Chiffrage des mesures composées
- le dénominateur 2 indique la ronde pointée, pour unité de temps ;
Chiffrage à numérateur multiple
Réalisation pratique des mesures
Cette réalisation soulève parfois quelques difficultés pratiques et appelle à l'occasion quelques remarques particulières. Regroupement et décomposition de la mesure
Syncopes et contretemps
Mesure et texte chanté
Précisons que ces trois exemples de notation ne concernent que le lecteur/exécutant : si le morceau est chanté a capella (c'est-à -dire, sans accompagnement instrumental), et si l'accentuation des temps forts est réalisée sans exagération, l'auditeur, lui, ne perçoit aucune différence entre ces trois possibilités. Articles connexes
Concernant le rythme
Concernant le solfège
Concernant la musique
