article sur le Mesure (solfège), Explication sur le Mesure (solfège)

Mesure (solfège) Article, Signification, Explication

Dans le solfège, la mesure désigne un type de structure rythmique organisée en une succession de temps (un, deux, trois...) se répétant de manière cyclique, et dont le premier de chaque série est plus fort que les suivants. On définit donc généralement la mesure comme une période comportant « un temps fort (toujours le premier) suivi de X temps faibles ».

  • Précisons tout de suite à ce propos que les traditionnelles expressions « temps fort » et « temps faible » ne doivent pas être prises au pied de la lettre. En effet, il serait plus exact de dire que c'est simplement la première pulsation (c'est-à-dire, l'attaque du premier temps) qui est plus accentuée que les autres, et que celle-ci fait naître la mesure, tout comme la pulsation du tempo fait naître le temps, ou encore, comme la sous-pulsation fait naître la partie de temps.

Les qualificatifs fort et faible (concernant les temps, ou mieux, les différentes pulsations) sont contestés à juste titre par de nombreux théoriciens. En effet, certains instruments tels que l'orgue, sont tout à fait incapables de produire une différence d'intensité sur certains temps. Cependant, de tels instruments nous permettent bien de sentir les temps forts de tel ou tel morceau. Donc, s'il ne s'agit pas d'intensité, de quoi est-il question ? Il semble qu'avant toute chose, l'auditeur perçoive la structure générale des phrases musicales et de leurs enchaînements, qui très souvent obéissent aux règles du phrasé et de la carrure. Cette carrure indique à l'auditeur les divers mouvements périodiques s'imbriquant les uns dans les autres, et déclenche chez lui la conscience d\'une alternance de temps différemment accentués. On peut donc dire que le temps fort d'une mesure n'est pas nécessairement produit par l'interprète (par un geste sonore plus intense), mais plutôt qu'il est ressenti par l'auditeur réceptif à l'organisation du discours musical. Ajoutons pour terminer sur ce point, que les paramètres mélodiques et harmoniques participent eux aussi à cette perception. Quoi qu'il en soit, faute de terminologie plus adéquate, nous conserverons dans cet article les appellations traditionnelles de temps fort et de temps faible.

Il peut arriver en outre que l'opposition temps fort / temps faible ne corresponde pas à la théorie. Par exemple, le rythme d'un récitatif est relativement libre : il doit en effet suivre celui du langage ; par conséquent, sa mesure (traditionnellement notée en 4/4), n'existe que sur le papier, matérialisée par les barres de mesures qui constituent un artifice graphique participant à la clarté de la partition.

  • Il est indispensable de considérer la mesure comme un regroupement de temps, de la même façon que le temps doit être considéré comme le regroupement de parties de temps. Hiérarchiquement, dans le domaine de la durée, le temps est l'unité centrale ; la partie de temps est l'unité inférieure ; la mesure est l'unité supérieure.

Table of contents
1 Principales caractéristiques des mesures
2 Chiffrage traditionnel des mesures
3 Réalisation pratique des mesures
4 Articles connexes

Principales caractéristiques des mesures

A part la question du chiffrage, qui fera l'objet du paragraphe suivant, les principales caractéristiques des mesures sont les barres de mesures, les départs sur temps fort ou temps faibles (crouse ou anacrouse), enfin, la structure et le nombre des temps.

Barres de mesure

Les barres de mesure sont des barres verticales qui matérialisent sur la partition, les cycles de temps que sont les mesures. Une mesure est donc la période de temps comprise entre deux barres consécutives.

Les barres de mesure ne sont employées que depuis la fin du XIVe siècle.

Une double barre est généralement utilisée pour indiquer la fin d'un morceau de musique. La deuxième ligne verticale de la double barre de fin est généralement grasse.

Il existe une autre double barre composée de deux traits fins (appelée double barre de séparation) : celle-ci a pour fonction d'attirer l'attention sur une particularité, telle que changement de partie au cours d'un morceau, changement d'armure, ou encore, changement de mesure...

  • Exemples de barres de mesures :

Crouse et anacrouse

Lorsque la première mesure d'un morceau commence par du silence, on dit que le morceau débute en anacrouse. Dans le cas contraire, on utilise le néologisme crouse pour désigner un morceau dont la première mesure commence par une note.

Cette habitude de notation (première mesure anacrousique et incomplète, complétée par la dernière mesure, incomplète elle aussi) est souvent respectée, même en l'absence de reprise.

Nombre et structure des temps de la mesure

Selon le nombre de temps inclus dans la mesure, on peut distinguer les types suivants.

La mesure à un temps est-elle vraiment une mesure ? On sait que l'essence même de la mesure est l'alternance de temps forts et de temps faibles. Or, la mesure à un temps ignore cette alternance puisqu'elle ne contient que des temps égaux (dans son cas, le temps se confond avec la mesure !). On peut donc dire que la mesure à un temps est bien une mesure sur la partition à cause de la présence des barres de mesures, mais qu'en même temps, elle n'en est pas une, du point de vue de la perception rythmique. Elle n'est donc en fait le plus souvent qu'un simple repère graphique.

  • La mesure à deux temps, qui contient un temps fort suivi d'un temps faible.

  • La mesure à trois temps, qui contient un temps fort suivi de deux temps faibles.

  • La mesure à quatre temps, qui contient un temps fort suivi de trois temps faibles.

Dans la mesure à quatre temps, le temps fort se répète théoriquement tous les quatre temps. Or en pratique, celui-ci se répète tous les deux temps, comme s'il s'agissait de deux mesures à deux temps consécutives.

Il y a donc une contradiction entre la théorie (Fort/faible/faible/faible) et la pratique (Fort/faible/Fort/faible) : en d'autres termes, le troisième temps d'une mesure à quatre temps est-il fort ou bien faible ? Il n'y a pas de réponse absolument précise, mais les musiciens s'accordent généralement pour dire que ce troisième temps est moyennement fort, de manière à accorder la théorie à la pratique.

De la même façon, les mesures à cinq temps ou davantage, ne sont en fait dans la pratique que des combinaisons de mesures à deux ou trois temps. Par exemple, la mesure à cinq temps peut être comprise comme une mesure 3+2 ou encore 2+3 ; la mesure à six temps, comme une mesure 2+2+2 ou encore 3+3 ; la mesure à sept temps, comme une mesure 2+2+3, ou bien, 2+3+2, ou encore 3+2+2, etc.

  • La mesure à cinq temps, qui contient un temps fort suivi de quatre temps faibles.

  • etc.

Les mesures dont les temps sont binaires (c'est-à-dire, représentés par une valeur simple) sont appelées mesures simples ; les mesures dont les temps sont ternaires (c'est-à-dire, représentés par une valeur pointée, ou encore, composée) sont appelées mesures composées.

Il serait plus juste de dire mesures à temps simples et mesures à temps composés, mais l'usage a consacré ces deux expressions mesures simples et mesures composées.

Chiffrage traditionnel des mesures

D'ordinaire, toutes les mesures d'un morceau ont les mêmes caractéristiques : nombre de temps, type de temps (binaire ou ternaire) et valeur choisie pour unité de temps. Ces caractéristiques sont notées au début du morceau sous la forme d'un ensemble de signes appelé chiffrage de la mesure. Si en cours de morceau les caractéristiques d'une mesure changent, on note les nouvelles caractéristiques après une double barre de mesure : ceci a pour nom changement de chiffrage, ou plus simplement, changement de mesure.

Lorsqu'un morceau est structuré sur une alternance (régulière ou non) de deux mesures différentes, (par exemple, un 3/4 qui alterne avec un 4/4), plutôt que d'alourdir la partition par de nombreux changements de chiffrage, on préfère généralement noter un double chiffrage au début (dans notre exemple, 3/4 et 4/4) indiquant l'alternance possible entre les deux types de mesure.

Signification générale du chiffrage

Le chiffrage traditionnel se compose le plus souvent de deux nombres (parfois appelés nombres indicateurs) placés l'un au-dessus de l'autre. Il faut considérer que ces deux nombres forment une « fraction (sans la barre horizontale) dont l'unité de valeur est toujours la ronde ». On obtient ainsi, après un rapide calcul, le contenu exact (en figures de notes) de chaque mesure.

On trouve cependant parfois un seul nombre, soit encore, un signe en forme de « C » ou de « C barré ». Le plus souvent, le « C » renvoie au chiffrage traditionnel 4/4, le « C barré » renvoie au chiffrage traditionnel 2/2 et un nombre tout seul indique le nombre de temps de la mesure, sans davantage de précisions.

Le chiffrage d'une mesure est toujours énoncé en commençant par le nombre supérieur. Par exemple, les chiffrages 3/4, 5/2 et 12/8, seront respectivement énoncés « trois quatre », « cinq deux » et « douze huit ».

Pour résumer, on peut dire que le nombre supérieur (le numérateur de la fraction) représente une « quantité », tandis que le nombre inférieur (le dénominateur de la fraction) représente une « figure de note ».

  • Ainsi, au dénominateur :

- 1 représente la ronde ;
- 2 représente la blanche (soit une demi-ronde) ;
- 4 représente la noire (soit un quart de ronde) ;
- 8 représente la croche (soit un huitième de ronde) ;
- 16 représente la double croche (soit un seizième de ronde) ;
- etc.

  • Par exemple, 2/4 signifie « une mesure à deux noires », 3/2, « une mesure à trois blanches », 6/8, « une mesure à six croches », etc.

Mais ces nombres (numérateur et dénominateur) n'ont pas la même signification du point de vue des caractéristiques de la mesure, selon qu'on a affaire à une mesure simple ou à une mesure composée. Par ailleurs, il existe un type particulier de chiffrage n'appartenant ni à la famille des mesures simples, ni à celle des mesures composées : le chiffrage à numérateur multiple.

Chiffrage des mesures simples

Lorsqu'il s'agit d'une mesure simple, la fraction du chiffrage prend en compte les « valeurs égales à l'unité de temps ».

- le dénominateur 1 indique la ronde, pour unité de temps ;
- le dénominateur 2 indique la blanche, pour unité de temps ;
- le dénominateur 4 indique la noire, pour unité de temps ;
- le dénominateur 8 indique la croche, pour unité de temps ;
- etc.

  • Chiffrage traditionnel des mesures simples :

Chiffrage des mesures composées

Lorsqu'il s'agit d'une mesure composée, la fraction du chiffrage prend en compte, non plus les valeurs égales à l'unité de temps (comme dans le cas des mesures simples), mais les « valeurs égales au tiers du temps » (ceci, pour de simples raisons arithmétiques : en effet, l'unité de temps d'une mesure composée étant une valeur pointée, celle-ci n'a pas de nombre entier correspondant. Par exemple, la noire pointée vaut les « 3/8 » de la ronde).

- le dénominateur 2 indique la ronde pointée, pour unité de temps ;
- le dénominateur 4 indique la blanche pointée, pour unité de temps ;
- le dénominateur 8 indique la noire pointée, pour unité de temps ;
- le dénominateur 16 indique la croche pointée, pour unité de temps ;
- etc.

  • Chiffrage traditionnel des mesures composées :

Comme on le voit, le chiffrage traditionnel de la mesure est bien compliqué. De plus, il entretient çà et là certaines ambiguïtés. Par exemple, les chiffrages de numérateur « 3 » peuvent être indifféremment considérés soit comme des mesures simples à trois temps, soit comme des mesures composées à un temps. Il existe pourtant un autre moyen d'indiquer les caractéristiques de la mesure, que l'on pourrait qualifier de chiffrage moderne, car son utilisation est relativement récente. Il consiste en un seul chiffre représentant le nombre de temps de la mesure, accompagné d'une petite figure de note (placée indifféremment au-dessus ou au-dessous du chiffre en question) qui représente quant à elle, l'unité de temps. Ce type de chiffrage est à la fois plus rationnel et plus pratique que le chiffrage traditionnel. Il est permis de déplorer que son utilisation se soit insuffisamment répandue chez les compositeurs du XXe siècle.

Chiffrage à numérateur multiple

Un chiffrage à numérateur multiple est un chiffrage particulier dans lequel le numérateur est composé de plusieurs nombres représentant autant de durées différentes (le dénominateur quant à lui, indique une figure de note comme dans le chiffrage habituel).

Un tel chiffrage peut être utilisé pour indiquer une mesure à temps inégaux, appelée parfois mesure asymétrique. Dans le chiffrage suivant par exemple, « 3+2 sur 8 », le numérateur « 3+2 », indique une mesure à deux temps inégaux : le 1er temps est ternaire (unité de temps : la noire pointée), le 2e temps est binaire (unité de temps : la noire) et plus court que le premier.

Lorsqu'on a affaire à une mesure asymétrique, la traditionnelle notion de tempo (battement régulier) n'a évidemment plus de sens. Certains compositeurs tels que Béla Bartók ont utilisé ce type de structure rythmique dans leurs adaptations des musiques traditionnelles d'Europe centrale, mais les mesures asymétriques restent des cas exceptionnels en musique classique.

Réalisation pratique des mesures

Dans la pratique, réaliser une mesure, c'est effectuer sa battue, battre la mesure, signifiant marquer par un mouvement du bras, l'ordre et la durée des temps d'un morceau donné.

  • Quel que soit le nombre de temps de la mesure, la battue obéit aux mêmes principes : premier temps, vers le bas (selon un plan vertical), dernier temps, vers le haut (selon un plan vertical), temps intermédiaires (le 2e d'une mesure à trois temps, le 2e et le 3e d'une mesure à quatre temps, etc.) sur le côté (selon un plan horizontal).

  • Or, la plupart des instruments sollicitent les deux mains, et de ce fait, ne permettent pas de battre la mesure pendant l'exécution d'un morceau. En effet, seuls le chef d'orchestre, le chanteur ou tout musicien en train de solfier, ont matériellement la possibilité de battre la mesure.

  • La réalisation pratique de la mesure doit donc se faire en deux phases : tout d'abord, elle doit être effectivement battue pour soutenir le déchiffrage du texte musical, ensuite elle doit s'intégrer à l'exécution grâce à l'imagination motrice du musicien, sans que ce dernier n'ait besoin de matérialiser la mesure par un geste autre que son geste musical.

Cette réalisation soulève parfois quelques difficultés pratiques et appelle à l'occasion quelques remarques particulières.

Regroupement et décomposition de la mesure

La théorie concernant le chiffrage traditionnel de la mesure ne coïncide pas toujours avec la pratique musicale. En cas de tempo trop rapide ou trop lent, en effet, il est souvent préférable de compter les mesures d'une manière différente.

Syncopes et contretemps

Une syncope est une note attaquée sur temps faible et prolongée sur le temps fort suivant. Un contretemps est également une note attaquée sur temps faible, mais qui est suivie d'un temps fort en silence. Notons que syncope et contretemps peuvent également s'articuler, non plus sur un temps faible suivi d'un temps fort, mais sur une partie faible de temps suivie d'une partie forte.

  • Exemple de syncopes et de contretemps :

La syncope et le contretemps sont perçus par l'auditeur comme un déplacement de l'accent rythmique attendu. Ils peuvent être considérés comme des éléments rythmiques en conflit avec la mesure. C'est pourquoi un changement de mesure provoque un effet analogue.

  • Les deux morceaux suivants par exemple, sont sensiblement perçus de la même façon par l'auditeur :

Mesure et texte chanté

Dans le domaine de la musique vocale, les accents naturels ou pulsations, coïncident généralement avec les accents toniques du texte chanté. Mais ce n'est pas toujours le cas. On constate parfois en effet une contradiction entre le rythme de la prosodie et celui du texte musical.

  • Prenons en guise d'exemple le motif initial de la chanson « En passant par la Lorraine ». Nous constatons tout d'abord que cette chanson traditionnelle évoque un rythme de marche : nous pouvons donc supposer qu'elle nécessite une notation de type mesure à deux (ou quatre) temps. Cependant, le texte du motif qui nous intéresse comporte trois accents toniques, respectivement placés sur les syllabes sant, rai et bots : il serait donc souhaitable que ces trois syllabes accentuées coïncident avec les temps forts de la mesure choisie.

  • Or, on remarque dans les trois exemples ci-dessous que le début de cette chanson peut être noté de différentes manières selon qu'on donne la priorité à l'identité de la mesure, ou au placement exact des accents toniques sur les temps forts :

  • L'exemple A, de nature crousique, place sur temps fort la seule syllabe tonique bots. L'exemple B, de nature anacrousique lui, place sur temps forts les seules syllabes sant et rai ; il fait apparaître par ailleurs une syncope sur la syllabe bot. L'exemple C, place sur temps forts toutes les syllabes toniques de la phrase musicale (c'est donc, de ce point de vue, la meilleure de ces trois notations), mais présente l'inconvénient de faire apparaître des changements de mesures, et donc, est incompatible avec l'idée de la marche.

Précisons que ces trois exemples de notation ne concernent que le lecteur/exécutant : si le morceau est chanté a capella (c'est-à-dire, sans accompagnement instrumental), et si l'accentuation des temps forts est réalisée sans exagération, l'auditeur, lui, ne perçoit aucune différence entre ces trois possibilités.

Articles connexes

Concernant le rythme

Concernant le solfège

Concernant la musique


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