article sur le Martin Heidegger, Explication sur le Martin Heidegger

Martin Heidegger Article, Signification, Explication

          

Martin Heidegger est un philosophe allemand né à Messkirch, le 26 septembre 1889 et mort le 26 mai 1976 à Fribourg-en-Brisgau. Il a été influencé par Hölderlin, Kierkegaard, Nietzsche et Husserl. Il eut notamment pour élèves Hannah Arendt, Emmanuel Lévinas et Hans-Georg Gadamer, tout en exerçant aussi une influence sur des philosophes tels que Jean-Paul Sartre et Maurice Merleau-Ponty.

Table of contents
1 Biographie
2 Doctrine
3 Bibliographie
4 Citations
5 Liens externes

Biographie

Né le 26 septembre 1889 à Messkirch (Allemagne), Heidegger devient en 1915 l'assistant de Husserl. Il entretint une liaison avec Hannah Arendt pendant que celle-ci faisait son doctorat. Pendant la période nazie, il prit sa carte du Parti Nazi et accepta de rester à son poste et d'être recteur de l'Université de Fribourg-en-Brisgau, poste qu'il occupa une année, malgré l'application des lois d'épuration raciale qui entrainèrent la déchéance ou le départ de ses collègues juifs et de son ancien maître, Husserl. Considéré comme un théoricien trop éloigné des exigences du moment, il eut quelques difficultés pour publier. Détenteur de sa carte du Parti Nazi jusqu'en 1945 il réapparaîtra aux yeux du public en 1947 avec La lettre sur l'humanisme originellement adressée à Jean Beaufret. Heidegger ne donna jamais d'explications sur son implication dans le nazisme. Il n'était manifestement ni antisémite, ni un admirateur de Hitler, mais il exprima une certaine sympathie pour certains aspects du nazisme.

Il meurt le 26 mai 1976, dans son village natal.

Doctrine

Être et temps

Son œuvre la plus importante est Être et temps (Sein und Zeit, 1927), conçue comme une première partie d'un projet qui ne fut pas mené à terme. Cette œuvre marque un tournant important de la philosophie continentale ; c'est en partie sous son influence que se développent l'existentialisme et la déconstruction.
Cette œuvre pose la question du sens de l'être, question fondamentale de l'ontologie, défini par Aristote comme étant la question de l'être en tant qu'être. Pour Heidegger, cette question, qui est tombée dans l'oubli et la trivialité (la tradition philosophie qu'il faudra détruire), doit être reposée à la lumière du Dasein, étant privilégié parmi les étants :

« Le Dasein est un étant qui ne se borne pas à apparaître au sein de l’étant. Il possède bien plutôt le privilège ontique suivant : pour cet étant, il y va en son être de cet être. [...] La compréhension de l’être est elle-même une déterminité d’être du Dasein. Le privilège ontique du Dasein consiste en ce qu’il est ontologique. » (Être et temps)

Pour le reformuler dans un langage plus clair, l'homme, en tant qu'il est un être, a toujours déjà une certaine idée de l'être, idée que l'on ne peut assimiler à la connaissance qu'il peut avoir des choses (des étants). Cette dernière connaissance est dite ontique, elle concerne les sciences, et n'interroge pas les présupposés de ses relations aux objets, alors que la question de l'être de l'étant est dite ontologique, et même, en tant qu'il s'agit d'interroger le sens de l'être, ''pré-ontologique.

Le Dasein est explicité ainsi par Heidegger :

« [...] ontiquement, le Dasein n’est pas seulement proche, ou même le plus proche — mais nous le sommes même nous-mêmes. »
« L’être lui-même par rapport auquel le Dasein peut se comporter et se comporte toujours d’une manière ou d’une autre, nous l’appelons existence. Et comme la détermination d’essence de cet étant ne peut être accomplie par l’indication d’un quid réal, mais que son essence consiste bien plutôt en ceci qu’il a à chaque fois à être son être en tant que sien, le titre Dasein a été choisi comme expression ontologique pure pour désigner cet étant. »

Le Dasein est donc le rapport d'un étant à lui-même, rapport d'appropriation dont le Dasein est responsable :
« Le Dasein se comprend toujours soi-même à partir de son existence, d’une possibilité de lui-même d’être lui-même ou de ne pas être lui-même. »

Cette compréhension de soi et la prise en charge ou non de son être par le Dasein est appelée existentielle par Heidegger. L'examen des structures de cette existentialité est « la tâche d’une analytique existentiale du Dasein. » Mais en tant que le Dasein est toujours déjà impliqué dans un monde, c'est dans cette analytique que peut être recherchée l’ontologie-fondamentale d'où jaillit toutes les autres ontologie. Ce point est fondamental pour le questionnement du sens de l'être :
« Le Dasein s’est alors dévoilé comme l’étant qui doit d’abord être élaboré ontologiquement pour que le questionnement puisse accéder à la transparence. Mais maintenant il nous est apparu que c’était l’analytique ontologique du Dasein en général qui constituait l’ontologie-fondamentale, donc que le Dasein fonctionnait comme l’étant qui doit fondamentalement et préalablement être interrogé quant à son être.
Lorsque l’interprétation du sens de l’être devient tâche, le Dasein n’est pas seulement l’étant à interroger primairement, il est en outre l’étant qui, en son être, se rapporte toujours déjà à ce qui est en question en cette question. La question de l’être, par suite, n’est rien d’autre que la radicalisation d’une tendance essentielle d’être appartenant au Dasein même, la compréhension préontologique de l’être.»

Mais il ne s'agit pas de faire une anthroplogie complète du Dasein. Selon Heidegger, il suffit pour répondre à la question de l'être, de s'en tenir à comprendre le sens préontologique de cet être qu'est le Dasein. Or, le sens de cet étant est la temporalité dont les structures sont des modes. C'est donc le temps qui est l'horizon de notre compréhension de l'être. Ce temps a reçu des hommes une fonction ontologique discriminante puisqu'il sépare des régions de l'étant (ce qui est dans le temps, ce qui est hors du temps). Mais cette fonction n'a jamais été expliquée et demeure obscure : d'où vient cet usage ontologique du temps ? Expliquer cette problématique du temps, c'est se donner les moyens de traiter la question du sens de l'être, puisque l'être est compris à partir du temps et de ses modalités : l'interprétation de l'être est la compréhension de la temporalité.

Il y a cependant un premier obstacle signalé plus haut : l'oubli de la question de l'être. De quelle manière cet oubli est-il un obstacle ? Pour le comprendre, Heidegger souligne que dans la mesure où le Dasein est temporel, il n'a pas seulement un passé, il est ce passé : l'histoire du Dasein est constitutive de son être. Mais cette historialité du Dasein peut lui être voilée par une tradition autoritaire, qui refuse au Dasein sa capacité de prendre en charge son être propre, y compris son histoire, qui, lorsqu'elle est appropriée de manière authentique (lorsque le Dasein en fait en mode d'être ontique qui lui est propre), constitue la véritable tradition du Dasein. Ainsi est-il nécessaire, pour accéder à la question du sens de l'être, de détruire la tradition ontologique dans laquelle cette question s'est perdue.

Bibliographie

Citations

  • « Toute ontologie, si riche et cohérent que soit le système catégorial dont elle dispose, demeure au fond aveugle et pervertit son intention la plus propre si elle n’a pas commencé par clarifier suffisamment le sens de l’être et par reconnaître cette clarification comme sa tâche fondamentale. » (Être et temps)
  • « La philosophie ne peut jamais d'une façon immédiate apporter les forces, ni créer les formes d'action et les conditions, qui suscitent une situation historique, ceci déjà pour la simple raison qu'elle ne concerne jamais immédiatement qu'un petit nombre d'hommes. » (Introduction à la métaphysique)

Liens externes


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