article sur le Lubrifiant, Explication sur le Lubrifiant

Lubrifiant Article, Signification, Explication

Ce texte est une partie de l'article tribologie. L'article relatif Ă  l'anatomie se nomme lubrifiant anatomique.

Table of contents
1 Généralités
2 Classification des lubrifiants
3 Huiles de lubrification
4 Les graisses lubrifiantes
5 Lubrifiants solides
6 Vernis de glissement
7 Problèmes sanitaires et d'environnement (à compléter par un spécialiste !)

Généralités

De nos jours il ne suffit plus de « mettre un peu de gras » pour faire fonctionner les machines. Le graissage est devenu une science, pas toujours exacte certes, mais dont tout mécanicien se doit de connaître au moins les rudiments.

Fonctions des lubrifiants

Elles sont multiples :

  • diminuer les frottements et les rĂ©sistances passives dans les machines, amĂ©liorer leur rendement et Ă©conomiser l'Ă©nergie,
  • protĂ©ger les organes lubrifiĂ©s contre les diverses formes de corrosion et d'usure, donc contribuer Ă  leur longĂ©vitĂ©,
  • Ă©vacuer la chaleur produite dans les moteurs ou lors de l'usinage, favoriser l'Ă©quilibre thermique des machines,
  • amĂ©liorer l'Ă©tanchĂ©itĂ© vis-Ă -vis des gaz, des liquides ou des poussières,
  • Ă©liminer les impuretĂ©s et les dĂ©bris d'usure,
  • transmettre de l'Ă©nergie ou de la chaleur,
  • assurer l'isolation Ă©lectrique,
  • amĂ©liorer l'Ă©tat de surface des pièces usinĂ©es,
  • ...

Choix d'un lubrifiant

C'est une question très complexe et l'on peut dire qu'à chaque sorte de contact mécanique correspond une composition de lubrifiant optimale (ou moins mauvaise que les autres ...) et une façon de la mettre en œuvre. À la limite, s'il existe dans une machine 50 sortes de contacts différents, il faudrait idéalement utiliser 50 lubrifiants différents, et l'on devine facilement l'étendue des problèmes pratiques que cela peut poser.

Il serait vain et prématuré de dresser ici une liste des paramètres qui doivent être pris en considération, car il en existe des centaines. On trouvera des exemples dans l'article détaillé consacré aux applications de la tribologie.

On ne lubrifie pas dans les mêmes conditions les organes d'une machine produite en très grande série, comme une automobile, et les roulements spéciaux d'une installation industrielle très spécifique, par exemple ceux des rouleaux sécheurs d'une grosse machine pour la fabrication du papier (8 m de long, 1 m de diamètre, vitesse périphérique 40 km/h, chauffage interne par de la vapeur d'eau, poids de l'ordre de 5 t,...). Dans le premier cas, on fera nécessairement appel à des lubrifiants disponibles dans le commerce, dans le second, on n'hésitera pas à créer une formule très spécifique ... et il est évident que le coût de l'opération n'est pas exactement celui d'une simple vidange).

Le nombre des lubrifiants dans une automobile est beaucoup plus élevé qu'il n'y paraît généralement. L'huile destinée au moteur doit être changée périodiquement, car en dépit de tous les progrès de la chimie, on ne sait pas lui donner la même durée de vie que le moteur. Les huiles destinées à la boîte de vitesses et le cas échéant au pont arrière sont renouvelées beaucoup moins souvent et la tendance actuelle est de lubrifier ces deux éléments « à vie ». Les roulements des roues sont graissés à vie depuis quelques dizaines d'années, de même que ceux des multiples moteurs utilisés pour les essuie-glaces, les ventilateurs, les lève-vitres, etc., et généralement ils le sont avec des graisses différentes. D'autres produits lubrifiants très spécialisés peuvent être rencontrés dans les compresseurs des systèmes de climatisation. En dressant l'inventaire, on arriverait facilement à plusieurs dizaines de produits, mais l'automobiliste lambda ne s'en aperçoit pas, si ce n'est pour la vidange du moteur.

Si l'on raisonne sur un organe particulier, par exemple la boîte de vitesses, on peut conclure qu'il existe un lubrifiant idéal pour chacun des engrenages qui fournissent les différents rapports de vitesses ; ces lubrifiants, selon toute vraisemblance, ne seront pas les meilleurs pour chacun des roulements qui guident les arbres. Evidemment il n'est pas question d'utiliser dix huiles différentes dans une même boîte de vitesses, et c'est la démarche inverse qui s'impose : après que l'on a choisi un des lubrifiants pour boîtes de vitesses disponibles dans le commerce, il faut concevoir les différents engrenages, roulements (pas toujours standard !) et autres composants mobiles pour qu'ils puissent accomplir correctement leur service dans le lubrifiant imposé.

Certains constructeurs automobiles ont été plus loin : sur quelques modèles de leur gamme, ils ont créé des ensembles moteur-boîte-pont lubrifiés avec une seule huile. Celle-ci devenait alors, en quelque sorte, le fil directeur du projet. On peut remarquer que cette solution n'a pas été généralisée, vraisemblablement parce qu'elle posait en fin de compte plus de problèmes qu'elle n'en résolvait.

Dans ce domaine comme en beaucoup d'autres, le choix correct d'un lubrifiant suppose que l'on ait convenablement analysé le problème à résoudre et que l'on connaisse les propriétés des produits disponibles et leurs modes d'action. C'est ce que nous allons nous efforcer de faire dans la suite de cet exposé.

Régimes de lubrification

On passe progressivement du frottement sec à la lubrification « idéale » où un film suffisamment épais sépare complètement les pièces. La transmission des efforts est assurée dans le premier cas par les seules aspérités des surfaces, dans le second par la pression qui règne dans la couche de lubrifiant.

Le frottement immédiat, ou sans lubrifiant, a été envisagé dans les chapitres précédents. Le frottement lubrifié ou médiat est subdivisé en plusieurs régimes différents :

Notions fondamentales

Un lubrifiant est un produit qui satisfait Ă  trois conditions fondamentales :

  • un film doit pouvoir ĂŞtre formĂ© Ă  la surface des pièces,
  • le film formĂ© doit ĂŞtre maintenu au contact,
  • le film formĂ© et maintenu doit se dĂ©former facilement par cisaillement.

Pour des surfaces correctement lubrifiées, le frottement et l'usure apparaissent comme deux grandeurs indépendantes ; par contre, une lubrification médiocre les met en relation directe. Une partie de l'usure provient de l'attaque chimique. Si cette dernière forme des composés faciles à cisailler, les facteurs de frottement faibles iront souvent de pair avec une usure importante. L'utilisation inconsidérée de lubrifiants ou d'additifs susceptibles d'attaquer les surfaces peut entraîner de graves désordres. L'onctuosité est une variable que l'on ne sait pas encore chiffrer et qui qualifie le comportement global des trois matériaux en présence, le lubrifiant et les deux pièces, compte tenu des traitements de surface éventuels et de l'ambiance. Elle caractérise la plus ou moins grande solidité des manteaux protecteurs.

La viscosité sera étudiée plus loin en détail. C'est une propriété fondamentale pour deux raisons aussi essentielles que contradictoires : un bon rendement mécanique impose un lubrifiant très fluide mais la sécurité de fonctionnement liée à l'épaisseur des films superficiels le fait préférer très visqueux !

Classification des lubrifiants

On peut distinguer les lubrifiants selon leur origine, animale, végétale, minérale ou synthétique, ou selon leur présentation, liquide, pâte ou solide.

Lubrifiants d'origine animale

Ils sont constitués essentiellement d'esters résultant de la combinaison d'acides gras avec la glycérine. Ce sont souvent des « ancêtres » mais certains entrent encore dans diverses compositions :

Lubrifiants d'origine végétale

Ce sont en général des combinaisons d'acides gras peu ou pas estérifiés. Certains sont encore largement utilisés en addition dans les huiles de pétrole ou dans les graisses :

  • liquides : huiles semisiccatives (s'Ă©paississant par oxydation) de coton, de colza, huiles non siccatives d'arachide, d'olive, et surtout de ricin intĂ©ressante par sa forte viscositĂ© et la possibilitĂ© de l'utiliser dans une large gamme de tempĂ©ratures.

  • pâteux : huiles de palme, de coco et de coprah, liquides aux tempĂ©ratures tropicales mais pâteuses dans nos rĂ©gions.

  • solides : rĂ©sines et colophanes tirĂ©es du pin, pouvant rĂ©sister Ă  l'eau.

Lubrifiants d'origine minérale

  • liquides : huiles de houille, de schiste, utilisables comme produits de remplacement, et surtout huiles de pĂ©trole.

  • pâteux : vaseline.

  • solides : soufre utilisĂ© autrefois pour sauver les paliers endommagĂ©s, talc, mica, bisulfure de molybdène, graphite, sulfure de plomb, oxyde de zinc.

Lubrifiants d'origine synthétique

  • liquides : silicones, polyglycols, esters phosphoriques, esters aliphatiques, polyolĂ©fines, mĂ©taux liquides.

  • pâteux : verres, borates et oxyde de bore B2O3 (pâteux Ă  chaud), graisses silicones.

  • solides : polyĂ©thylènes, polytĂ©trafluoroĂ©thyène (P.T.F.E.), savons (stĂ©arates de zinc, de calcium, d'aluminium ...), oxyde de plomb PbO, disulfure de tungstène, phtalocyanine, fluorure de graphite, fluorures de calcium, de baryum et de lithium, nitrure de bore.

Incompatibilités et lubrifiants spéciaux

  • compresseurs Ă  oxygène : ils peuvent ĂŞtre lubrifiĂ©s par l'eau, tout les corps inflammable (y compris les mĂ©taux !) pouvant s'enflammer violemment en prĂ©sence d'oxygène sous pression. L'eau est un très mauvais lubrifiant pour les mĂ©taux mais convient parfaitement pour le cuir et certaines matières plastiques.

  • compresseurs Ă  chlore : ce gaz attaque tous les lubrifiants ordinaires et forme avec les hydrocarbures des composĂ©s explosifs (panclastite). L'acide sulfurique parfaitement anhydre, encore appelĂ© huile de vitriol, constitue une solution possible.

  • compresseurs de machines frigorifiques : les fluides frigorigènes (frĂ©ons, foranes ...) prĂ©sentent diverses incompatibilitĂ©s avec les huiles : destruction catalytique mutuelle, dissolution du frigorigène dans le lubrifiant et prĂ©cipitation des paraffines qui forment des bouchons dans les parties froides. On utilise aujourd'hui des huiles Ă  base d'alkylbenzènes.

  • compresseurs de gaz naturels ou synthĂ©tiques comme le chlorure de vinyle : ces gaz sont solubles dans les hydrocarbures et l'on utilise des huiles Ă  base de polyglycols protĂ©gĂ©s de la destruction catalytique.

  • hypercompresseurs d'Ă©thylène pour la fabrication du polyĂ©thylène : le problème vient non seulement des Ă©normes pressions de refoulement utilisĂ©es, 2 500 Ă  3 000 bars, mais aussi de ce que le polyĂ©thylène est utilisĂ© pour emballer les aliments : il faut donc des produits lubrifiants absolument dĂ©pourvus de toxicitĂ©. On utilise les polyglycols, sauf pour le polyĂ©thylène destinĂ© Ă  servir d'isolant Ă©lectrique pour lequel on prĂ©fère, pour ne pas en altĂ©rer les qualitĂ©s diĂ©lectriques, les polyisobutènes.

  • fluides non inflammables : on utilise, entre autres pour le matĂ©riel hydraulique, des huiles Ă©mulsionnĂ©es d'eau, des fluides Ă  base de polyglycols, des esters phosphoriques. La dĂ©pense supplĂ©mentaire n'est pas destinĂ©e Ă  amĂ©liorer le fonctionnement des mĂ©canismes concernĂ©s mais Ă  Ă©viter les incendies.

  • joints d'Ă©tanchĂ©itĂ© : tous les lubrifiants ne conviennent pas pour tous les types de matĂ©riaux. Parmi les incompatibilitĂ©s essentielles, citons caoutchouc butyl et huile de pĂ©trole, Viton et esters phosphoriques de type aviation, caoutchouc Ă©thylènepropylène et hydrocarbures, par contre on peut associer caoutchouc butyl ou Ă©thylènepropylène et esters phosphoriques, Viton et polyglycols.

Huiles de lubrification

Voir l'article détaillé Huile de lubrification.

Les graisses lubrifiantes

Voir l'article détaillé Graisse lubrifiante.

Lubrifiants solides

Voir l'article détaillé Lubrifiant solide.

Vernis de glissement

Voir l'article détaillé Vernis de glissement.

Problèmes sanitaires et d'environnement (à compléter par un spécialiste !)

A priori les lubrifiants d'origine naturelle comme le graphite, le talc, l'huile de colza ou le suif ne posent guère de problèmes pour la santé publique et pour l'environnement, car ils ne sont pas toxiques et ceux qui ne sont pas inertes peuvent être détruits facilement par des voies biologiques.

Il n'en va pas de même avec les huiles de pétrole et surtout avec les multiples produits de synthèse et additifs qui interviennent dans la composition de l'immense majorité des lubrifiants modernes. Il faut aussi, dans bien des cas, tenir compte du fait que la dégradation de lubrifiants non toxiques peut engendrer des composés chimiques dangereux.

Les huiles solubles utilisées pour la coupe des métaux, par exemple, ont longtemps été la cause de maladies professionnelles pour les ouvriers qui étaient amenés à les manipuler. Il s'agissait essentiellement d'émulsions aqueuses contenant un certain pourcentage d'huiles végétales, par exemple de l'huile de colza. Ces huiles finissaient par se décomposer, devenant de véritables bouillons de culture à l'odeur nauséabonde. La contamination par les bactéries pouvait se faire par contact ou par inhalation d'aérosols provenant de l'huile pulvérisée pendant la coupe. L'adjonction de doses massives d'antiseptiques revenait souvent à remplacer un produit dangereux par un autre.

D'énormes quantités de lubrifiants sont répandues chaque année dans l'environnement. Les causes sont multiples :


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