article sur le Littérature du XVIIe siècle, Explication sur le Littérature du XVIIe siècle

Littérature du XVIIe siècle Article, Signification, Explication

Le XVIIe siècle est marqué en littérature par deux courants importants. L'un, plus long et pan-européen, est le mouvement baroque, l'autre, plus francais est moins long (il ne dure qu'un quart de siècle), c'est le classicisme.

Enfin, l'héritage humaniste a aussi donné naissance à un mouvement très controversé mais dont l'influence sera importante, le libertinage.

Table of contents
1 Contexte historique
2 Mouvements artistiques
3 Auteurs et œuvres
4 Bibliographie

Contexte historique

Le XVIIe siècle est représenté en France par le déclin de deux pouvoirs internes au pays : celui du protestantisme (siège de La Rochelle par Richelieu en 1628, révocation de l'Édit de Nantes en 1685) et celui des Grands du royaume (mise en place par Louis XIV de la monarchie absolue de droit divin).

La religion s'affirme. Après la Réforme protestante de Luther, affaiblie, après le désir de libre interprétation du divin, essoufflé, revient en force la culture chrétienne et biblique. Le XVIIe siècle est le siècle de Bossuet, de Pascal, du cardinal de Bérulle, de Saint Vincent de Paul... Les théologiens se réaffirment et des querelles théologiques naissent entre les jésuites et les jansènistes...

Mouvements artistiques

La préciosité

Vers la seconde moitié du XVIIe siècle, un nouveau mode de vie, une nouvelle philosophie naît, c'est la préciosité. Les femmes, principalement, mais on compte aussi des hommes, s'opposant aux manières rustres du
XVIe siècle, et plus particulièrement de la cour d'Henri IV (que l'on surnommait le « Vert Galant » à cause du grand nombre de ses aventures amoureuses), s'opposant aussi à la violence baroque, vont créer ce mouvement pudique et se voulant raffiné à l'extrême.

Les précieux se retrouvent dans des salons (celui de Mademoiseille de Scudéry, par exemple), pour discuter, lire des poèmes ou des extraits d'œuvres, lesquels salons vont influencer les auteurs de cette époque car se crée une vraie littérature de salons. Ce raffinement extrême va inspirer le libertinage (voir plus bas ). Mais la préciosité a aussi influencé la culture des siècles à venir, car les philosophes des Lumières, par exemple, prendront l'habitude de se réunir dans des salons. De plus, les vues linguistiques des précieuses ont aussi influencé la langue française, principalement de deux manières :

  • tout d'abord par un désir de simplification d'une orthographe déjà figée et souvent jugée trop éloignée de la parole, orthographe qui s'avérait difficile pour les femmes, dont l'accès aux études était moins courant et plus limité. Nombre de leurs rectifications ont été retenues par le dictionnaire de l'Académie française qui les a suivies : autheur → auteur, respondre → répondre, aisné → aîné, etc. ;
  • par une création lexicale intense dans le but de désigner le monde de manière pudique (les mots « bas » sont évités, ainsi que ceux dont les sonorités sont jugées cocasses ou sales, comme écu ou conçu). L'usage de périphrases hyperboliques, de métaphores recherchées et de néologismes est notable. Certains des termes précieux sont restés, comme furieusement, s'encanailler ou hardi en parlant d'une couleur mixte (d'un blond hardi). D'autres formules, déjà tournés en dérision au XVIIe siècle (par Molière, notamment) semblent maintenant ridicules : le conseiller des grâces désigne un miroir tandis qu'il faut traduire le visage de l'âme par le discours ou donner dans l'amour permis pour se marier.

On peut donc caractériser l'esprit de ce mouvement par la préciosité des manières, des sentiments, du goût et de la langue. Il faudra cependant se garder de ne conserver de ce mouvement que l'image ridicule que Molière ou Somaize en ont donnée : véritable mouvement littéraire et intellectuel aux vues en avance sur le siècle (un certain féminisme est notable, ou du moins un rejet de l'a priori de la supériorité masculine), il l'a profondément marqué, comme en attestent les marques qu'il a laissées dans la langue française.

Le baroque

La littérature baroque s'inscrit dans un véritable courant artistique baroque tout entier : la peinture, la sculpture, l'architecture ou la décoration sont tout aussi qualifiées de baroque. Il se caractèrise par un luxe de détails, de richesse, laisse souvent libre cours à une sensibilité fantasque et tourmentée, hantée par le pessimisme chrétien (par exemple Jean de Sponde). Les couleurs baroques sont vives, les actions sont violentes. Les plus fameux écrivains baroques sont William Shakespeare en Angleterre et Pierre Corneille en France. En Espagne, il est représenté notamment par le gongorisme.

Le théâtre baroque, quant à lui, a pour caractéristiques :

  1. sa violence. En effet, bien que la violence d'une œuvre soit une appréciation personnelle, le baroque, comparé avec l'autre mouvement littéraire de se siècle, le classicisme, peut être considéré comme violent. On y voit des meurtres, des suicides, des duels sur scène ;
  2. son attrait pour l'illusion. Le monde baroque est constamment remis en question. La vérité est continuellement cachée. Le personnage se trompe sur les autres, mais aussi sur lui-même.

Le baroque est aussi présent dans la poésie. S'inspirant de Pétrarque, les poètes baroques ne sont plus pétrarquistes, comme les humanistes, mais néo-pétrarquistes. La poésie baroque se caractérise par :
  1. des thèmes pessimistes. Le monde néo-pétrarquiste est souvent noir ;
  2. l'analyse de la passion. Les sentiments sont explorés, expliqués, décrits, analysés ;
  3. l'intervention du mythe. Méduse, Prométhée, Médée reviennent souvent dans les œuvres baroques.

Le classicisme

Le classicisme est un mouvement à la fois typiquement francais et très court. En effet, il ne dure que pendant la première partie du règne de
Louis XIV (1661-1685). De la même manière que le baroque, la littérature classique s'incrit dans l'ensemble d'un mouvement artistique. Le but premier de ce mouvement est de concevoir une harmonie dans les approches esthétiques. À cette époque, les écrivains doivent donc se plier à des règles bien précises .

Modèles

  • Aristote. La Poétique d'Aristote a fortement influencé le classicisme : la catharsis, par exemple, est reprise au compte du classicisme ;
  • les sujets bibliques (en poésie, en peinture...), et plus particulièrement la vie de Jésus, servent largement l'inspiration des artistes ;
  • l'histoire antique sert de sujet à de nombreuses tragédies (Britannicus de Racine) ;
  • les mythes grecs et romains, plus particulièrement ceux des Métamorphoses d'Ovide ;
  • le Courtisan de Castiglione sert de base au modèle de l'honnête homme.

Objectifs

Pour les Classiques, tout auteur est un moraliste. Il peut vouloir révéler une vérité pour coriger la société. « Plaire et instruire » était l'un des buts de la littérature classique.

Caractéristiques

Théâtre

Le théâtre revient à la mode, après une éclipse, dès la fin du XVIe siècle (Lope de Vega, Shakespeare, Corneille). Le théâtre classique devait obéir à des règles bien précises, à savoir la règle des trois unités, censée capter l'attention du lecteur, respecter la bienséance (pour ne pas choquer le spectateur) et une certaine vraisemblance : « En un jour, en un lieu, une seule action accomplie ».

Cette règle avait pour but de ne pas fatiguer le spectateur avec des détails superflus, comme le lieu ou la date, afin de lui permettre de se concentrer sur l'intrigue, pour mieux toucher et édifier. Quant au respect de la bienséance, il avait pour but de ne pas choquer le spectateur, souvent des hommes et des femmes de la cour du roi. Ainsi, les meurtres, les suicides des personnages devaient se dérouler en dehors de la scène, un personnage racontant alors l'événement. Toutefois, cette règle a pu nuire à la portée de la pièce sur le spectateur. Exceptions notables : la mort de Phèdre, dans la pièce homonyme de Jean Racine et la folie du personnage d'Andromaque (de Racine également) sont jouées sur scène. La règle de la vraisemblance visait avant tout à toucher le spectateur en lui proposant des histoires qui soient conformes à ses attentes.

Comédie

C'est la comédie de Molière qui dominera toute les autres à cette époque. La comédie tente de corriger les vices des hommes en les divertissant, selon Molière. Dans la comédie, les vices sont tournés en ridicule, car « on veut bien être méchant, mais on ne veut point être ridicule » (Molière).

Molière s'attaque donc aux vices des hommes, ainsi qu'à ses ennemis personnels : les bigots, les faux dévots, l'hypocrisie dans Le Tartuffe, l'avarisme dans L'Avare...

Les caractéristiques de la comédie classique sont:

  • une action contemporaine, se passant dans une famille de la petite bourgeoisie ;
  • trois ou cinq actes, selon que la pièce est longue ou courte ;
  • un registre comique ;
  • un dénouement heureux ;
  • chez Molière surtout, des personnages et des passages inspirés de la commedia dell'Arte (le vieux barbon, le valet astucieux, la bastonnade, par exemple).

Tragédie
Les tragédies du théâtre classique sont surtout représentées par celles de
Pierre Corneille et de Jean Racine. Les auteurs de tragédie, eux aussi, tentent de corriger les vices des hommes, ou plutôt leurs passions, de deux manières : d'abord en montrant les dégâts que peuvent provoquer les passions (dans la tragédie, les passionnés se font tuer, tuent ou se suicident, deviennent fous ─ hors de la scène, par respect de la règle des trois unités).

Deuxièmement, les dramaturges comptent sur la catharsis, ou purgation des passions : les spectateurs d'une tragédie sont ainsi censés expulser les passions en les vivant par procuration.

Quand sa pièce, Bérénice, a été critiquée parce qu'elle ne contenait pas de morts, Racine a contesté le traitement conventionnel de la tragédie. Corneille pratiquait aussi une tragédie à dénouement non sanglant ou tragi-comédie, genre apprécié auparavant mais sorti des mœurs du public depuis. À la même époque, Jean-Baptiste Lully met au point avec Quinault une forme de spectacle hybride, la tragédie en musique ou tragédie lyrique.

Roman
Peu de romans ont été écrits à l'époque classique. La plupart étaient des romans précieux, et obéissaient aux règles de la préciosité, comme La Princesse de Clèves, de Mme de La Fayette.

Autres genres

Auteurs et œuvres

Une formule mnémotechnique permet de se remémorer les auteurs les plus célèbres : « La corneille (Corneille) boit l'eau (Boileau) de la fontaine (La Fontaine) sur les racines (Racine) de la bruyère (La Bruyère) molle hier (Molière) ».

Baroque

Classicisme

Bibliographie

Sur la préciosité :
  • Mireille Huchon, Histoire de la langue française, le Livre de poche, Paris, 2002.
  • Amboise Firmin-Didot, Observations sur l'orthographe, ou ortografie, française depuis le XVe siècle jusqu'à nos jours, 2e édition imprimée et typographiée par Firmin-Didot, Paris, 1860.
  • Antoine Baudeau Somaize, Dictionnaire des précieuses, 1660.

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