Lettres supplémentaires de l'alphabet grec Article, Signification, Explication
Note : en raison de leur rareté et de leur introduction récente dans la norme Unicode (version 4), certains de ces caractères sont rarement inclus dans les polices de caractères, même riches et bien fournies. De plus, il est fréquent que celles-ci se servent d'œilss « faux », notamment pour le koppa.
L'alphabet grec tel qu'on le lit et l'écrit actuellement est le résultat de plusieurs siècles d'évolution. Il n'inclut cependant pas de nombreuses lettres supplémentaires.
En effet, au cours des siècles, cet alphabet s'est « perfectionné » (par le développement de la ponctuation, l'invention puis la régularisation du tracé des minuscules) et a acquis quelques traits particuliers (comme l'existence de variantes contextuelles ─ pour Σ sigma en minuscule : σ ou ς en fin de mot ─, ou de nombreuses ligaturess).
Ce faisant, des lettres fréquentes dans l'Antiquité ont été abandonnées quand en -403 l'un des alphabets grecs a été adopté à Athènes puis s'est imposé de fait dans le monde hellénisant parce que la langue de la Cité, devenue la koinè, n'en avait pas besoin. D'autres caractères (tracés secondaires de certaines lettres et bien ligatures typographiques), utilisés dans les manuscrits puis dans l'imprimerie, ont été éliminés entre le XVIIIe et le XIXe siècle, quand on a voulu, en Grèce, normaliser l'écriture.
Cette liste de caractères « étendus » de l'alphabet grec comprend donc tout à la fois :
- des lettres anciennes abandonnées après l'adoption du modèle ionien en -403 mais souvent attestées en épigraphie (dont l'usage s'est poursuivi, mutatis mutandis, dans la numération alphabétique) :
- une lettre propre au bactrien, langue indo-iranienne écrite en alphabet grec à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand (après le IVe siècle avant notre ère) :
- sho : Ϸϸ /ʃ/,
- des graphies secondaires manuscrites antiques (sur papyrus) ou médiévales (dans des manuscrits) utiles au paléographe :
- sigma lunaire : Ϲϲ,
- lettres archaïques dans leur graphie numérique médiévale encore utilisée :
- des graphies secondaires typographiques, dont des ligatures :
- stigma : Ϛϛ /st/,
- l'abréviation καὶ : ϗ kaì « et » (peut-être une ancienne ligature),
- des variantes libres de certaines lettres (surtout minuscules) parfois tirées de graphies manuscrites cursives (plus ou moins anciennes) ou (prétendument) propres aux usages typographiques de certaines sciences (mathématiques, astronomie) :
- ϐ béta bouclé (pour β ; sert en typographie française de variante contextuelle au tracé commun), ϵ epsilon lunaire et ϶ epsilon lunaire inversé (pour ε) ϴ et ϑ théta ouvert (pour Θ et θ), ϖ pi bouclé (pour π), ϰ kappa cursif (pour κ), ϱ rhô cursif ou bouclé (pour ρ), ϒ, ϓ et ϔ (pour Υ, Ύ et Ϋ), ϕ phi fermé (pour φ),
- des caractères utilisés en philologie comparée et dans l'étude diachronique de la langue grecque servant à transcrire des phonèmes qui n'ont pas été écrits :
- yot : ϳ /j/ (phonème yod indo-européen, souvent transcrit par *y).
- yot : ϳ /j/ (phonème yod indo-européen, souvent transcrit par *y).
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