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Jugement dernier Article, Signification, Explication

comme lien Jugement dernier est une fresque de Michel-Ange située sur le mur de l'autel de la chapelle Sixtine, au Vatican. Michel-Ange le peignit sur commande du pape Jules II, alors qu'il avait 58 ans. Le travail dura 450 jours.

La fresque s'étend sur un vaste mur (20 m de haut, 10 m de large) à forme de double lunette. Il a pour thème le jugement dernier, thème qu'on trouve très fréquemment sur le mur d'entrée des églises à l'époque — on pense que Clément VII, qui décida de l'emplacement, voulait marquer les esprits après le terrible sac de Rome de 1527 par les lansquenets de Charles Quint.

En haut de chaque lunette, les angess tiennent les instruments de la Passion : la croix, la colonne à laquelle le Christ a été attaché. Au centre, sous la jonction des lunettes, se trouve le Christ en majesté, levant le doigt dans la position d'un juge impitoyable. Il est représenté sous les traits d'un jeune homme, avec une carrure d'athlète dont on dit qu'elle est inspirée du torse du Belvédère — un Christ bien différent des représentations habituelles, lui donnant un air à la fois plus humain et plus terrible. À ses côtés, la Vierge détourne le visage en signe de pitié.

Aux côtés de Jésus et de sa mère figurent les saints tenant les instruments de leur martyre, témoins de la foi. On peut reconnaître à leurs pieds les patrons de Rome, saint Barthélemy tenant sa peau écorchée, sur laquelle Michel-Ange s'est représenté, et saint Laurent et son gril. À droite se trouve saint Pierre tenant les clefs du paradis, Adam et Ève, Esaü et Jacob réconciliés, et d'autres martyrs. À gauche, des apôtres et Jean-Baptiste.

Au niveau inférieur se trouvent les hommes subissant le Jugement et des anges. Tandis qu'à droite du Christ les élus sont escortés jusqu'au paradis, à gauche les damnés sont poussés vers l'enfer. Au centre, on remarque un étonnant groupe de deux hommes rescapés de l'enfer et tirés vers le ciel par deux anges. Les deux hommes s'accrochent pour cela à un chapelet, condamnation explicite des protestants qui rejettent la dévotion à la Vierge.

Enfin, tout en bas de la fresque, deux personnages d'inspiration non plus scripturaire mais tout droit issus de la Divine Comédie de Dante : Charon faisant passer les âmes dans sa barque et Minos avec ses oreilles d'âne (sous les traits du maître des cérémonies Biagio da Cesena, qui détestait Michel-Ange, lequel le lui rendait bien).

L'ensemble compose une scène saisissante, à la fois ordonnée et bouillonnante. Michel-Ange offre une vision torturée et douloureuse du jugement dernier, loin de la calme majesté des représentations habituelles, ou du Christ de douceur et d'amour décrit par un François d'Assise. L'interprétation de l'œuvre a été grandement perturbée par la longue restauration qui a été effectuée de 1981 à 1992. Elle a dévoilé des couleurs étonnantes chez celui qu'on surnomma le « terrible souverain de l'ombre » : des roses pastels, des verts acides, des bleus clairs...

À noter qu'à l'époque, l'œuvre avait fait scandale, en partie à cause du fait que les 400 et quelques personnages qui y figurent sont nus, y compris le Christ lui-même. Paul IV songea un moment faire effacer le tout puis se contenta de faire voiler pudiquement certains personnages par Daniele de Volterra, qui y gagna le surnom de Barghettone (culottier). Au XVIIe siècle encore, Clément XII fera recouvrir d'autres personnages.

Sources


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