John Brunner Article, Signification, Explication
John Brunner est un écrivain britannique de science-fiction (1934-1995).
Ciudad de Vados est une mégalopole futuriste située en plein cœur de l'Amérique Centrale que le président-dictateur Vados a fait construire à l'aide des meilleurs spécialistes de l'urbanisme universel en espérant gagner ainsi l'immortalité.
Pour régler les problèmes de circulation, il a fait appel à Boyd Hakluyt qui, peu à peu, se rend compte qu'il est manipulé, qu'il est au centre d'un piège fantastique, l'action se développant selon les techniques et les méthodes du jeu d'échecs, les parties jouées, les coups administrés étant donc parfaitement logiques et réalisables.
Roman de science-fiction de 440 pages.
En 2010, le nombre des êtres humains est tel que, s'ils se tenaient au coude à coude sur l'île de Zanzibar, ils la recouvriraient en entier. La surpopulation entraîne la disparition de toute sphère privée, un contrôle génétique draconien et une anarchie urbaine généralisée. La pollution fait qu'à New York, des distributeurs d'oxygène sont à la disposition de ceux qui ont besoin de faire le plein avant de traverser les rues.
Les radiations ont entrainé l'augmentation du taux des maladies héréditaires à un tel point que des mesures draconiennes sont prises : les individus porteurs sont automatiquement stérilisés et seuls se reproduisent ceux qui ont des cariotypes sains. L'eugénisme est développé. Évidemment, la liberté individuelle est résolument refusée.
À New York, Norman, un jeune Afro-Américain, travaille pour la toute-puissante General Technic Corporation dont le superordinateur Shalmanser organise l'achat pur et simple d'un pays africain. Son compagon d'appartement, Donald, apparemment un simple étudiant, est en fait recruté par les services secrets qui l'envoient s'emparer de la découverte d'un généticien d'un pays du Tiers-Monde qui ferait de tous les nouveaux-nés des génies prédéterminés.
Roman de science-fiction de 550 pages.
Commentaire : À l'origine, John Brunner avait écrit un très court récit paru en 1967 et qu'il reprit et amplifia jusqu'à en faire un livre trois fois plus long qu'un roman normal. C'est en effet un livre-monde, qualifié de non-roman par son auteur. Le récit traditionnel est déconstruit, car la narration court sur quatre pistes différentes, imbriquées les unes dans les autres, mais séparées au sommaire afin que des lecteurs désireux de ne pas lire telle ou telle partie puissent le faire sans inconvénient.
D'abord le contexte qui, comme le mot l'indique, permet de se faire une idée de ce monde de 2001. Puis le monde en marche, composé de très rapides vignettes, des instantanés aux phrases parfois inachevées, sur l'époque, qui permettent non plus d'en avoir une vision d'ensemble, mais de le regarder par le petit bout de la lorgnette comme les gens qui y vivent. Ensuite, jalons et portraits où, cette fois, l'auteur nous présente des êtres vivants, ne faisant généralement pas partie de l'intrigue, mais habitant ce monde et le vivant au sens le plus quotidien du terme. Enfin, la continuité raconte l'histoire proprement dite de Stand on Zanzibar. Pour rendre la panique qui s'empare de cette humanité, John Brunner a une langue exubérante, déploie une remarquable invention dans le langage, fort bien rendue par le traducteur français (une fois n'est pas coutume).
C'est une œuvre maîtresse. On peut considérer qu'avec les œuvres de Philip K. Dick, c'est l'un des fondements du cyberpunk.
L'univers de Stand on Zanzibar avait tellement marqué John Brunner qu'il servit de cadre à son second roman :
À New York, en 2014, la haine raciale est poussée à son comble par l'exploitation qu'en fait la Gottschalk, une mafia de marchands d'armes, et par la confusion que crée un Noir, Harry Madison. Ce malade mental (?), interné dans un hôpital bien qu'il ne présente aucun trouble, que les psychiatres ne peuvent rendre normal, qui est doté de facultés extraordinaires en particulier dans l'électronique, est un des rares hommes de sa race autorisés à côtoyer des Blancs. Il dissimule sa vraie personnalité et, le jour où elle se révélera, on pourra trembler pour l'avenir de l'humanité.
Roman de science-fiction de 400 pages.
Commentaire : Dans cette anticipation terrifiante, de multiples intrigues s'entrecroisent, bien qu'ici la continuité soit maintenue de bout en bout, contrairement à Stand on Zanzibar. Malgré une malencontreuse et trop rapide happy end, c'est un des romans les plus riches de John Brunner, à comparer avec Jack Barron et l'éternité, de Norman Spinrad.
À la fin du siècle, la pollution chimique est telle que la Méditerranée est un cloaque pestilentiel, que, certains jours, à New York, il pleut de l'acide et que l'eau du robinet n'est pas potable, que tout le monde ou presque souffre d'allergies, d'intolérances, que les microbes résistent aux antibiotiques et la vermine aux insecticides, que la nourriture est rare et altérée par des pesticides, que l'espérance de vie décroît régulièrement. Or l'ultime démarche que tente le philosophe écologiste contestataire Austin Train est vouée à l'échec.
Roman de science-fiction de 420 pages.
Commentaire : C'est le tableau, au réalisme terrifiant, d'un avenir possible.
L'Europe du futur étant en proie à la stagflation, le fascisme y rampe, le puritanisme domine l'Angleterre, des prédicateurs hystériques fanatisent contre l'immoralité des hordes de bigots refoulés tandis que des bandes de voyous à cheveux ras lynchent les homosexuels et poursuivent les Noirs. Jusqu'au jour où, devenue contagieuse, l'intelligence déferle comme une épidémie, la société répressive se lézardant et s'effondrant.
Roman de science-fiction de 210 pages.
Sans doute le premier roman cyber-punk. Le héros est un hacker avant la lettre, il programme des serpents informatiques pour protéger une des dernières villes libres de son pays et se sert de ses capacités de programmeur pour changer de métier et d'identité... Bibliographie
The squares of the city (1965, La ville est un échiquier)
Stand on Zanzibar (1968, Tous à Zanzibar)
The jagged orbit (1969, L'orbite déchiquetée)
The sheep look up (1972, Le troupeau aveugle)
The stone that never came down (1973, Virus)
On the shockwave (1974, Sur l'onde de choc)
