article sur le Jeu pathologique, Explication sur le Jeu pathologique

Jeu pathologique Article, Signification, Explication

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Le jeu pathologique est aussi nommé jeu compulsif et jeu excessif

''' Parmi ceux qui s'adonnent aux jeux de hasard et d'argent (gambling), certaines personnes développent une pathologie: le jeu (gambling)devient une maladie ou une dépendance se traduisant par une impulsion incontrôlable à miser de l'argent. La Dépendance caractérise un état de besoin impérieux de faire une activité, ou consommer une substance et par la nécessité d'en augmenter la fréquence ou la dose afin d'en maintenir l'effet et éviter l'état de manque (malaise, angoisse). En 1980, l'Association américaine de psychiatrie reconnaissait le jeu pathologique comme un trouble de l'impulsion (DSM-III, 1980). 1% à 2% des adultes répondent aux critères du jeu pathologique.

Sur le plan de la politique de la santé, le débat s'articule autour de deux conceptions opposées. D'un coté, une position défendu par l'industrie américaine et européene du gambling (des jeux d'argent)pour qui le taux de prévalence du jeu pathologique n'est pas corrélé à l'accessibilité aux activités de "jeu", et selon eux il n'y aurait pas lieu de les réglementer. D'un autre côté, il y a ceux pour qui une réglementation à ce niveau peut limiter substanciellement le nombre de joueurs pathologiques et les coûts sociaux importants qui sont associés à cette psychopathologie.

Divers pays prennent en compte le problème du jeu pathologique.

  • En Suisse, la dimension morale et sociale du jeu a Ă©tĂ© prise en compte lors du dĂ©bat politique sur l'ouverture des casinos. Outre un limitation des Ă©tablissements et une rĂ©glementation de leurs exploitation, le jeu pathologique est traitĂ© dans unitĂ©s spĂ©cialement créés.

  • Au QuĂ©bec, 5% de la population admet avoir un problème de jeu compulsif * (pathologique) au sujet duquel de nombreuses Ă©tudes ont Ă©tĂ© menĂ©es. La majoritĂ© des acteurs impliquĂ©s : chercheurs, intervenants, gouvernement, la sociĂ©tĂ© (Loto-QuĂ©bec) qui gère cette industrie s'entend pour dire (Ă  des degrĂ©s diffĂ©rents) que l'accessibilitĂ© est un facteur dĂ©terminant dans le dĂ©veloppement du jeu compulsif au sein de la population.

On ne mesure pas la pathologie d'un joueur simplement par le montant d'argent qu'il dépense au "jeu". Un individu financièrement à l'aise peut jouer d'importantes sommes d'argent sans que cela soit un problème pour lui. En fait, les quelques dollars/euros par mois que joue une personne ayant un faible revenu ou bénéficiant de la sécurité du revenu se révèlent beaucoup plus problématique.

Le jeu, autant dans le domaine de la loterie et du bingo que dans celui des appareils de loteries vidéo (machines à sous) et des casinos, devient pathologique lorsqu'il génère plus de difficultés dans la vie de la personne que de divertissement. Par exemple, si le jeu accapare l'argent dévolu à d'autres fins telles le compte d'électricité ou la facture d'épicerie ou, plus dévastateur encore, le temps et l'attention qui devraient, par exemple, être consacrés à ses enfants ou son/sa conjoint(e). Ou encore, si la personne ne peut s'empêcher ou s'arrêter de jouer. Si elle ne joue pas, elle y pense sans arrêt et se sent irritée, elle n'a plus le goût de rien faire et elle sent qu'il lui manque quelque chose".

Pourquoi une personne joue-t-elle de façon compulsive ?

Il n'existe pas de cause universelle et unique expliquant le comportement de jeu compulsif. Chaque joueur et chaque joueuse a ses raisons d'accrocher à ce type de dépendance. Mais toujours, la personne essaie de fuir ou d'exprimer un besoin ou un malaise intérieur.

Certains joueront parce qu'ils ressentent la nécessité de succès spectaculaires. Cela résulte du besoin tout à fait normal et légitime qu'ils ont de démontrer leur valeur et d'obtenir l'approbation des autres. Cependant ils auront appris, souvent dans leur famille, qu'on est aimé et estimé des autres pour ce que l'on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l'on est. De plus, parmi ceux qui ont appris qu'il est nécessaire de performer (avoir du succès matériel) pour avoir l'attention et être reconnu, la persévérance, qui est souvent une valeur importante dans ces familles, peut venir soutenir le comportement de " chasing " (revenir jouer sans cesse dans le but de regagner l'argent perdu).

D'autres expriment, par le comportement de jeu compulsif, de la colère et de la rébellion. Ceci est basé sur l'assomption que le jeu est un comportement qui sera perçu par la famille et les autres comme déviant et dérangeant. Plusieurs sont en quête d'une libération d'un état de dépendance émotive par la recherche d'une activité qu'ils peuvent contrôler. Cela en prenant appuie sur le lien qu'ils ont établi entre indépendance financière et indépendance émotive. Aussi, bon nombre de joueurs et joueuses cherchent l'acceptation sociale, puisque autours d'une table de jeux, tous sont égaux."Si vous avez l'argent, vous êtes accepté".

De nombreuse personnes qui ont un problème avec le jeu compulsif, jouent dans le but de fuir des émotions douloureuses intolérables. Par exemple, les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d'énergie ou une libération d'endorphine en jouant. Ensuite, le jeu demande de l'attention, ce qui a pour effet de distraire l'individu de ses problèmes. De plus, les activités à hauts risques comme le jeu, de par les sentiments d'excitation qu'elles procurent, combattent le sentiment de vide et de mort. En outre, pour les personnes souffrant de trouble d'hyperactivité le jeu, comme la cocaïne ou les amphétamines, a comme effet de les ralentir. Enfin, le jeu peut aussi être pratiqué afin de prolonger la phase " maniaque " d'une maniaco-dépression.

Une dépendance physique ?

Des recherches récentes tendent à démontrer ce que de nombreux cliniciens avaient déjà observé, à savoir qu'il se développe chez certains joueurs une véritable dépendance physiologique au jeu ! La revue "Neuron"** a publié dans ses pages les résultats d'une importante recherche sur le sujet. Les réponses neurologiques accompagnant l'anticipation et l'expérience de gains et de pertes monétaires ont été imagées par résonance magnétique. L'étude comptait une phase initiale (anticipation) lors de laquelle 3 montants d'argent étaient présentés et une phase de résultats lors de laquelle un montant était octroyé.

Les données hémodynamiques dans le SLEA (subtenticular extended amygdala) et le gyrus orbital ont présenté une augmentation des réponses neurologiques proportionnels aux montants attendus. (Régions touchées: nucleus, SLEA et hypothalamus) Ce sont les même zones et régions du cerveau qui sont impliqués dans la consommation de cocaïne !

Les résultats indiquent, à l'instar de ceux des études portants sur les stimulus tactiles, gustatifs et les drogues euphorisantes un réseau commun de circuits neurologiques qui sont activés avec l'attribution de certaines récompenses.

Nous pouvons supposer à la lumière de cette recherche et de d'autres... que plus l'exposition au jeu est longue et fréquentes plus le risque d'une dépendance physiologique est élevé.

Le rôles des différents neurotransmetteurs tels l'endorphine et la dopamine semblent jouer dans cette dépendance un rôle tout aussi important que pour la dépendance aux drogues neuro-stimulantes tel la cocaïne.

Le gambling une activité ludique ?

Aujourd'hui on remet en question l'idée que le fait de s’adonner à des jeux de hasard et d'argent (gambling) représente une activité ludique et/ou récréative. L’arrivée massive des machines à sous et autres appareils électroniques de "jeux" a beaucoup modifié l’image que nous avions autrefois, des «jeux» de hasard et d’argent… Si auparavant les casinos étaient réservés à une clientèle bourgeoise qui s’y rendait pour socialiser et s’amuser ce n’est assurément plus le cas aujourd’hui. Les «ludiques» jeux de tables ont laissé place aux populaires, lucratives et très addictives machines à sous… De nombreuses études de prévalence du "gambling" au sein de population démontre qu'entre 80% et 90% des joueurs pathologiques sont des accros des différentes formes d'appareils de loteries électroniques (loteries vidéo, machines à sous, keno, etc).

S’adonner aux machines à sous et autres appareils de loteries électroniques ne semble pas représenter pour la majorité des «joueurs» une activité récréative et ludique… On s’adonnerait à ces «jeux» populaires d’abord dans le but d’y gagner de l’argent et rapidement plusieurs tomberaient dans le piège de l’addiction.

Si l’industrie du gambling a beaucoup évolué depuis 25 ans, le discours des experts en matière de jeu pathologique n'a guère lui évolué depuis l'époque de Dostoïevski. Ceux-ci ne prennent pas suffisament en compte les développements technologiques qui ont eu cours au sein de cette industrie.. Les machines à sous électroniques et autres appareils électroniques de "jeux" n’ont apparament rien de ludique puisque de toute évidence, elles sont conçues ("designés") pour créer une forte dépendance chez ceux qui s’y adonnent sur une base régulière et à une fréquence élevée.

Sur le même sujet: le syndrome québécois


Critères diagnostiques du DSM-IV pour le jeu pathologique

1. Préoccupation par le jeu (ex. : préoccupation par la remémoration d'expériences de jeu passées ou par la prévision de tentatives prochaines ou par les moyens de se procurer de l'argent pour jouer).

2. Besoin de jouer avec des sommes d'argent croissantes pour atteindre l'état d'excitation désiré.

3. Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu.

4. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d'arrêt de la pratique du jeu.

5. Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (ex. : des sentiments d'impuissance, de culpabilité, d'anxiété, de dépression).

6. Après avoir perdu de l'argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »).

7. Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d'autres pour dissimuler l'ampleur réelle de ses habitudes de jeu.

8. Commet des actes illégaux tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d'argent pour financer la pratique du jeu.

9. Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d'étude ou de carrière à cause du jeu.

10. Compte sur les autres pour obtenir de l'argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu.

(Extrait du Diagnostic and statistical manual of mental disorders (DSM-IV), p. 181 et 618)


RÉFÉRENCES

  • Selon une Ă©tude LĂ©ger Marketing rĂ©alisĂ© dans le cadre d'un Forum sur le jeu pathologique, 5% des QuĂ©bĂ©cois se considèrent eux-mĂŞmes joueurs pathologiques mais ce pourcentage reprĂ©sente probablement une sous estimation de la rĂ©alitĂ©. Puisque le fait de d'admettre une dĂ©pendance reprĂ©sente dĂ©jĂ  un pas difficile Ă  franchir... La question posĂ©e Ă©tait la suivante : « Sachant qu’un joueur compulsif est dĂ©pendant et obsĂ©dĂ© parle jeu et qu’il ne pense qu’à retourner jouer pour rĂ©cupĂ©rer ses pertes, estimez-vous ĂŞtre un joueur/une joueuse compulsif(ve)? »

    • Neuron, mai 2001 - Functional Imaging of Neural Responses to Expectancy and Experience of Monetary Gains and Losses - Hans C. Breiter, Itzhak Aharon, Daniel Kahneman, Anders Dale, and Peter Shizgal

Référence & source: [ http://www.jeu-compulsif.info ]

-- 31 déc 2004 à 03:12 (CET)

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