article sur le Implication logique, Explication sur le Implication logique

Implication logique Article, Signification, Explication

En mathématiques, une propositon P implique logiquement une proposition Q, si la proposition ¬P∨Q est vraie, et nous écrivons :

P⇒Q
ce qui se lit « P implique Q »

« ⇒ » s’appelle connecteur d’implication.

« P⇒Q » s’appelle une implication logique.

La table de vérité de l’implication est donnée par le tableau :

P Q P ⇒ Q
V V V
V F F
F V V
F F V

Dans le langage naturel, pour traduire que P implique Q, nous dirons indifféremment :

  • P entraîne Q
  • P est une condition suffisante de Q
  • Q est une condition nécessaire de P
  • Pour que Q soit vraie il suffit que P soit vraie
  • Pour que P soit vraie il faut que Q soit vraie

Mais attention « P implique Q », ne signifie pas que « Q est une conséquence logique de P ».

« P⇒Q » est vraie d'après la table de vérité si P est fausse et Q vraie. Par exemple l’implication :

(0=1) ⇒ (0=0)
est vraie, mais (0=0) ne se déduit pas de (0=1) qui est fausse.

Mais la table de vérité, montre que si P est vraie alors pour que l’implication P⇒Q soit vraie il faut que Q soit vraie. Dans la pratique, nous démontrons une implication comme cela.

En fait la déduction directe de Q à partir de P est représentée par l’implication toujours vraie (tautologie):

(P et (P⇒Q)) ⇒Q

Si dans certaines conditions, P est vraie ainsi que P⇒Q, alors l’implication précédente montre que Q est vraie.

Ajoutons que d’autres formulations de la langue française représentent des implications :

  • « Si… alors… »
  • « … donc… »
  • « … d’où… »
  • « … ainsi… »
  • « de…, nous déduisons que… »
  • « … par conséquent… »

D’autre part si P est fausse alors l’implication P⇒Q est vraie ; et donc toutes les implications que nous écrirons à partir d’une proposition fausse seront vraies !! (« on dit d'ailleurs qu’à partir du faux on peut démontrer n’importe quoi »)

Par exemple :

« 4 est divisible par 3 implique 4=3 » est une implication vraie

« Louis XVI était hollandais implique 0=0 » est vraie

En fait, l’implication P⇒Q est fausse si et seulement si P est vraie et Q est fausse.

Table of contents
1 Propriétés
2 L’implication n’est pas associative
3 Remarque
4 Quelques exemples
5 Voyez également

Propriétés

Soient P, Q et R trois propositions.
  • P ⇒P (l’implication est réflexive)
  • ((P ⇒Q ) ∧ (Q⇒R )) ⇒ (P ⇒ R ) (transitivité de l'implication)
  • (¬(P ⇒ Q )) ⇔ (P ∧ (¬Q )) (négation d'une implication)
  • (P ∧ (P ⇒ Q )) ⇒ Q (règle de déduction directe ou du détachement)
  • (P ⇒ Q ) ⇔ (¬Q ⇒ ¬P ) (loi de contraposition)
une implication est équivalente à sa contraposée
  • (P ⇔ Q ) ⇔ ((P ⇒ Q ) ∧ (Q ⇒ P )) (loi de réciprocité)
  • ((P ou Q) ∧ (P ⇒ R ) ∧ (Q ⇒ R )) ⇒ R (disjonction des cas)

L’implication n’est pas associative

Soient P, Q et R trois propositions.

  • ((P ⇒ Q ) ⇒ R ) ⇎ (P ⇒ (Q ⇒ R ))
En effet le premier terme énonce qu'une implication implique R alors que le second énonce que P implique une implication.

Donnons un contre-exemple:

Considérons les trois propositions suivantes :

  • P: (-1=0)
  • Q: (0=0)
  • R: (0=1)
La proposition P ⇒ Q est vraie puisque Q est vraie, et comme R est fausse, la proposition (P ⇒Q) ⇒ R est fausse.

La proposition Q est vraie et la proposition R est fausse donc l’implication (Q ⇒ R) est fausse et comme P est fausse, l’implication P ⇒( Q ⇒ R ) est vraie.

Nous en déduisons qu’en général les propositions P ⇒( Q ⇒ R ) et (P ⇒Q) ⇒ R ne sont pas équivalentes et donc l’implication n’est pas associative.

Il nous est donc impossible d’écrire des chaînes d’implications de la forme :

P1 ⇒ P2 ⇒ P3 ⇒ … ⇒ Pn-1 ⇒ Pn
C’est la raison pour laquelle, nous disposons dans la pratique, les implications de cette façon :
P1 ⇒ P2
⇒ P3
... ...
⇒ Pn

ce qui signifie que les implications :

P1 ⇒ P2, ..., Pn-1 ⇒ Pn
sont vraies, et nous utilisons la transitivité de l’implication pour démontrer que:
P1 ⇒ Pn.

Remarque

Dans une théorie mathématique, les implications P ⇒ Q vraies démontrées à partir des axiomes sont appelées théorèmes.

Démontrer un théorème, c’est établir qu’une proposition de la forme P ⇒ Q est une assertion vraie (dans la théorie).

Pour démontrer de tels théorèmes, il existe plusieurs types de raisonnements possibles, basés sur les propriétés précédentes de l’implication :

  • la déduction directe
  • la déduction par exclusion (ou incompatibilité)
  • le raisonnement par contraposée (aussi le raisonnement par l’absurde)

Quelques exemples

∀ x∈ â„, ∀ y∈ â„, x2=y2 ⇒ (x-y)(x+y)="0"
⇒ (x="y") ∨ (x=-y)

∀ x∈ â„+, (x+2)2⩾4 ⇒ x+2⩾2 car x+2⩾0
et la racine carrée est croissante sur â„+

Voyez également


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