Histoire de la Suisse Article, Signification, Explication
Nous n'avons pas de traces écrites de l'histoire de la Suisse avant l'arrivée de Jules César et de ses commentaires sur la Guerre des Gaules.
À la suite de diverses migrations et sous la poussée des Cimbres et des Teutons, peuplades germaniques, les Helvètes, l'un des nombreux peuples celtes, se sont établis progressivement sur le plateau suisse (vers 120-100 av. J.-C.). Au moins une tribu helvète, les Tigurins de Divico, a participé, entre -107 et -101 aux invasions cimbres et teutones de la Gaule narbonnaise avant de se replier sur le plateau suisse.
À la veille de la Guerre des Gaules, différentes populations celtiques habitent le territoire de la Suisse actuelle :
Craignant d'être isolés des autres Celtes à cause de l'avancement de peuplades germaniques, les Helvètes décident d'émigrer vers l'ouest de la France, le pays des Saintonges, une tribu gauloise alliée. Ils brûlent leurs villages et prennent la route, plus de cent mille Helvètes se retrouvent ainsi sur la route. Jules César, alors proconsul de la Gaule narbonnaise, les repousse lors de la bataille de Bibracte (58 av. J.-C.) et les contraint à retourner chez eux. La colonie de vétérans de Nyon est fondée.
Sous Auguste, la colonie Augusta Raurica, près de Bâle, est fondée. Auguste intègre toute la région alpine dans l'Empire. Le territoire helvète appartient dès lors à la Provincia Belgica. Les tribus valaisannes et les Rhètes restent par contre indépendantes jusqu'à leur conquête par Tibère et Drusus vers -7. Ils sont alors réunies pour un temps dans la province de Rhétie dont la capitale fut Augsbourg.
La Suisse, bordée au nord par le Rhin, est une zone frontière stratégiquement importante de l'Empire, Elle est occupée militairement et des camps militaires permanents, tels Augusta Raurica sont installés au nord de la Suisse. Le réseau routier est consolidé, des villes nouvelles, comme le Forum Claudii Vallensium sont créées. Les anciennes élites celtes se romanisent. L'ancien oppidum principal des Helvètes, Aventicum (Avenches), devient une véritable cité romaine et la principale ville de la région.
Vers 47, le Valais est transformé en une province autonome, le Vallis poenina et en 89 le territoire des Helvètes est rattaché à la province de Germanie supérieure, dont la capitale est l'actuelle Mayence.
La Pax Romana règne sur l'Empire romain, les frontières ont reculé vers le nord et la Suisse n'est plus une zone frontière. Le latin est parlé en Suisse, c'est une période de prospérité économique.
Cependant vers la fin du IIIe siècle, des incursion barbares en Germanie, ramènent la frontière sur le Rhin, les Alamans font des raids en territoire suisse, notamment en 260 où de nombreuses villes sont pillées. Ils ne s'y installent cependant pas encore.
Le Rhin est de nouveau une frontière de l'Empire romain. La situation est devenue inquiétante en particulier au IVe siècle, les empereurs romains font construire des lignes défensives tout le long du Rhin (forteresses et tours de guêt).
En 401, les troupes romaines quittent le Rhin pour gagner le sud des Alpes ; de ce fait, les Romains abandonnent définitivement le territoire de la Suisse. La population inquiète migre vers le sud, de nombreuses villes sont abandonnées. Le centre et l'est du pays sont très fortement dépeuplés.
Vers 443, les Burgondes s'établissent dans l'ouest du pays. Ceux-ci s'assimilent à la population gallo-romaine et la langue latine est préservée, raison pour laquelle le français est parlé en Suisse romande.
Vers la fin du VIe siècle seulement, les Alamans à la recherche de terres cultivables s'établissent progressivement en Suisse, dans le centre et l'est du pays. Les Alamans deviennent majoritaires et imposent leurs dialectes alémaniques.
Les Alpes orientales ont peu été touchées, on y parle encore aujourd'hui un dialecte latin, le romanche parfois appelé rhéto-romanche.
Le Tessin, partie sud de la Suisse, faisant partie de la Gaule cisalpine est restée dans le giron italien.
La domination burgonde fut brêve : Sigismond est vaincu par les Francs en 534 et son royaume annexé par ceux-ci. Les Francs favorisent l'installation des Alamans qu'ils avaient vaincu sur le Plateau suisse. Le royaume franc se transforme peu à peu en un empire; ainsi, c'est tout naturellement que la Suisse fait partie de l'empire de Charlemagne; par la suite, à la dislocation de la Lotharingie, elle va tout d'abord au Royaume de Bourgogne avant d'être déchirée entre les duchés de Bourgogne et d'Alémanie.
Article détaillé: La Suisse au Haut Moyen Âge
Cependant dans les royaumes germaniques, les duchés et les comtés ne sont pas héréditaires. Ce n'est qu'à la fin du IXe siècle que la féodalité se forme peu à peu. À cette époque la Suisse est divisée par deux puissantes régions d'influence : le duché de Souabe, ou d'Alémanie, à l'est, la Bourgogne transjurane à l'ouest.
Différentes grandes familles essaient d'asseoir leur autorité sur différentes parties du territoire suisse : les comtes de Savoie sur Vaud, Genève (dont ils évincent les comtes de Genève) et le Valais ; les comtes de Gruyères sur l'arrière pays fribourgeois ; les Zähringen fondent de nombreuses villes dont Fribourg et Berne ; les Kybourg sur le plateau ; les Hohenstaufen et les Habsboug sur la région zurichoise et le col du Gotthard.
L'aménagement du col du Gotthard, à l'aide des Walsers récemment immigrés et experts en constructions de bisses, au début du XIIIe siècle a des conséquences importantes : le col du Grand-Saint-Bernard en Valais perd de son importance dans le trafic international, entraînant une crise économique de deux siècles dans la vallée du Haut-Rhône. Le Gotthard enrichit les habitants d'Uri qui perçoivent des péages et vendent leurs services (guides, auberges, ...) attisant ainsi les convoitises des Habsbourg.
Les Habsbourg désirant contrôler le passage du Gotthard, en avril 1291, Rodolphe de Habsbourg rachete les droits sur Lucerne, à l'extrémité du lac des Quatre-Cantons.
Ainsi, à la mort de Rodolphe de Habsbourg, en prévision d'éventuels troubles de succession, les vallées d'Uri, de Schwytz et d'Unterwald se lient début août 1291 par un pacte défensif. Cet acte, fut fêté pour la première fois en 1891, puis à l'initiative du Conseil fédéral, tous les 1er août à partir de 1899 comme fête nationale suisse.
De tels pactes défensifs ne sont pas rares à cette époque. Sur le territoire suisse actuel, le plus ancien cas de populations s'alliant contre leur prince date de 1182 où, lors du Patto di Torre, les communautés du Val Blenio et de la Léventine, dans le Tessin actuel, se sont alliées pour lutter contre les seigneurs di Torre.
On peut également signaler d'autres confédérations qui sont apparues au XIIIe siècle sur le territoire de la Suisse actuelle : la plus connue est la confédération bourguignonne, centrée sur Berne, qui regroupera une bonne partie de la Suisse occidentale dans un réseau d'alliances hétérogènes et non-perpétuelle (Fribourg, Soleure, Neuchâtel, le Pays de Vaud, le Valais, etc).
C'est à cette époque que se situe la légende de Guillaume Tell.
La situation va se détériorer entre les Waldstaetten et les Habsbourgs durant l'interrègne qui suit le décès d'Henri VII de Luxembourg en 1313. Tout d'abord Schwytz attaque le couvent d'Einsiedeln le 6 janvier 1314 ; mais les trois communautés prennent fait et cause pour Louis de Bavière contre le Habsbourg Frédéric le Beau, après la double élection du Wittelsbach, le 25 novembre 1314.
Le duc d'Autriche Léopold, frère cadet de Frédéric, lance une double attaque en 1315. La première colonne se heurte aux confédérés à la bataille de Morgarten, le 15 novembre. Les Autrichiens subissent une véritable déroute face à une armée de paysans. La deuxième colonne, qui se dirigeait vers Unterwald, se retire alors sans combattre.
Suite à cette victoire, les confédérés renouvellent leur alliance, lors du pacte de Brunnen, le 9 décembre 1315. Rédigé en allemand, c'est dans ce texte qu'apparaît pour la première fois le terme de confédérés ; ce texte interdit également aux signataires de se lier avec des puissances étrangères. Il ne fut abrogé qu'à la fondation de la République Helvétique en 1798.
En l'espace de quarante ans, un véritable réseau d'alliances défensives se forment: Lucerne en 1332, Zurich en 1351, Zoug en 1352, Glaris en 1352, et Berne en 1353. Cette dernière alliance avait également pour but d'empêcher tout revendication obwaldienne sur l'Oberland bernois, arrière pays rural, sujet de la ville.
C'est dès lors huit petits États qui sont reliés par un réseau d'alliance et on parle dès lors de la Confédération des VIII cantons.
C'est en 1370 que le premier approfondissement de l'alliance eut lieu: la Charte des Prêtres. Ce document unifie le droit existant et rend chaque homme égal devant la loi. La justice est rendue de la même manière, par des juges locaux, que l'on soit noble ou roturier, que l'on soit laïc ou religieux.
Mais les Habsbourgs n'avaient pas renoncé sur leurs prétentions. Par deux fois ils tentent de vaincre les cantons, par deux fois ils échouent : la première fois, en 1386 lors de la bataille de Sempach, la seconde, en 1388, lors de la bataille de Naefels.
Cette double victoire consolide l'alliance des huit communautés. En 1393, elles signent le Convenant de Sempach qui définit des règles militaires de comportement durant, et après, les combats ainsi que la manière d'engager un conflit, qui ne peut l'être qu'après une délibération commune.
Les cantons suisses avaient alors plus ou moins assuré leur indépendance vis-à -vis des seigneurs locaux, tout en restant des sujets du Saint Empire romain germanique; le XVe siècle verra une phase d'expansion des Confédérés qui vont conquérir les territoires avoisinants et conclurent des alliances avec de nombreuses régions des alentours (Appenzell, Valais, Saint-Gall)
C'est en commun qu'ils planifient et exécutent, avec la bénédiction de l'empereur, la conquête de l'Argovie (1415) dont une partie est gérée sous la forme d'un baillage commun.
L'envie d'expansion ne va pas sans heurts: à la mort du comte Frédéric VII de Toggenbourg, sans successeur, les Confédérés, particulièrement Schwytz et Zurich, vont s'entredéchirer pour se répartir le Toggenbourg. Ce fut l'ancienne guerre de Zurich qui dura de 1436 à 1450.
Enfin, la Thurgovie est conquise en 1460 et transformée en baillage commun.
Pendant les guerres de Bourgogne, les Suisses, Berne en tête, vont battre Charles le Téméraire lors des batailles de Grandson, Morat et Nancy).
Néanmoins, lors de la paix qui suivit, Berne ne put garder que la région d'Aigle et, en temps que bailliage commun avec Fribourg Grandson, Morat et Échallens : les autres cantons ne désiraient pas que Berne contrôle tout le pays de Vaud, car il aurait été trop puissant. Fribourg et Soleure, ayant participé aux guerres de Bourgogne aux côtés des Confédérés vont les rejoindre dans ce qui va devenir la Confédération des XIII cantons.
Article détaillé: Confédération des VIII cantons
À la fin des guerres de Bourgogne deux nouveaux cantons frappent à la porte de la Confédération: Fribourg et Soleure. Mais les cantons sont divisés sur leur adhésion et la guerre civile menace. C'est finalement un ermite, Nicolas de Flue, qui arrive à proposer un compromis: le Convenant de Stans en 1481. Fribourg et Soleure sont admis dans la Confédération.
Suite à la défaite des Bourguignons, l'empereur Maximilien réorganisa le Saint-Empire. En particulier, il instaura un tribunal impérial et un nouvel impôt, le centime impérial, en 1495. Les Confédérés refusèrent de s'y soumettre et vainquirent les troupes impériales ainsi qu'une coalition de villes du sud de l'Allemagne, lors de la guerre de Souabe (décembre 1498-septembre 1499. Le traité de Bâle du 24 septembre 1499 marqua l'indépendance de facto des cantons suisses vis-à -vis de l'Empire. Elle ne sera reconnu de jure qu'en 1648 lors des traités de Westphalie.
À la suite de cela, Bâle et Schaffhouse, déjà alliées, devinrent des cantons en 1501, suivi par Appenzell en 1513. La Confédération des XIII cantons était née, elle survivra jusqu'en 1798.
Les Confédérés sont alors entraînés dans la tourmente des Guerres d'Italie; tour à tour allié et ennemi des Français, ils assujettissement une partie du Tessin. La défaite contre les Français lors de la bataille de Marignan en 1515 marque la fin de la politique d'expansion des Confédérés. Désormais, il ne participeront aux grandes batailles du continent qu'en temps que mercenaires.
Le XVIe siècle voit la réforme apparaître à Zurich suite à la prédication et à l'influence d'Ulrich Zwingli; elle gagne bientôt une grande partie de la Confédération et les deux bords vont se déchirer lors de quatre guerres de religions: les première (1529) et deuxième (1531) guerres de Kappel, suivies par les deux guerres de Villmergen (1656 et 1712).
Pendant la Guerre de Trente Ans, la Suisse reste neutre; néanmoins la neutralité en cette période de troubles ne peut être qu'armée; les Confédérés organisent leurs troupes lors du Défensional de Wil (1647); l'indépendance et la neutralité de la Suisse sont été reconnus lors des traités de Westphalie mettant un terme au conflit européen en 1648.
Le XVIIIe siècle voit alors surtout une série de révolte paysannes contre les patriciens des villes qui ont peu à peu confisqué le pouvoir.
Article détaillé: Confédération des XIII cantons
En 1749, c'est la conjuration Henzi contre le patriciat bernois, en 1755 le soulèvement Livin contre Uri et en 1781 le soulèvement Chenaux (contre Fribourg).
Mais ce ne sont que des soulèvements ponctuels afin d'obtenir ou de maintenir des droits particuliers. Mis à part la tentative de Davel, aucune n'a véritablement de caractère révolutionnaire.
Le statu quo reste donc en place, et les tentatives de l'évêché de Bâle de rejoindre la Confédération restent infructueuses. De même, l'incorporation de la principauté prussienne de Neuchâtel, ainsi que Genève et Vaud, dans la zone de neutralité reconnue par la France n'ont guère de succès.
En 1798, les troupes françaises envahissent tout le pays; mis à part à Berne et en Suisse centrale, ils sont relativement bien accueillis. Les deux victoires au Grauholz et à Fraubrunnen entraîne la capitulation de Berne guère soutenu par ses alliés.
Les Français vont faire de la Suisse un État unitaire: la République Helvétique.
Outre les conflits européens (bataille de Zurich en 1799), les conflits entre les centralisateurs et les fédéralistes furent incessants: en 1803, Napoléon Bonaparte intervint et imposa une nouvelle constitution: l'Acte de Médiation.
Enfin, afin de garantir le contrôle des cols alpins, le Valais quitte la Suisse et devient indépendant. Il sera annexé par l'Empire français en 1810.
Durant la Médiation, la Suisse était un véritable protectorat français et les décisions importantes étaient prises à Paris.
Les anciennes élites des différents cantons s'empressèrent d'essayer de rétablir la situation d'avant 1798, partiellement appuyées par les puissances européennes qui étaient également partisans d'une restauration de l'Ancien régime.
Néanmoins, si le pacte fédéral de 1815 rétablissait une confédération, elle différait néanmoins sur un certains nombres de points de la situation antérieure. Tout d'abord, au lieu d'un réseau d'alliances hétérogènes, l'ensemble des cantons sont liés par un seul traités. Outre les cantons nouvellement créés par l'Acte de médiation (Vaud, Argovie, les Grisons, le Tessin et la Thurgovie), trois nouveaux cantons rejoignent la Suisse: le Valais, Genève (auxquels la France et le Piémont-Sardaigne attribuent quelques territoires afin de lui assurer une continuité territoriale) et Neuchâtel, qui demeure néanmoins une principauté prusse. La Confédération des XXII cantons est née.
Le traité de Vienne attribua également la partie jurassienne de l'évéché de Bâle et la région de Bienne au canton de Berne, en compensation de la perte de l'Argovie et du Pays de Vaud. Les bailliages de Valpelline et Bormio, perdus par les ligues grises en 1798, le sont définitivement: le refus de ces trois ligues d'accorder l'égalité à leurs anciens sujets en est une cause majeure. La frontière de l'État suisse ne subira plus de changement.
Enfin, les alliés reconnaissent la neutralité perpétuelle du pays.
Se sentant menacés, sept cantons catholiques, Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwald, le Valais, Fribourg et Glaris conclurent une alliance secrète en 1845, le Sonderbund, littéralement l'autre alliance. Cette alliance apparu au grand jour lorsqu'elle chercha à s'allier avec l'Autriche, acte contraire à la constitution.
En 1847, le Parlement ordonna la dissolution du Sonderbund, et devant le refus des sept cantons, la guerre civile éclata. Le conflit fut bref, le général Guillaume-Henri Dufour mena les troupes fédérales qui vainquirent rapidement, et avec peu de victimes, les cantons catholiques.
Le résultat fut l'adoption d'une nouvelle constitution en 1848, plus centralisatrice, qui restera en vigueur, quoique régulièrement remaniée, jusqu'en 2001.
Une union douanière et monétaire fut instaurée, abolissant les douanes, les frontières et les monnaies cantonales et régionales. Ainsi, c'est par la loi fédérale sur la monnaie du 7 mai 1850 que fut créé le franc suisse, qui circula dès 1852; cette loi instaurait un système monétaire similaire à celui de la France et les premières pièces suisses furent frappées à Paris et à Strasbourg. Cette similitude permit à la Suisse de faire partie de l'Union monétaire latine de sa création en 1865 à sa dissolution en 1926.
En 1854, le Polytechnikum de Zurich est fondé; les chemins de fer, privés, commencent à voir le jour sur tout le Plateau suisse.
En 1856 et 1857, c'est l'Affaire de Neuchâtel, à la fois canton suisse et principauté prussienne: le roi de Prusse désire intégrer le canton à son État et la guerre est proche, l'armée fédérale est mobilisée sur le Rhin. Finalement, il cède et renonce à ses prérogatives.
La Suisse cherche encore sa politique extérieure et en 1860, c'est l'Affaire de la Savoie où le Conseil fédéral, emmené par Jakob Stämpfli envisage l'occupation du Chablais et du Faucigny, zone neutre depuis 1815, récemment devenus français. L'Assemblée fédérale ne suivra pas le gouvernement. Dès lors, la Confédération se tiendra à une politique de stricte neutralité.
En 1870, la Suisse mobilise son armée pendant la guerre franco-allemande; c'est le général Hans Herzog qui occupe la frontière. Ce fut une période difficile: les importations étaient difficiles, la Suisse n'ayant de relations commerciales qu'à travers la France ou des pays de l'Union douanière allemande; de plus la guerre entraîna la suspicion sur l'Union monétaire latine, ce qui entraîna une perte de confiance envers le crédit: toutes les transactions s'effectuèrent soudainement en espèces et le nombre de pièces était fortement insuffisant au point que le gouvernement donna cours légal à des monnaies étrangères. Enfin, de nombreux réfugiés affluèrent, en particulier les 85 000 hommes de l'armée de l'Est française, du général Charles Denis Bourbaki qui furent internés en plein hiver, dont l'arrivée provoqua un élan de solidarité dans la population. [1]
Peu à peu, et tout d'abord dans les cantons, de nouveaux droits populaires, le droit de référendum législatif et le droit d'initiative constitutionnelle sont accordées aux citoyens. En 1868, le système majoritaire est abandonné au profit du système proportionnel, plus représentatif. La même année, grâce à la Convention de Mannheim, la Suisse obtient un débouché maritime: le Rhin devient eaux internationales entre le dernier pont de Bâle et son embouchure.
Durant la crise de 1873, on assiste à une montée de l'antisémitisme, les juifs étant accusés d'être la cause de la crise.
Cette révision eut lieu pendant le Kulturkampf mouvement prônant la laïcisation de l'État et désirant restreindre les droits de l'Église catholique. Ainsi la révision contenait quelques articles constitutionnels, les articles d'exception restreignant les libertés de culte et d'expression, en particulier vis-à -vis du catholicisme. En 1874, les relations diplomatiques entre la Suisse et le Saint-Siège sont rompues.
La situation commence à se détendre dès 1891 où les conservateurs catholiques obtiennent un siège à l'exécutif fédéral.
La centralisation du pouvoir continue: en 1891, la Confédération se voit confier le monopole de l'émission des billets de banque, ce qui entraînera, en 1908, la création de la Banque nationale suisse chargée de cette tâche, ainsi que de toute la politique monétaire.
En 1898, le droit pénal et le droit civil dans leur entier devient sa prérogative, les cantons n'ayant plus qu'une capacité subsidiaire de légiférer dans ces domaines. Aussi, des codes pénal civil fédéraux furent élaborés, puis adoptés, suivis par un code commercial, le code des obligations. Malgré cela, les codes de procédures restèrent cantonaux et aujourd'hui encore 26 procédures pénales différentes perdurent en Suisse.
C'est à cette période que les premiers progrès sociaux sont à signaler: en 1877 la durée quotidienne du travail est limitée à 11 heures, et à 6 jours hebdomadaires. En 1890, la Confédération reçoit la charge d'introduire une assurance en cas d'accident ou de maladie et lui donne le droit de les rendre obligatoire soit pour l'ensemble des habitants, soit pour une ou des catégories particulières.
Cette nomination ne fait pas l'unanimité, Ulrich Wille étant jugé trop proche de l'Allemagne dont il admire l'organisation militaire. De plus, le Kaiser est le parrain de l'un de ses enfants.
Si les troupes suisses, relativement bien préparées et ravitaillées, ne souffrent pas trop de la guerre, la population suisse doit se serrer la ceinture. En 1915, le Conseil fédéral octroie le monopole de la distribution des céréales à la confédération afin d'essayer de lutter contre les prix exorbitants du marché noir.
Il est difficile de savoir si c'est sa neutralité armée ou un intérêt partagé des belligérants à sa non-invasion qui a permis d'éviter l'invasion de la Suisse. Toujours est-il que la guerre est marquée par trois affaires, qui tendent à renforcer le fossé, appelé en allemand Roestigraben et en français barrières des roestis, entre francophones et germanophes: la lettre d'Ulrich Wille au Conseil fédéral (1915), l'affaire des colonels et l'affaire Hoffmann.
Le Traité de Versailles reconnaît la neutralité perpétuelle de la Suisse, en échange de l'abandon du droit, plus que théorique, obtenu en 1815 d'occuper la Savoie en cas de conflit. Un plébiscite est organisé au Voralberg quant à son rattachement à la Confédération. Les habitants sont d'accord, mais finalement les Alliés rattacheront la région à la République d'Autriche.
Les difficultés sociales engendrées par la guerre aboutirent à la Grève générale de 1918 déclenchée le lendemain de l'armistice par le Comité d'Olten. La grève fut brisée par la menace de l'intervention de l'armée et fut longtemps considérée comme une défaite des socialistes. Néanmoins, elle semble avoir eu une influence sur les décisions politiques du pays: dès 1919, le Conseil national fut élue à la proportionnelle, puis au début des années 1920, le temps de travail hebdomadaire fut limité à 48 heures.
La politique se polarise en deux fronts opposés, la gauche et la droite; chaque partie usant de l'arme du referendum pour bloquer les décisions qui ne lui plaisent pas. Le gouvernement utilise alors beaucoup les arrêtés fédéraux urgents, qui ne peuvent être contestés en décision populaire. Les grands capitaines de l'industrie prennent une part active dans la rédaction des lois et l'on assiste à une véritable politique extraparlementaire.
Économiquement, la Suisse est secouée par une première crise en 1921 et en 1922, puis elle subit de plein fouet, mais avec quelques années de retard du fait de l'existence de grands chantiers, la crise mondiale de 1929. Elle doit même dévaluer le franc suisse de 30% en 1936.
Le début des années 1930 est marqué par la montée des Fronts, mouvements fascisants héritiers des organisations anticommunistes nées de la grève de 1918. Ces mouvements ont tout d'abord un certain succès, mais leurs idées s'opposent trop au fédéralisme helvétique et les partis bourgeois s'éloignent bientôt d'eux.
La deuxième moitié des années 1930 voit un changement du climat politique: les fronts perdent de leur importance et les différents partis, de gauche comme de droite, adhèrent à l'idée commune de défense nationale spirituelle qui culmine avec l'exposition nationale de 1939 à Zurich, la landi. Durant cette période, le gouvernement prépare également le pays a un conflit militaire: l'Europe s'arme rapidement et le Conseil fédéral désire éviter les problèmes d'approvisionnement de la Première Guerre mondiale.
La Suisse celtique
Migrations
Ă€ la veille de la Guerre des Gaules
La Suisse gallo-romaine
L'intervention de Jules César (58-44 av. J.-C.) et l'intégration au jeune empire
Première occupation militaire (Ier siècle)
Période sans occupation militaire (IIe et IIIe siècles)
Deuxième occupation militaire (fin IIIe et IVe siècles)
Fin de la domination romaine
Invasions
La Suisse sous la domination des Germains
Lorsque l'Empire romain s'affaiblit, il autorise des peuples germaniques, dit fédérés, à s'installer sur son territoire. Ces peuples reçoivent du terrain et une partie des revenus, en échange ils doivent assurer la sécurité du territoire. Les Burgondes reçoivent en 443 une région appelée Sapaudia, le pays des sapins, qui correspond à la Savoie actuelle et une grande partie du Plateau suisse. Les Burgondes transforment bientôt la Sapaudia en un véritable royaume (en 476, peu après que Odoacre dépose le dernier empereur Romulus Augustule, et l'agrandirent considérablement dans la vallée du Rhône (Lyon) et contrôlent le Valais et les cols alpins.La Suisse féodale
Le pacte de 1291
La confédération des VIII cantons
La confédération des XIII cantons
La révolution
Premiers mouvements
Les conflits entre sujets et cantons souverains continuèrent tout au long du XVIIIe siècle. Ainsi de 1719 à 1722, le soulèvement de Werdenberg eut lieu contre Glaris. En 1723, c'est le major Abraham Davel qui tente de soulever les Vaudois contre les Bernois; dénoncé par ses concitoyens, il fut décapité à Vidy.Invasion française de 1792 et 1798
Les armées révolutionnaires avaient pénétrés sur le territoire actuel de la Suisse dès 1792: l'évêché de Bâle, brièvement indépendant sous le nom de République rauracienne, avait été intégré à la France sous le nom de departement du Mont-Terrible, comprenant les districts actuels de Porrentruy et Delémont, le 23 mars 1793; la principauté de Montbéliard, jusqu'alors intégrée au département de Haute-Saône y est rattachée en 1797. Le reste du Jura bernois est progressivement rattaché au département en 1797 et en 1798. Le département du Mont-Terrible sera entièrement rattaché au Haut-Rhin, le 17 février 1800.La République helvétique
La République helvétique fut un État centralisé et unitaire. Elle était gouvernée par un directoire qui nommait les gouverneurs des cantons, ces derniers n'étaient plus souverains et étaient devenus de simples divisions administratives. Les cantons d'alors n'avaient plus grand-chose des frontières précédentes : Berne perdait ainsi non seulement le canton de Vaud et l'Argovie, mais également l'Oberland. Le Baden devenait un canton, ainsi que la Thurgovie, les Grisons étaient intégrés à la République sous le nom de Rhétie, ainsi que le Valais. Les bailliages italiens formaient deux cantons : Bellinzone et Lugano. Zoug, Uri, Schwytz et Unterwald, y compris le couvent d'Einsiedeln, et l'ancienne république indépendante de Gersau, furent regroupé dans l'unique canton des Waldstaetten. Glaris, Appenzell, Saint-Gall et les bailliages de la vallée du Rhin sont répartis enre les cantons du Säntis et de la Linth. Mulhouse, Genève et Neuchâtel étaient intégrés à la France, la Valteline aux États d'Italie du Nord. L'Acte de Médiation
L'Acte de Médiation, nouvelle constitution imposée par Napoléon en 1803, permet de calmer les tensions internes. Les cantons retrouvent, plus ou moins, leurs frontières traditionnelles. Néanmoins moins, Berne reste emputé de Pays de Vaud, qui demeure un canton, et de l'Argovie, qui fusionnant avec Baden, forme le canton d'Argovie. Le canton de Saint-Gall est également formé de la réunion des territoires de la ville et de l'abbaye de Saint-Gall avec un certains nombres d'anciens bailliages communs (Sargans, RheinTal, ...). Le canton du Tessin est formé par la réunion des bailliages italiens et les Grisons forment un nouveau canton, formé de la réunion des trois ligues grises (sans leurs bailliages).La Confédération des XXII cantons
Restauration (1815-1830) et régénération (1830-1848)
À la suite de la défaite française, la Suisse vit passer différentes armées étrangères, qui se nourrissant sur place, entraînèrent des problèmes de famine parmi la population.Le Sonderbund
Les années qui suivirent la Restauration virent une montée progressive du parti radical dans plusieurs cantons. Ceux-ci, partisans d'un système plus centralisateurs, devenus majoritaires au Parlement, prirent plusieurs mesures anti-catholiques, comme la fermeture des couvents argoviens en 1841. Le canton de Lucerne, catholique, rappela les Jésuites sur son territoire; des bandes armées radicales attaquèrent et pillèrent alors des villages lucernois.L'État fédéral
Approfondissement des institutions
Le nouvel État fédéral issus de la Constitution de 1848 révolutionna la Suisse. En effet, d'importantes prérogatives furent dès lors dévolues à l'État fédéral dominé par le radical-libéralisme. En effet, le système majoritaire utilisé pour les élections fédérales éliminent pratiquement l'opposition conservatrice, vaincue lors du Sonderbund, du pouvoir. Kulturkampf et centralisation
La révision de la constitution de 1874 accorde encore de nouvelles prérogatives à l'État fédéral, et le Tribunal fédéral, désormais permanent, est établi à Lausanne. L'école primaire devenait obligatoire, de même que la tenue d'un registre d'État civil.La Première Guerre mondiale
Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, la population est divisée: la partie germanophone penche du côté des Empires centraux, tandis que la Romandie a plus de sympathie pour les Alliés. Le Conseil fédéral reçoit les plein-pouvoir et l'Assemblée fédérale nomme Ulrich Wille comme général de l'armée suisse.L'entre-deux guerres
L'entre-deux guerres est tout d'abord marqué par la fin de la majorité radicale: aux élections de 1919, le Parti radical suisse perd 45 des 105 sièges qu'il détenait, à la suite de l'abandon du système majoritaire. La même année un second siège au Conseil fédéral est attribué au Parti Démocrate-chrétien. Par la suite, en 1929, un siège sera également attribué au Parti des Artisans, futur UDC. Par contre, le Parti socialiste suisse reste écarté de l'exécutif par la coalition au pouvoir, conséquences de la peur du communisme qui demeure, exarcerbée par le souvenir de la Grève générale de 1918.La deuxième guerre mondiale
La guerre froide
Le tournant du millénaire
Articles connexes
Sources
(à compléter)
