article sur le Hésiode, Explication sur le Hésiode

Hésiode Article, Signification, Explication

         

Hésiode ou Hésiode d'Ascra (en grec Ἡσίοδος Hêsíodos, en latin Hesiodus) est un poète grec du VIII siècle av. J.-C

Table of contents
1 Biographie
2 Ses œuvres
3 Quelques proverbes
4 Bibliographie
5 Liens

Biographie

Hésiode serait né à Ascra, un petit bourg de la Béotie. Son père, Dius, était un petit paysan venu de Cumes en Éolie, contrée d'Asie Mineure située entre l'Ionie et la Troade. Il y acheta près d'Ascra en Béotie un lopin de terre, et y épousa Pycimède, dont il eut deux fils : Hésiode et Persès.

Hésiode toute sa jeunesse mena la dure vie des pauvres paysans de son époque, et au moment du partage de l'héritage de son père, il eut un grave différend avec son frère Persès, ce qui entraîna un procès. Cependant, Persès corrompit les juges et obtint une part plus importante, mais Hésiode, grâce à sa frugalité et à son sens de l'économie devint bientôt plus riche. Généreux, il aida plusieurs fois son frère en lui prêtant de l'argent.

Il espérait amener son frère à la sagesse, à une saine vie et à une bonne gestion de ses biens, et composa, pour son instruction, le poème Les travaux et les jours, ouvrage dont la partie didactique est axée autour de deux vérités morales : le travail est la grande loi de l'humanité et celui qui travaille peut vivre décemment. Cet ouvrage fut écrit dans un contexte de crise agraire et de vagues de colonisation des Grecs à la recherche de nouvelles terres.

Hésiode préférait l'innocence et la tranquillité des campagnes à la vie corrompue des cités et raconte comment, alors qu'il était pasteur sur l'Hélicon, il y rencontra les Muses, qui lui reprochèrent sa paresse, lui donnèrent une branche de laurier et l'animèrent du souffle poétique. Dès lors, il décida de se vouer tout entier à leur culte. À Chalcis en Eubée, participant au concours de poésie organisé par les fils du roi Amphidamas pour célébrer les funérailles de leur père, il remporta la victoire avec un poème célébrant l'agriculture et la paix. La légende prétend qu'il aurait battu Homère lui-même à ce concours mais rien ne permet de l'affirmer, et Hésiode n'en parle pas.

Voulant dédier aux Muses le trépied qui constituait son prix, il se rendit auprès de l'oracle de Delphes, où la Pythie lui fit une terrible prédiction :

« Heureux ce mortel qui visite ma demeure, cet Hésiode que chérissent les Muses immortelles ! Sa gloire s'étendra aussi loin que les rayons de l'aurore. Mais redoute le bois fameux de Jupiter Néméen. C'est là que le destin a marqué le terme de ta vie. »

Hésiode, pensant que la prédiction désignait le temple de Jupiter Néméen sur le site d'Olympie, s'éloigna du Péloponnèse et s'établit à Oenoë, ville de la Locride, région de la Grèce centrale, entre les golfes de Corinthe et d'Eubée. Il y vécut longtemps, prit femme et eut un fils. Cependant, un jour, alors qu'il séjournait chez un hôte avec un certain Milésius, celui-ci viola la fille de son hôte durant la nuit. Hésiode fut accusé du crime et tué par les frères de la victime. Ce qu'Hésiode avait ignoré, c'est que le lieu de ces événements, qui était une région boisée près de la mer, était consacré à Jupiter Néméen. La prophétie se réalisait.

Les seuls faits authentiquement connus sur Hésiode sont les événements consignés dans ses poèmes, tels que sa condition de pâtre sur l'Hélicon, sa victoire à Chalcis, son procès avec son frère et la naissance de son fils. Sa mort par assassinat est aussi chose certaine. Tout le reste sont des faits rapportés après sa mort par des historiens de l'antiquité, et pour lesquels peuvent exister plusieurs versions.

Hésiode s'est peint lui-même dans ses ouvrages comme ami d'une existence sédentaire, observateur de la tempérance et de la justice, religieux jusqu'à la superstition, n'ambitionnant point la faveur des rois et se contentant de se rendre utile à ses concitoyens, à qui il prêchait la morale avec de beaux vers. Il est le créateur de la poésie didactique. Après sa mort, des statues furent érigées à Thespie, à Olympie, sur l'Hélicon. Ses poésies, chantées par les rhapsodes, devinrent très populaires et acquirent une grande renommée.

Hésiode a inspiré de nombreux poètes, parmi lesquels Virgile (dans ses Géorgiques) et Lucrèce.

Ses œuvres

Hésiode est principalement connu pour sa réécriture des mythes dans ses œuvres, la Théogonie et Les Travaux et les jours, sur lesquels il a longuement réfléchi. Il met ainsi les trois puissances principales : Gaïa, Nyx, Éros, au début du récit (sans préciser qu'elles naissent au début). Auparavant, il existait une version de ces mythes par cité en Grèce ; la refondation d'Hésiode, si elle n'a pas éliminé les textes contradictoires (L'Odyssée), s'est imposée comme le meilleur récit des origines pour les Grecs anciens.

Hésiode tire son inspiration de multiples sources : son père cabotait avec l'Asie, il a donc dû avoir des échos des mythes babyloniens. S'il repense le mythe, il le fait cependant dans la logique du mythe.

  • Théogonie (Θεογονία Theogonia) : généalogie des dieux, dans laquelle il présente la multitude des dieux célébrés par les mythes grecs où trois générations divines se succèdent : celle d'Ouranos, celle de Cronos, celle de Zeus qui sort triomphant. À cette généalogie divine s'ajoute une cosmogonie qui retrace la création du monde à partir du Chaos. Cet ouvrage constitue le plus ancien poème religieux grec.

  • Les travaux et les jours (Ἔργα καὶ Ἡμέραι Erga kai Hêmerai) : Hésiode met en scène deux personnages, l'un appelé Hésiode, et l'autre, son frère, Persès, qui l'assigne injustement en justice à propos de sa part d'héritage. Des rois appelés pour résoudre le conflit prennent le parti de l'injustice. Pour se défendre, Hésiode se lance dans un grand discours où il raconte l'histoire de Prométhée et de Pandore, les cinq races successives de l'humanité (or, argent, bronze, rien puis fer), la fable du faucon et du rossignol (le faucon représentant le roi, et le rossignol le poète) et enfin la vision de deux cités, celle de la justice, Δίκη (Dikê) et la cité opposée, Ὕϐρις (Hubris, la démesure). Il donne une description des travaux agricoles sur les terres arides de son pays natal et il se présente comme un calendrier précis de l'année d'un agriculteur en incluant des conseils sur l'agriculture: outils, soins des animaux, cultures, etc. Une section décrivant la rigueur de l'hiver dans les montagnes de Grèce est particulièrement remarquable. Il termine le récit en prédisant qu'à la fin, l'homme de la justice devient riche, tandis que celui de la démesure perd tout. Hésiode est le prophète de la race de fer, qu'il fait succéder à la race des Héros.

  • Le bouclier d'Héraclès (Ἀσπὶς Ἡρακλέους Aspis Hêrakleous), inspiré de la description du bouclier d'Achille dans l'Iliade.

  • Les Éhées (Ἢ οἷαι Ê hoiai, « comme celles qui », formule de transition classique dans une narration) ou Catalogue des femmes illustres.

Quelques proverbes

  • « La route qui mène à la misère est plane. »
  • « Gain mal acquis vaut un désastre. »
  • « Qui se fie à une femme se fie aux voleurs. »
  • « Ne remets rien au lendemain ni au surlendemain. »

Bibliographie

  • Détienne (Marcel), « Crise agraire et attitude religieuse chez Hésiode », Revue d'études latines, coll. « Latomus 68 » Bruxelles, 1963 ;
  • Leclerc (Marie-Christine), La Parole chez Hésiode, Les Belles Lettres, Paris, 1993.

Liens

Liens externes

  

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