Gilles de Rais Article, Signification, Explication
Gilles de Montmorency-Laval, Baron de Rais, appelé Gilles de Rais (ou Gilles de Retz), surnommé Barbe-bleue (1404 - 26 octobre 1440), maréchal de France, exécuté pour meutres et sorcellerie.
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2 Un héros de la guerre de Cent Ans 3 Un criminel hors du commun 4 Voir aussi |
Un seigneur breton
Guy de Laval avait séduit la Dame de Rais, âgée et seule, et obtint d'elle qu'elle le désigne comme légataire universel. Il hérite de ce fait des seigneuries de Machecoul, Saint-Étienne de Mer Morte, Pornic, Princé, Vue, Bouin, qui forment le pays de « Rais » (actuellement Retz). Guy, après avoir consenti au mariage avec Marie, la fille de Jean de Craon, devient baron de Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont son fils héritera.
Après la mort de son père, Gilles de Rais fut élevé par son grand-père, Jean de Craon, à la réputation sulfureuse.
Après de nombreuses tentatives de fiançailles, Gilles de Rais finit par se marier avec Catherine de Thouars, qu'il a enlevé dans ce but, le 24 avril 1420.
Un héros de la guerre de Cent Ans
De 1427 à 1431, Gilles de Rais combat les Anglais lors de la guerre de Cent Ans, notamment aux côtés de Jeanne d'Arc. Après l'éclatante victoire de Patay, il obtient le bâton de maréchal de France.
Son échec, avec Jeanne d'Arc, lors du siège de Paris - dû à une trahison de La Trémoille qui a fait se replier l'armée française - vaudra le discrédit de Gilles à la cour et l'incitera à se retirer sur ses terres.
Cinq ans jours pour jour après la prise d'Orléans, Gilles de Rais offre à qui veut les voir une série de reconstitutions de la bataille à ses frais : des centaines d'acteurs nouris, logés, changés à chaque représentation. Une débauche de frais qui incite sa famille à lui intenter un procès (qu'elle gagne) afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant.
Un criminel hors du commun
Un conflit larvé s'installe entre Gilles de Rais et l'Église, qu'il aurait défié en reprenant par la force une de ses possessions. Le 13 septembre 1440, l'évêque de Nantes cite Gilles de Rais à comparaître après avoir recueilli des témoignages et des rumeurs sur les exactions de celui-ci. Il est accusé d'avoir violé, torturé et assassiné 140 enfants, notamment dans le cadre de rites sataniques, durant les huit années précédentes. Les chefs d'accusation sont les plus graves de l'époque : « sodomie, sorcellerie et assassinat ». Gilles de Rais, manifestement convaincu qu'il était trop fort pour craindre quoi que ce soit, se laisse capturer.
S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui sera l'instrument de sa chute.
Le procès qui s'ouvre à Nantes le 8 octobre 1440 est très bien préparé et suit une stratégie machiavélique visant à le désarmer de toute défense. Gilles de Rais a la possibililté de récuser les juges pour partialité à l'ouverture du procès, mais l'acte d'accusation ne fait alors état que d'un acte véniel, ce qui soulage l'accusé qui reconnaît la compétence des juges. Ce n'est qu'à la deuxième audience (le 13 octobre) que l'acte d'accusation complet est dévoilé, mais il est alors trop tard pour récuser les juges. Gilles de Rais se rend compte qu'il a affaire à un dossier d'accusation très étoffé et que de plus, son incarcération délie les langues. Les témoignages à charge commencent à affluer. Ses valets et ses complices qui l'avaient assisté dans ses crimes, également arrêtés et le voyant sans ressources, se mettent à l'accabler. Lors de son procès, Gilles de Rais comprend qu'il a été piégé et qu'il ne peut plus résister face aux accusations. Il s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l'effare et il se résout alors à faire ses aveux en l'échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé.
Sa confession, prononcée dans sa prison puis répétée à l'audience du 22 octobre horrifie l'audience tant les détails de la cruauté décrite dépassent l'entendement. Le jugement est prononcé le 25 octobre : Gilles de Rais et ses deux valets seront pendus puis brûlés. Le lendemain matin, le 26 octobre après une messe à la cathédrale, l'exécution est accomplie dans les prairies de l'île de Biesse.
Intercédant à sa demande, son corps sera déposé en l'église Notre Dame du Carmel, à Nantes. Son mausolée a été détruit durant la Révolution française.
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