Génocide au Rwanda Article, Signification, Explication
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2 Etude approfondie 3 Questions fondamentales 4 Voir aussi |
Le 6 avril 1994, le deuxième président du Rwanda, élu après avoir pris le pouvoir par un coup d'État en 1973, un Hutu, Juvénal Habyarimana est assassiné lors de l'explosion de son avion, touché en vol par un missile de provenance inconnue. L'avion transportait aussi le président burundais Cyprien Ntaryamira, qui périt dans l'explosion.
Dès la nuit du 6 avril, cet attentat donna le signal de départ du génocide au Rwanda. Ce génocide succéda à une longue série de massacres dirigés contre les Tutsi depuis 1959. Une campagne médiatique échauffait les esprits contre les Tutsi depuis plusieurs mois. Les « médias du génocide » furent un élément essentiel de ce qui est apparu et se confirma comme un plan élaboré par des extrémistes Hutu, comme l'ont établi plusieurs enquêtes internationales, les missions parlementaires belges [1] et françaises [1], de nombreux témoignages de tueurs et de rescapés, de membres de la MINUAR, d'ONG et de journalistes internationaux.
Immédiatement la France et la Belgique évacuèrent leurs ressortissants et ceux des autres pays occidentaux. Des dignitaires du régime Habyarimana et leurs familles furent également évacués par la France, ainsi qu'un orphelinat protégé par Madame Habyarimana. Les Belges évacuèrent aussi quelques Tutsi qui réussirent à les convaincre de les emmener.
Un gouvernement intérimaire est constitué en quelques jours sous la houlette du colonel Bagosora, qui rapidement se révèle être l'homme fort de la situation, après la disparition du président Juvénal Habyarimana. Très vite le gouvernement intérimaire s'engage sur deux fronts : d'une part, les FAR, (Forces Armées Rwandaises), combattent le FPR (Front Patriotique Rwandais) et d'autre part, les milices Interahamwe, créées par le président Habyarimana, exécutent ce qu'elles appellent « le travail », parfois assitées par les FAR. Des Hutu se mettent à travers tout le pays à massacrer les Tutsi ainsi que certains Hutu modérés (considérés comme « traîtres »). Ils utilisent essentiellement des machettes, des houes et des goudins cloutés.
Pendant 3 mois, la Radio Télévision des Mille Collines encourage et guide jour après jour l'évolution de ce génocide, citant nommément, heure après heure, les Tutsi non encore tués à tel ou tel endroit. Les massacres atteindront des sommets dans l'horreur, le nombre de morts par jour (supérieur au « rendement » des Nazis), la méticulosité (on éventre les femmes enceintes pour tuer les fœtus), la violence sexuelle, les tueries internes aux familles mixtes, la volonté de faire souffrir les victimes, le mépris des morts et le nombre de tueurs impliqués. Les églises même ne seront plus une protection et seront des lieux de massacres de masse. S'ajouteront des destructions de biens, de troupeaux et des pillages.
Dès la première semaine du génocide, partant du nord du Rwanda, une zone limitrophe de l'Ouganda qu’ils ont conquise de 1990 à 1993 contre les FAR, les rebelles du FPR de Paul Kagame, formé majoritairement d'exilés Tutsi mais aussi de Hutu de l’opposition, occupent leur pays d'origine pour prendre le pouvoir et faire cesser les massacres. De 1990 à 1993 les FAR, ont été formées et restructurées par l'armée française. De leur côté les responsables du FPR se sont appuyés sur l'armée ougandaise, dont certains étaient officiers depuis que le Président Yoweri Museveni a conquis le pouvoir en Ouganda.
Pendant toute la période du génocide, la MINUAR, Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda, tente d'obtenir un cesser le feu entre le FPR et les FAR et un arrêt des massacres génocidaires. Quinze jours après le début du génocide, l'ONU, découragée par l'assassinat de dix casques bleus belges, réduit fortement les effectifs de la MINUAR. Sous l'influence déterminante des États-Unis, l'ONU tarde ensuite à qualifier de génocide ces massacres. Mais, à partir de mai 1994, devant la gravité de la situation, elle met sur pied une « MINUAR2 » qui se révéle dans l'impossibilité d'intervenir immédiatement. Devant ce retard la France obtient des Nations Unies d'envoyer le 22 juin 1994 l’opération Turquoise, jusqu'au 22 août 1994, date prévue de déploiement de la « MINUAR2 ». Elle obtient ensuite de créer, dans le sud-ouest du Rwanda, une « ZHS », « zone humanitaire sûre », le 4 juillet 1994, après quelques accrochages avec le FPR.
Malgré la progression rapide du FPR vers la capitale, Kigali, qu’il prend le 4 juillet 1994, le génocide coûtera la vie à près d'un million de Tutsi et Hutu modérés. Ensuite les miliciens Hutu et les FAR battent en retraite au Zaïre, traversant la ZHS avec les miliciens Interahamwe et entrainant environ deux millions de réfugiés Hutu. (Le Zaïre est devenu la République démocratique du Congo en 1997). Le 19 juillet 1994, un gouvernement articulé sur les derniers accords d'Arusha, mais dominé par l'esprit de victoire du FPR, prend les rênes du Rwanda. Le Président de la République et le Premier ministre sont des Hutu modérés. Mais celui qui a conduit le FPR à la victoire, le général-major Paul Kagame, vice-président et ministre de la défense, devient l'homme fort du Rwanda.
À partir de la deuxième quinzaine de juillet 1994, le choléra fit son apparition dans les camps de réfugiés rwandais au Zaïre. Cet épisode, qui a été fortement médiatisé, a souvent été confondu avec le génocide. Il a occupé une grande part de l'énergie des soldats de l'opération Turquoise.
La majorité des réfugiés Hutu sont rentrés par vagues successives au Rwanda au cours des années suivantes. Une partie des FAR rentrée au Rwanda a été réintégrée dans l'APR, Armée Patriotique Rwandaise, les nouvelles forces gouvernementale rwandaises. En 1996 une partie des réfugiés Hutu, prise en otage par des miliciens Interahamwe au Zaïre, a été massacrée, jusqu'aux enfants, par les forces alliées (armées du Rwanda et de l'Ouganda, et rebelles Zaïrois), qui ont renversé le président du Zaïre Mobutu Sese Seko et porté Laurent Désiré Kabila à la tête de la nouvelle République démocratique du Congo en 1997.
Dix ans après le génocide, la retraite des forces génocidaires au Zaïre constitue encore un des facteurs clé de l'instabilité de la République Démocratique du Congo et une menace permanante pour le Rwanda et le Burundi qui se traduit par des incursions souvent tragiques sur leurs territoires, et justifient aux yeux du Rwanda des interventions vivement dénoncées en RDC. Dix ans après le génocide, le Rwanda et la communauté internationale (avec le TPIR. Tribunal Pénal International pour le Rwanda et la « compétence universelle » de certains tribunaux nationaux) restent au prise avec un chantier judiciaire à la dimension de cette tragédie.
Il reste des questions fondamentales, dont certaines sont exploitées par des négationnistes du génocide.
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