Fraternité Saint-Pie X Article, Signification, Explication
La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) est une société de vie commune sans vœux, fondée par monseigneur Marcel Lefebvre en novembre 1970, dans le diocèse de Fribourg, suite au Concile Vatican II dont il contestait les conclusions.
Elle possède six séminaires, dont le plus célèbre, à Écône, a été fondé en 1971. Ils rassemblent près de 200 séminaristes. Elle possède également plus de 150 prieurés dans une trentaine de pays, desservis par près de 450 prêtres. En France, les implantations les plus connues sont l'église Saint-Nicolas du Chardonnet, dans le Ve arrondissement de Paris, et l'église Saint-Éloi de Bordeaux. Ces deux établissements font l'objet de contestations juridiques mais sont tolérées, de fait, par les municipalités concernées.
La FSSPX célèbre exclusivement la messe selon le rite de Pie V (messe tridentine, en latin) et rejette le rite de Paul VI (ordo novus, en langue vernaculaire ou en latin), qui selon elle dénature le sacrement de l'Eucharistie.
La FSSPX stigmatise d'une part l'abandon du latin comme langue liturgique, alors même que le Saint-Siège en a toujours encouragé l'usage, et que le concile Vatican II le confirmait comme langue unique de l'Eglise. Elle montre également du doigt la modification du canon de la messe et l'abandon de la lecture du prologue de l'Évangile selon Jean. Pour elle, la modification de la liturgie traditionnelle est emblématique des modifications apportées par le concile Vatican II. Mgr Lefebvre écrit ainsi dans une déclaration du 21 novembre 1974 :
L'attachement à la « messe de toujours » explique une partie non négligeable des effectifs des « lefebvristes ». Parmi ceux-ci se trouvent de nombreuses personnes âgées, choquées par le changement subit de liturgie au lendemain du concile, ainsi que par une communication mal gérée par l'Église catholique, certains évêques ayant laissé croire que le rite de Pie V était désormais interdit. Elle attire également une audience jeune et fait preuve d'un dynamisme souvent supérieur aux paroisses de l'Église catholique ordinaires. Cela a conduit à un amalgame entre messe tridentine, « messe en latin » et lefebvrisme qui a profité surtout au mouvement traditionnaliste.
La FSSPX refuse l'aggiornamento et ce qu'elle nomme les mesures libérales du concile Vatican II, comme :
Les partisans de la FFSPX prétendent par ailleurs rester hors de tout schisme, par leur soumission au pape, et aux évêques de chaque diocèse.
Pourtant Mgr Lefebvre s'est régulièrement dressé contre le pape, en tant qu'individu, mais jamais en tant que fonction. Il critiqua sévèrement la visite d'une synagogue par Jean-Paul II, ou les rencontres inter-religieuses auxquelles il a participé. À l'occasion de la rencontre d'Assise (prière pour la paix rassemblant les représentants d'un très grand nombre de religions), en 1986, il affirma ainsi, lors d'une conférence spirituelle à Écône, que le pape était inspiré par le diable et les francs-maçons. Il a même été frappé en 1976 d'une suspense a divinis (censure canonique interdisant de dire la messe et d'ordonner de nouveaux prêtres).
Le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre ordonne quatre évêques, sans mandat pontifical et malgré le désaccord de Rome — l'accord de principe pour des ordinations a été donnée, mais le choix des candidats a été désapprouvé.
Le cardinal Gantin, préfet de la Sacrée congrégation des évêques, décrète le 1er juillet 1988 (décret Dominus Marcellus Lefebvre) que Mgr Lefebvre a « posé un acte schismatique ». À l'appui de sa déclaration, il cite les canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique (1983) :
L'annonce du schisme entre la FSSPX et l'Église catholique a entraîné beaucoup de remous au sein de la communauté anti-conciliaire. Les réponses principales peuvent se résumer ainsi :
Les tenants de cette position contestent l'existence du schisme et donc de l'excommunication. Selon eux, il y a eu certes désobéissance à Rome, mais pas de volonté de se séparer de l'Église. Mgr Lefebvre aurait passé outre l'interdiction pontificale, mais uniquement à cause de l'urgence de sauver des âmes. L'acte de Mgr Lefebvre ne mérite donc qu'une peine canonique simple, comme une suspense, mais non l'excommunication. La FSSPX, malgré le malentendu, reste donc fidèle au pape, il n'y a alors pas de schisme.
À la fin des années 1990, la FSSPX lança une campagne d'information auprès de ses fidèles, sur cette base d'argumentation. Un tract fut largement distribué, proclamant en première page :
Suite à ce tract, le Conseil pontifical publia une note en août 1996 réaffirmant la nature schismatique de l'ordination de 1988, et l'excommunication s'ensuivant. Le Conseil rappelait également les termes du motu proprio Ecclesia Dei de 1988, censés appeler les lefebvristes au ralliement.
Le Vatican a poursuivi des négociations assidues avec les partisans de Mgr Lefebvre. Elles ont abouti à une partition au sein de ceux-ci : une partie des dissidents a réintégré le giron de l'Église catholique romaine sous le nom de Fraternité Saint-Pierre. Les points de contestation sont demeurés identiques mais leur influence
est grande. Dans la pratique, de nombreux fidèles redécouvrent, grâce à la FSSPX, la richesse de la liturgie de Saint-Pie V, sans rompre aucun lien avec le Concile Vatican II. -- Motu proprio 'Ecclesia Dei' de 1988
Les partisans du sedevacantisme représentent la partie extrême (et minoritaire) des partisans de la FSSPX. Ils prétendent également qu'il n'y a pas schisme, mais pour des raisons bien différentes de celles exposées ci-dessus : selon eux, l'Église conciliaire a rejeté les bases de la foi chrétienne et de la Tradition, elle est donc hérétique et schismatique depuis le concile Vatican II. Les peines qu'elle impose, comme l'excommunication, sont nulles et non avenues. Le siège pontifical est considéré comme vacant depuis le concile et Jean-Paul II ne dispose d'aucune autorité légitime sur les catholiques.
Nombre de membres de l'organisation sont proches des partis conservateurs, parfois de l'extrème droite, dans les différents pays où la FSSPX est présente. Ils sont par ailleurs fortement opposés au communisme, tant pour des raisons doctrinales (jugé « intrinsèquement pervers » par le pape Pie XI dans l'encyclique Humani generis de 1937) qu'à cause de la position d'athéisme de cette mouvance, ainsi que de persécutions anti-chrétiennes dans plusieurs pays qui s'en réclament, toujours maintenant.
Mgr Lefebvre a ainsi, en 1985, dans un entretien accordé au quotidien Présent, appelé à voter en faveur de Jean-Marie Le Pen. L'abbé Philippe Laguérie, doyen de la Fraternité en Aquitaine et curé de la paroisse Saint-Éloi (Bordeaux), appartenant à la FSSPX, a reconnu en 1991 le Front national comme « le parti le moins éloigné du droit naturel », notamment en raison de son refus de l'avortement, tous les autres partis politiques ayant toujours accepté ou toléré l'avortement.
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Points de contestation
Liturgie
Selon lui, la nouvelle liturgie banalise le sacrifice accompli par le prêtre, et transforme la messe en simple repas de commémoration, à la manière des protestants.Doctrine
Relations avec l'Église catholique
Le schisme
Il déclare donc excommuniés Mgr Lefebvre lui-même, Mgr de Castro-Mayer, évêque co-célebrant, et les quatre nouveaux évêques. Le lendemain, par le motu proprio Ecclesia Dei Jean-Paul II rappelle aux fidèles que ceux qui « adhèrent formellement » au schisme encourent l'excommunication eux aussi.Conséquences
Absence de schisme
Le tract citait plusieurs canonistes se refusant d'une part à voir une condamnation vaticane dans les déclarations de Jean-Paul II suivant l'ordination ; d'autre part à considérer la célébration de la messe tridentine comme fautive.Ralliement
Sedevacantisme
La Fraternité et la politique
Mesures disciplinaires au sein de la Fraternité
On trouve de nombreux documents à ce sujet sur « les.infos », un site indépendant.Articles connexes
Liens externes
