article sur le Falashas, Explication sur le Falashas

Falashas Article, Signification, Explication

 

Les Falashas, ou Beta Israël, sont les juifs d'Éthiopie. Falasha signifie en amharique, « exilés ». Rarement utilisé par les juifs d'Éthiopie, qui utilisent Beta Israel (la maison d'Israël), il est généralement considéré comme dépréciateur.

Table of contents
1 Religion
2 Histoire ancienne
3 Histoire moderne
4 Emigration
5 Falash Mura
6 Liens connexes

Religion

La religion des Falashas est basée sur le Pentateuque. Les livres plus récents reconnus par le judaïsme, bien qu'ils en aient eu connaissance à travers la Bible utilisée par les chrétiens d'Éthiopie, n'étaient pas, jusqu'à leur émigration en Israël, considérés comme inspirés. Cet état de fait tend d'ailleurs à changer parmi les communautés ayant immigré en Israël.

Ainsi, les membres de Beta Israël ne pratiquent pas les fêtes juives dont il n'est pas fait mention dans le Pentateuque, comme Hanouka, Pourim, les jeûnes du 10 tevet; 17 tamouz, 9 Av, Guedalya (3 tichré) et Esther (13 Adar).

La version du Pentateuque qu'utilisent les Beta Israël est identique à celle des chrétiens éthiopiens et est rédigée en guèze, la langue liturgique de ces derniers.

Ils n'utilisent pas de Pentateuque en hébreu, langue qu'ils ne connaissaient d'ailleurs pas jusqu'au XXe siècle.

Les communautés Beta Israël n'ont pas de synagogue ni de rabbin. Leur lieu de culte est appelé temple et l'officiant kès (ce qui signifie prêtre). Jusqu'au XXe siècle, la communauté Beta Israël possédait une tradition monacale, probablement emprunté au monachisme des chrétiens d'Éthiopie. Cette institution a aujourd'hui disparu, et il n'y a plus de moines Beta Israël. Enfin, les communautés Beta Israël ne connaissaient pas l'étoile de David.

La grande majorité de ceux ayant émigré en Israël ont adopté un judaïsme orthodoxe, et leurs spécificités semblent appartenir au passé. Les kès ont perdu une part importante de leur influence, et la nouvelle génération de religieux de la communauté est composée de rabbins formés dans des yeshiva orthodoxes.

Histoire ancienne

L'origine des Beta Israël est obscure : l'histoire des populations éthiopiennes est mal connue entre le Ve siècle et XIIe siècle car l'empire d'Éthiopie n'a conservé pratiquement aucun texte de cette période.

Jusqu'au Ve siècle, les sources textuelles indiquent la présence d'une communauté juive en Ethiopie, comme dans d'autres pays riverains de la Mer Rouge d'ailleurs. Ces juifs ne sont pas nommés « Beta Israël » et semblent pratiquer les rites orthodoxes.

A compter du XIIe siècle, les sources textuelles indiquent l'existence Beta Israël, mais ne parlent plus de la présence de juifs pratiquant la religion classique.

Deux familles d'hypothèses avancées pour l'apparition des communautés Beta Israël.

L'hypothèse juive

Les Beta Israël seraient apparus sur la base du noyau juif présent dans l'Ethiopie d'avant le Ve siècle.

Ce noyau se serait élargi par mariage mixte et conversion. Ceux-ci ont dû être soit importants, soit la communauté juive originelle étaient déjà largement éthiopienne, puisque des études sur l'ADN des populations éthiopiennes ont eu lieu ne montrant aucune spécificité génétique des membres de Beta Israël par rapport aux autres populations éthiopiennes.

La présence de juifs en Ethiopie au Ve siècle, avant le tarissement des sources documentaires, milite en faveur de cette hypothèse.

L'hypothèse chrétienne

D'après cette hypothèse, les Beta Israël seraient issus de groupes chrétiens fondamentalistes ne considérant comme authentique que le Pentateuque et nom l'ensemble de la Bible.

Plusieurs éléments corroborent cette hypothèse :

  • l'origine peut-être chrétienne de la version du Pentateuque utilisée par les Beta Israël,
  • l'absence du nom traditionnel juif, des fêtes juives les plus populaires, ainsi que l'absence des symboles juifs traditionnels comme l'étoile de David,
  • la présence de moines, de prêtres,
  • l'absence de synagogues,
  • les conversions ultérieures de chrétiens à la foi des Beta Israël, attestées par les textes chrétiens. Ces conversions montrent une certaine attractivité des Beta Israël sur les chrétiens, ce qui ne signifie pas obligatoirement que les premiers Beta Israël venaient des milieux chrétiens.

En l'absence de preuves formelles, les deux hypothèses subsistent.

Les Beta Israël ont bénéficié pendant longtemps de la faiblesse du pouvoir central Ethiopien, et ont pu vivre dans des principautés indépendantes du nord de l'Ethiopie. Ces principautés ont finalement été vaincues par le pouvoir central chrétien (pour les dernières au XVIIe siècle), et ont été intégrés à l'Empire, les membres de la communauté eurent alors le statut, défavorisé, de non-chrétiens.

Progressivement exclus de la propriété foncière, ils sont devenus une population pauvre, travaillant comme ouvriers agricoles pour les grandes exploitations, ou comme artisans.

Histoire moderne

L'Occident n'a vraiment eu connaissance de leur existence que lorsqu'ils sont entrés en contact avec des missionnaires protestants de la « London Society for Promoting Christianity » (1859), puis avec Joseph Halévy (1867), de l'Alliance israélite universelle, lequel ne cessera de promouvoir leur reconnaissance comme juifs par la communauté juive mondiale.

Les efforts d'Halévy et de ses successeurs auprès des Beta Israël (surtout Jacques (Ya'acov) Faitlovitch, qui à compter de 1904 dédiera sa vie à la reconnaissance des Beta Israël comme juifs) viseront en pratique 2 objectifs :

  • faire reconnaître les Beta Israël comme juifs.
  • faire accepter au Beta Israël leur appartenance au peuple juif et « réformer » leur pratique religieuse pour la rapprocher du judaïsme orthodoxe.

Ces deux objectifs n'allaient pas d'eux-mêmes. En effet, si les Beta Israël suivent le Pentateuque et se considèrent comme descendants des hébreux, il existe de substantielles différences entre les pratiques religieuses des deux groupes. Au XIX siècle et pendant une bonne partie du XX, les différences de couleur de peau ont aussi été perçues comme porteuses de différences fondamentales.

Dans la première moitié du XX siècle, (surtout à partir de 1920), Faitlovitch a encouragé la formation d'une élite Beta Israël (numériquement peu nombreuse) dans des institutions juives occidentales sympathisantes. Cette élite jouera un rôle important, une fois rentrée au pays, pour rattacher les Beta Israël au Judaïsme orthodoxe (introduction de l'étoile de David, de certaines fêtes juives, acceptation par les Beta Israël de leur appartenance au peuple juif).

Lors de la création de l'état d'Israël, le nouveau gouvernement refusera de reconnaître au Beta Israël le statut de juif, et donc le droit d'émigrer en Israël.

Emigration

Entre 1965 et 1975 se mit en place une petite émigration Beta Israël vers Israël. Elle était surtout le fait d'hommes, très peu nombreux, qui venaient en Israël avec un visa de tourisme (l'Ethiopie, pays officiellement chrétien, connaissait un flux de pèlerins visitant la terre sainte), puis qui y restaient illégalement. Ils trouvèrent sur place des sympathisants, qui les reconnaissaient comme juif et les aidaient. Certains purent obtenir une régularisation de leur situation grâce à ces soutiens. Certains acceptèrent de se « convertir » au judaïsme, ce qui réglait leur problème personnel, mais pas la situation de leur communauté. Les personnes qui obtinrent leur régularisation firent parfois venir leur famille.

En 1973, un ancien sergent de l'armée israélienne posa officiellement la question de la judaïté des Beta Israël au grand rabbin Sépharade d'Israël, Ovadia Yosef. Ce vétéran d'origine yéménite avait servi dans l'armée anglaise pendant la seconde guerre mondiale, en Ethiopie, et y avait épousé une Beta Israël. Le grand rabbin, citant une décision rabbinique égyptienne du XVIIe siècle, reconnu la judaïté des Beta Israël. Celle-ci fut initialement rejetée par le grand rabbin Ashkenaze, Shlomo Goren, qui finit cependant par s'y rallier en 1974.

En 1975, le gouvernement d'Ytzak Rabin accepta officiellement le caractère juif des Beta Israël, et leur ouvrit le bénéfice de la loi du retour (loi permettant à tout juif dans le monde d'émigrer en Israël).

L'émigration Beta Israël vers Israël restera interdite par le gouvernement éthiopien de 1975 à 1991, et ce, suite au coup d'état militaire pro-soviétique de 1974, qui orientera la diplomatie éthiopienne dans un sens anti-israélien. Malgré cela, une émigration aura lieu, se déroulant en plusieurs vagues :

  • 1977 : environ 300 Beta Israël émigrent en Israël avec l'accord du gouvernement éthiopien, dans le cadre d'un accord secret avec Israël, accord rompu après sa révélation à la presse.
  • 1982-1984 : chassés par la famine et la guerre civile, des milliers d'Ethiopiens du nord, parmi lesquels des Beta Israël, se réfugient au sud-Soudan. 6 000 gagnent Israël par des voies détournées (le gouvernement soudanais, officiellement en guerre avec Israël, refuse leur départ).
  • 1984-1985 : le gouvernement soudanais, suite à l'intervention des États-Unis d'Amérique, laisse partir les 8 000 réfugiés Beta Israël restants vers l'Europe, d'où ils gagnent immédiatement Israël.
  • 1990-1991 : soumis à une forte pression des rebelles tigréens et érythréens, perdant son soutien militaire soviétique dans le cadre de l'effondrement du bloc de l'Est, le gouvernement éthiopien laisse partir 6 000 Beta Israël vers Israël, par petits groupes, dans l'espoir de se rapprocher des USA, alliés d'Israël. De nombreux Beta Israël gagnent Addis-Abeba, capitale de l'Ethiopie, espérant échapper à la guerre civile qui ravage le nord du pays (leur région d'origine), et espérant pouvoir partir pour Israël.
  • 1991 : lors de l'effondrement du régime communiste éthiopien, les 14 000 Beta Israël réfugiés à Addis-Abeba sont évacués en quelques jours vers Israël.
  • 1991-1994 : les derniers Beta Israël restés en Ethiopie émigrent vers Israël.
  • À partir de 1992 commence une émigration irrégulière, soumise à l'évolution politique en Israël, celle des Falash Mura.

Falash Mura

Dès 1991, les autorités Israéliennes ont annoncé que la question de l'émigration Beta Israël était en passe d'être réglée, grâce au départ de presque tous les juifs. Mais dès cette date, des milliers de personnes ont quitté le nord du pays pour venir se réfugier à Addis-Abeba, se déclarant juives et demandant à émigrer vers Israël.

Un nouveau vocable est apparu pour désigner ce groupe : les Falash Mura.

Ces personnes, qui n'appartenaient pas aux communautés Beta Israël constituées, n'ont pas été reconnues comme juives par Israël, et n'ont pas été initialement autorisées à émigrer. Elles sont en principe d'origine Beta Israël (avec des doutes pour certaines), mais ont quitté les communautés organisées, parfois depuis 2 ou 3 générations.

Les autorités israéliennes considèrent que ces personnes sont désormais chrétiennes et ne peuvent bénéficier de la loi du retour en tant que juifs. Elles affirment aussi que beaucoup ne sont même pas d'ascendance Beta Israël, mais sont des chrétiens de souche cherchant à émigrer en Occident. Elles considèrent donc les Falash Mura comme des émigrants économiques.

Les intéressés affirment être des juifs assimilés, qui ne mettaient pas en avant leur appartenance dans un milieu où être Beta Israël est dévalorisé. Ils nient toute conversion au christianisme, ou l'admettent comme répondant à une contrainte.

Les quelques études faites sur place laissent penser qu'une proportion importante (difficile à définir) des membres de ce groupe ont un parent ou un grand-parent qui s'est effectivement converti. Sans être strictement forcées, ces conversions semblent avoir eu souvent pour but d'échapper à une situation sociale peu enviable, plutôt que le résultat de conviction.

Les Falash Mura ne sont cependant pas un groupe homogène, et c'est seulement leur volonté d'émigrer qui les regroupe sous ce vocable. On trouve sans doute de nombreux cas, depuis des Beta Israël assimilés mais jamais convertis, jusqu'à des chrétiens de souche mentant sur leur origine, en passant par des personnes issues de familles converties plus ou moins par obligation, ou plus ou moins par conviction, sans compter des familles issues de mariages mixtes.

Par ailleurs, la loi religieuse juive (mais pas la loi israélienne) considère que même converti, un juif reste juif. Un retour au judaïsme du converti ou de ses enfants reste donc possible. Sous réserve de prouver son ascendance Beta Israël, ce qui n'est pas toujours simple, même quand c'est vrai.

Compte tenu de ces points de vue divergeants, et de la difficulté à trancher, un débat assez vif s'est élevé en Israël, et au sein même de la communauté Beta Israël israélienne, entre partisans et opposants à l'émigration des Falash Mura. La position gouvernementale est restée globalement assez restrictive, mais a été soumise à de nombreuses critiques, y compris de certains religieux qui veulent favoriser le retour (quand il y a bien eu conversion, ce qui n'est sans doute pas toujours le cas) au judaïsme de ces groupes dit « Falash Mura ».

Au cours des années 1990, le gouvernement a finalement autorisé la plupart de ceux qui s'étaient réfugiés à Addis-Abeba à émigrer en Israël. Certains ont pu le faire grâce à la loi du retour, qui permet à un parent non-juif d'un juif israélien d'émigrer, d'autres ont été accueillis à titre humanitaire.

Le gouvernement israélien espérait régler le problème, mais l'information selon laquelle les personnes d'origine Beta Israël pouvaient émigrer vers Israël a attiré une vague de réfugiés encore plus importante vers Addis-Abeba, ce qui a conduit le gouvernement israélien à durcir sa position vers la fin des années 1990. Début 2003, il y avait un peu moins de 20 000 Falash Mura réfugiés à Addis-Abeba, parfois depuis des années. On parle (de façon très imprécise) d'un nombre équivalent de Falash Mura qui vivraient toujours dans le nord de l'Ethiopie. À cette date (février 2003), le gouvernement israélien a décidé d'accepter que les autorités religieuses israéliennes organisent les conversions officielles au judaïsme des personnes réellement d'origine Beta Israël, et que ces personnes puissent ensuite émigrer en tant que vuives vers Israël.

La nouvelle position, plus ouverte, des autorités israéliennes gouvernementales et religieuses, devrait en théorie permettre l'émigration vers Israël de la majorité des Falash Mura le désirant (ceux dont l'origine Beta Israël sera reconnue).

En pratique, cependant, cette immigration reste lente, et le gouvernement Israëlien a continué à limiter en 2003 et 2004 l'entrée des Beta Israël a environs 300 émigrants par mois. En 2004, les services du ministère israëlien en charge de l'immigration ont ainsi indiqués que 3.700 Ethiopiens seulement avaient émigrés vers Israël.

Fin 2004, il y avait environ 90 000 Ethiopiens en Israël, dont environs 25 000 nés dans le pays, regroupant Falasha (en majorité) et Falash Mura.

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