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Eye movement desensitization and reprocessing Article, Signification, Explication

L'eye movement desensitization and reprocessing (EMDR), soit en français Mouvement des yeux, désensibilisation et retraitement (de l’information) est est une psychothérapie mise au point par Francine Shapiro dans les années 1980. L'efficacité de l'EMDR dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique est reconnue mais les bases théoriques floues et la commercialisation aggressive de cette technique sont à l'origine de quelques controverses. Le principal point de divergence concerne l'utilité des mouvements occulaires pour la thérapie.

Table of contents
1 Description de la thérapie
2 Efficacité de l'EMDR
3 Informations complémentaires

Description de la thérapie

L'EMDR est une thérapie basée sur le rappel d'expériences traumatisantes et l'association de ces souvenirs avec des idées bénéfiques. Un aspect particulièrement controversé de la thérapie est l'usage de mouvements occulaires rapides par le patient durant ce processus. Cette procédure faciliterait le « retraitement » de l'événement traumatisant par un processus neurologique d'association entre groupes de neurones.

Francine Shapiro et la découverte de l'EMDR

L'EMDR a été mise au point à la fin des années 1980 par une américaine, Francine Shapiro. Étudiante en littérature, elle est atteinte d'un cancer qui bouleverse sa vie et la pousse à s'intéresser à la psychologie clinique. Elle raconte avoir découvert l'effet bénéfique des mouvements occulaires durant une promenade dans un bois en 1987, alors qu'elle cherche un thème pour un doctorat en psychologie. Deux ans après, elle publie la première description de l'EMDR. Depuis elle a consacré sa carrière à la promotion et à la diffusion de cette thérapie qui rencontre un succès fulgurant aux États-Unis.

Francine Shapiro est membre du Mental Research Institute de Palo Alto. Elle a obtenu en 1994, le Distinguished Scientific Achievement in Psychology Award de l'association californienne de psychologie et en juin 2002, le prix Sigmund-Freud décerné à la fois par l'association mondiale de psychothérapie et par la ville de Vienne.

Étapes de l'EMDR

Francine Shapiro décompose l'EMDR en huit étapes successives :

  1. Diagnostic et planification : la première phase de la thérapie consiste à s'assurer que l'EMDR est un traitement adapté pour le patient. Un aspect important de cette évaluation concerne la capacité de la personne à faire face aux souvenirs de l'événement traumatisant qui seront ravivés pendant la thérapie. Le thérapeute prépare alors avec le patient un plan de traitement.
  2. Préparation et relaxation : le thérapeute doit ensuite préparer son client à l'EMDR en lui expliquant le déroulement de la thérapie. Il doit également s'assurer que le patient maitrise quelques techniques de relaxation et est capable de controler les émotions successives à une expérience désagréable. Il peut alors pour l'aider à faire face à son stress lui enseigner des techniques de relaxation.
  3. Évaluation : la phase suivante permet de déterminer les souvenirs qui feront l'objet du traitement. Pour chaque événement traumatisant le patient doit choisir une image qui représente l'événement, une idée négative associée à l'événement (« cognition négative ») et une idée suceptible d'éléver l'estime de soi (« cognition positive »). Le client évalue alors la validité de l'idée positive sur une échelle numérique. Il associe également l'image traumatisante et l'idée négative et évalue l'ampleur de sa détresse sur une échelle numérique (de 0 - tout va bien à 11 - détresse intense).
  4. Désensibilisation : le patient continue à penser à l'image traumatisante et à l'idée négative alors que le thérapeute lui demande de suivre avec les yeux un point lumineux qu'il déplace dans l'espace. D'autres stimulus (bruits successifs à gauche et à droite, claquement des doigts, stimulation tactile...) peuvent être également utilisés lors de cette phase. L'exercice continue jusqu'à que le patient évalue sa détresse à 0 ou à 1 sur l'échelle introduite lors de la phase précédente.
  5. Ancrage : la phase suivante vise à associer l'idée positive à la mémoire de l'événement traumatisant. Quand l'évaluation de la détresse atteint 1 ou 0, le thérapeute demande au patient de penser à l'objectif fixé en début de séance. Les mouvements occulaires continuent jusqu'à que le patient évalue la validité de la cognition positive à 6 ou à 7 sur la première échelle utilisée durant la phase 3. Les étapes 3 à 5 recommencent à chaque séance pour une nouvelle image traumatisante.
  6. Bilan corporel (body-scan) : le patient garde à l'esprit l'événement traumatisant et l'idée positive à laquelle il a été associé durant la phase précédente et passe en revue systématiquement ses sensations corporelles. Le but de cette phase est de répérer des « tensions » ou des « sensations négatives » qui subsisteraient et de les combattre toujours à l'aide de séries de mouvements occulaires.
  7. Conclusion : à la fin d'une séance, le thérapeute doit faire en sorte que son patient se trouve dans un état émotionnel stable que le traitement soit terminé ou non. Il prépare également son client à réagir correctement (relaxation, etc.) si le souvenir de l'expérience traumatisante devait surgir entre les séances.
  8. Re-évaluation : au début de la séance suivante le thérapeute demande au patient de repenser au but fixé lors de la séance précédente. En fonction des réactions du patient, il évalue l'effet de la thérapie et adapte son déroulement en conséquence. Vers la fin de la thérapie le patient est invité à tenir un journal concernant les souvenirs travaillés pendant les séances et les associations qui lui viennent à l'esprit en dehors des séances.

Originalité de l'EMDR

Un certain nombre d'aspects de l'EMDR comme l'exposition au stimulus traumatisant, la relaxation et l'association sont empruntés à d'autres méthodes classiques utilisées pour traiter les effets du stress post-traumatique. L'aspect le plus original de la technique est l'utilisation de mouvements occulaires ou d'autres stimulations sensorielles sensées faciliter le fonctionnement neuronal. Cet aspect de la thérapie est à la fois l'un des ingrédients essentiels de son succès commercial et l'un des éléments les plus controversés de la prétention de l'EMDR à la validité scientifique.

Efficacité de l'EMDR

EMDR et stress post-traumatique

L'EMDR a été spécifiquement développée comme une thérapie du syndrome de test post-traumatique. Les études publiées (études de cas et essais cliniques) concernent donc principalement des patients souffrants de certaines formes d'anxiété à la suite d'une événement traumatisant. Deux populations sont particulièrement étudiées par les chercheurs : les femmes victimes de viol et les vétérans, essentiellement de la guerre du Vietnam. Peu de traitements validés existent pour les problèmes rencontrés par ces patients et aucune thérapie ne permet à coup sûr de les résoudre. Les thérapies les plus recommandées à l'heure actuelle sont des formes de thérapie cognitivo-comportementale, basées sur l'exposition controlée aux situations génératrice d'anxiété (exposure therapy).

L'absence de solution satisfaisante pour ces patients et les promesses avancées par les créateurs de l'EMDR ont générés un intérêt grandissant et des controverses sur la validité scientifique de cette thérapie. La plupart des études concluent cependant à une certaine efficacité de l'EMDR, notamment en comparaison avec une absence de traitement. La complexité de ce type d'évaluation et différentes limites des procédures employées ne permet cependant pas de conclure sur l'efficacité relative des l'EMDR et d'autres thérapies ou sur la disparition complète des symptomes à long terme. Les résultats de l'EMDR paraissent particulièrement bon à court terme sur une échelle de « détresse subjective » lié à une image particulière (subjective unit of disturbances). D'autres mesures du stress post-traumatique sont par contre peu influencées par la thérapie. L'amélioration constatées par les patients ayant suivie une thérapie EMDR semble également s'estomper plus rapidement que pour d'autres thérapies.

Mouvements occulaires et EMDR

L'aspect le plus controversé de l'EMDR est l'utilisation de mouvement occulaires rapides durant la phase d'exposition imaginaire à la situation traumatisante. Ces mouvements occulaires sont sensés être analogues à ceux que l'on enregistre durant le sommeil. Ils faciliteraient en conséquence le traitement des informations à l'origine de la souffrance du patient et remettraient en marche des processus bloqués par le stress. Comme le modèle proposé par Francine Shapiro pour expliquer ces effets est isolé de la recherche contemporaine en neurosciences et en psychologie et n'a pas été validé empiriquement, les critiques ont mis en doute cet aspect de la théorie et contestent l'importance des mouvements occulaires pour le traitement.

Cette dispute est délicate à trancher empiriquement car la procédure utilisée par l'EMDR s'appuie sur de nombreuses autres approches thérapeutiques et à constamment évolué durant les 15 ans écoulés depuis l'apparation de cette technique. Ces caractéristiques, justifiées par le souci louable de maximiser l'efficacité du traitement rendent difficile une évaluation précise de son efficacité. Un premier obstacle est la variation dans la procédure utilisée qui limite l'intérêt des méta-analyses (intégration des résultats de plusieurs études). L'éclectisme et la complexité de la thérapie autorisent en outre de nombreuses interprétations divergentes des résultats obtenus. Ils permettent aussi aux défenseurs de l'EMDR de mettre les quelques résultats négatifs sur le compte de détails dans la technique utilisée.

Les études réalisés ont cependant échoué à convaincre de l'impact des mouvements occulaires sur l'efficacité de la thérapie. En outre les résultats obtenus par l'EMDR ne sont pas supérieurs à ceux de thérapies moins controversées, comme les thérapie cognitivo-comportementales. Rien ne permet donc à l'heure actuelle d'affirmer que l'effet bénéfique de l'EMDR n'est pas lié à la procédure classique d'exposition controlée au stimulus anxiogène.

Informations complémentaires

Formations à l’EMDR

Le nom EMDR est une marque déposée par l'institut créé par Francine Shapiro. En France, c'est l'association EMDR France qui réalise les formations à la thérapie.

Bibliographie en langue française

SERVAN-SCHREIBER, David, Guérir. Robert Laffont - 2003

ROQUES, J., « EMDR- Une révolution thérapeutique », La méridienne, Desclée Debrouwer, parution sept. 2004

Liens externes


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