Esthétique Article, Signification, Explication
L’esthétique (du grec aisthèsis, « sensation ») est la partie de la philosophie qui a pour objet l’essence et la perception du beau. Elle étudie le jugement et les émotions esthétiques, ainsi que les différentes formes de l'art.
L'esthétique est ainsi une théorie du Beau ; deux aspects fondamentaux peuvent être particulièrement remarqués :
- l'esthétique est une théorie qui se veut science normative, à côté de la logique et de la morale (d'après les valeurs humaines fondamentales : le vrai, le bien, le beau). Elle est donc une théorie d'un certain type de jugements de valeur qui énonce les normes générales du beau.
- l'esthétique est aussi une métaphysique du Beau, qui s'efforce de dévoiler la source originelle de toutes beautés sensibles : reflet de l'intelligible dans la matière (Platon), manifestation de l'idée (Hegel), beau naturel et beau arbitraire (humain), etc.
Diderot (voyez dans http://www.fernand-verhaegen.be la rubrique « Chroniques artistiques ») est considéré comme le premier « critique d’art » français. Dans ses commentaires sur les Salons de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, il n’utilise pas une seule fois le nom commun « esthétique ». Celui-ci ne se trouve pas dans la langue française. Pour traiter du « beau » dans l’art, on utilise, à son époque, les termes, de « manière » ou de « goût ». La « grande manière » est synonyme de « grand goût » et désigne le « beau» dans l’art. C’est pourtant pendant cette période que le nom « esthetique » est créé par le philosophe allemand Alexander Baumgarten (1714-1762) quand il publie, en 1750-58, son ouvrage « Aesthetica » et fonde ainsi un branche de la philosophie consacrée spécifiquement à l’étude du « Beau ». Cet ouvrage traite du goût et de sa formation, i.e. des appréciations d'art chez un individu, et définit le beau comme la perfection saisie par les sens.
C’est au XIXe siècle que le mot sera adopté en France. Ainsi Baudelaire (1821-1867) intitule « Bric-à -brac esthétique », dans la convention qu’il signe avec son éditeur en 1856, son étude consacrée notamment aux Salons de 1845, 1846. Il lui donnera son titre définitif de « Curiosités esthétiques » en 1857 pour la publier en 1868 en y ayant incorporé un texte relatif au Salon de 1859. Depuis sa création par Baumgarten, le terme a fait du chemin en tant que domaine de recherche philosophique bien distinct. Hegel (1770-1831) a marqué indiscutablement de son empreinte cette nouvelle forme d’analyse philosophique du « Beau », avec son « Die Aesthetik » » édité en 1835 après sa mort.
La sensibilité est le point de départ du jugement esthétique : il y a une sensualité esthétique de tous les sens, un besoin d'exercice qui se remarque déjà chez l'enfant. Même du point de vue de la connaissance, Aristote évoque la jouissance des sens dans l'acte de connaître : « Tous les hommes ont, par nature, le désir de connaître ; le plaisir causé par les sensations en est la preuve, car, en dehors de leur utilité, elles nous plaisent par elles-mêmes, et, plus que toutes les autres, les sensations visuelles. » (Métaphysique, livre A). Il ne faut donc pas réduire l'esthétique seulement à l'art, mais bien y inclure l'ensemble des opérations perceptives humaines.
Caractère de l’instinct :
L’objet de l’art est donc produit par un être conscient (différent d’instinct), intelligent et libre.
L’homme se représente l’objet de l’art avant de la produire. Il n’y a pas d’art sans cette faculté d’anticipation. L’objet existe d’abord dans la conscience, sous forme idéale (conscience de l’artisan par exemple). Ces formes idéales déclenchent une action volontaire. La causalité est finale (différente de mécanique, d’instinctive). Il s’agit de trouver les moyens les plus efficaces pour réaliser l’objet dont on a l’idée : ce sont les moyens techniques :
1.Première conséquence : l’art consiste à faire, mais exige surtout de bien faire (différent d’instinct).
2.Seconde conséquence : cette manière de faire varie selon les métiers, les individus et les époques : l’art est une marque distinctive se rapportant à son auteur : il exprime son auteur, son école, son époque, etc.
La science appartient au domaine théorique (idée, pensée, savoir). La science pense le monde ; au contraire, l’art appartient au domaine pratique : action, agir sur la matière, sur le monde extérieur.
L’art exige cependant un savoir et donc comporte un domaine théorique ; le savoir faire, connaissances au service de la transformation de la matière.
L’art consiste à faire acquérir au corps des mouvements nouveaux, qu’il n’accomplit pas naturellement ; il change et modifie le corps (danse, musique, etc.). Il est modifié pour s’adapter à des instruments extérieurs.
L’art fait acquérir au corps des habitudes, gestes accomplis sans qu’intervienne la volonté. Le virtuose, par sa maîtrise technique, ne fait plus que jouer. L’artiste obtient une nouvelle nature, en plus de celle qui lui est donné à la naissance.
Conséquence : la diversité des arts et des métiers est irréductible. Les arts changent entièrement selon leur objet, ils sont incompatibles : la spécialisation est absolument nécessaire.
Qu’en est-il de la science ?
Pour Descartes, dans Les Règles pour la direction de l’esprit, on peut faire plusieurs sciences en même temps, par la méthode : la raison est toujours la même quelque soit la science que l’on étudie, et quelque soit l’objet étudié ; l’objet ne change pas la raison (plus on progresse dans une science, plus on progresse dans les autres arts, ou plus on progresse dans un art, plus il faut renoncer aux autres).
Selon Descartes, toutes les sciences se réduisent à une seule science, à une seule méthode.
Manière particulière de faire qui suppose une volonté soutenue (différent d’instinct bref), un apprentissage permanent, une attention particulière, un effort.
-l’art de l’artiste ne peut entièrement être acquis par des études et un apprentissage :
l’artiste doit cependant acquérir des techniques (virtuosité et maîtrise dans les techniques d’un art). l’art s’accommode de contraintes.
Mais l’apprentissage ne suffit pas : chacun peut écrire un poème ; mais on ne peut apprendre à écrire un beau poème ; il faut une disposition particulière, un talent spécifique, un génie inné.
Il y a ainsi deux sortes de règles : techniques scolaires (qui viennent de l’école et qui sont nécessaires) ; règles du génie (inconscientes), que l’artiste ne peut expliquer ou formuler en mots et ne peut donc enseigner. Par exemple, pour Kant, il n’y a de génie que dans l’art (et pas dans la science).
Art de l’artiste : pas d’utilité en soi. L’œuvre est sa propre fin. Mais certaines œuvres ont un côté utilitaire et un côté esthétique (architecture : utilité et esthétique).
Pas de fin matérielle, ne nous permet pas de satisfaire nos besoins vitaux : l’art dépasse la vie biologique ; il a une portée métaphysique, dépasse la nature et la vie naturelle.
L’art n’a pas non plus de fin intellectuelle (instruire, etc.) ni morale.
L’artiste utilise les règles du génie, en plus des règles scolaires. Ces règles du génie sont inconscientes. L’artiste a des intentions, sans être capable de se représenter précisément son œuvre avant de la produire. Il découvre son œuvre à mesure qu’il la crée : l’œuvre d’art est imprévisible pour le spectateur et pour l’artiste lui-même. Valéry : plus une œuvre surprend son auteur, plus elle est importante.
Ce n’est plus du domaine de la fabrication, mais de la création : l’œuvre rompt avec ce qui existe antérieurement. Il y a plus dans l’œuvre finie que dans l’œuvre de départ.
Art de l’artiste : création d’une œuvre qu’on ne peut pas expliquer par les seules règles techniques (scolaires), et qui pour cela est absolument surprenante.
Art | Beau | Jugement | Perception
C'est un article concernant le Esthétique. La page contient la signification du Esthétique , Description et explication au sujet de Esthétique Le jugement de goût
On cherche vainement le mot « Esthétique » dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Il n’existait pas à la date de publication de cette somme (1752)Les conditions psychophysiologiques de l'art
Caractéristiques de l’art
Le mot « art » a un sens très large : c'est un ensemble de procédés visant à produire un résultat. Il désigne donc l'art culinaire, médical, etc. autant que les beaux-arts. Pour cerner le sens de ce mot, ce qu'il y a de spécifique en lui, on le distingue souvent de la nature (considérée comme un autre mode de production des êtres) et de la science (considérée comme pure théorie par opposition au faire de tout art en général).Art et nature
L’art s’oppose à la nature comme l’élaboré s’oppose au donné. L’objet naturel est produit par une cause naturelle. Celle-ci peut être physique et/ou chimique, biologique ; aussi l’objet élaboré est-il différent de l’instinct.
L’instinct est donc une force innée et inconsciente, qui détermine les mouvements de l’animal. D’où : cette force amène l’animal à répéter les mêmes gestes, répétition qui s’oppose à l’art. Cette répétition ne fait apparaître aucun progrès.L’instinct est sûr : une araignée ne rate jamais sa toile. L’instinct met en œuvre une causalité nécessaire, mécanique, un enchaînement de causes et d’effets : le déterminisme. Toutes actions animales sont déterminées, s’opposant ainsi à la liberté (prévisibilité, absence de liberté).
On peut donc distinguer :
Chez l’homme, l’objet précède la cause, l’action ; chez l’animal, l’objet suit la cause.Art et science
Dans les sciences, on n’acquiert pas d’habitudes. On détruit toutes les habitudes de la pensée : préjugés, opinions, pour retrouver la nature première de la raison, sa « lumière naturelle. »Définition de l’art
Différence entre l’artisan et l’artiste
-l'apprentissage : il peut être entièrement appris. L’artisanat applique des techniques déjà établies, connues, transmises par des prédécesseurs sous formes de règles formulables et communicables. Première qualité de l’artisan : l’habileté.
Art de l’artisan : vise l’utilité, i.e. il n’a pas sa fin en lui-même, mais moyen en vue d’une fin extérieure, donner à l’objet une forme en vue d’une fin ; la fin commande la forme.
L’artisan peut se représenter entièrement l’objet qu’il va réaliser. On parle de fabrication (différent de création) : transformation de la matière en vue d’un modèle déjà prévue : pas d’imprévisible.Les conditions sociales
Classification des arts
Bibliographie indicative
Voir aussi
