Deuxième guerre punique Article, Signification, Explication
La deuxième guerre punique (218-202 av. J.-C) est le deuxième des trois conflits (les guerres puniques) qui opposèrent Rome à Carthage.
Punique vient de l'adjectif punicus qui signifie carthaginois, c'est une déformation du nom phénicien, peuple dont sont issus les Carthaginois. Ainsi les Carthaginois sont appelés Punici en latin.
Du coté carthaginois, cette guerre fut essentiellement menée par le général carthaginois Hannibal Barca, qui passa avec ses éléphants les Pyrénées, le Rhône et les Alpes, et remporta plusieurs victoires sur les légions romaines. Il prit ensuite ses quartiers à Capoue. Du coté romain, les généraux et les défaites se succédèrent, jusqu'à ce que les frères Scipion soient nommés au commandement des légions en Espagne. Ils coupèrent Hannibal de ses bases. Celui-ci, privé de renforts, repassa en Afrique, et fut battu par Scipion l'Africain à la bataille de Zama.
Rome profite de la guerre des mercenaires, qui fit rage 3 années durant à Carthage à peine terminée la première guerre punique, pour annexer la Sardaigne et la Corse. Elle devient une grande puissance maritime.
Les Carthaginois, de leur coté, s'étendent rapidement dans le Sud de l'Espagne, sous la conduite des Barcides (famille des Barca, dont Hamilcar Barca et Hannibal Barca). Ils y exploitent des mines et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale.
Le prétexte de déclenchement fut le siège de Sagonte par les Puniques, alliée de Rome. Cependant, selon le traité de 241 délimitant les zones d'influence respectives des deux puissances rivales, Rome n'aurait pas du contracter au-delà de la rivière Ebre. Il semble que Rome ait ici profité d'une imprécision du traité, et ait interprété cette clause en considérant que la rivière citée n'était pas l'Ebre coulant au Nord de l'Espagne, mais un fleuve côtier située au Sud de Sagonte. Dans ce cas, c'est évidemment Carthage qui se trouvait en tort. Cet artifice permettait à Rome de ne pas se parjurer, et de maintenir la paix des dieux. Tite-Live présente la prise de Sagonte comme une aggression délibérée d'Hannibal contre les intérêts romains.
Dans un premier temps, Hannibal établit un dépôt de réserves près de Tarragone, en Espagne. Il prépare une armée de 50000 fantassins, de 9000 cavaliers et 37 éléphants, et au printemps 218 av J.C, commence la marche sur Rome au travers des Pyrénées.
Les tribus celtiques sont neutres jusqu'à la vallée du Rhône. Mais celles de la vallée du Rhône, fidèles à Rome, harcèlent son armée qui doit s'éloigner de la côte pour éviter Marseille. Hannibal perd 12000 fantassins et 1000 cavaliers.
Franchir les Alpes à mi-octobre, sous le harcèlement des autochtones, alors que les premières neiges de l'automne tombent, se révèle terriblement éprouvant: 35 Éléphant de guerre y meurent, au cours des 9 jours de montée et des 6 jours de descente (18 jours en tout, si l'on suit Tite-Live), les deux derniers ne survivant que quelques jours de plus. (Selon d'autres sources, des éléphants survécurent au moins jusqu'à la Bataille de la Trébie. C'est une armée épuisée qui arrive en Italie, heureusement sur le sol d'un peuple allié: 20000 fantassins et 5000 cavaliers.
De son côté, Rome réagit:
Rome entrevoit le péril:
Hannibal s'allie aux Celtes du Pô.
Publius Cornelius Scipion, de retour en Italie, franchit le Pô en octobre 218 av J.C pour affronter Hannibal. C'est la Bataille du Tessin, au cours de laquelle les Romains sont défaits.
Hannibal poursuit sa marche. Les armées de Sempronius et de Publius Cornelius Scipion opèrent leur jonction, et à nouveau affrontent Hannibal, le 25 décembre 218 av J.C, pour essayer d'arrêter son avancée. C'est la bataille de Trébie, et une défaite terrible pour les Romains: il perdent au moins 20000 hommes.
Une nouvelle armée, conduite par le consul romain Flaminius entre en jeu. Mais elle tombe, le 21 juin 217 avant JC, dans un piège: sur les bords du lac Trasimène, en Étrurie, l'armée d'Hannibal surgit des brumes et surprend l'armée Romaine. Les Romains perdent de 15000 à 20000 légionnaires, massacrés ou noyés, ainsi que Flaminius; Hannibal fait autant de prisonniers.
A ce moment, le seul réconfort pour les Romains vient d'Espagne: Cneius Cornelius Scipion y a détruit les réserves d'Hannibal.
Pour autant, Rome n'est pas sauve: Hannibal, qui compte sur des alliances avec les Apuliens et les Lucaniens, marche vers le Sud.
Le dictateur Fabius Maximus Cunctator, surnommé le Temporisateur, préconise alors une stratégie d'usure. Le consul Varron, contre l'avis de Paul Émile) décide d'un affrontement à Cannes, le 2 août 216. Selon les sources, de 45000 à 60000 légionnaires périssent, sur un effectif de 86000, à l'issue de cet affrontement qui compte parmi les plus grands de l'antiquité, et qui reste la plus grande défaite des Romains. Il faut ajouter 10000 prisonniers, et la mort de Paul Émile et de 80 sénateurs.
La voie vers Rome est libre. Paradoxalement, cet affrontement a peut-être sauvé la Ville: après sa victoire, Hannibal offre au Sénat romain une négociation, mais le Sénat refuse, car il savent qu'Hannibal n'est pas en mesure de contrôler les alliés de Rome; et les forces lui manquant, Hannibal prend ses quartiers d'hiver à Capoue. Il y attend des renforts que ne devrait pas manquer de lui envoyer Carthage. Mais en Afrique, les sénateurs ont pris ombrage des succès du généralissime et tardent.
À partir de là , les succès d'Hannibal sont de plus en plus mitigés : s'il excelle dans les batailles, il peine à contrôler le territoire. Et les alliances sont alors très instables. Il essuie plusieurs revers, malgré l'aide qu'il reçoit de Carthage.
Hannibal désespère: il tente des alliances, mais même Philippe de Macédoine, son propre allié, se dérobe.
En Sicile, le conflit pour le contrôle de Syracuse est très incertain. Alliée fidèle et efficace de Rome sous Hiéron, la ville s'abandonne à la guerre civile à la mort du roi en 215 et l'avènement de Hiéronyme. Au terme de cette agitation entretenue par les Carthaginois, Hiéronyme et toute la famille royale sont massacrés. Les Carthaginois en profitent pour prendre le contrôle de la cité et, de là , tenter de reconquérir la Sicile. La prise de contrôle s'effectue plutôt par voie diplomatique, en retournant les alliances, que par des combats militaires.
Les Romains tentent de s'assurer la fidélité de leurs alliés siciliens tentés par une alliance avec Carthage par différents moyens, entre autres par le massacre « préventif » des habitants d'Enna : Alors on égorgea les habitants d'Enna parqués dans le théâtre. [...] C'est ainsi que l'on garda Enna: je ne sais si ce fut un crime affreux ou une mesure indispensable. Tite-Live XXIV-39).
Marcus Claudius Marcellus finit, après un long siège et de nombreuses péripéties par reprendre Syracuse, la plus belle et la plus illustre des villes grecques (Tite-Live XXV-29), qu'il livrera partiellement au pillage. Le grand savant Archimède est tué pendant le sac par un soldat qui ne le connaissait pas alors qu'il était en train de contempler des figures géométriques dans le sable.
En 211, Rome est en effervescence: Hannibal ad portas est (Hannibal est à nos portes). Les sénateurs s'empressent d'organiser la défense de la ville. On reconstruit les murailles. En fait, l'armée de Hannibal, épuisée, manquant de machines de siège, campe à 4 km de Rome.
Rome n'est pas étrangère aux déboires du Carthaginois. Depuis 212 av J.C le consul Claudius Marcellus, poursuit un double objectif par sa campagne dans l'Italie du sud: punir les villes qui ont pris le parti des Carthaginois, et couper les routes d'approvisionnement venant de Carthagène. Outre Syracuse, il reprend Capoue et rase Tarente.
Ces quelques années permettent à Rome de reconstituer ses légions. Les frères Cneius Cornelius Scipion et Publius Cornelius Scipion se rendent en Espagne, et font la conquête de possession carthaginoises. Toutefois, Hasdrubal, le frère d'Hannibal, les défait, et les tue, en 211 av J.C
Cornelius Publius Scipion, fils de Cornelius Publius Scipion, et mieux connu sous le nom de Scipion l'Africain entre alors sur la scène. En -209, il détruit l'armée d'Hasdrubal et prend Carthagène, muant l'Espagne en province romaine.
Ayant perdu l'Espagne, Hasdrubal quitte le pays en 207 av J.C avec une armée de 60 000 hommes. Il cherche à rejoindre son frère, et dès le printemps, Hannibal et Hasdrubal sont prêt à opérer la jonction de leurs deux armées. Mais cette jonction ne se fera pas: le consul Claudius Néron parvient à disperser l'armée d'Hasdrubal lors de la bataille du Métaure. Hasdrubal meurt dans la bataille et laisse son frère Hannibal sans la moindre chance de prendre Rome.
Hannibal quitte alors l'Italie et part pour la Sicile. Il va tenter des alliances, sans succès.
Entre temps, Scipion est devenu consul. Le Sénat romain autorise une expédition en Afrique, aux portes de Carthage. Ainsi, en 202 av J.C, une armée romaine de 25000 hommes affrète 400 navires et s'embarque, commandée par Scipion. Appelé par le Sénat carthaginois Hannibal s'embarque à son tour et revient en Afrique.
La rencontre des deux armées a lieu à Bataille de Zama en 202, où les Romains écrasent les Carthaginois. Pour honorer sa victoire, les Romains ajoutent le surnom Africanus au nom de Scipion, devenu dès lors Scipion l'Africain.
Le récit de cette guerre est aussi développé sur les pages :
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La campagne d'Hannibal
L'expédition pour parvenir en Italie
Les victoires d'Hannibal
Fabius Cunctator et Capoue
La Sicile
De par leur situation insulaire et leur richesses, mais surtout leur intêret stratégique de postes militaires avancés, la Sicile et dans une moindre mesure la Sardaigne (rapidement reprise par les Romains) représentent un enjeu important de la guerre.Les Scipions
L'attente d'Hannibal
L'offensive romaine en Espagne
L'échec de l'expédition de secours d'Hasdrubal
Le dénouement
Anecdotes
Liens
Voir aussi
