article sur le David Hume, Explication sur le David Hume

David Hume Article, Signification, Explication

               

David Hume (7 mai 1711– 25 août 1776), historien et l'un des plus importants philosophes des Lumières écossaises, avec entre autres Adam Smith et Thomas Reid. Il fut l'un des fondateurs de l'empirisme moderne et l'un des plus radicaux (avec Locke et Berkeley), en réaction à Descartes ; il eut également une influence profonde sur Kant et sur la phénoménologie. Le scepticisme est souvent ce qui est retenu de sa philosophie, notamment lorsqu'elle est comparé au criticisme.

Table of contents
1 Biographie
2 Théorie de la connaissance
3 La morale
4 Critique de la religion
5 Ĺ’uvres
6 Wikisource
7 Liens externes

Biographie

Hume est né à Édimbourg où il envisagea de faire carrière dans le droit, mais il fut prit d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis pour les études de philosophie et le savoir général ». Il voyage en France, où, âgé de 26 ans il achève de rédiger son Traité de la nature humaine. Cette œuvre est un échec auprès du public, le livre « tombe mort-né de la presse ». Elle est aujourd'hui considérée comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.

Théorie de la connaissance

La méthode humienne

Hume est influencé par Locke, Newton et Berkeley et par les philosophes français. Comme le sous-titre de son ouvrage principal l'indique (Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux), sa méthode méthode d'analyse, inspirée de Newton, consiste en l'examen psychologique de nos idées, et à faire de l'expérience la seule source de nos connaissances. Pour lui, comme pour Newton, la science est inductive, et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes dont notre raison ne peut pénétrer la nature.

Poursuivant le travail de Berkeley (qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière), l'étude de Hume consiste donc à examiner ce que nous avons dans l'esprit lorsque nous pensons à certaines notions (causalité par exemple). Il s'agit de savoir ce que nous pensons réellement, et de découvrir quelle impression sensible chacune de nos idées reproduit, car toute idée n'est que le rappel d'une ancienne sensation. Ce sont ces impressions qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique. Les relations sont donc le résultat des mouvements de l'esprit.

L'empirisme

Hume est considéré comme un philosophe empiriste. Mais nous allons voir grâce à Hume que l'empirisme et l'idéalisme sont des doctrines très proches. Nous avons vu que pour lui les idées reproduisaient les impressions sensibles : mais qu'est-ce qui provient exactement de l'expérience ? C'est là la question qui lui sert de point de départ. L'esprit perçoit deux types de réalité que Hume classe en deux catégories :
  • les impressions : ce sont « toutes nos plus vives perceptions quand nous entendons, voyons, touchons, aimons, haĂŻssons, dĂ©sirons ou voulons » (EnquĂŞte sur l'entendement humain).
  • les idĂ©es : ce sont des reprĂ©sentations d'impressions, souvenirs ou anticipations par l'imagination.

La relation de causalité

Quand un événement en cause un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le premier terme du second. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autres dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre
connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité, i.e. nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.

La difficulté présentée par Hume est telle que des « humiens » comme Bertrand Russell ont entièrement rejeté l'idée de causalité, cette idée relevant d'une sorte de superstition populaire. Mais, quoiqu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes et de notre système nerveux. Cette croyance est donc inéliminable, mais ne peut être prouvée par aucune sorte d'argument (déductif ou inductif).

Kant donnera une solution transcendantale à ce problème.

L'induction

Nous pensons que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passé des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les rejettent toutes deux.
  • En premier lieu, le futur doit ressembler au passĂ©, et cela dĂ©coulerait d'une nĂ©cessitĂ© logique. Mais Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrĂ©gulier et chaotique oĂą le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passĂ©, ou plus simplement, un monde comme le nĂ´tre, rĂ©gulier jusqu'Ă  aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nĂ©cessitĂ© logique dans le principe d'induction.
  • La seconde justification, fait seulement appelle Ă  la fiabilitĂ© passĂ©e de l'induction : cela a toujours fonctionnĂ© avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pĂ©tition de principe, parce qu'il fait appelle Ă  l'induction pour la justifier.

Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité.

La morale

Le problème de l'identité du moi

Nous avons tendance Ă  penser que nous sommes toujours la mĂŞme
personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions à partir de là rechercher un soi sous-jacent, qui demeure le même sous les autres changements, et nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.

Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Ainsi, quand nous nous examinons nous-mêmes, nous percevons des groupes d'idées et de sentiments, mais l'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « moi ». Le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien. L'âme est ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeants continuellement. Le problème de l'identité du moi est alors pour Hume le problème de la cohésion de l'expérience individuel. Or, il fera remarquer dans l'appendice du Traité que cette explication du moi ne le satisfait pas, mais il ne s'en expliqua jamais !

Raison pratique et nihilisme

Nous pensons en général que certaines conduites sont plus raisonnables que d'autres. Mais Hume nie que la raison ait un rôle important à jouer dans la motivation du comportement, car la raison n'est qu'une espèce de puissant calculateur des concepts et de l'expérience. Or, ce qui importe au fond, c'est comment nous ressentons une conduite. Cette thèse est au fondement de l'instrumentalisme, selon lequel une action est raisonnable si et seulement si elle est utile aux but et aux désirs de l'agent, indépendamment de leur nature. La raison ne peut que présenter une image, informant l'agent de ce qui est utile et des actions qui le serviront, mais ne peut lui dire quel but ou quel désir il doit avoir. Si donc vous voulez manger du papier d'aluminium, la raison vous dira où trouver cette matière, mais il n'y a rien de déraisonnable dans cette action.

L'instrumentalisme est devenu une vue orthodoxe de la raison pratique en économie, dans la théorie du choix raisonnable et dans quelques autres sciences sociales. Pour certains critiques, la théorie de Hume fut en fait une étape vers le nihilisme ; en réalité, ils sont certainement indépendants de la raison, mais cela ne lui est pas contraire, puisqu'elle ne peut formuler de jugement dans ce domaine.

Morale et motivation

Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action. La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments anti-réalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.

Le libre arbitre

Critique de la religion

Les miracles

Essai

Critique du finalisme

Ĺ’uvres

  • A Treatise of Human Nature: Being an Attempt to introduce the experimental Method of Reasoning into Moral Subjects. (1739-40)
    • Book 1: « Of the Understanding »
    • Book 2: « Of the Passions »
    • Book 3: « Of Morals »

  • An Enquiry Concerning Human Understanding (1748)
  • An Enquiry Concerning the Principles of Morals (1751)
  • Dialogues Concerning Natural Religion (posthumous)
  • Essays Moral and Political (first ed. 1741-2)
  • The History of England (1754-62)

Wikisource

Liens externes


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