Démocratie Article, Signification, Explication
Généralités
Dans son sens originel, la démocratie du grec dèmokratia, « gouvernement du peuple » (de dèmos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ») est un régime politique ou organisation sociale, où le peuple détient le pouvoir.
- En démocratie l'ensemble des citoyens (sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité), détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote.
- Il n'existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qui est une démocratie ou pas. Les pays du bloc de l'Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine, sauf vis-à-vis de pays occidentaux, est également prétendue démocratique. Faute d'une homologation officielle établie par un organisme indépendant (l'ONU pourrait être indiquée pour ce travail), on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays « est » une démocratie ou non. Tout au plus pourra-t-on compter quelques-uns de ses aspects démocratiques ou non et créer un « indice de démocratie » multicritères permettant une notation globale de 0 à 100, comme c'est le cas dans d'autres domaines de notations (par exemple comme est noté le « risque politique » par certaines agences de crédit).
Implications
Ce régime implique :- une éducation de la totalité des citoyens en âge de voter : il n'est pas d'exercice possible du pouvoir citoyen sans formation préalable concernant l'éducation civique, l'histoire (en particulier les grandes erreurs du passé), les techniques de manipulation des puissants, l'art de débusquer les sophismes, et une formation mathématique et statistique permettant de recouper les chiffres fournis.
- le principe d'une liberté d'expression, de pensée, de rassemblement, de religion, etc. (même si elle est réglementée),
- une égalité politique. Ce point est suffisamment délicat pour faire l'objet d'un développement séparé.
L'égalité politique
En général, on assimile cela au principe « une personne = une voix ». Ce principe est généralement considéré comme le fondement de la démocratie, et même opposé par Galbraith au système économique (où 1 euro = une voix). Néanmoins nul ne conteste le caractère démocratique des assemblées de copropriétaires, où les voix des votants sont dans le cas général proportionnelles aux parts qu'ils détiennent.Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu avec acharnement, il n'est pas appliqué, car son usage
- ne serait pas très efficace : même s'il était techniquement et économiquement possible de consulter la France entière pour savoir si telle ville doit ou non reconstruire une piscine, il y a peu de chance que l'intérêt général y gagne quelque chose.
- serait dangereux pour les minorités.
Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la seule solution généralement employée (plus empirique et pragmatique que théoriquement fondée) est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation, également empirique, de l'échelon pertinent :
- ainsi les annexions ou indépendances seront-elles soumise à double vote, global et réduit aux habitants du territoire concerné ;
- ainsi les habitants d'une ville voteront-ils pour ce qui est « municipal » (et tant pis si certains habitants de la ville ne sont en fait pas concernés, ou si des non-résidents le sont) ;
- etc.
Plus grave en apparence : si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et au final, une décision est prise (par définition). Force est alors de constater que, pour les perdants, une personne = zéro voix, au mépris du principe affiché. Cette constatation n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien dans l'adage populaire souvent rappelé par Coluche :
- la dictature c'est « ferme ta gueule », la démocratie c'est « cause toujours »
Alphonse Allais proposa en son temps (était-il sérieux ?) de résoudre le problème en laissant chaque département choisir son gouvernement, et en laissant la concurrence faire son œuvre, chaque parti gérant les seuls départements ayant voté pour lui, et s'efforçant de les conserver. Les départements mal gérés opteraient vite aux élections suivantes pour le système apparemment meilleur du département d'à côté.
Est-il possible d'assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s'engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l'importance qu'il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu'il n'impose pas à l'autre sa décision, mais qu'il négocie avec lui, en lui accordant une compensation.
Le système démocratique implique aussi deux devoirs :
La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d'un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d'apparence peu démocratique.
Voir l'article sur la démocratie directe
En pratique, il s'agit d'oligarchies mi-électives (pour les magistratures dites politiques dont l'extension varie selon les États), mi-méritocratique (pour les fonctions d'exécution civiles et militaires).
Ces États peuvent également admettre une petite dose de participation directe du peuple, par exemple sous forme de référendum obligatoire pour certaines décisions, voire des éléments de propositions ou de veto populaire.
C'est le système pratiqué en Suisse, et dans ses cantons, où les lois importantes sont soumises automatiquement au vote populaire (référendum obligatoire) et où toute autre loi peut l'être si un nombre défini de citoyens le demande (référendum facultatif). De plus un nombre fixé de citoyens peut demander le vote d'une révision partielle de la Constitution (initiative constitutionnelle) ou la légifération du parlement dans un domaine particulier (initiative législative).
Au niveau local et régional, le peuple est parfois consulté pour les dépenses supérieures à un certain montant.
Un citoyen suisse se rend aux urnes au moins quatre fois par année et se prononce la plupart du temps sur plusieurs objets (entre un et huit à chaque fois).
Ce système, tel que pratiqué en Suisse, n'est pas un résidu d'une démocratie plus large: lors de la formation de l'État fédéral suisse en 1848, le pays, et les cantons ne pratiquant pas la Landsgemeinde, était une démocratie représentative pure. C'est peu à peu que les droits populaires ont été progressivement étendus.
Exemple: la IIIème République - à ses débuts -, bien que « république » et ayant une apparence démocratique (droit de vote pour les citoyens etc.) conservait en fait le pouvoir entre les mains de personnes appartenant à une certaine couche de la société; il s'agissait plus d'un régime élitiste que proprement démocratique...
De même, nombreux sont les pays démocratiques à avoir conservé le système monarchique (voir à Monarchie; exemple de la Grande-Bretagne, ou bien encore de la Belgique.
Les droits de l'homme sont une théorie selon laquelle, dès lors qu'un individu appartient à l'espèce humaine, il jouit d'un certain nombre de droits. Cette notion date du 18ème siècle et de l'époque des Lumières.
La démocratie est une idée beaucoup plus ancienne datant de l'Antiquité grecque (cf. Athènes): or, si Athènes, à une certaine période de son histoire, a certes été une démocratie, la notion de Droits de l'Homme en était par contre totalement absente.
En revanche, la régression économique d'une société, même temporaire, peut s'accompagner d'une disparition de la démocratie, une partie la population accordant temporairement plus d'intérêt à la restauration de son niveau de vie qu'à la liberté dans la pauvreté. Le processus n'est cependant pas toujours réversible sans effusion de sang.
Toutefois, des éléments inutiles au corps social peuvent théoriquement perdurer plus facilement dans un pays non démocratique, dès lors qu'ils flattent les puissants, puisque ces derniers n'ont alors aucune sanction populaire à craindre. L'absence de démocratie peut donc constituer un obstacle supplémentaire au développement.
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Schoenhofs Foreign Books (23 mai 1986), collection Folio , ISBN : 2070323544
Types de gouvernements | Politique | Consensus | Système de vote | Grèce antique | Mondialisation démocratique C'est un article concernant le Démocratie. La page contient la signification du Démocratie , Description et explication au sujet de Démocratie Devoirs
Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».Démocratie directe
Démocratie représentative
Bien plus importants, aussi bien numériquement (environ la moitié des habitants de la planète) qu'en termes de puissance économique et militaire (les États les plus riches et les plus puissants en font partie), on trouve des Républiques qui se veulent des démocraties représentatives.Démocratie participative
Enfin il existe un système mixte, dit démocratie participative, dans laquelle le peuple délègue son pouvoir (des représentants sont donc chargés de proposer et voter des lois et des nominations), tout en le conservant (le peuple se saisit lui-même directement de telles questions, via une pétition d'une fraction du corps électoral).Idées reçues
« Démocratie et République sont liés »
La république n'induit pas forcément la démocratie, de même qu'il existe des régimes démocratiques non républicains.« Démocratie et Droits de l'Homme sont liés »
Bien que souvent liés voire confondus dans le langage journalistique, les termes de « démocratie » et de « Droits de l'Homme » renvoient à des définitions qui ne sont pas identiques:« Deux démocraties ne se font pas la guerre »
Une opinion répandue est que deux démocraties ne se font pas la guerre. Si elle possède un fond de vérité (les citoyens sont en général peu enclins à la guerre, dont ils peuvent rarement espérer un profit personnel), l'histoire la dément :
Toutefois, les vainqueurs écrivant l'histoire, comme dit un dicton, il est toujours possible après une guerre de déclarer que les institutions du pays vaincu n'étaient pas démocratiques.« La démocratie est un luxe de pays riches »
La démocratie est une organisation assez coûteuse, qui ne pourrait apparaître, ou se maintenir, que dans des pays où une majorité de la population est dégagée des besoins de survie. Non seulement deux pays parmi les plus pauvres de la planète, le Mali et le Niger, sont des démocraties, mais la première démocratie de la planète (en nombre dhabitants) est un pays du tiers monde ; l'Inde.« La démocratie permet à un pays de s'enrichir »
Le fait que certains pays sont pauvres parce qu'ils ne sont pas démocratiques, et que l'introduction de la démocratie dans ceux-ci leur permettrait de s'enrichir, est également un mythe : la pauvreté du Mali montre que la relation n'est pas absolue.Citations
Notre Constitution... est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité, mais du plus grand nombre.
Alexis de Tocqueville, La Démocratie en Amérique.
Platon
Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu.
Rosa LuxemburgBibliographie
Liens externes
Voir aussi
