article sur le Démocratie, Explication sur le Démocratie

Démocratie Article, Signification, Explication

                     

Table of contents
1 Généralités
2 Implications
3 Démocratie directe
4 Démocratie représentative
5 Démocratie participative
6 Idées reçues
7 Citations
8 Bibliographie
9 Liens externes
10 Voir aussi

Généralités

Dans son sens originel, la démocratie du grec dèmokratia, « gouvernement du peuple » (de dèmos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ») est un régime politique ou organisation sociale, où le peuple détient le pouvoir.
  • En démocratie l'ensemble des citoyens (sans distinction de naissance, de fortune ou de capacité), détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote.
  • Il n'existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qui est une démocratie ou pas. Les pays du bloc de l'Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine, sauf vis-à-vis de pays occidentaux, est également prétendue démocratique. Faute d'une homologation officielle établie par un organisme indépendant (l'ONU pourrait être indiquée pour ce travail), on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays « est » une démocratie ou non. Tout au plus pourra-t-on compter quelques-uns de ses aspects démocratiques ou non et créer un « indice de démocratie » multicritères permettant une notation globale de 0 à 100, comme c'est le cas dans d'autres domaines de notations (par exemple comme est noté le « risque politique » par certaines agences de crédit).

Implications

Ce régime implique :

L'égalité politique

En général, on assimile cela au principe « une personne = une voix ». Ce principe est généralement considéré comme le fondement de la démocratie, et même opposé par Galbraith au système économique (où 1 euro = une voix). Néanmoins nul ne conteste le caractère démocratique des assemblées de copropriétaires, où les voix des votants sont dans le cas général proportionnelles aux parts qu'ils détiennent.

Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu avec acharnement, il n'est pas appliqué, car son usage

  • ne serait pas très efficace : même s'il était techniquement et économiquement possible de consulter la France entière pour savoir si telle ville doit ou non reconstruire une piscine, il y a peu de chance que l'intérêt général y gagne quelque chose.
  • serait dangereux pour les minorités.

L'égalité peut plus raisonnablement se mesurer à l'importance que l'objet de la décision politique a réellement pour les votants.

Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la seule solution généralement employée (plus empirique et pragmatique que théoriquement fondée) est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation, également empirique, de l'échelon pertinent :

  • ainsi les annexions ou indépendances seront-elles soumise à double vote, global et réduit aux habitants du territoire concerné ;
  • ainsi les habitants d'une ville voteront-ils pour ce qui est « municipal » (et tant pis si certains habitants de la ville ne sont en fait pas concernés, ou si des non-résidents le sont) ;
  • etc.
pour les sujets sensibles, (tout récemment en France : OGM, mariage homosexuel, implantation d'une usine d'incinération, d'un aéroport, etc.), il y a souvent des conflits de compétence, chacun faisant comme s'il était le seul concerné. Ces problèmes ne sont résolus que par des rapports de force et de tradition, le système qui les a créés n'étant par nature pas capable de les trancher.

Plus grave en apparence : si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et au final, une décision est prise (par définition). Force est alors de constater que, pour les perdants, une personne = zéro voix, au mépris du principe affiché. Cette constatation n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien dans l'adage populaire souvent rappelé par Coluche :

la dictature c'est « ferme ta gueule », la démocratie c'est « cause toujours »
Cet effet est évidemment amplifié par les systèmes dit représentatifs.

Alphonse Allais proposa en son temps (était-il sérieux ?) de résoudre le problème en laissant chaque département choisir son gouvernement, et en laissant la concurrence faire son œuvre, chaque parti gérant les seuls départements ayant voté pour lui, et s'efforçant de les conserver. Les départements mal gérés opteraient vite aux élections suivantes pour le système apparemment meilleur du département d'à côté.

Est-il possible d'assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s'engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l'importance qu'il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu'il n'impose pas à l'autre sa décision, mais qu'il négocie avec lui, en lui accordant une compensation.

Devoirs

Le système démocratique implique aussi deux devoirs :

Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».

La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d'un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d'apparence peu démocratique.

  • Tout système politique est un système de pouvoir qui comporte exclusions et de différenciations ; la démocratie n'est donc pas nécessairement absolue. *Une démocratie comme l'Athènes antique avait une notion restreinte de la citoyenneté, excluant les voix des femmes et des esclaves.

  • La démocratie ne prétend pas garantir que le candidat qui sera élu sera le plus apte à bien diriger le pays (aucun système, à vrai dire, ne le prétend). Elle garantit en revanche que nul ne sera appelé au pouvoir sans avoir fait l'effort de convaincre la population du bien-fondé de son programme, et y être en partie parvenu. La démocratie apparaît donc comme une forme particulièrement efficace de non-violence en action.

Démocratie directe

Voir l'article sur la démocratie directe

Démocratie représentative

Bien plus importants, aussi bien numériquement (environ la moitié des habitants de la planète) qu'en termes de puissance économique et militaire (les États les plus riches et les plus puissants en font partie), on trouve des Républiques qui se veulent des démocraties représentatives.

En pratique, il s'agit d'oligarchies mi-électives (pour les magistratures dites politiques dont l'extension varie selon les États), mi-méritocratique (pour les fonctions d'exécution civiles et militaires).

Ces États peuvent également admettre une petite dose de participation directe du peuple, par exemple sous forme de référendum obligatoire pour certaines décisions, voire des éléments de propositions ou de veto populaire.

  • Ils admettent tous des droits d'expression, de pétition, et de manifestation très développés.
  • Dans ces États, cohabitent un idéal démocratique (forme visée et même revendiquée) et une certaine méfiance à l'égard des risques de la démocratie.
  • Des « magistrats » (typiquement : une cour constitutionnelle) sont donc chargés de défendre les individus contre le peuple et par là le peuple contre lui-même. Cela expose ces gardiens du Temple démocratique à la critique de faire passer leur intérêts personnels ou « de classe » avant ceux du peuple, par le filtrage qu'ils font entre les propositions admissibles et celles qu'ils estiment ne pas l'être.
  • Parfois, c'est l'armée qui se charge du contrôle des dérives démocratiques (notamment lorsque cela n'est pas bien prévu au niveau civil), ce qui l'expose à une critique encore plus forte. Les exemples sont nombreux, de la France révolutionnaire, à l'Algérie ou la Turquie contemporaine, en passant par toute l'amérique du sud, etc.

Démocratie participative

Enfin il existe un système mixte, dit démocratie participative, dans laquelle le peuple délègue son pouvoir (des représentants sont donc chargés de proposer et voter des lois et des nominations), tout en le conservant (le peuple se saisit lui-même directement de telles questions, via une pétition d'une fraction du corps électoral).

C'est le système pratiqué en Suisse, et dans ses cantons, où les lois importantes sont soumises automatiquement au vote populaire (référendum obligatoire) et où toute autre loi peut l'être si un nombre défini de citoyens le demande (référendum facultatif). De plus un nombre fixé de citoyens peut demander le vote d'une révision partielle de la Constitution (initiative constitutionnelle) ou la légifération du parlement dans un domaine particulier (initiative législative). Au niveau local et régional, le peuple est parfois consulté pour les dépenses supérieures à un certain montant. Un citoyen suisse se rend aux urnes au moins quatre fois par année et se prononce la plupart du temps sur plusieurs objets (entre un et huit à chaque fois).

Ce système, tel que pratiqué en Suisse, n'est pas un résidu d'une démocratie plus large: lors de la formation de l'État fédéral suisse en 1848, le pays, et les cantons ne pratiquant pas la Landsgemeinde, était une démocratie représentative pure. C'est peu à peu que les droits populaires ont été progressivement étendus.

Idées reçues

« Démocratie et République sont liés »

La république n'induit pas forcément la démocratie, de même qu'il existe des régimes démocratiques non républicains.

Exemple: la IIIème République - à ses débuts -, bien que « république » et ayant une apparence démocratique (droit de vote pour les citoyens etc.) conservait en fait le pouvoir entre les mains de personnes appartenant à une certaine couche de la société; il s'agissait plus d'un régime élitiste que proprement démocratique...

De même, nombreux sont les pays démocratiques à avoir conservé le système monarchique (voir à Monarchie; exemple de la Grande-Bretagne, ou bien encore de la Belgique.

« Démocratie et Droits de l'Homme sont liés »

Bien que souvent liés voire confondus dans le langage journalistique, les termes de « démocratie » et de « Droits de l'Homme » renvoient à des définitions qui ne sont pas identiques:

Les droits de l'homme sont une théorie selon laquelle, dès lors qu'un individu appartient à l'espèce humaine, il jouit d'un certain nombre de droits. Cette notion date du 18ème siècle et de l'époque des Lumières.

La démocratie est une idée beaucoup plus ancienne datant de l'Antiquité grecque (cf. Athènes): or, si Athènes, à une certaine période de son histoire, a certes été une démocratie, la notion de Droits de l'Homme en était par contre totalement absente.

« Deux démocraties ne se font pas la guerre »

Une opinion répandue est que deux démocraties ne se font pas la guerre. Si elle possède un fond de vérité (les citoyens sont en général peu enclins à la guerre, dont ils peuvent rarement espérer un profit personnel), l'histoire la dément : Toutefois, les vainqueurs écrivant l'histoire, comme dit un dicton, il est toujours possible après une guerre de déclarer que les institutions du pays vaincu n'étaient pas démocratiques.

« La démocratie est un luxe de pays riches »

La démocratie est une organisation assez coûteuse, qui ne pourrait apparaître, ou se maintenir, que dans des pays où une majorité de la population est dégagée des besoins de survie. Non seulement deux pays parmi les plus pauvres de la planète, le Mali et le Niger, sont des démocraties, mais la première démocratie de la planète (en nombre dhabitants) est un pays du tiers monde ; l'Inde.

En revanche, la régression économique d'une société, même temporaire, peut s'accompagner d'une disparition de la démocratie, une partie la population accordant temporairement plus d'intérêt à la restauration de son niveau de vie qu'à la liberté dans la pauvreté. Le processus n'est cependant pas toujours réversible sans effusion de sang.

« La démocratie permet à un pays de s'enrichir »

Le fait que certains pays sont pauvres parce qu'ils ne sont pas démocratiques, et que l'introduction de la démocratie dans ceux-ci leur permettrait de s'enrichir, est également un mythe : la pauvreté du Mali montre que la relation n'est pas absolue.

Toutefois, des éléments inutiles au corps social peuvent théoriquement perdurer plus facilement dans un pays non démocratique, dès lors qu'ils flattent les puissants, puisque ces derniers n'ont alors aucune sanction populaire à craindre. L'absence de démocratie peut donc constituer un obstacle supplémentaire au développement.

Citations

  • Χρωμεθα γαρ πολιτεια... και ονομα μεν δια το μη εσ ολιγουσ αλλ' εσ πλειονασ οικειν δημοκρατια κεκληται.
Notre Constitution... est appelée démocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorité, mais du plus grand nombre.
Thucydide
  • Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu'en matière de gouvernement la majorité d'un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l'origine de tous les pouvoirs (...). Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu'on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu'on l'exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis : là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d'autre lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu'on l'a organise aux États-Unis, ce n'est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible.
Alexis de Tocqueville, La Démocratie en Amérique.
  • Selon toute vraisemblance, aucun autre régime ne peut donner naissance à la tyrannie que la démocratie ; de la liberté extrême naît la servitude la plus complète et la plus terrible. (La République).
Platon
  • Le peuple, par une conséquence absolument inévitable, s'emparera, un jour ou l'autre, de tous les pouvoirs dont on a reconnu que le principe était en lui. Sera-ce pour le garder ? Non. Après quelques jours de folie, il les jettera, par lassitude, au premier soldat de fortune qui se trouvera sur son chemin.
Maurice Joly, Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu.
  • Si un homme instruit, au terme de trente ans de travail, arrive à déterminer le système social parfait et que la compréhension de celui-ci demande plusieurs mois à des hommes aussi instruits que lui, je lui souhaite bien du plaisir pour arriver à le faire ratifier par un vote du peuple ! (Ernest Renan)
  • Renoncer à la lutte pour le socialisme, c'est renoncer en même temps au mouvement ouvrier et à la démocratie elle-même
Rosa Luxemburg

Bibliographie

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, Schoenhofs Foreign Books (23 mai 1986), collection Folio , ISBN : 2070323544

Liens externes

Voir aussi

Types de gouvernements | Politique | Consensus | Système de vote | Grèce antique | Mondialisation démocratique


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