Critiques de la philosophie Article, Signification, Explication
La philosophie a été critiquée dès sa naissance. Certaines critiques sont extérieures au discours philosophique (par exemple, les critiques du sens commun), d'autres lui sont internes (critiques des philosophes entre eux). Mais toute critique peut faire l'objet d'un examen philosophique ; on ne peut d'ailleurs concevoir de philosophie sans critique.
| Table of contents |
|
2 Dogmatisme et vanité de la philosophie 3 Bibliographie 4 Voir aussi |
Pourtant, il savait aussi de tirer profit de ses observations. Aristote raconte que Thalès, prévoyant une abondante récolte d'olives, il aurait monopolisé les pressoirs pour mieux monnayer leurs services ; il voulait ainsi montrer que le sage est capable de faire fortune mais n'attache pas d'importance privilégiée à celle-ci.
Sans doute peut-on dire
Ces critiques soulignent en particulier l'inutilité de la philosophie, et son idéalisme (elle semble ignorer la réalité) :
Critiques du sens commun
La critique du sens commun est peut-être la critique de la philosophie la plus ancienne. En voici un exemple :
On rapporte sur Thalès une anecdote célèbre, reprise par Platon, dans le Théétète : « le philosophe qui tombe dans le puits ouvert sous ses pas parce qu'il est occupé à regarder les choses du ciel. » Platon raconte qu'une domestique se serait moquée de lui en disant : « Comment comptez-vous comprendre ce qui se passe dans le ciel si vous ne voyez même pas ce qui est à vos pieds ? ». Ainsi, comme nous l'explique Platon, le philosophe, occupé de choses qui dépassent le sens commun, peut se montrer un être maladroit, qui ignore la valeur des comportements de ses semblables : il ne les comprend pas, et ces derniers voient en lui un personnage risible.Dogmatisme et vanité de la philosophie
Une partie de ces critiques portent sur une confusion entre acquisition de la démarche philosophique et connaissance de l'histoire de la philosophie. Ces sujets ont beau être partiellement liés (autant par exemple que les sciences et l'épistémologie, ils n'en sont pas moins distincts. On peut connaître par cœur vies et doctrines des philosophes sans devenir pour autant philosophe soi-même, de même que Robinson dans son île, sans lectures philosophies possibles, est à même de développer une philosophie. Pourtant, il sortirait plus facilement de ses préjugés s'il se confrontait à ses devanciers, et il irait ainsi plus loin dans sa propre pensée. Il y a là autant de différence qu'entre savoir lire l'heure et savoir réparer une montre.
Il ne faut pas oublier non plus que toute discipline scientifique (physique, chimie, astronomie, biologie) a commencé par une interrogation dans le cadre de la philosophie, qui constitue à cet égard le couvain des autres sciences. Son produit le plus récent est constitué par les sciences cognitives.
Certaines de ces critiques sont extérieures à la philosophie et sont l'expression d'un esprit peu ouvert (le sens commun) se reposant dans le préjugé et voyant d'un mauvais œil le doute du philosophe. Mais d'autres concernent la philosophie de l'intérieur, et posent la question bien connue des philosophes de la légitimité de leur activité.
