article sur le Concurrence, Explication sur le Concurrence

Concurrence Article, Signification, Explication

      

La concurrence est une forme d'organisation sociale des relations économiques où domine un souci d'égalité des positions dans la relation économique.

Dans son acception la plus large, la situation de concurrence est vérifiée quand aucun des agents sur un marché ne dispose d'un pouvoir discrétionnaire sur la fixation des prix ou sur les décisions des autres acteurs, et que tous les acteurs ont accès à la même information. Le prix est alors fixé par l'affrontement et la négociation de tous avec tous, ne générant pas de rente de monopole.

Table of contents
1 La concurrence pure et parfaite
2 Les critiques des altermondialistes
3 Cas particulier des « monopoles naturels »
4 La concurrence réelle

La concurrence pure et parfaite

Dans le cadre néo-classique, on retient le plus souvent la situation de concurrence pure et parfaite, qui permet l'équilibre sur tous les marchés dans des conditions particulières. Chaque marché doit remplir les 3 conditions suivantes :

  1. L'atomicité du marché : le nombre d'acheteurs et de vendeurs est très grand donc l'offre ou la demande de chaque agent est négligeable par rapport à l'offre totale ;
  2. L'homogénéité des produits : les biens échangés sont semblables en qualité et en caractéristiques ; un produit de meilleure qualité constitue donc un autre marché. Dans la réalité, les bien les plus homogènes sont les matières premières, les denrées agricoles.
  3. transparence de l'information : l'information parfaite de tous les agents sur tous les autres et sur le bien échangé suppose qu'elle est gratuite et immédiate ; la présence d'un « commissaire-priseur », qui centralise les offres et les demandes afin de calculer le prix d'équilibre est une façon de réaliser cette transparence et suppose l'absence d'échange de gré à gré avant l'obtention du prix d'équilibre.

Les conséquences de ces trois hypothèses sont que d'une part le prix est la seule motivation pour échanger ou renoncer à échanger sur le marché et d'autre part, le prix est fixé par le marché et s'impose à tous les protagonistes.

Il faut ajouter deux hypothèses qui lient les marchés entre eux :

  1. La libre entrée sur le marché : il ne doit y avoir aucune entrave tarifaire (protectionnisme), administrative (numerus clausus), technique à l'entrée d'un offreur ou d'un demandeur supplémentaire.
  2. la libre circulation des facteurs de production (le capital et le travail) : la main d'œuvre et le capitaux se dirigent spontanément vers les marchés où la demande est forte (par rapport à l'offre). Il n'y a pas de délai ni de coût dans leur reconversion.

Ses deux dernières hypothèse permettent une convergence des taux de salaire et de profit entre les différents secteurs économiques et les différents pays.

Il s'agit donc d'un cadre très contraignant, correspondant à une économie totalement centralisée. Son avantage est que les équilibres de concurrence pure et parfaite sont des optima mathématiques (donc faciles à calculer) vérifiant certaines propriétés d'efficatité allocative (efficacité selon Pareto).

La concurrence appliquée est donc différente de la concurrence théorisée par les néo-classiques (et en particulier par Walras) puisque ces critères ne peuvent pas être parfaitement remplis.

Les critiques des altermondialistes

Selon d'autre pensées, notamment altermondialiste, ce qui met d'ailleurs en évidence l'inspiration collectiviste de ce mouvement, la concurrence n'est qu'un état transitoire entre deux situation de monopole ou cartel, c'est pourquoi cette pensée est très critique envers la privatisation des services publics puisqu'elle reviendrait après une periode transitoire au passage d'un monopole public à un monopole privée ou cartel, le monopole public étant consideré comme préférable au monopole privé ou cartel.

Les mécanismes censés garantir la concurrence sont considerés inefficaces et en partie incompatibles avec des garanties fortes de propriété privée (briser les cartel necessiterait de modifier le propriétaire d'une partie de l'entreprise qui se trouverait scindée) et de libre entreprise (le patron serait soumis a des règles ayant precisement pour but d'eviter que son entreprise devienne trop puissante)

Ils critiquent aussi le coût de la concurrence du fait des doublons et de la publicité, constatant l'augmentation sensible de la publicité des entreprises publiques en période de privatisation qui consacre ainsi des budgets qui ne peuvent plus aller par exemple à la recherche ou à l'amélioration des équipements.

De plus en plus d'économistes mettent des bémol à la concurrence, ils avançent notamment le principe du monopole naturel pour montrer les limites du principe de concurrence.

Cas particulier des « monopoles naturels »

Il s'agit de cas très particuliers, qu'on rencontre en général dans le domaines des services liés à des réseaux d'infrastructures uniques. Ils peuvent entrer dans le champ de la concurrence de deux manières :
  • soit en séparant la gestion du réseau de celle de l'exploitation des services destinés aux clients finaux : c'est la voie choisie en Europe pour l'électricité et les chemins de fer : les réseaux sont ouverts à des exploitants publics et privés, concurrents entre eux à l'égard des clients tiers, et autorisés à utiliser les réseaux de transport et de distribution moyennant le paiement d'un péage aux gestionnaires de réseaux ; on parle alors de concurrence « dans le marché ».
  • soit par le régime de la concession : l'exploitation est mise aux enchères pour une durée limitée et renouvelée par le même moyen périodiquement ; on parle alors de concurrence « pour le marché ». C'est la cas par exemple des transports urbains en France (sauf la RATP qui bénéficie d'un privilège de durée exceptionnel).

La concurrence réelle

L'existence d'une forme de concurrence, même imparfaite, crée pour les entreprises, quelle que soit leur taille, une situation d'insécurité, par définition instable, puisqu'à tout moment leurs marchés peuvent être captés par des concurrents. Cela induit de leur part un certain nombre de comportements destinés au contraire à garantir leur situation, et par contre coup l'intervention souvent nécessaire des États.

  • La stratégie des entreprises : elle consiste par différents moyens, à reconstituer des barrières à la concurrence :
    • Stratégie de différenciation, qui passe par la communication et par le développement des marques. Une marque reconnue restitue à l'entreprise qui la possède une sorte de « monopole » : seul Rolls-Royce peut fabriquer ce type de voitures. Les appellations (AOC par exemple) entrent dans cette stratégie.
    • Stratégie d'innovation : consiste à créer de nouveau produits et donc de nouveaux marchés, sur lesquels l'entreprise innovatrice sera seule, au moins pour un temps. La concurrence est un puissant moteur de l'innovation alors que le monopole, qu'il soit public ou privé tend à l'étouffer.
    • Stratégie de développement : par des alliances ou des fusions-acquisitions, l'entreprise cherche d'une part à grossir en taille de manière à avoir une part de marché dominante, d'autre part à éliminer des concurrents, ou au moins à les neutraliser. Cela peut conduire à des ententes illicites.
    • Information sur le marché : marketing et intelligence économique. Dans un marché concurrentiel, il est vital pour une entreprise de saisir les attentes et les évolutions du marché (études de marché), mais aussi les stratégies des concurrents (veille concurrentielle) et également les évolutions de la réglementation.
    • Stratégie d'influence : il s'agit pour les entreprises d'obtenir des inflexions, voir des décisions qui leur soit favorables.
    • Internationalisation...
    • ...
  • La politique des États et de l'Union européenne :
    • Politiques dites « anti-trusts » destinée à lutter contre les ententes qui visent à reconstituer des monopoles.
    • Politique des brevets, destinés à protéger les innovateurs de la concurrence pendant une période limitée.
    • Barrières douanières et réglementations : moyen de limiter la concurrence des produits étrangers ; certains États utilisent également des moyens détournés, comme la normalisation, pour interdire de fait l'entrée de concurrents étrangers.

Voir aussi


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