article sur le Classification phylogénétique, Explication sur le Classification phylogénétique

Classification phylogénétique Article, Signification, Explication

      

Classification phylogénétique
Domaine: Archaea
Domaine: Euryarchaeota
Domaine: Eukaryota
Règne
Animaliaia
Fungi
Plantae

La classification phylogénétique est un système de classification systématique des êtres vivants. Elle remplace la classification traditionelle basée sur des traits phénotypiques et des préférences nutritionnelles.

Table of contents
1 Présentation
2 Exemple de l'Homme
3 Différences avec l'ancien système
4 A lire
5 Voir aussi

Présentation

La classification phylogénétique fut initiée par Willi Hennig en 1950, qui révolutionna ensuite, après la traduction en anglais de son œuvre, toute la systématique à partir de la fin des années soixante. Les caractères anatomiques des êtres vivants furent alors analysés différemment, rejoints bientôt par les caractères moléculaires. La classification phylogénétique est un système de classification des êtres vivants d'abord fondé sur ce que les êtres vivants ont (au niveau morphologique comme au niveau moléculaire), et non pas, en première instance, sur ce qu’ils n’ont pas (on évitera alors « invertébrés »), sur ce qu’ils font (on évitera alors « vivipares », « fouisseurs »). Ce n'est pas une classification écologique ni anthropocentrique. Elle regroupe les êtres vivants sur un type particulier de ressemblance, celles des ressemblances qui sont évolutivement innovantes au sein de l'échantillon d'espèces à classer. Elle s'oppose en cela aux classifications phénétiques qui ne trient pas la ressemblance et font des classements à partir de la ressemblance globale. Elle remplace la classification traditionnelle basée sur une foule de critères, morphologiques mais aussi écologiques, éthologiques, anthropocentriques, et de préférences nutritionnelles.

La classification phylogénétique ne valide que des groupes monophylétiques, quels que soient les caractères utilisés, moléculaires, morphologiques, anatomiques, caryologiques, génomiques.

La première hiérarchie est donc composée de trois domaines:

  1. Archéobactériess
  2. Eubactériess
  3. Eucaryotes

Savoir lesquels deux de ces trois groupes partagent un ancêtre commun qui les distingue du troisième est un sujet de recherche.

La systématique phylogénétique dans sa version extrême rejette toute catégorisation des niveaux hiérarchiques, à l'exception des concepts de genre et d'espèce, ceci pour des raisons pratiques : l'arbre du vivant donne lui-même la hiérarchie que tentaient de fournir les anciennes catégories. L'arbre du vivant est, en effet, un ensemble de points de branchement. à terme, si l'arbre restitue la totalité des relations de parenté, tous les branchements devraient être binaires. Le sens des dichotomies n'a rien à voir avec la sexualité ni avec des spéciations binaires, car l'arbre n'est pas une généalogie ("qui descend de qui"), mais reflète uniquement un pouvoir explicatif maximal de l'arbre : un arbre totalement dichotomique réussit à restituer toutes les relations de parenté ("qui est plus proche de qui").

La systématique moderne prend en compte tous les caractères héritables, depuis ce qui est visible (anatomie et morphologie, base de la classification traditionnelle) jusqu'aux séquences d'ADN et d'ARN, en passant par les protéines et les données de la paléontologie. Le séquençage de certaines parties du génome, comme l'ADN des mitochondries ou l'ARN des ribosomes a permis dans les dernières années de faire des progrès importants dans la classification et de résoudre maints problèmes séculaires.

L'arbre est obtenu à partir de nombreux critères et fait appel à des algorithmes complexes. Des algorithmes différents peuvent donner des résultats différents. La classification actuelle est continuellement remaniée en fonction de nouvelles informations. Le site treebase fait référence. Les exemples qui suivent peuvent avoir à être modifiés.

Exemple de l'Homme

Un exemple détaillé permet d'avoir une idée de la différence de résultat, par rapport à l'approche traditionnelle. L'exemple incontournable est celui de l'homme. Voici une partie des nœuds successifs permettant de classer l'homme (certains intermédiaires ont été omis arbitrairement) telle qu'apparaissant dans Classification phylogénétique du vivant (Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, édition Belin) (la description associée à chaque clade est peu rigoureuse et vise juste à fixer les idées) :

  • Espèce Homo sapiens
  • Genre Homo : inclut les espèces fossiles comme néanderthal ou erectus
  • Hominines : les genres Australopithecus et Homo
  • Homininés : les deux espèces de chimpanzés et les hominines
  • Famille Hominidés : gorille et Homininés
  • Hominoïdés : on ajoute l'orang-outang
  • Hominoïdes : on ajoute les gibbons
  • Catarrhiniens : les singes de l'ancien monde
  • Simiiformes : singes
  • Haplorrhiniens : singes et certains lémuriens
  • Ordre Primates (stricto sensu) : la plus grande partie de l'ancien ordre des primates
  • Primates (lato sensu) : s'ajoutent les Scandentiens (toupayes)
  • Archontes : s'ajoutent les Chiroptères (chauve-souris) et les Dermoptères
  • Preptothériens : s'ajoutent la plupart des mammifères placentaires
  • Euthériens : s'ajoutent les pangolins et fourmiliers (Xénarthres) pour compléter les mammifères placentaires
  • Thériens : s'ajoutent les marsupiaux
  • Classe Mammifères : l'ancienne classe du même nom, les précédents plus les monotrèmes (ornithorhynques et échidnés)
  • Amniotes : s'ajoutent l'ancienne classe des reptiles et les oiseaux
  • Tétrapodes : s'ajoutent en gros les amphibiens
  • Sarcoptérygiens : s'ajoutent dipneustes puis coelacanthes
  • Ostéichthyens : s'ajoutent les actinoptérygiens (la majeure partie des « poissons osseux »)
  • Vertébrés : s'ajoutent les requins puis les lamproies
  • Craniates: s'ajoutent les myxines
  • Embranchement Chordés : s'ajoutent amphioxus et ascidies
  • Deutérostomiens : s'ajoutent les échinodermes (étoiles de mer, oursins, ...)
  • Bilatériens : animaux symétriques : s'ajoutent aux précédents, entre autres, les protostomiens qui incluent, entre beaucoup d'autres, différents groupes de vers, les arthropodes (insectes), les mollusques (escargots)
  • Eumétazoaires : animaux organisés, s'ajoutent aux précédents les cnidaires par exemple
  • Métazoaires : l'ancien règne animal, s'ajoutent aux précédents différents groupes d'éponges

  • Opisthocontes : s'ajoutent, entre autres, les champignons
  • Domaine Eucaryotes : êtres vivants à cellules à noyau ; s'ajoutent aux précédents listés ci-dessus la lignée verte (algues vertes, algues rouges, plantes à fleurs), la lignée brune (algues brunes, ...) et toute une collection de groupements d'espèces unicellulaires

Différences avec l'ancien système

Citons enfin quelques exemples de changements spectaculaires par rapport à la classification traditionnelle.

  • Tous les ancêtres des dinosaures sont aussi des ancêtres des oiseaux, ce qui amène à considérer ceux-ci comme les descendants d'un groupe de petits dinosaures volants vivants au crétacé. (Le concept de « reptile » est abandonné.)
Précisons la relation entre oiseaux et dinosaures. Pour certains auteurs, le velociraptor est considéré comme plus proche des oiseaux que le tyranosaure, et ce dernier est considéré plus proche des oiseaux que du diplodocus.
  • Les plus proches parents des cétacés seraient les hippopotames. (Le concept d'"artiodactyles" est abandonné.)
  • Les plus proches parents vivants des oiseaux sont les crocodiles.
  • Les poissons osseux sont plus proches des mammifères que des requins. (Le concept de « poisson » est abandonné.)
  • L'ancien groupe des « algues » explose en tous sens, certaines étant groupées avec les plantes vertes, d'autres avec les bactéries.
  • Le concept de « protiste » est abandonné, au profit de groupes pouvant mélanger êtres multicellulaires et monocellulaires (par exemple les straménopiles regroupent les algues brunes - dont les kelp, jusqu'à 60 m de long - et les diatomées unicellulaires).
  • La division entre Procaryotes et Eucaryotes est abandonnée, au profit de la division en trois du vivant.
  • L'application de cette classification aux angiospermes est illustrée par la classification APG de l'angiosperms phylogeny group.

A lire

Classification phylogénétique du vivant par Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader aux éditions Belin

Voir aussi

Liens internes

Liens externes


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